Mathématiques · 4ᵉ · Les équations

Les équations

Tu passes en 3ᵉ ?Revois l'essentiel de la 4ᵉ avant l'année du brevet.

Qu'est-ce qu'une équation ?

Avant de résoudre quoi que ce soit, il faut comprendre ce qu'on cherche. Revenons à l'expression 7x+1=50 : elle ressemble à ce qu'on a vu en calcul littéral, mais avec une nouveauté — le signe « = » sépare deux membres, et on cherche la valeur de x qui les rend égaux.

DÉFINITION

Une équation est une égalité contenant une ou plusieurs lettres appelées inconnues. Le membre gauche est l'expression à gauche du signe =, le membre droit celle à droite. Une valeur de l'inconnue qui rend l'égalité vraie est appelée une solution de l'équation.

Tester si une valeur est solution ne demande aucune technique nouvelle : on remplace la lettre par la valeur dans chaque membre, puis on compare.

Méthode (tester une valeur). Pour vérifier si x=a est solution d'une équation :

  1. Calculer le membre gauche en remplaçant x par a.
  2. Calculer le membre droit (il peut ne contenir aucun x).
  3. Si les deux résultats sont égaux, x=a est bien solution ; sinon, ce n'en est pas une.

Exemple 1. L'équation 7x+1=50. Testons x=7 :

  • Membre gauche : 7×7+1=49+1=50.
  • Membre droit : 50.
  • 50=50 : x=7 est solution.

Exemple 2. La même équation, testons x=6 :

  • Membre gauche : 7×6+1=4350.
  • x=6 n'est pas solution.

Exemple 3. L'équation 2x3=x+1. Testons x=4 :

  • Membre gauche : 2×43=5.
  • Membre droit : 4+1=5.
  • 5=5 : x=4 est solution.

Le piège du test d'un seul membre

Karim teste si x=3 est solution de 5x2=13 en calculant 5×32=13 et conclut immédiatement « oui, c'est solution ». Cette fois il a raison, mais sa méthode est risquée : si l'équation avait été 5x2=12, il aurait oublié de comparer avec 12. La règle est absolue : calculer les deux membres séparément, puis les comparer.

À RETENIR

Une équation a un membre gauche, un membre droit, et une inconnue. Tester une valeur : calculer chaque membre séparément, puis vérifier l'égalité.

Résoudre les équations simples

Maintenant que tu sais ce qu'est une solution, voyons comment la trouver sans tâtonner. Les équations les plus simples sont de la forme x+a=b ou ax=b.

L'idée directrice est celle de la balance : une équation est comme une balance en équilibre. Si tu ajoutes ou retires le même poids des deux plateaux, la balance reste en équilibre. Si tu multiplies ou divises les deux plateaux par le même nombre (non nul), elle reste en équilibre.

Balance à deux plateaux illustrant l'équilibre d'une équation Une balance à fléau avec deux plateaux en équilibre. Le plateau gauche porte un carré étiqueté « x + 3 », le plateau droit porte un carré étiqueté « 7 ». Sous la balance, une flèche bidirectionnelle indique « même opération des deux côtés ». x + 3 7 Ce qu'on fait à un plateau, on le fait à l'autre. =
Balance illustrant l'équilibre d'une équation : ce qu'on fait d'un côté, on le fait de l'autre

Méthode (opérations réciproques). Pour isoler l'inconnue x :

  • Si l'équation est x+a=b, on soustrait a des deux membres : x=ba.
  • Si l'équation est xa=b, on ajoute a des deux membres : x=b+a.
  • Si l'équation est ax=b (avec a0), on divise les deux membres par a : x=ba.

On vérifie toujours la solution trouvée en la substituant dans l'équation de départ.

Exemple 1. Résoudre x+5=12.

On soustrait 5 des deux membres : x+55=125, soit x=7.

Vérification : 7+5=12. ✓

Exemple 2. Résoudre x8=3.

On ajoute 8 aux deux membres : x8+8=3+8, soit x=11.

Vérification : 118=3. ✓

Exemple 3. Résoudre 4x=28.

On divise les deux membres par 4 : 4x4=284, soit x=7.

Vérification : 4×7=28. ✓

Exemple 4. Résoudre 3x=15.

On divise les deux membres par 3 : x=153=5.

Vérification : 3×(5)=15. ✓

Le piège de l'opération faite d'un seul côté

Salma résout x+9=20 en soustrayant 9 seulement du membre gauche : elle écrit x=20. Faux : si on soustrait 9 à gauche, il faut aussi soustraire 9 à droite. La bonne réponse est x=209=11.

À RETENIR

Toute opération appliquée à un membre doit être appliquée à l'autre membre aussi. La balance reste en équilibre seulement si les deux plateaux reçoivent le même traitement.

Résoudre ax+b=c

On passe maintenant à une équation légèrement plus complexe, celle qu'on rencontre très souvent : ax+b=c. Le principe reste le même — isoler x — mais il faut deux étapes.

Méthode (deux étapes pour ax+b=c). On procède toujours dans cet ordre :

  1. Étape 1 — Éliminer le terme constant. Soustraire (ou ajouter) b des deux membres pour obtenir ax=cb.
  2. Étape 2 — Isoler x. Diviser les deux membres par a (avec a0) pour obtenir x=cba.
  3. Vérification. Substituer la valeur trouvée dans l'équation de départ.

Schéma des deux étapes de résolution de l'équation ax + b = c Trois cases alignées horizontalement reliées par des flèches. Case 1 : l'équation ax + b = c. Flèche étiquetée « Étape 1 : soustraire b des deux membres ». Case 2 : ax = c − b. Flèche étiquetée « Étape 2 : diviser les deux membres par a ». Case 3 : x = (c − b) / a, encadrée en terracotta comme solution finale. ax + b = c équation de départ Étape 1 − b des deux membres ax = c − b les b ont disparu Étape 2 ÷ a des deux membres solution : x = (c−b)/a Deux opérations réciproques, appliquées dans l'ordre. Exemple : 3x + 5 = 17 Étape 1 : 3x = 17 − 5 = 12 Étape 2 : x = 12 ÷ 3 = 4 Résoudre ax + b = c en deux étapes
Schéma des deux étapes de résolution de ax + b = c : flèche vers ax = c - b puis vers x = (c-b)/a

Exemple 1. Résoudre 3x+7=22.

Étape 1 : 3x+77=2273x=15.

Étape 2 : 3x3=153x=5.

Vérification : 3×5+7=15+7=22. ✓

Exemple 2. Résoudre 5x3=17.

Étape 1 : 5x3+3=17+35x=20.

Étape 2 : x=205=4.

Vérification : 5×43=17. ✓

Exemple 3. Résoudre 2x+9=1.

Étape 1 : 2x=19=8.

Étape 2 : x=82=4.

Vérification : 2×(4)+9=8+9=1. ✓

Le piège de l'ordre inversé

Amine résout 3x+7=22 en commençant par diviser par 3 : il obtient x+7=223 et bute sur une fraction dès la première ligne. Ce n'est pas une erreur fatale, mais c'est inutilement compliqué. En retirant d'abord le terme constant, on obtient 3x=15, et la division donne immédiatement x=5 sans fraction.

À RETENIR

Pour ax+b=c : d'abord soustraire b des deux membres, ensuite diviser par a. Cet ordre évite les fractions intermédiaires.

Équations avec l'inconnue dans les deux membres

Certaines équations ont des termes en x des deux côtés du signe = : par exemple 4x+3=2x+11. La stratégie reste la même — isoler x — mais il faut d'abord rassembler tous les termes en x d'un même côté.

Méthode (équation ax+b=cx+d). On procède en trois étapes :

  1. Rassembler les x. Soustraire le terme en x le plus petit des deux membres (ou ajouter son opposé) pour n'avoir des x que d'un côté.
  2. Rassembler les constantes. Déplacer les nombres de l'autre côté.
  3. Diviser. Isoler x en divisant par son coefficient.
  4. Vérifier en substituant dans l'équation de départ.

Exemple 1. Résoudre 4x+3=2x+11.

Étape 1 — Retirer 2x des deux membres : 4x2x+3=112x+3=11.

Étape 2 — Retirer 3 des deux membres : 2x=8.

Étape 3 — Diviser par 2 : x=4.

Vérification : membre gauche 4×4+3=19 ; membre droit 2×4+11=19. ✓

Exemple 2. Résoudre 5x4=3x+10.

5x3x=10+42x=14x=7.

Vérification : 5×74=31 ; 3×7+10=31. ✓

Exemple 3. Résoudre x+6=4x9.

On soustrait x des deux membres : 6=3x9.

On ajoute 9 : 15=3x.

On divise par 3 : x=5.

Vérification : 5+6=11 ; 4×59=11. ✓

Le piège du signe qui change de côté

Karim résout 4x+3=2x+11 et écrit, pour « passer 2x de l'autre côté » : 4x+2x+3=11 — il a ajouté 2x au lieu de le soustraire. Rappel : quand on fait « passer un terme d'un côté », on soustrait ce terme des deux membres, ce qui change son signe. 4x+3=2x+114x2x+3=112x+3=11.

À RETENIR

Pour regrouper les x d'un côté, on soustrait le terme en x des deux membres — ce qui revient à changer son signe en le « passant » de l'autre côté.

Mettre un problème en équation

La vraie puissance des équations, c'est de traduire un problème de la vie réelle en langage mathématique, de le résoudre, puis de revenir à la situation concrète.

Méthode (résolution d'un problème par équation). On procède en cinq phases :

  1. Choisir l'inconnue : nommer la grandeur cherchée par une lettre (souvent x) et préciser son unité.
  2. Traduire : écrire une équation qui exprime la contrainte du problème.
  3. Résoudre l'équation.
  4. Vérifier que la solution satisfait l'équation ET a un sens dans le problème (positif si c'est une longueur, entier si c'est un nombre d'objets, etc.).
  5. Conclure en répondant à la question posée avec l'unité.

Exemple 1. Yasmine et Amine font des économies. Yasmine a 120 dh et économise 15 dh par semaine. Amine a 30 dh et économise 25 dh par semaine. Au bout de combien de semaines auront-ils la même somme ?

  • Inconnue : x = nombre de semaines.
  • Équation : Yasmine aura 120+15x dh ; Amine aura 30+25x dh.

120+15x=30+25x

  • Résolution : 12030=25x15x90=10xx=9.
  • Vérification : Yasmine 120+15×9=255 dh ; Amine 30+25×9=255 dh. ✓
  • Conclusion : ils auront la même somme au bout de 9 semaines.

Exemple 2. Amine achète des carnets à 8 dh l'unité et une règle à 12 dh. Il paie 60 dh au total. Combien a-t-il acheté de carnets ?

  • Inconnue : x = nombre de carnets.
  • Équation : 8x+12=60.
  • Résolution : 8x=48x=6.
  • Vérification : 8×6+12=60. ✓
  • Conclusion : Amine a acheté 6 carnets.

Le piège de la conclusion sans unité

Salma résout un problème de prix et écrit en conclusion : « x=35 ». C'est incomplet : 35 quoi ? La conclusion doit toujours répondre à la question posée avec son unité et dans la réalité du problème : « Le prix est 35 dh. »

À RETENIR

Un problème se résout en 5 phases : choisir l'inconnue (avec son unité), écrire l'équation, la résoudre, vérifier, conclure en français avec l'unité.

Pièges classiques

  1. Tester une équation sur un seul membre. Il faut calculer les deux membres séparément et les comparer. Écrire 5×32=13 sans citer le membre droit ne prouve rien si on n'a pas vérifié que le membre droit vaut aussi 13.

  2. Faire une opération d'un seul côté. Toute opération sur un membre s'applique aussi à l'autre. Soustraire 9 seulement à gauche dans x+9=20 donne x=20, ce qui est faux : la bonne réponse est x=11.

  3. Inverser les étapes pour ax+b=c. Diviser par a avant de soustraire b n'est pas faux, mais génère des fractions inutiles. Mieux : soustraire b en premier, puis diviser.

  4. Additionner au lieu de soustraire en déplaçant un terme. Dans 4x+3=2x+11, « déplacer 2x à gauche » signifie soustraire 2x des deux membres, pas l'ajouter. Résultat juste : 2x+3=11, pas 6x+3=11.

  5. Oublier la vérification. La substitution de la solution dans l'équation de départ est l'unique garantie de ne pas avoir fait d'erreur de signe ou de calcul en chemin.

  6. Conclure sans unité ni phrase. x=9 n'est pas une réponse à un problème. La conclusion doit désigner la grandeur, sa valeur et son unité : « Au bout de 9 semaines, Yasmine et Amine auront la même somme. »

Application concrète

Yasmine et Karim préparent le voyage de fin d'année de leur classe vers Ifrane. Le car coûte 1 200 dh à partager en parts égales entre tous les élèves, et chaque élève paie en plus 50 dh pour les repas. Karim affirme que si 20 élèves participent, chacun devra payer 110 dh au total. Yasmine pense que c'est faux. Qui a raison ?

Étape 1 — Choisir l'inconnue. On note n le nombre d'élèves qui participent (en cherchant pour quelle valeur chaque élève paie exactement 110 dh).

Étape 2 — Écrire l'équation. La part de car par élève est 1200n dh. En y ajoutant les 50 dh de repas, chaque élève paie :

1200n+50=110

Étape 3 — Résoudre. On soustrait 50 des deux membres :

1200n=60

On multiplie les deux membres par n (valide car n0) :

1200=60n

On divise par 60 :

n=20

Étape 4 — Vérifier. Pour n=20 : 120020+50=60+50=110 dh. ✓

Étape 5 — Conclure. La solution est bien n=20. Karim avait raison : avec exactement 20 élèves, chacun paie 110 dh.

Conclusion. Yasmine réalise qu'elle avait mal calculé. L'équation a permis de trancher le débat sans discussion : la démarche mathématique donne une réponse certaine là où l'intuition peut se tromper.

À retenir

À RETENIR

Une équation est une égalité contenant une inconnue. Tester une valeur candidate : calculer les deux membres séparément et vérifier leur égalité.

À RETENIR

Pour x+a=b : soustraire a des deux membres. Pour ax=b (a0) : diviser les deux membres par a. La balance reste en équilibre si on traite les deux côtés identiquement.

À RETENIR

Pour ax+b=c : d'abord ax=cb (on retire b des deux membres), ensuite x=cba (on divise par a).

À RETENIR

Pour ax+b=cx+d : rassembler les x d'un côté et les nombres de l'autre, en soustrayant (pas en additionnant) le terme à déplacer.

À RETENIR

Résoudre un problème par équation : choisir l'inconnue (avec unité) → écrire l'équation → résoudre → vérifier → conclure en français.