Les puissances
Puissances d'un nombre
Une puissance n'est rien d'autre qu'une multiplication répétée, écrite de façon abrégée.
Pour un nombre et un entier , la puissance (lue « exposant ») est le produit de facteurs tous égaux à : Le nombre est la base, le nombre est l'exposant.
On dit « au carré » et « au cube ». Deux conventions complètent la définition :
Pour tout nombre : . Et pour tout : .
Exemple 1. .
Exemple 2. , , , .
Le piège de la multiplication
Karim écrit . C'est l'erreur la plus fréquente. L'exposant compte le nombre de facteurs, ce n'est pas un produit de la base par l'exposant : , pas .
est un produit de facteurs égaux à . Ne jamais confondre et .
Puissances d'un nombre relatif
Quand la base est négative, c'est la règle des signes du chapitre sur les relatifs qui décide du signe du résultat.
Une puissance est un produit de facteurs négatifs. D'après la règle des signes, elle est positive si est pair, négative si est impair :
Exemple 1. . . .
L'emplacement des parenthèses est décisif, car il indique ce qui est élevé à la puissance.
: tout le nombre est élevé à la puissance . Mais : sans parenthèses, seul le est élevé à la puissance, et le signe « » reste devant.
Le piège des parenthèses
Salma calcule et répond . Faux : les parenthèses montrent que en entier est au carré, donc . C'est l'écriture (sans parenthèses) qui vaut .
: positif si pair, négatif si impair. Et attention : alors que .
Les puissances de 10
Les puissances de sont les plus utiles de toutes : elles structurent notre système décimal.
Pour un entier , est le nombre formé d'un suivi de zéros : , .
On étend la notation aux exposants négatifs pour décrire les petits nombres.
Pour un entier : . C'est un nombre décimal dont l'écriture comporte chiffres après la virgule : .
L'exposant de indique de combien de rangs se déplace la virgule : vers la droite pour un exposant positif (le nombre grandit), vers la gauche pour un exposant négatif (le nombre rapetisse).
Le piège de l'exposant négatif
Amine croit que . Faux : un exposant négatif ne rend pas le nombre négatif. Il donne au contraire un petit nombre positif, compris entre et : .
= un suivi de zéros ; , petit nombre positif. L'exposant négatif ne signifie pas « nombre négatif ».
Les règles de calcul
Trois règles, valables pour une même base, permettent de calculer sans repasser par la multiplication développée.
Pour une base non nulle et des exposants entiers et :
Exemple 1. .
Exemple 2. . .
Exemple 3. .
Le piège des exposants
Karim calcule et écrit : il a multiplié les exposants. Faux : pour un produit de même base, on additionne les exposants, donc . On ne multiplie les exposants que dans une puissance de puissance, comme .
Même base : produit on additionne les exposants ; quotient on soustrait ; puissance d'une puissance on multiplie.
La notation scientifique
Voici l'aboutissement du chapitre : une écriture unique pour tous les nombres, des plus grands aux plus petits.
La notation scientifique d'un nombre est son écriture sous la forme , où est un nombre décimal vérifiant (un seul chiffre non nul avant la virgule) et un entier relatif.
Exemple 1. (grand nombre, exposant positif).
Exemple 2. (petit nombre, exposant négatif).
Pour un grand nombre, on place la virgule juste après le premier chiffre non nul ; l'exposant est le nombre de rangs dont la virgule s'est déplacée (positif). Pour un petit nombre, on procède de même, mais l'exposant est négatif.
Le piège du facteur a
Salma écrit . Le calcul est juste, mais ce n'est pas la notation scientifique : il faut , c'est-à-dire un seul chiffre non nul avant la virgule. La bonne écriture est .
Notation scientifique : avec . Grand nombre exposant positif ; petit nombre exposant négatif.
Pièges classiques
-
Confondre et . , pas : l'exposant compte les facteurs.
-
Oublier les parenthèses. (tout est élevé), mais (seul le l'est).
-
Croire qu'un exposant négatif rend le nombre négatif. , un petit nombre positif.
-
Multiplier les exposants dans un produit. (on additionne), pas .
-
Se tromper sur . Pour , (et non ).
-
Mauvais facteur en notation scientifique. n'est pas scientifique ; il faut , avec .
Application concrète
Yasmine prépare un exposé intitulé « Des bactéries aux étoiles », où les ordres de grandeur sont partout.
Étape 1 — Puissance d'un nombre. Pour introduire la croissance, elle montre une culture de bactéries qui double chaque heure : à partir d'une bactérie, après heures, il y en a .
Étape 2 — Puissance d'un relatif. Sur un schéma de variations qui alternent, elle s'appuie sur : ce nombre vaut quand est pair et quand est impair. La parité de l'exposant gouverne le signe.
Étape 3 — Puissances de 10. Elle situe deux extrêmes : la population du Maroc, environ d'habitants (de l'ordre de ), et la taille d'une bactérie, environ m (de l'ordre de m).
Étape 4 — Règles de calcul. Combien de bactéries de m faut-il aligner pour atteindre mètre ? On divise : , soit bactéries.
Étape 5 — Notation scientifique. Pour son affiche, elle écrit proprement : population habitants, bactérie mètre. L'écart entre les exposants, de à , révèle ordres de grandeur entre une nation et un microbe.
Conclusion. En une seule affiche, Yasmine a manié des nombres impossibles à écrire « en toutes lettres » sans les puissances. C'est là toute leur force : compacter, comparer, calculer sur des grandeurs démesurées. Tu les retrouveras en physique-chimie (masses, distances, concentrations), en SVT (tailles de cellules), et dès la classe suivante avec les puissances d'exposant quelconque.
À retenir
est le produit de facteurs égaux à . et, pour , . Ne pas confondre et .
est positive si est pair, négative si est impair. Les parenthèses comptent : mais .
est un suivi de zéros ; est un petit nombre positif. L'exposant indique le déplacement de la virgule.
Même base : , , .
La notation scientifique s'écrit avec : exposant positif pour un grand nombre, négatif pour un petit.