Théorème de Thalès
Comprendre la configuration de Thalès
Le théorème de Thalès s'utilise dans une situation particulière.
Tu considères deux droites sécantes en un point .
Sur l'une des droites, tu places deux points et .
Sur l'autre droite, tu places deux points et .
Si les droites et sont parallèles, alors tu peux utiliser le théorème de Thalès.
Tu obtiens une configuration avec deux triangles :
- le grand triangle ;
- le petit triangle .
Les deux triangles ont le même sommet et leurs côtés opposés sont parallèles.
Configuration emboîtée
Dans la configuration emboîtée, les points et sont situés sur les côtés du triangle .
Tu as :
- sur le segment ;
- sur le segment ;
- parallèle à .
Dans ce cas, le triangle est une réduction du triangle .
Configuration en papillon
Il existe aussi une configuration dite en papillon.
Les points et sont alignés avec , et les points et sont alignés avec , mais les triangles sont situés de part et d'autre du point .
Même dans cette configuration, si les droites et sont parallèles, tu peux utiliser le théorème de Thalès.
Énoncé du théorème de Thalès
Théorème de Thalès. On considère deux droites sécantes en . Si les points , , sont alignés, si les points , , sont alignés, et si les droites et sont parallèles, alors :
Ces égalités de rapports permettent de calculer une longueur inconnue.
Correspondance des côtés
Dans la configuration de Thalès :
- correspond à ;
- correspond à ;
- correspond à .
Il faut toujours comparer les côtés qui se correspondent.
Calculer une longueur avec Thalès
Le théorème de Thalès permet de calculer une longueur inconnue à l'aide de la proportionnalité.
Exemple.
Dans un triangle , les points et sont placés respectivement sur et .
Tu sais que :
- est parallèle à ;
- cm ;
- cm ;
- cm.
Tu cherches .
Comme les droites et sont parallèles, tu peux appliquer le théorème de Thalès :
Tu remplaces par les valeurs connues :
Tu simplifies :
Donc :
Ainsi :
La longueur est donc égale à 4 cm.
Méthode
Pour calculer une longueur avec le théorème de Thalès :
- vérifier les alignements ;
- vérifier que les droites sont parallèles ;
- écrire les bons rapports ;
- remplacer par les longueurs connues ;
- résoudre l'égalité de fractions ;
- conclure avec l'unité.
Utiliser un tableau de proportionnalité
Tu peux aussi utiliser un tableau de proportionnalité pour appliquer le théorème de Thalès.
Exemple.
Tu sais que :
- cm ;
- cm ;
- cm ;
- est parallèle à .
Tu cherches .
Avec Thalès :
Donc :
Tu peux organiser les longueurs correspondantes dans un tableau :
| Petit triangle | ||
|---|---|---|
| Grand triangle |
Le coefficient pour passer du petit triangle au grand triangle est :
Donc :
La longueur est donc égale à 15 cm.
Réciproque du théorème de Thalès
La réciproque du théorème de Thalès permet de démontrer que deux droites sont parallèles.
Tu l'utilises quand tu connais des longueurs et que tu veux savoir si deux droites sont parallèles.
Réciproque du théorème de Thalès. Si les points , , sont alignés dans le même ordre que les points , , , et si , alors les droites et sont parallèles.
Exemple
Tu sais que :
- , , sont alignés ;
- , , sont alignés ;
- cm ;
- cm ;
- cm ;
- cm.
Tu veux savoir si les droites et sont parallèles.
Tu calcules les deux rapports :
et :
Les deux rapports sont égaux.
Donc, d'après la réciproque du théorème de Thalès, les droites et sont parallèles.
Contraposée du théorème de Thalès
La contraposée du théorème de Thalès permet de démontrer que deux droites ne sont pas parallèles.
Tu l'utilises quand les rapports ne sont pas égaux.
Exemple.
Tu sais que :
- , , sont alignés ;
- , , sont alignés ;
- cm ;
- cm ;
- cm ;
- cm.
Calculons :
et :
Or :
Les rapports ne sont pas égaux.
Donc les droites et ne sont pas parallèles.
Le rapport de réduction et les aires
Dans une configuration de Thalès, le petit triangle est une réduction du grand triangle . Toutes ses longueurs sont multipliées par un même nombre , appelé le rapport de réduction :
Exemple.
Si cm et cm, alors :
Chaque longueur du petit triangle vaut le tiers de la longueur correspondante du grand triangle.
L'effet sur les aires
Les aires, elles, ne sont pas multipliées par , mais par . C'est une erreur très fréquente de croire que si les longueurs sont deux fois plus petites, l'aire l'est aussi.
Quand les longueurs d'une figure sont multipliées par un rapport , ses aires sont multipliées par .
Exemple.
Si les longueurs du petit triangle sont deux fois plus petites que celles du grand (), alors son aire vaut :
de celle du grand triangle, c'est-à-dire quatre fois plus petite, et non deux fois.
Cette règle est exactement celle des agrandissements-réductions et des homothéties : tu la retrouveras dans le chapitre sur les transformations géométriques.
Pièges classiques
Piège 1 : oublier de vérifier les parallèles. Le théorème de Thalès ne s'applique que si deux droites sont parallèles. Si l'énoncé ne le précise pas, tu ne peux pas appliquer directement le théorème : il faut d'abord le justifier.
Piège 2 : mélanger les côtés correspondants. Il faut comparer les longueurs qui se correspondent dans les deux triangles :
Écrire les rapports dans le mauvais ordre donne un résultat faux.
Piège 3 : inverser numérateur et dénominateur d'un rapport. Salma écrit en mélangeant petit et grand triangle. Il faut garder le même triangle « en haut » dans chaque fraction : les longueurs du petit triangle au numérateur, celles du grand au dénominateur (ou l'inverse, mais de façon cohérente).
Piège 4 : confondre théorème, réciproque et contraposée. Le théorème calcule une longueur quand on sait que les droites sont parallèles. La réciproque démontre que deux droites sont parallèles. La contraposée démontre qu'elles ne le sont pas.
Piège 5 : oublier l'ordre des points pour la réciproque. Pour appliquer la réciproque, les points doivent être alignés dans le même ordre sur les deux droites. Même si les rapports semblent égaux, il faut toujours vérifier l'alignement et l'ordre.
Piège 6 : appliquer Thalès hors d'une configuration valide. Thalès suppose deux droites sécantes en un même point , avec les points correspondants alignés avec . Sans ce sommet commun (configuration emboîtée ou papillon), l'égalité des rapports n'a aucune raison d'être vraie.
Application concrète
Karim veut connaître la hauteur d'un grand arbre dans un parc de Rabat, sans y grimper. Il propose une méthode : « Il suffit de comparer les ombres. » Vérifions si son raisonnement tient avec le théorème de Thalès.
Étape 1 — Mettre en place la configuration. Karim plante un bâton vertical de 1,5 m, qui projette une ombre de 2 m. Au même moment, l'arbre projette une ombre de 10 m. Comme les rayons du soleil sont parallèles, le bâton et l'arbre forment deux triangles dans une configuration de Thalès.
Étape 2 — Écrire l'égalité des rapports. En notant la hauteur de l'arbre :
Étape 3 — Calculer la hauteur.
L'arbre mesure donc environ 7,5 m. La méthode de Karim était juste : son intuition sur les ombres correspond exactement à une situation de Thalès.
Conclusion. Le même principe explique les plans et les maquettes : à l'échelle 1:100, 1 cm sur le plan représente 1 m dans la réalité, car toutes les longueurs sont réduites dans la même proportion. Quant à la réciproque, elle sert à vérifier que deux droites sont bien parallèles — un outil précieux en architecture et en dessin technique.
À retenir
Le théorème de Thalès s'utilise dans une configuration où deux droites sécantes en sont coupées par deux droites parallèles : si , , sont alignés, si , , sont alignés et si est parallèle à , alors la configuration de Thalès est en place.
Dans cette configuration, les rapports des longueurs correspondantes sont égaux :
Le théorème permet de calculer une longueur inconnue : tu écris l'égalité des rapports correspondants, puis tu résous l'égalité de fractions sans oublier l'unité.
La réciproque permet de démontrer que deux droites sont parallèles quand et que les points sont alignés dans le même ordre ; la contraposée démontre que deux droites ne sont pas parallèles quand ces rapports sont différents.
Le petit triangle est une réduction de rapport du grand : ses longueurs sont multipliées par , mais ses aires par (des longueurs deux fois plus petites donnent une aire quatre fois plus petite).
Avant toute conclusion, vérifie toujours les alignements, le parallélisme et la correspondance des côtés.