Mathématiques · 4ᵉ · Les statistiques

Les statistiques

Tu passes en 3ᵉ ?Revois l'essentiel de la 4ᵉ avant l'année du brevet.

Le vocabulaire, consolidé

Avant de calculer, on remet en place le vocabulaire de 5ᵉ, car tout le chapitre repose dessus. Une série statistique est l'ensemble des données recueillies sur un caractère.

DÉFINITION

Dans une série statistique, l'effectif d'une valeur est le nombre de fois où cette valeur apparaît. L'effectif total N est le nombre total de données ; il est égal à la somme de tous les effectifs.

Reprenons les prix relevés par Amine sur cinq jours : 6, 7, 5, 6, 8. La valeur 6 a pour effectif 2, les valeurs 5, 7 et 8 ont chacune l'effectif 1. L'effectif total est N=5.

DÉFINITION

La fréquence d'une valeur est le quotient de son effectif par l'effectif total : freˊquence=effectif de la valeureffectif total. Elle s'exprime en fraction, en décimal, ou en pourcentage (on multiplie alors par 100).

C'est exactement la proportionnalité que tu as travaillée : on ramène chaque effectif au même total de référence. Pour la valeur 6 (effectif 2, total 5) : 25=0,4=40 %. La somme de toutes les fréquences vaut toujours 1, soit 100 % — un contrôle systématique de tes calculs.

À RETENIR

Effectif, effectif total et fréquence sont le socle. La fréquence est une part du tout, comprise entre 0 et 1 ; la somme des fréquences fait toujours 1.

La moyenne, simple et pondérée

La moyenne est le résumé que tu connais déjà. Elle répartit équitablement le total entre tous les individus, comme si on redistribuait tout à parts égales.

DÉFINITION

La moyenne d'une série de valeurs est le quotient de la somme de toutes les valeurs par leur nombre : x=somme des valeursnombre de valeurs.

Exemple 1. Yasmine a obtenu en français les notes 12, 14, 11, 15. Sa moyenne est : x=12+14+11+154=524=13.

La moyenne pondérée par les effectifs

Quand les données sont rangées dans un tableau d'effectifs, réécrire toute la liste serait absurde : une valeur d'effectif 10 doit compter dix fois. On pondère chaque valeur par son effectif.

THÉORÈME

Quand chaque valeur xi a un effectif ni, la moyenne est : x=n1x1+n2x2++npxpN=somme des (valeur×effectif)effectif total.

Exemple 2. Voici les notes d'un contrôle dans la classe de Karim, à Fès :

Note 8 10 12 14 16
Effectif 3 6 8 5 2

L'effectif total est N=3+6+8+5+2=24. La moyenne pondérée vaut : x=8×3+10×6+12×8+14×5+16×224=24+60+96+70+3224=28224=11,75.

La moyenne de la classe est 11,75. Remarque qu'elle n'est pas forcément une des valeurs de la série : aucun élève n'a eu 11,75.

Calcul de la moyenne pondérée des notes Tableau des notes 8, 10, 12, 14, 16 et de leurs effectifs 3, 6, 8, 5, 2. En dessous, la ligne des produits valeur fois effectif (24, 60, 96, 70, 32) en terracotta, puis la somme 282 divisée par l'effectif total 24, égale à 11,75. notes d'un contrôle dans la classe de Karim Note Effectif valeur × effectif 81012 1416 368 52 246096 7032 somme des produits : 24 + 60 + 96 + 70 + 32 = 282 282 24 = 11,75 somme des produits effectif total la moyenne de la classe
Tableau des notes et de leurs effectifs, suivi du calcul de la moyenne pondérée : somme des produits 282 divisée par l'effectif total 24, égale à 11,75.

Le piège de la moyenne non pondérée

Karim, lui, regarde le tableau et calcule 8+10+12+14+165=12. Il a fait la moyenne des valeurs, en oubliant leurs effectifs. C'est faux : la valeur 12, obtenue par 8 élèves, doit peser bien plus lourd que la valeur 16, obtenue par 2 élèves seulement. Le vrai 11,75 est légèrement inférieur à son 12, parce que les notes basses sont nombreuses. La règle est intangible : dès qu'il y a des effectifs, on pondère.

À RETENIR

Moyenne simple : somme des valeurs sur leur nombre. Avec un tableau d'effectifs, on pondère par les effectifs. Une valeur fréquente pèse plus lourd, et la moyenne n'est pas forcément une valeur de la série.

La médiane : la valeur du milieu

La moyenne a un défaut : une seule valeur extrême peut la déformer. Reviens au carnet d'Amine. Sur la semaine, les prix du kilo de tomates étaient 5, 6, 6, 7, 12. La moyenne vaut 5+6+6+7+125=365=7,2 dh. Mais ce 7,2 est tiré vers le haut par le 12 d'un jour de pénurie ; quatre jours sur cinq, le prix était à 7 dh ou moins. La moyenne ment un peu sur le prix « habituel ». Il nous faut un indicateur insensible aux valeurs extrêmes : la médiane.

DÉFINITION

La médiane d'une série est une valeur qui partage la série, une fois rangée dans l'ordre croissant, en deux moitiés de même effectif : au moins la moitié des valeurs lui sont inférieures ou égales, et au moins la moitié lui sont supérieures ou égales.

Autrement dit, c'est la valeur « du milieu » de la série ordonnée. Le mot-clé absolu, c'est ranger dans l'ordre : une médiane calculée sur une liste en désordre n'a aucun sens.

Cas d'un effectif impair

Quand le nombre de données N est impair, il y a une vraie valeur au centre : c'est elle, la médiane.

MÉTHODE

Si N est impair, range la série dans l'ordre croissant. La médiane est la valeur de rang N+12, c'est-à-dire la valeur exactement au milieu.

Exemple 1. Les prix d'Amine rangés : 5, 6, 6, 7, 12. Ici N=5, le rang central est 5+12=3. La 3e valeur est 6. La médiane est donc 6 dh : la moitié des jours, le prix était 6, l'autre moitié 6. C'est bien plus représentatif du prix habituel que la moyenne 7,2.

Médiane d'une série ordonnée de cinq valeurs La série 5, 6, 6, 7, 12 rangée dans l'ordre croissant, chaque nombre dans une case. La valeur centrale (le second 6, rang 3) est entourée en terracotta et étiquetée médiane. Les deux valeurs de chaque côté sont surlignées en vert menthe. Une flèche désigne le 12 comme valeur extrême qui tire la moyenne mais pas la médiane. série rangée dans l'ordre croissant 5 6 6 7 12 médiane = 6 dh rang 3, la valeur du milieu 2 valeurs ≤ 6 2 valeurs ≥ 6 valeur extrême : tire la moyenne, pas la médiane
Série ordonnée 5, 6, 6, 7, 12 : la valeur centrale 6 (rang 3) est entourée comme médiane, avec deux valeurs de chaque côté et une flèche signalant le 12 comme valeur extrême.

Cas d'un effectif pair

Quand N est pair, aucune valeur n'est exactement au milieu : il y a deux valeurs centrales. Par convention au collège, on prend leur moyenne.

MÉTHODE

Si N est pair, range la série dans l'ordre croissant. Les deux valeurs centrales sont celles de rang N2 et N2+1. La médiane est la moyenne de ces deux valeurs.

Exemple 2. Salma relève les températures de midi à Ouarzazate sur six jours : 24, 26, 27, 29, 31, 34 (déjà ordonnées). Ici N=6, les rangs centraux sont 3 et 4 : les valeurs 27 et 29. La médiane est 27+292=28 °C. Remarque que 28 n'apparaît pas dans la série : une médiane peut être une valeur absente, comme la moyenne.

Le piège de la série non rangée

Salma calcule la médiane de 12, 5, 6, 7, 6 en prenant « la valeur du milieu de la liste », soit 6 (le 3e de la liste brute)… et tombe juste par hasard. Mais essaie avec 12, 5, 6 : elle dirait 5, alors que la vraie médiane de 5, 6, 12 est 6. La valeur du milieu n'a de sens qu'après avoir rangé la série. Range toujours d'abord.

À RETENIR

La médiane partage la série ordonnée en deux moitiés égales. Effectif impair : la valeur centrale. Effectif pair : la moyenne des deux valeurs centrales. On range toujours avant de chercher la médiane.

L'étendue et la comparaison moyenne / médiane

La moyenne et la médiane résument une série par sa « position centrale ». Mais elles ne disent rien de sa dispersion : une classe où tout le monde a 12 et une classe moitié à 4, moitié à 20 ont la même moyenne, et pourtant rien à voir. Le premier indicateur de dispersion, c'est l'étendue.

DÉFINITION

L'étendue d'une série est la différence entre sa plus grande et sa plus petite valeur : eˊtendue=valeur maximalevaleur minimale.

Exemple 1. Pour les prix d'Amine 5, 6, 6, 7, 12, l'étendue est 125=7 dh. Elle mesure l'amplitude des variations de prix sur la semaine.

L'étendue est facile à calculer, mais elle ne repose que sur les deux valeurs extrêmes : un seul jour de pénurie la fait bondir, même si tous les autres prix sont stables. C'est une mesure grossière de la dispersion, à manier avec ce recul.

Moyenne ou médiane : laquelle choisir ?

C'est la question reine de ce chapitre. La différence essentielle :

À RETENIR

La moyenne tient compte de toutes les valeurs, donc elle est sensible aux valeurs extrêmes. La médiane ne dépend que du rang des valeurs, donc elle résiste aux valeurs extrêmes.

Exemple 2. Dans une petite entreprise de Tanger, cinq salaires mensuels (en milliers de dh) : 4, 4, 5, 5, 32 (le dernier est celui du patron). La moyenne est 4+4+5+5+325=505=10 : « salaire moyen 10000 dh ». Mais aucun employé ne gagne 10000 dh ! La médiane est la 3e valeur, 5 : la moitié gagne 5000 dh. La médiane décrit honnêtement le salarié « typique » ; la moyenne, gonflée par le salaire du patron, donne une image trompeuse. C'est pourquoi on parle souvent de salaire médian.

Le piège du choix automatique

Karim retient « la médiane est toujours meilleure que la moyenne ». Faux : tout dépend de la question. Pour calculer le coût total à répartir (le budget d'une classe, la consommation moyenne d'essence), c'est la moyenne qu'il faut, car elle est liée à la somme. Pour décrire l'individu typique d'une série déséquilibrée, c'est la médiane. Aucune n'est « meilleure » dans l'absolu : on choisit selon ce qu'on veut dire.

À RETENIR

L'étendue mesure la dispersion (maxmin). Pour une série avec des valeurs extrêmes, médiane et moyenne peuvent diverger fortement : la médiane résiste, la moyenne se laisse tirer. Le bon indicateur dépend de la question.

Données regroupées en classes

Parfois, les valeurs sont si nombreuses et variées qu'un tableau valeur par valeur serait illisible : les tailles de 200 élèves, les durées de trajet, les salaires. On regroupe alors les données par classes, c'est-à-dire par intervalles.

DÉFINITION

Une classe est un intervalle de valeurs, noté [a;b[ (la borne a est incluse, la borne b exclue). On range chaque donnée dans la classe qui la contient, et on compte l'effectif de chaque classe.

Exemple 1. On relève la durée du trajet domicile-collège de 30 élèves de Rabat, en minutes :

Durée (min) [0;10[ [10;20[ [20;30[ [30;40[
Effectif 6 11 9 4

Un élève dont le trajet dure exactement 20 min va dans la classe [20;30[, pas dans [10;20[ : la borne de droite est exclue. C'est la convention à respecter sans hésiter.

![Histogramme des durées de trajet : quatre rectangles accolés sur les classes [0;10[, [10;20[, [20;30[, [30;40 de hauteurs 6, 11, 9 et 4 ; les barres sont collées car les classes sont contiguës.

Ici, toutes les classes ont la même amplitude (10 min), et c'est ce qui autorise à lire l'effectif directement sur la hauteur des rectangles. Dans ce chapitre, on se limite toujours à des classes de même amplitude : dans ce cas seulement, la hauteur d'un rectangle peut représenter l'effectif de la classe. Si les classes avaient des largeurs différentes, ce serait l'aire du rectangle, et non sa hauteur, qui devrait être proportionnelle à l'effectif — un raffinement que tu retrouveras plus tard.

La moyenne approchée par les centres de classes

Avec des données en classes, on a perdu les valeurs exactes : on sait qu'un élève est dans [10;20[, mais pas s'il met 11 ou 19 min. Pour estimer la moyenne, on fait l'hypothèse raisonnable que, dans chaque classe, les valeurs se répartissent autour du centre de la classe.

MÉTHODE

Le centre d'une classe [a;b[ est a+b2. La moyenne approchée d'une série en classes est la moyenne pondérée des centres de classes, chacun affecté de l'effectif de sa classe.

Exemple 2. Les centres des classes ci-dessus sont 5, 15, 25, 35. La moyenne approchée vaut : x5×6+15×11+25×9+35×430=30+165+225+14030=5603018,7 min.

C'est une approximation : on remplace chaque vraie durée par le centre de sa classe. Le résultat n'est pas la vraie moyenne, mais une bonne estimation, d'autant meilleure que les classes sont étroites.

Le piège du centre de classe oublié

Salma calcule la moyenne en pondérant par les bornes : elle prend 0, 10, 20, 30 au lieu des centres 5, 15, 25, 35. Ou pire, elle pondère par le numéro de la classe (1,2,3,4). Le bon représentant d'une classe, c'est son milieu a+b2 : c'est la valeur la plus juste pour résumer tout l'intervalle.

À RETENIR

On regroupe les données en classes [a;b[ (borne droite exclue). Pour la moyenne approchée, on pondère les centres de classes a+b2 par leurs effectifs. L'histogramme représente ces effectifs par des rectangles accolés.

Lire et interpréter les représentations

Un tableau est précis, mais une image se comprend d'un coup d'œil. Trois représentations dominent au collège, et chacune a son usage.

À RETENIR

Le diagramme en bâtons convient à un caractère quantitatif à valeurs isolées (les bâtons sont séparés). Le diagramme circulaire montre les parts du tout (angle =effectifN×360°). L'histogramme représente des données regroupées en classes (rectangles accolés).

La grande différence visuelle entre bâtons et histogramme : dans un diagramme en bâtons, les barres sont séparées car les valeurs sont isolées (0, 1, 2 frères et sœurs) ; dans un histogramme, elles sont collées car les classes sont contiguës (les durées passent sans trou de [10;20[ à [20;30[).

Lire un diagramme circulaire

Dans un diagramme circulaire, le disque entier représente l'effectif total N, et l'angle de chaque part est proportionnel à son effectif. Pour retrouver un effectif à partir d'un angle, on inverse la formule : effectif=angle360°×N.

Exemple 1. Sur un diagramme des moyens de transport de 120 élèves de Casablanca, le secteur « tramway » a un angle de 90°. Son effectif est 90360×120=14×120=30 élèves.

Diagramme circulaire des moyens de transport de 120 élèves Diagramme circulaire représentant les moyens de transport de 120 élèves de Casablanca. Le secteur tramway, surligné en terracotta, a un angle de 90 degrés, soit un quart du disque, soit 30 élèves. Les autres secteurs sont le bus (135 degrés), la marche (90 degrés) et la voiture (45 degrés). Une légende latérale associe chaque couleur à un transport et son effectif. 90° tramway : 1/4 du disque = 30 élèves Tramway — 30 élèves (90°) Bus — 45 élèves (135°) Marche — 30 élèves (90°) Voiture — 15 élèves (45°) le disque entier = les 120 élèves angle = effectif / 120 × 360°
Diagramme circulaire des moyens de transport de 120 élèves de Casablanca : le secteur tramway, surligné en terracotta, occupe un angle de 90°, soit un quart du disque, soit 30 élèves ; légende latérale associant chaque couleur à un transport et son effectif.

Le piège de la lecture du mauvais axe

Salma lit un diagramme en bâtons et confond les deux axes : elle prend la hauteur d'un bâton (l'effectif, axe vertical) pour la valeur (axe horizontal). Le réflexe : la hauteur se lit à gauche (effectif, combien), l'étiquette se lit en bas (valeur, quoi). De même, sur un histogramme, ne confonds pas la largeur d'un rectangle (l'amplitude de la classe) avec sa hauteur (l'effectif).

À RETENIR

Bâtons séparés pour valeurs isolées ; rectangles accolés (histogramme) pour des classes ; disque pour les parts du tout. Toujours identifier ce que porte chaque axe avant de lire un nombre.

Pièges classiques

  1. Calculer une moyenne sans pondérer par les effectifs. Devant un tableau d'effectifs, faire 8+10+12+14+165 ignore que certaines notes sont obtenues par bien plus d'élèves que d'autres. La bonne formule pondère : somme des (valeur×effectif)N.

  2. Chercher la médiane sans ranger la série. « La valeur du milieu de la liste » n'a de sens qu'après avoir rangé dans l'ordre croissant. Sur une liste brute, le résultat est faux (sauf coïncidence). Range d'abord, toujours.

  3. Se tromper de méthode selon la parité de N. Si N est impair, la médiane est l'unique valeur centrale. Si N est pair, c'est la moyenne des deux valeurs centrales. Confondre les deux cas, ou prendre une seule valeur quand N est pair, fausse le résultat.

  4. Croire que la médiane est « toujours la moyenne des deux valeurs du milieu ». C'est vrai uniquement quand N est pair. Quand N est impair, il y a une seule valeur centrale, et on la prend telle quelle, sans rien moyenner.

  5. Penser que la moyenne est toujours le meilleur résumé. Une seule valeur extrême (un salaire de patron, un jour de pénurie) tire la moyenne et la rend trompeuse. Pour décrire l'individu typique d'une série déséquilibrée, la médiane est plus honnête. Le choix dépend de la question.

  6. Pondérer par les bornes au lieu des centres de classes. Pour la moyenne d'une série regroupée en classes, le représentant de la classe [a;b[ est son centre a+b2, jamais une borne ni le numéro de la classe.

Application concrète

Yasmine prépare un exposé sur la fréquentation du tramway de Casablanca. Elle a relevé, pendant 11 jours ouvrables, le nombre de passagers (en milliers) à la station Casa-Port aux heures de pointe du matin : 18, 21, 19, 22, 20, 45, 19, 21, 20, 18, 22. Le 6e relevé, 45, correspond au jour d'un grand match au stade : une affluence exceptionnelle. Yasmine veut décrire « une journée ordinaire » sans se laisser piéger.

Étape 1 — Calculer l'étendue. La plus grande valeur est 45, la plus petite 18. L'étendue vaut 4518=27 milliers de passagers. Énorme — mais Yasmine soupçonne que ce 45 est un cas isolé. L'étendue, qui ne dépend que des extrêmes, est justement gonflée par lui.

Étape 2 — Calculer la moyenne. La somme des 11 relevés est 18+21+19+22+20+45+19+21+20+18+22=245. La moyenne est : x=2451122,3 milliers de passagers. Or, un seul jour dépasse vraiment 22 : c'est le jour du match. La moyenne 22,3 est tirée vers le haut par ce 45.

Étape 3 — Calculer la médiane. Yasmine range d'abord la série dans l'ordre croissant : 18, 18, 19, 19, 20, 20, 21, 21, 22, 22, 45. L'effectif N=11 est impair, le rang central est 11+12=6. La 6e valeur est 20. La médiane est donc 20 milliers de passagers : la moitié des jours, la station accueille 20000 voyageurs ou moins.

Étape 4 — Comparer et interpréter. La moyenne (22,3) est nettement supérieure à la médiane (20). Cet écart est le signe d'une valeur extrême qui tire la moyenne : le jour du match. Pour décrire une journée ordinaire, la médiane 20 est bien plus fidèle. Karim, qui voulait annoncer « 22000 passagers en moyenne », aurait donné une image trompeuse de l'affluence habituelle.

Étape 5 — Vérifier la robustesse. Pour s'en convaincre, Yasmine recalcule en imaginant que le jour du match n'ait pas eu lieu (elle retire le 45). Sur les 10 jours restants, la médiane (moyenne des 5e et 6e valeurs, 20 et 20) reste 20 : inchangée. La moyenne, elle, retombe à 20010=20. La médiane n'a pas bougé d'un pouce, la moyenne a chuté de 2,3. C'est la preuve concrète que la médiane résiste aux valeurs extrêmes, là où la moyenne s'y laisse prendre.

Conclusion. Yasmine retiendra pour son exposé : « affluence médiane de 20000 passagers en journée ordinaire, avec des pics exceptionnels les jours de match ». Elle a mobilisé tout le chapitre — étendue, moyenne pondérée, médiane, et surtout le choix raisonné de l'indicateur. Cette idée de résumer intelligemment une masse de données te suivra jusqu'au lycée, où tu rencontreras les quartiles puis l'écart-type, qui affinent encore la mesure de la dispersion.

À retenir

À RETENIR

La moyenne est somme des valeursnombre de valeurs. Avec un tableau d'effectifs, on pondère : somme des (valeur×effectif)N. Elle tient compte de toutes les valeurs et reste sensible aux extrêmes.

À RETENIR

La médiane partage la série ordonnée en deux moitiés égales. N impair : la valeur centrale (rang N+12). N pair : la moyenne des deux valeurs centrales. Elle résiste aux valeurs extrêmes.

À RETENIR

L'étendue =maxmin mesure la dispersion, mais ne dépend que des deux valeurs extrêmes. Un écart marqué entre moyenne et médiane signale la présence de valeurs extrêmes.

À RETENIR

Pour des données regroupées en classes [a;b[, la moyenne approchée pondère les centres a+b2 par les effectifs. La borne droite d'une classe est exclue.

À RETENIR

Bâtons séparés pour des valeurs isolées ; histogramme à rectangles accolés pour des classes ; diagramme circulaire pour les parts du tout (angle =effectifN×360°). On choisit toujours l'indicateur et la représentation selon la question posée.

Ce chapitre prépare à