Le calcul littéral
Les expressions littérales
Avant de calculer, il faut savoir lire et écrire correctement ces expressions où nombres et lettres se mêlent.
Une expression littérale est une expression contenant une ou plusieurs lettres représentant des nombres. Par exemple : , , .
Pour alléger l'écriture, on adopte des conventions sur les produits.
Méthode (conventions d'écriture). On simplifie l'écriture des produits :
- on supprime le signe devant une lettre ou une parenthèse : , , ;
- on écrit toujours le nombre devant la lettre : s'écrit ;
- et .
On distingue deux mots de vocabulaire : les termes d'une expression sont séparés par des ou des ; les facteurs d'un produit sont séparés par des . Dans , il y a deux termes ( et ) ; dans le terme , il y a deux facteurs ( et ).
Le piège du nombre collé
Karim pense que signifie « et », comme signifie trente-cinq. Faux : veut dire , un produit. Pour , on a , et non .
signifie . On supprime le devant une lettre ou une parenthèse, et on place le nombre devant.
Calculer la valeur d'une expression
Une expression littérale prend une valeur numérique dès qu'on fixe la valeur de ses lettres.
Pour calculer la valeur numérique d'une expression, on remplace chaque lettre par sa valeur (en rétablissant les signes ), puis on calcule en respectant les priorités opératoires.
Exemple 1. Pour : .
Exemple 2. Pour : (la règle des signes s'applique).
Exemple 3. L'aire d'un rectangle est . Pour et : .
Le piège de la priorité oubliée
Salma calcule pour et écrit . Faux : signifie , donc on élève d'abord au carré : . L'écriture serait différente.
Pour substituer, on rétablit les et on respecte les priorités. , à ne pas confondre avec .
Réduire une expression
Réduire, c'est rendre une expression plus courte en regroupant ce qui peut l'être.
Deux termes semblables ont la même partie littérale (même lettre, même exposant) : et sont semblables ; et aussi ; les nombres seuls (, ) sont semblables entre eux.
Réduire une expression, c'est regrouper les termes semblables en additionnant ou soustrayant leurs coefficients : ; .
On ne peut regrouper que des termes semblables : une expression comme est déjà réduite, car et ne sont pas semblables.
Le piège des termes mélangés
Amine réduit en . Faux : porte la lettre , mais est un nombre seul. Ils ne sont pas semblables, on ne peut pas les additionner. L'expression ne se réduit pas davantage.
On ne regroupe que des termes semblables (même partie littérale). ne se réduit pas.
Développer : la distributivité simple
Développer transforme un produit (avec parenthèse) en une somme de termes.
Pour tous nombres , , :
Pour développer, on multiplie le facteur situé devant la parenthèse par chacun des termes à l'intérieur.
Exemple 1. .
Exemple 2. .
Exemple 3. (attention : ).
Le piège du terme oublié
Karim développe en : il a oublié de multiplier le . Il faut distribuer le facteur à chaque terme : .
Le piège du signe « − » devant la parenthèse
C'est le piège signature de la 4ᵉ. Un « » seul devant une parenthèse, c'est un facteur caché : il retourne le signe de chaque terme. Donc , car le devient . Karim développe et écrit : il a changé le signe du premier terme seulement, et oublié que le devient .
: on multiplie par chaque terme de la parenthèse. Quand est négatif, on applique la règle des signes à chacun. En particulier : le « » change le signe de tous les termes.
Factoriser
Factoriser, c'est l'opération inverse de développer.
Factoriser une somme, c'est la transformer en produit en mettant en évidence un facteur commun à tous ses termes.
.
On repère le facteur commun à tous les termes, on l'écrit devant une parenthèse, et dans la parenthèse on place ce qui reste de chaque terme (chacun divisé par le facteur commun).
Exemple 1. (facteur commun ).
Exemple 2. ; .
Le piège du facteur incomplet
Salma factorise en : elle a sorti le du premier terme mais a oublié de diviser le . Chaque terme doit être divisé par le facteur commun : . Pour vérifier, on redéveloppe : .
. Pour contrôler une factorisation, on redéveloppe : on doit retrouver l'expression de départ.
Tester une égalité
Une égalité entre deux expressions n'est pas toujours vraie : tout dépend de la valeur donnée à la lettre.
Dans une égalité comme , l'expression de gauche est le membre de gauche, celle de droite le membre de droite. Une valeur de la lettre qui rend l'égalité vraie est appelée une solution.
Pour tester si une valeur est solution, on calcule séparément les deux membres pour cette valeur, puis on vérifie s'ils sont égaux.
Exemple 1. L'égalité , testée pour : membre de gauche ; membre de droite . Ils sont égaux, donc est solution.
Exemple 2. La même égalité pour : membre de gauche . Donc n'est pas solution.
Le piège du seul membre
Karim veut tester si est solution de . Il calcule et s'arrête. Le réflexe correct est de comparer les deux membres : membre de gauche , membre de droite ; ils sont égaux, donc est bien solution. Il faut toujours confronter les deux côtés.
Une valeur est solution d'une égalité si elle rend les deux membres égaux. On calcule chaque membre, puis on compare.
Pièges classiques
-
Lire comme « et ». : pour , cela vaut , pas .
-
Confondre et . : pour , on obtient , et non .
-
Réduire des termes non semblables. ne se réduit pas : et n'ont pas la même partie littérale.
-
Oublier un terme en développant. , et non : on distribue à chaque terme.
-
Mal distribuer le « − » devant une parenthèse. , et non : le « » change le signe de chaque terme.
-
Factoriser de façon incomplète. , et non : chaque terme est divisé par le facteur commun.
-
Tester une égalité sur un seul membre. Il faut calculer les deux membres et les comparer pour conclure.
Application concrète
Yasmine présente un petit programme de calcul à ses cousins : « Choisis un nombre, multiplie-le par , puis ajoute . »
Étape 1 — Expression littérale. En appelant le nombre choisi, le programme se traduit par l'expression .
Étape 2 — Valeur numérique. Amine choisit : le résultat est .
Étape 3 — Réduire. Karim propose un autre programme : « multiplie le nombre par , ajoute le nombre, puis ajoute ». Cela donne , qui se réduit en : c'est exactement le programme de Yasmine !
Étape 4 — Factoriser. Yasmine factorise son expression : . Autrement dit, son programme revient à « ajouter au nombre, puis tripler le tout » — une autre façon de décrire la même règle.
Étape 5 — Tester une égalité. Pour prouver que les deux programmes donnent toujours le même résultat, on teste l'égalité . Pour : membre de gauche ; membre de droite . Ils sont égaux.
Conclusion. D'un simple jeu, Yasmine a écrit une expression, l'a évaluée, réduite, factorisée, et a testé une égalité. Le calcul littéral permet de prouver qu'une règle vaut pour tous les nombres à la fois, pas seulement sur un exemple. C'est précisément ce dont tu auras besoin au chapitre suivant pour résoudre des équations — c'est-à-dire trouver les valeurs qui rendent une égalité vraie.
À retenir
Une expression littérale mêle nombres et lettres. signifie ; on supprime le devant une lettre et on place le nombre devant.
Pour calculer la valeur d'une expression, on remplace les lettres et on respecte les priorités. .
Réduire, c'est regrouper les termes semblables (même partie littérale) ; ne se réduit pas.
Développer : (on distribue à chaque terme). Factoriser est l'opération inverse : .
Une valeur est solution d'une égalité si elle rend les deux membres égaux : on calcule chaque membre, puis on compare.