Les nombres rationnels
Fractions égales et simplification
Avant de calculer, il faut comprendre qu'un même nombre rationnel s'écrit d'une infinité de façons — et savoir choisir la plus simple.
Un nombre rationnel est un nombre qui peut s'écrire sous la forme d'une fraction , où et sont des entiers relatifs et . On appelle le numérateur et le dénominateur.
On ne change pas la valeur d'une fraction en multipliant, ou en divisant, son numérateur et son dénominateur par un même nombre non nul :
C'est cette propriété qui permet de simplifier une fraction.
Pour simplifier une fraction, on divise son numérateur et son dénominateur par leurs diviseurs communs, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus aucun. La fraction est alors dite irréductible.
Exemple 1. . La fraction est irréductible.
Le signe d'une fraction relative
Comme pour les relatifs, une fraction n'a qu'un seul signe global.
Pour tous entiers relatifs (dénominateur non nul) : . On place de préférence le signe devant la fraction.
Le piège de la simplification additive
Karim simplifie en « enlevant en haut et en bas » et écrit . C'est faux : on ne simplifie qu'en divisant par un facteur commun, jamais en soustrayant. Ici, et n'ont aucun diviseur commun (autre que ) : est déjà irréductible.
Simplifier, c'est diviser le numérateur et le dénominateur par un même nombre. Jamais soustraire.
Comparer et ranger des fractions
Comparer des fractions est plus subtil que comparer des entiers : le dénominateur change la taille des parts.
Pour comparer deux fractions :
- même dénominateur : la plus grande est celle qui a le plus grand numérateur ;
- dénominateurs différents : on les réduit d'abord au même dénominateur, puis on compare les numérateurs.
Exemple 1. Comparer et . On réduit au dénominateur : et . Comme , on a .
Pour les fractions négatives, on raisonne comme avec les relatifs.
Entre deux fractions négatives, la plus petite est la plus éloignée de zéro : .
Le piège du numérateur tout seul
Salma affirme que « parce que ». C'est faux. À numérateur égal, plus le dénominateur est grand, plus on partage en petites parts, donc plus la fraction est petite : .
À numérateur égal, plus le dénominateur est grand, plus la fraction est petite.
Additionner et soustraire
L'addition et la soustraction de fractions reposent sur une seule idée : il faut des parts de même taille, donc un même dénominateur.
Lorsque les fractions ont le même dénominateur, on additionne (ou soustrait) les numérateurs et on garde le dénominateur :
Lorsque les dénominateurs sont différents, on réduit d'abord les fractions au même dénominateur (un multiple commun), puis on additionne. On simplifie le résultat.
Exemple 1. .
Exemple 2. — la règle des signes des relatifs s'applique aux numérateurs.
Le piège des dénominateurs additionnés
Karim calcule et répond . C'est faux : avec le même dénominateur, on additionne uniquement les numérateurs, le dénominateur ne bouge pas. Le bon résultat est .
Pour additionner, il faut le même dénominateur ; on additionne alors les numérateurs, jamais les dénominateurs.
Multiplier des fractions
La multiplication est, paradoxalement, plus simple que l'addition : aucun dénominateur commun n'est nécessaire.
Pour multiplier deux fractions, on multiplie les numérateurs entre eux et les dénominateurs entre eux : La règle des signes des relatifs s'applique au résultat.
Quand c'est possible, on simplifie avant de multiplier : c'est plus rapide et le résultat est directement irréductible.
Exemple 1. . On simplifie en croix : et par , et par . Il reste .
Prendre une fraction d'une quantité
C'est l'usage le plus courant de la multiplication dans la vie de tous les jours.
Prendre une fraction d'une quantité, c'est multiplier : « les de » s'écrit .
Le piège du produit en croix
Salma veut multiplier et fait un « produit en croix ». C'est une confusion : le produit en croix sert à comparer des fractions ou à résoudre une égalité, pas à les multiplier. Pour multiplier, c'est tout droit : .
Multiplier des fractions : numérateur × numérateur, dénominateur × dénominateur. Simplifier avant si possible.
Diviser : l'inverse d'une fraction
La division se ramène entièrement à la multiplication, grâce à la notion d'inverse.
L'inverse d'une fraction non nulle est la fraction : on échange le numérateur et le dénominateur. L'inverse de est .
Diviser par une fraction revient à multiplier par son inverse :
Exemple 1. .
Le piège de l'inverse et de l'opposé
Deux mots qui se ressemblent mais ne servent pas à la même chose. L'opposé de est (il intervient dans l'addition). L'inverse de est (il intervient dans la division). Pour diviser, c'est l'inverse qu'on utilise.
Diviser par une fraction, c'est multiplier par son inverse : on retourne la deuxième fraction.
Enchaîner les opérations
Quand un calcul mêle plusieurs opérations sur des fractions, les règles de priorité sont exactement celles des entiers.
On effectue dans l'ordre : les parenthèses, puis les multiplications et divisions, puis les additions et soustractions. On garde les nombres sous forme de fractions jusqu'au bout, et on simplifie le résultat final.
Exemple 1. . La multiplication d'abord : . Puis l'addition : .
Le piège de l'ordre avec les fractions
Karim calcule de gauche à droite : il ajoute d'abord. C'est faux : la multiplication est prioritaire. Le bon résultat est , comme ci-dessus.
Avec les fractions aussi, multiplication et division passent avant addition et soustraction. On simplifie toujours le résultat.
Pièges classiques
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Simplifier en soustrayant. Écrire en enlevant partout. On ne simplifie qu'en divisant par un facteur commun ; est irréductible.
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Comparer par le seul numérateur ou le seul dénominateur. Croire que . À numérateur égal, plus le dénominateur est grand, plus la fraction est petite.
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Additionner les dénominateurs. Écrire . On additionne les numérateurs seulement : .
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Oublier le dénominateur commun. Calculer . Il faut d'abord réduire : .
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Confondre inverse et opposé. Pour diviser par , multiplier par (mélange des deux). L'inverse est , sans changement de signe.
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Ignorer les priorités. Faire l'addition avant la multiplication dans . La multiplication d'abord.
Application concrète
Yasmine prépare des msemen pour une fête de famille. Sa recette et ses courses vont mobiliser tout le chapitre.
Étape 1 — Simplifier. La fiche de recette indique de litre de lait. Yasmine simplifie pour s'y retrouver : L. Il lui faut donc L de lait.
Étape 2 — Comparer. Dans le frigo, il reste L. En a-t-elle assez ? Elle compare au dénominateur : et . Comme , il en manque.
Étape 3 — Soustraire. Combien manque-t-il ? L. Il lui manque de litre de lait.
Étape 4 — Multiplier. Pour la garniture, elle utilise les d'un paquet de beurre qui coûte dh. La dépense de beurre est dh.
Étape 5 — Diviser. Elle verse finalement L de lait dans des petits pots de L. Combien de pots remplit-elle ? pots.
Étape 6 — Enchaîner. De retour des courses, elle complète son lait : à ses L, elle ajoute petites bouteilles de L. Quel volume a-t-elle ? Multiplication d'abord : . Puis addition : L.
Conclusion. Simplifier, comparer, additionner, multiplier, diviser, enchaîner : Yasmine vient de pratiquer les six gestes du chapitre dans une seule après-midi de cuisine. Ce sont exactement les outils que tu réutiliseras dans le chapitre sur la proportionnalité, puis dans le calcul littéral où les fractions se mêlent aux lettres. Les fractions sont partout en mathématiques : les apprivoiser maintenant, c'est s'ouvrir tout le reste du programme.
À retenir
Un nombre rationnel s'écrit avec . On simplifie en divisant haut et bas par un même nombre ; une fraction de relatifs ne porte qu'un seul signe, placé devant.
Pour comparer ou additionner deux fractions, il faut le même dénominateur. On additionne alors les numérateurs, jamais les dénominateurs.
Multiplier : numérateur × numérateur et dénominateur × dénominateur, en simplifiant avant si possible. Prendre une fraction d'une quantité, c'est multiplier.
Diviser par une fraction, c'est multiplier par son inverse (la fraction retournée). Ne pas confondre l'inverse et l'opposé .
Dans un calcul, multiplications et divisions passent avant additions et soustractions ; on simplifie toujours le résultat final.