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Probabilités conditionnelles

À revoir avant de commencer
Objectif BacTout le programme de Terminale à réviser.

Leçon 1 — Probabilité conditionnelle

Quand on sait qu'un événement A est réalisé, l'univers possible se réduit à A. On ne raisonne plus sur toute la population, mais seulement sur les cas où A est vrai.

DÉFINITION

Soient A et B deux événements avec P(A)>0. La probabilité de B sachant A est notée PA(B) et définie par : PA(B)=P(AB)P(A).

On lit : « probabilité de B sachant A ».

Exemple. Dans une classe, 60% des élèves font espagnol. Parmi les élèves qui font espagnol, 40% participent à un club.

Si A désigne « l'élève fait espagnol » et B désigne « l'élève participe à un club », alors : PA(B)=0,40.

Cela ne signifie pas que 40% de toute la classe participe au club. Cela signifie que 40% des élèves parmi ceux qui font espagnol participent au club.

Diagramme de Venn : probabilité conditionnelle de B sachant A Deux ensembles A et B représentés par deux disques qui se chevauchent. L'ensemble A est mis en évidence comme nouvel univers de référence, et l'intersection A ∩ B est colorée plus intensément. Annotation : « on raisonne seulement dans A ». Ω (univers) A B A ∩ B on raisonne seulement dans A Pₐ(B) = P(A ∩ B) / P(A)
Diagramme de Venn représentant l'univers Ω, l'événement A comme nouvel univers de référence et l'intersection A inter B

À RETENIR

Une probabilité conditionnelle se lit toujours avec l'information donnée : PA(B) signifie probabilité de B parmi les cas où A est réalisé.

Le piège de l'univers

Karim confond P(B) et PA(B).

Ce sont deux probabilités différentes :

  • P(B) regarde toute la population ;
  • PA(B) regarde seulement la partie où A est réalisé.
À RETENIR

Dès qu'il y a « sachant que », l'univers de référence change.

Leçon 2 — Formule du produit

La définition de la probabilité conditionnelle permet de calculer une intersection.

THÉORÈME

Si P(A)>0, alors : P(AB)=P(A)PA(B).

Cette formule est très utilisée dans les arbres pondérés.

Exemple. Une entreprise reçoit des candidatures. 30% viennent de la filière scientifique. Parmi ces candidatures, 20% sont retenues.

On note :

  • S : « la candidature vient de la filière scientifique » ;
  • R : « la candidature est retenue ».

On a : P(S)=0,30.

et : PS(R)=0,20.

Donc : P(SR)=P(S)PS(R)=0,30×0,20=0,06.

Ainsi, 6% des candidatures sont à la fois scientifiques et retenues.

À RETENIR

Pour calculer la probabilité d'un chemin dans un arbre, on multiplie les probabilités portées par ses branches.

Le piège de l'addition

Salma additionne 0,30 et 0,20 et trouve 0,50.

C'est faux. Pour une intersection le long d'un chemin, on multiplie.

À RETENIR

Dans un arbre, un chemin correspond à une intersection : on multiplie les probabilités.

Leçon 3 — Arbres pondérés

Un arbre pondéré est une manière claire d'organiser des probabilités conditionnelles.

MÉTHODE

Pour construire un arbre pondéré :

  1. Placer les premiers événements au premier niveau.
  2. Placer les événements conditionnels au deuxième niveau.
  3. Écrire les probabilités sur les branches.
  4. Multiplier le long d'un chemin pour obtenir une intersection.
  5. Additionner les chemins compatibles pour obtenir une probabilité totale.

Exemple. Une compagnie de transport observe que 70% des voyageurs achètent leur billet en ligne. Parmi eux, 90% valident leur billet sans aide. Parmi ceux qui achètent au guichet, 60% valident leur billet sans aide.

On note :

  • L : « achat en ligne » ;
  • V : « validation sans aide ».

On a : P(L)=0,70.

Donc : P(L)=0,30.

On a aussi : PL(V)=0,90etPL(V)=0,60.

La probabilité du chemin LV est : P(LV)=0,70×0,90=0,63.

La probabilité du chemin LV est : P(LV)=0,30×0,60=0,18.

Arbre pondéré à deux niveaux : achat L et validation V Arbre pondéré. Niveau 1 : branches L (probabilité 0,70) et non L (probabilité 0,30). Niveau 2 : depuis L, branches V (0,90) et non V (0,10) ; depuis non L, branches V (0,60) et non V (0,40). Ω 0,70 0,30 L 0,90 0,10 0,60 0,40 V V P(L ∩ V) = 0,70 × 0,90 = 0,63 P(L ∩ V̄) = 0,70 × 0,10 = 0,07 P(L̄ ∩ V) = 0,30 × 0,60 = 0,18 P(L̄ ∩ V̄) = 0,30 × 0,40 = 0,12 le long d'un chemin, on multiplie les probabilités
Arbre pondéré à deux niveaux avec branches L (0,70) et non L (0,30), puis V et non V conditionnels

À RETENIR

Un arbre pondéré sert à visualiser les conditions. Chaque branche dépend de ce qui s'est passé avant.

Le piège des branches complémentaires

Karim écrit que si PL(V)=0,90, alors PL(V)=0,10.

C'est faux. Le complément de PL(V) est PL(V), pas PL(V).

Ici : PL(V)=0,10.

Mais : PL(V)=0,60.

À RETENIR

Le complément se prend sur une même branche conditionnelle : PA(B)=1PA(B).

Leçon 4 — Formule des probabilités totales

Quand un événement peut se produire par plusieurs chemins, on additionne les probabilités de ces chemins.

THÉORÈME

Si A et A forment une partition de l'univers, alors : P(B)=P(AB)+P(AB).

Avec les probabilités conditionnelles : P(B)=P(A)PA(B)+P(A)PA(B).

Exemple. Dans l'exemple du transport, la probabilité qu'un voyageur valide son billet sans aide est : P(V)=P(LV)+P(LV).

Donc : P(V)=0,63+0,18=0,81.

Ainsi, 81% des voyageurs valident leur billet sans aide.

À RETENIR

Pour calculer une probabilité totale, on additionne les probabilités de tous les chemins qui mènent à l'événement voulu.

Visualise pourquoi : l'univers se découpe en parts disjointes, et B traverse chacune d'elles.

Partition de l'univers et formule des probabilités totales L'univers Ω est un rectangle découpé en trois parts disjointes A₁, A₂ et A₃ de couleurs différentes. Un événement B, dessiné en ellipse au contour foncé, traverse les trois parts. Les trois intersections B∩A₁, B∩A₂ et B∩A₃ sont mises en évidence. La légende rappelle que P(B) est la somme de ces trois probabilités, comme la somme des chemins d'un arbre. Ω (univers) A1 A2 A3 B B∩A1 B∩A2 B∩A3 P(B) = P(B∩A₁) + P(B∩A₂) + P(B∩A₃) chaque intersection est un chemin de l'arbre : on additionne les chemins
Partition de l'univers en trois parts disjointes A1, A2, A3 traversées par l'événement B, illustrant la décomposition de P(B) en somme des intersections

Le piège du chemin oublié

Salma calcule seulement P(LV) et oublie le chemin LV.

Elle trouve 0,63 au lieu de 0,81.

À RETENIR

Quand un événement peut arriver par plusieurs chemins, il faut tous les additionner.

Leçon 5 — Inversion de condition et formule de Bayes

Une erreur fréquente consiste à confondre PA(B) et PB(A).

Ces deux probabilités sont généralement différentes.

DÉFINITION

Inverser une condition consiste à passer de PA(B) à PB(A).

Pour cela, on utilise la formule de Bayes.

THÉORÈME

Si P(A)>0 et P(B)>0, alors : PB(A)=P(A)PA(B)P(B).

Exemple. On reprend l'exemple du transport. On sait : P(L)=0,70,PL(V)=0,90,P(V)=0,81.

On cherche la probabilité qu'un voyageur ait acheté en ligne sachant qu'il a validé sans aide : PV(L)=P(L)PL(V)P(V).

Donc : PV(L)=0,70×0,900,81=0,630,810,778.

Environ 77,8% des voyageurs qui valident sans aide ont acheté leur billet en ligne.

À RETENIR

La formule de Bayes sert à inverser une condition : elle permet de passer de « probabilité de B sachant A » à « probabilité de A sachant B ».

Le piège de l'inversion automatique

Karim pense que : PA(B)=PB(A).

C'est faux en général.

Par exemple, la probabilité d'avoir un résultat positif sachant qu'on est malade n'est pas la même chose que la probabilité d'être malade sachant que le test est positif.

À RETENIR

On n'inverse jamais une condition sans calcul.

Leçon 6 — Indépendance

Deux événements sont indépendants lorsque la réalisation de l'un ne change pas la probabilité de l'autre.

DÉFINITION

Deux événements A et B sont indépendants si : P(AB)=P(A)P(B).

Si P(A)>0, cela revient à dire : PA(B)=P(B).

Pourquoi ces deux écritures sont-elles équivalentes ? La démonstration

L'indépendance a deux visages : l'égalité symétrique P(AB)=P(A)P(B), et l'égalité conditionnelle PA(B)=P(B) qui traduit littéralement l'intuition « savoir que A est réalisé ne change rien à la probabilité de B ». Démontrons qu'elles disent exactement la même chose lorsque P(A)>0. C'est un résultat exigible — sache l'établir dans les deux sens.

On suppose donc P(A)>0, ce qui donne un sens à PA(B)=P(AB)P(A).

Sens 1 — de la définition vers la forme conditionnelle. Suppose A et B indépendants, c'est-à-dire P(AB)=P(A)P(B). Alors, par définition de la probabilité conditionnelle : PA(B)=P(AB)P(A)=P(A)P(B)P(A)=P(B).

Sens 2 — de la forme conditionnelle vers la définition. Suppose maintenant PA(B)=P(B). En partant de la définition PA(B)=P(AB)P(A), on a P(AB)P(A)=P(B), et en multipliant les deux membres par P(A) : P(AB)=P(A)P(B).

Les deux implications étant établies, les deux caractérisations sont équivalentes. Retiens que la forme symétrique P(AB)=P(A)P(B) est la bonne définition : elle ne suppose pas P(A)>0, elle est symétrique en A et B (l'indépendance est une relation réciproque), et elle reste valable même quand une probabilité conditionnelle n'a pas de sens. La forme PA(B)=P(B) n'en est qu'une lecture, précieuse pour l'intuition.

Exemple. Si la probabilité d'être sélectionné est la même chez les élèves qui font option théâtre que dans toute la population, alors l'option théâtre et la sélection sont indépendantes.

Exemple numérique

Supposons : P(A)=0,4,P(B)=0,5,P(AB)=0,2.

On calcule : P(A)P(B)=0,4×0,5=0,2.

Donc : P(AB)=P(A)P(B).

Les événements A et B sont indépendants.

À RETENIR

Si deux événements sont indépendants, connaître l'un ne change pas la probabilité de l'autre.

Le piège de l'incompatibilité

Salma confond événements indépendants et événements incompatibles.

Deux événements incompatibles ne peuvent pas se produire ensemble : P(AB)=0.

Deux événements indépendants peuvent très bien se produire ensemble.

À RETENIR

Indépendant ne veut pas dire incompatible. Ce sont deux notions différentes.

Pièges classiques

  1. Confondre P(B) et PA(B).
    La première probabilité concerne tout l'univers, la seconde seulement les cas où A est réalisé.

  2. Additionner au lieu de multiplier le long d'un chemin.
    Dans un arbre, un chemin correspond à une intersection : on multiplie.

  3. Oublier un chemin dans la formule des probabilités totales.
    Il faut additionner tous les chemins qui mènent à l'événement demandé.

  4. Confondre condition et condition inverse.
    PA(B) n'est pas forcément égal à PB(A).

  5. Oublier les compléments conditionnels.
    PA(B)=1PA(B).

  6. Confondre indépendance et incompatibilité.
    Deux événements indépendants ne sont pas forcément incompatibles.

  7. Mal lire un énoncé.
    « Parmi les élèves admis » et « parmi les élèves scientifiques » ne désignent pas le même univers.

Application concrète

Salma étudie un test de dépistage dans une population.

On note :

  • M : « la personne est malade » ;
  • T : « le test est positif ».

On sait que : P(M)=0,02.

Donc : P(M)=0,98.

Le test est positif chez 95% des personnes malades : PM(T)=0,95.

Mais il est aussi positif chez 3% des personnes non malades : PM(T)=0,03.

Étape 1 — Calculer la probabilité d'un test positif.

On utilise la formule des probabilités totales : P(T)=P(M)PM(T)+P(M)PM(T).

Donc : P(T)=0,02×0,95+0,98×0,03.

Ainsi : P(T)=0,019+0,0294=0,0484.

La probabilité d'avoir un test positif est donc 4,84%.

Étape 2 — Calculer la probabilité d'être malade sachant que le test est positif.

On cherche : PT(M).

Avec la formule de Bayes : PT(M)=P(M)PM(T)P(T).

Donc : PT(M)=0,02×0,950,0484=0,0190,04840,393.

Donc, parmi les personnes qui ont un test positif, environ 39,3% sont réellement malades.

Interprétation.
Même avec un test fiable, si la maladie est rare, un résultat positif ne garantit pas que la personne est malade. Il faut tenir compte de la fréquence de la maladie dans la population et des faux positifs.

C'est précisément ce que permettent les probabilités conditionnelles.

À retenir

À RETENIR

La probabilité de B sachant A est PA(B)=P(AB)P(A), avec P(A)>0.

À RETENIR

La formule du produit est P(AB)=P(A)PA(B).

À RETENIR

Dans un arbre pondéré, on multiplie le long d'un chemin et on additionne les chemins compatibles.

À RETENIR

La formule des probabilités totales est P(B)=P(A)PA(B)+P(A)PA(B).

À RETENIR

La formule de Bayes est PB(A)=P(A)PA(B)P(B).

À RETENIR

Deux événements sont indépendants si P(AB)=P(A)P(B).

À RETENIR

Ne confonds jamais condition et condition inverse : PA(B) et PB(A) répondent à deux questions différentes.

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