Les nombres relatifs
Tu passes en 3ᵉ ?Revois l'essentiel de la 4ᵉ avant l'année du brevet.Repérer, comparer, prendre l'opposé
Avant d'opérer sur les relatifs, il faut être parfaitement à l'aise avec ce qu'ils sont et comment ils s'ordonnent. C'est le socle : une erreur de signe ici se propage dans tout le reste du chapitre.
Un nombre relatif est un nombre muni d'un signe : positif (noté ) ou négatif (noté ). Sa distance à zéro est sa valeur sans le signe. La distance à zéro de comme celle de vaut .
Zéro est un cas à part : c'est le seul nombre qui soit à la fois positif et négatif, et sa distance à zéro vaut .
Comparer deux relatifs
L'image de la droite graduée règle tout : un nombre est d'autant plus grand qu'il est placé loin vers la droite.
Sur une droite orientée vers la droite, plus on va vers la droite, plus le nombre est grand. On en déduit trois faits :
- tout nombre négatif est plus petit que tout nombre positif ;
- entre deux positifs, le plus grand est celui de plus grande distance à zéro ;
- entre deux négatifs, le plus grand est celui de plus petite distance à zéro.
Exemple 1. , car est plus proche de zéro, donc plus à droite.
Exemple 2. : un positif l'emporte toujours sur un négatif, quelle que soit sa taille.
L'opposé d'un nombre
L'opposé d'un relatif est le nombre de même distance à zéro mais de signe contraire. L'opposé de est ; l'opposé de est ; l'opposé de est .
Deux nombres opposés sont symétriques par rapport à sur la droite graduée. Cette notion va devenir centrale dès la leçon suivante.
Le piège du « plus grand chiffre »
Salma compare et et écrit « parce que 12 est plus grand que 7 ». C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre. Le réflexe du nombre de chiffres marche chez les positifs, mais il s'inverse chez les négatifs. Sur la droite, est plus à gauche que : il est donc plus petit. La bonne écriture est .
Chez les négatifs, l'ordre est inversé : plus la distance à zéro est grande, plus le nombre est petit.
Additionner et soustraire
Tu as vu ces deux opérations en 5ᵉ. On les consolide ici, car ce sont elles qui causent le plus d'erreurs de signe — et tout le reste du chapitre s'appuie dessus.
Pour additionner deux relatifs :
- s'ils ont le même signe, on additionne leurs distances à zéro et on garde le signe commun : ;
- s'ils ont des signes contraires, on soustrait la plus petite distance à zéro de la plus grande, et on garde le signe du nombre le plus éloigné de zéro : .
Exemple 1. — mêmes signes, on cumule.
Exemple 2. — signes contraires, le négatif l'emporte car il est plus éloigné de zéro.
Soustraire, c'est additionner l'opposé
Plutôt que de retenir des règles séparées pour la soustraction, on la ramène à une addition. C'est l'idée la plus rentable de la leçon.
Soustraire un relatif revient à additionner son opposé :
Exemple 3. .
Exemple 4. .
Le piège des signes qui se touchent
Karim calcule et répond : il a « fait comme s'il n'y avait qu'un seul signe ». Or soustraire , c'est ajouter son opposé : . Quand deux signes se suivent, ils fusionnent en un seul.
Deux « » qui se suivent donnent un « ». Un « » et un « » qui se suivent donnent un « ».
Multiplier : la règle des signes
Voici le cœur du programme de 4ᵉ. Multiplier des relatifs ne demande qu'une chose : connaître le signe du résultat. La valeur, elle, se calcule comme d'habitude avec les distances à zéro.
Le produit de deux relatifs est :
- positif si les deux facteurs ont le même signe ;
- négatif s'ils ont des signes contraires.
Exemple 1. — signes contraires.
Exemple 2. — mêmes signes.
Pourquoi « moins par moins fait plus » ?
Cette règle n'est pas un caprice de professeur. Observe la suite des produits par en faisant décroître le second facteur :
À chaque fois que le second facteur baisse de , le résultat augmente de : , puis , puis … La régularité impose que la case suivante vaille , puis . Autrement dit, est la seule valeur qui garde le calcul cohérent. La règle des signes est une nécessité, pas une convention arbitraire.
Plusieurs facteurs : compter les négatifs
Pour un produit de plusieurs relatifs, la valeur est le produit des distances à zéro, et le signe se lit en comptant les facteurs négatifs :
- un nombre pair de facteurs négatifs résultat positif ;
- un nombre impair de facteurs négatifs résultat négatif.
Exemple 3. — deux facteurs négatifs, c'est pair.
Exemple 4. — trois facteurs négatifs, c'est impair.
Le piège du facteur négatif oublié
Salma calcule . Elle applique « moins par moins fait plus » sur les deux premiers, trouve , puis et écrit… , par étourderie de signe. Le bon réflexe : compter d'abord les facteurs négatifs. Il y en a trois, c'est impair, donc le résultat est négatif : .
Pour le signe d'un produit, compte les facteurs négatifs : pair donne , impair donne .
Diviser des nombres relatifs
Bonne nouvelle : la division ne réserve aucune surprise. Elle obéit exactement à la même règle des signes que la multiplication.
Le quotient de deux relatifs est positif si les deux nombres ont le même signe, négatif s'ils ont des signes contraires :
Le signe d'une fraction
Une fraction de relatifs ne porte qu'un seul signe global, qu'on peut écrire de trois façons équivalentes.
Pour tous relatifs (avec dénominateur non nul) : On place de préférence le signe devant la fraction, c'est la forme la plus lisible.
Exemple 1. .
Exemple 2. .
Le piège de la division par zéro
Diviser par n'a aucun sens : n'existe pas. En revanche, divisé par un nombre non nul vaut bien : . Ne confonds pas les deux situations — l'une est interdite, l'autre est parfaitement valide.
Division et multiplication partagent la même règle des signes. On ne divise jamais par zéro.
Enchaîner les opérations : priorités et parenthèses
Dans un calcul mêlant plusieurs opérations, l'ordre dans lequel tu travailles change tout. Les relatifs n'ajoutent pas de nouvelle règle : ils rendent simplement la rigueur indispensable.
Méthode (priorités opératoires). On calcule dans cet ordre :
- ce qui est entre parenthèses ;
- les multiplications et divisions, de gauche à droite ;
- les additions et soustractions, de gauche à droite.
Exemple 1. . La multiplication d'abord : . Puis .
Supprimer une parenthèse
Une parenthèse précédée d'un « » se supprime sans rien changer. Précédée d'un « », on change le signe de chaque terme qu'elle contient.
Exemple 2. .
Exemple 3. .
Le piège de l'ordre
Karim calcule « dans l'ordre de lecture » : , puis . Faux. La multiplication passe avant la soustraction : , puis .
Multiplication et division passent toujours avant addition et soustraction, sauf si des parenthèses imposent le contraire.
Pièges classiques
-
Inverser l'ordre des négatifs. Écrire parce que « 12 > 7 ». Chez les négatifs, plus la distance à zéro est grande, plus le nombre est petit : .
-
Oublier de transformer la soustraction. Lire comme au lieu de . Soustraire un nombre, c'est ajouter son opposé.
-
Mal compter les facteurs négatifs d'un produit. Croire que . Trois facteurs négatifs, c'est impair : le résultat est .
-
Inventer une règle de signes pour la division. Hésiter sur . La division suit exactement la même règle que la multiplication : mêmes signes, résultat positif, donc .
-
Diviser par zéro. Écrire . C'est une opération interdite ; en revanche est correct.
-
Mal distribuer un « » devant une parenthèse. Calculer . Le « » change le signe de chaque terme : .
Application concrète
Yasmine passe une journée d'hiver à Ifrane et note la température au fil des heures. Son carnet va nous faire traverser tout le chapitre.
Étape 1 — Comparer. Relevés du thermomètre : h : °C, h : °C, h : °C, h : °C. Yasmine veut classer ces températures de la plus froide à la plus chaude. En se plaçant sur la droite des relatifs : . La plus froide est °C (au lever du jour), la plus chaude °C (au début d'après-midi).
Étape 2 — Additionner et soustraire. Quel est l'écart entre la température la plus chaude et la plus froide de la journée ? On soustrait : . L'amplitude thermique de la journée est de °C.
Étape 3 — Multiplier. Après h, la nuit tombe et la température baisse régulièrement de °C par heure. Quelle variation cela représente-t-il sur les premières heures de la nuit ? Chaque heure apporte une variation de °C, donc : °C. Partie de °C à h, la température atteint °C à h.
Étape 4 — Diviser. Le lendemain matin, le thermomètre est passé de °C à °C en heures. Quelle a été la variation moyenne par heure ? La variation totale est °C. On la répartit sur heures : °C par heure. La règle des signes donne directement un résultat négatif, cohérent avec un refroidissement.
Étape 5 — Enchaîner. Yasmine résume sa nuit par un seul calcul, en partant de la température de h : . Priorités d'abord : . Puis de gauche à droite : , et . La température finale est de °C.
Conclusion. En une seule journée, Yasmine a comparé, additionné, soustrait, multiplié, divisé et enchaîné des relatifs — exactement les six gestes de ce chapitre. Ce sont les mêmes que tu réutiliseras dès le chapitre suivant sur les nombres rationnels, puis tout au long du lycée, jusqu'aux fonctions et aux vecteurs. Les maîtriser maintenant, sans hésiter sur un seul signe, c'est se débarrasser pour de bon de la source d'erreur numéro un en mathématiques.
À retenir
Sur la droite graduée, un nombre est d'autant plus grand qu'il est à droite. Chez les négatifs, l'ordre s'inverse : .
Soustraire un relatif, c'est ajouter son opposé : . Deux signes qui se suivent fusionnent en un seul.
Multiplication et division suivent la même règle des signes : mêmes signes donnent , signes contraires donnent . Pour un produit de plusieurs facteurs, on compte les facteurs négatifs (pair , impair ).
On ne divise jamais par zéro, mais zéro divisé par un nombre non nul vaut zéro.
Dans un calcul, multiplications et divisions passent avant additions et soustractions ; une parenthèse précédée d'un « » change le signe de tous ses termes.