Mathématiques · 4ᵉ · Le calcul littéral

Le calcul littéral

À revoir avant de commencer
Tu passes en 3ᵉ ?Revois l'essentiel de la 4ᵉ avant l'année du brevet.

Les expressions littérales

Avant de calculer, il faut savoir lire et écrire correctement ces expressions où nombres et lettres se mêlent.

DÉFINITION

Une expression littérale est une expression contenant une ou plusieurs lettres représentant des nombres. Par exemple : 3x+5,   2L+2l,   a2b.

Pour alléger l'écriture, on adopte des conventions sur les produits.

Méthode (conventions d'écriture). On simplifie l'écriture des produits :

  • on supprime le signe × devant une lettre ou une parenthèse : 3×x=3x,   a×b=ab,   5×(x+1)=5(x+1) ;
  • on écrit toujours le nombre devant la lettre : x×3 s'écrit 3x ;
  • 1×x=x et x×x=x2.

On distingue deux mots de vocabulaire : les termes d'une expression sont séparés par des + ou des ; les facteurs d'un produit sont séparés par des ×. Dans 3x+5, il y a deux termes (3x et 5) ; dans le terme 3x, il y a deux facteurs (3 et x).

Le piège du nombre collé

Karim pense que 3x signifie « 3 et x », comme 35 signifie trente-cinq. Faux : 3x veut dire 3×x, un produit. Pour x=4, on a 3x=12, et non 34.

À RETENIR

3x signifie 3×x. On supprime le × devant une lettre ou une parenthèse, et on place le nombre devant.

Calculer la valeur d'une expression

Une expression littérale prend une valeur numérique dès qu'on fixe la valeur de ses lettres.

MÉTHODE

Pour calculer la valeur numérique d'une expression, on remplace chaque lettre par sa valeur (en rétablissant les signes ×), puis on calcule en respectant les priorités opératoires.

Exemple 1. Pour x=4 :   3x+5=3×4+5=17.

Exemple 2. Pour x=2 :   3x+5=3×(2)+5=1 (la règle des signes s'applique).

Exemple 3. L'aire d'un rectangle est A=L×l. Pour L=5 et l=3 : A=15.

Le piège de la priorité oubliée

Salma calcule 2x2 pour x=3 et écrit (2×3)2=36. Faux : 2x2 signifie 2×x2, donc on élève d'abord x au carré : 2×32=2×9=18. L'écriture (2x)2 serait différente.

À RETENIR

Pour substituer, on rétablit les × et on respecte les priorités. 2x2=2×x2, à ne pas confondre avec (2x)2.

Réduire une expression

Réduire, c'est rendre une expression plus courte en regroupant ce qui peut l'être.

DÉFINITION

Deux termes semblables ont la même partie littérale (même lettre, même exposant) : 3x et 5x sont semblables ; 2x2 et x2 aussi ; les nombres seuls (7, 2) sont semblables entre eux.

MÉTHODE

Réduire une expression, c'est regrouper les termes semblables en additionnant ou soustrayant leurs coefficients : 3x+5x=8x ;   4x+7x+2=3x+9.

Réduction de 3x + 2 + 2x + 1 en regroupant les termes semblables À gauche, des tuiles mélangées : cinq barres « x » et trois carrés « 1 ». Une flèche « on regroupe les semblables » mène à droite où les tuiles sont rassemblées en 5x et 3, donnant le résultat réduit 5x + 3. x x x x x 1 1 1 3x + 2 + 2x + 1 on regroupe les semblables 5x 3 = 5x + 3
Tuiles algébriques : 3x + 2 + 2x + 1 regroupé en 5x + 3 par réunion des termes semblables

On ne peut regrouper que des termes semblables : une expression comme 3x+5 est déjà réduite, car 3x et 5 ne sont pas semblables.

Le piège des termes mélangés

Amine réduit 3x+5 en 8x. Faux : 3x porte la lettre x, mais 5 est un nombre seul. Ils ne sont pas semblables, on ne peut pas les additionner. L'expression 3x+5 ne se réduit pas davantage.

À RETENIR

On ne regroupe que des termes semblables (même partie littérale). 3x+5 ne se réduit pas.

Développer : la distributivité simple

Développer transforme un produit (avec parenthèse) en une somme de termes.

THÉORÈME · DISTRIBUTIVITÉ

Pour tous nombres k, a, b : k(a+b)=ka+kbk(ab)=kakb

MÉTHODE

Pour développer, on multiplie le facteur situé devant la parenthèse par chacun des termes à l'intérieur.

Modèle d'aire de la distributivité k(a + b) = ka + kb Un rectangle de hauteur k dont la largeur est partagée en deux parties a et b. La partie gauche, d'aire k×a, est colorée en terracotta ; la partie droite, d'aire k×b, en jaune. L'aire totale vaut k(a + b) = ka + kb. k × a k × b k a b aire totale = k(a + b) = ka + kb
Modèle d'aire de la distributivité : un rectangle de hauteur k partagé en deux largeurs a et b, d'aires k×a et k×b

Exemple 1. 3(x+2)=3×x+3×2=3x+6.

Exemple 2. 5(2x+3)=10x+15.

Exemple 3. 2(x4)=2x+8 (attention : 2×(4)=+8).

Le piège du terme oublié

Karim développe 3(x+2) en 3x+2 : il a oublié de multiplier le 2. Il faut distribuer le facteur à chaque terme : 3(x+2)=3x+6.

Le piège du signe « − » devant la parenthèse

C'est le piège signature de la 4ᵉ. Un « » seul devant une parenthèse, c'est un facteur 1 caché : il retourne le signe de chaque terme. Donc (x3)=x+3, car le 3 devient +3. Karim développe (x3) et écrit x3 : il a changé le signe du premier terme seulement, et oublié que le 3 devient +3.

À RETENIR

k(a+b)=ka+kb : on multiplie k par chaque terme de la parenthèse. Quand k est négatif, on applique la règle des signes à chacun. En particulier (x3)=x+3 : le « » change le signe de tous les termes.

Factoriser

Factoriser, c'est l'opération inverse de développer.

DÉFINITION

Factoriser une somme, c'est la transformer en produit en mettant en évidence un facteur commun à tous ses termes.

THÉORÈME

ka+kb=k(a+b).

MÉTHODE

On repère le facteur commun à tous les termes, on l'écrit devant une parenthèse, et dans la parenthèse on place ce qui reste de chaque terme (chacun divisé par le facteur commun).

Modèle d'aire de la factorisation 6x + 9 = 3(2x + 3) Un rectangle de hauteur 3 partagé en deux parties : à gauche une aire 6x de largeur 2x en terracotta, à droite une aire 9 de largeur 3 en jaune. En sortant la hauteur commune 3, la somme des aires 6x + 9 s'écrit sous forme de produit 3 × (2x + 3). 6x 9 3 2x 3 6x + 9 = 3 × (2x + 3) le facteur commun 3 se met devant
Modèle d'aire de la factorisation : rectangle de hauteur 3 partagé en aires 6x et 9, regroupées en 3(2x + 3)

Exemple 1. 6x+9=3×2x+3×3=3(2x+3) (facteur commun 3).

Exemple 2. 4x+4=4(x+1) ;   5x10=5(x2).

Le piège du facteur incomplet

Salma factorise 6x+9 en 3(2x+9) : elle a sorti le 3 du premier terme mais a oublié de diviser le 9. Chaque terme doit être divisé par le facteur commun : 6x+9=3(2x+3). Pour vérifier, on redéveloppe : 3(2x+3)=6x+9.

À RETENIR

ka+kb=k(a+b). Pour contrôler une factorisation, on redéveloppe : on doit retrouver l'expression de départ.

Tester une égalité

Une égalité entre deux expressions n'est pas toujours vraie : tout dépend de la valeur donnée à la lettre.

DÉFINITION

Dans une égalité comme 3x+1=10, l'expression de gauche est le membre de gauche, celle de droite le membre de droite. Une valeur de la lettre qui rend l'égalité vraie est appelée une solution.

MÉTHODE

Pour tester si une valeur est solution, on calcule séparément les deux membres pour cette valeur, puis on vérifie s'ils sont égaux.

Exemple 1. L'égalité 3x+1=10, testée pour x=3 : membre de gauche 3×3+1=10 ; membre de droite 10. Ils sont égaux, donc x=3 est solution.

Exemple 2. La même égalité pour x=2 : membre de gauche 3×2+1=710. Donc x=2 n'est pas solution.

Le piège du seul membre

Karim veut tester si x=4 est solution de 2x+3=11. Il calcule 2×4+3=11 et s'arrête. Le réflexe correct est de comparer les deux membres : membre de gauche 11, membre de droite 11 ; ils sont égaux, donc x=4 est bien solution. Il faut toujours confronter les deux côtés.

À RETENIR

Une valeur est solution d'une égalité si elle rend les deux membres égaux. On calcule chaque membre, puis on compare.

Pièges classiques

  1. Lire 3x comme « 3 et x ». 3x=3×x : pour x=4, cela vaut 12, pas 34.

  2. Confondre 2x2 et (2x)2. 2x2=2×x2 : pour x=3, on obtient 18, et non 36.

  3. Réduire des termes non semblables. 3x+5 ne se réduit pas : 3x et 5 n'ont pas la même partie littérale.

  4. Oublier un terme en développant. 3(x+2)=3x+6, et non 3x+2 : on distribue à chaque terme.

  5. Mal distribuer le « − » devant une parenthèse. (x3)=x+3, et non x3 : le « » change le signe de chaque terme.

  6. Factoriser de façon incomplète. 6x+9=3(2x+3), et non 3(2x+9) : chaque terme est divisé par le facteur commun.

  7. Tester une égalité sur un seul membre. Il faut calculer les deux membres et les comparer pour conclure.

Application concrète

Yasmine présente un petit programme de calcul à ses cousins : « Choisis un nombre, multiplie-le par 3, puis ajoute 12. »

Étape 1 — Expression littérale. En appelant x le nombre choisi, le programme se traduit par l'expression 3x+12.

Étape 2 — Valeur numérique. Amine choisit x=4 : le résultat est 3×4+12=24.

Étape 3 — Réduire. Karim propose un autre programme : « multiplie le nombre par 2, ajoute le nombre, puis ajoute 12 ». Cela donne 2x+x+12, qui se réduit en 3x+12 : c'est exactement le programme de Yasmine !

Étape 4 — Factoriser. Yasmine factorise son expression : 3x+12=3(x+4). Autrement dit, son programme revient à « ajouter 4 au nombre, puis tripler le tout » — une autre façon de décrire la même règle.

Étape 5 — Tester une égalité. Pour prouver que les deux programmes donnent toujours le même résultat, on teste l'égalité 2x+x+12=3x+12. Pour x=7 : membre de gauche 2×7+7+12=33 ; membre de droite 3×7+12=33. Ils sont égaux.

Conclusion. D'un simple jeu, Yasmine a écrit une expression, l'a évaluée, réduite, factorisée, et a testé une égalité. Le calcul littéral permet de prouver qu'une règle vaut pour tous les nombres à la fois, pas seulement sur un exemple. C'est précisément ce dont tu auras besoin au chapitre suivant pour résoudre des équations — c'est-à-dire trouver les valeurs qui rendent une égalité vraie.

À retenir

À RETENIR

Une expression littérale mêle nombres et lettres. 3x signifie 3×x ; on supprime le × devant une lettre et on place le nombre devant.

À RETENIR

Pour calculer la valeur d'une expression, on remplace les lettres et on respecte les priorités. 2x2=2×x2(2x)2.

À RETENIR

Réduire, c'est regrouper les termes semblables (même partie littérale) ; 3x+5 ne se réduit pas.

À RETENIR

Développer : k(a+b)=ka+kb (on distribue à chaque terme). Factoriser est l'opération inverse : ka+kb=k(a+b).

À RETENIR

Une valeur est solution d'une égalité si elle rend les deux membres égaux : on calcule chaque membre, puis on compare.