Mathématiques · 4ᵉ · Nombres premiers et divisibilité

Nombres premiers et divisibilité

À revoir avant de commencer
Tu passes en 3ᵉ ?Revois l'essentiel de la 4ᵉ avant l'année du brevet.

Multiples et diviseurs

Tout commence par un seul mot de vocabulaire, qu'il faut manier sans hésiter.

DÉFINITION

Un entier a est divisible par un entier b non nul s'il existe un entier k tel que a=b×k. On dit alors que b est un diviseur de a, et que a est un multiple de b.

Ces trois façons de le dire décrivent la même situation : « b divise a », « a est multiple de b », « la division a÷b tombe juste ».

Exemple 1. Comme 48=6×8, le nombre 6 divise 48 : 6 est un diviseur de 48, et 48 est un multiple de 6 (et de 8).

MÉTHODE

Pour trouver tous les diviseurs d'un nombre, on cherche les couples de facteurs qui le redonnent. Pour 48 : 1×48, 2×24, 3×16, 4×12, 6×8. Les diviseurs de 48 sont donc 1,2,3,4,6,8,12,16,24,48.

Le piège multiple / diviseur

Karim affirme que « 6 est un multiple de 48 ». C'est inversé. Comme 48=6×8, c'est 48 qui est le multiple (le grand, le résultat de la multiplication), et 6 qui est le diviseur (le petit, qui le partage). Un multiple est toujours plus grand ou égal au nombre dont il est multiple.

À RETENIR

b est un diviseur de a      a est un multiple de b      la division a÷b tombe juste (reste nul).

Les critères de divisibilité

Plutôt que de poser la division, quelques règles permettent de savoir d'un coup d'œil si un nombre en divise un autre.

Méthode (critères de divisibilité). Un nombre est divisible :

  • par 2 si son chiffre des unités est pair (0,2,4,6,8) ;
  • par 5 si son chiffre des unités est 0 ou 5 ;
  • par 10 si son chiffre des unités est 0 ;
  • par 3 si la somme de ses chiffres est divisible par 3 ;
  • par 9 si la somme de ses chiffres est divisible par 9 ;
  • par 4 si le nombre formé par ses deux derniers chiffres est divisible par 4.

Exemple 1. Étudions 1236. Il se termine par 6 (pair) : divisible par 2. Somme des chiffres : 1+2+3+6=12, divisible par 3 : donc 1236 est divisible par 3. Ses deux derniers chiffres forment 36, divisible par 4 : donc 1236 est divisible par 4. En revanche il ne finit ni par 0 ni par 5 : il n'est pas divisible par 5.

Le piège de la somme des chiffres

Salma teste la divisibilité par 4 en additionnant les chiffres. C'est une fausse piste : la somme des chiffres ne renseigne que sur 3 et 9. Pour 4, on regarde uniquement les deux derniers chiffres ; pour 2, 5 et 10, le seul chiffre des unités.

À RETENIR

Somme des chiffres critères de 3 et 9. Chiffre des unités 2, 5, 10. Deux derniers chiffres 4.

Les nombres premiers

Parmi tous les entiers, certains sont les « briques » de base de la multiplication : on ne peut pas les fabriquer en multipliant des nombres plus petits.

DÉFINITION

Un nombre premier est un entier supérieur ou égal à 2 qui possède exactement deux diviseurs : 1 et lui-même. Les premiers nombres premiers sont 2,3,5,7,11,13,17,19,23,

Deux remarques importantes : 1 n'est pas premier (il n'a qu'un seul diviseur, lui-même) ; et 2 est le seul nombre premier pair (tous les autres pairs sont divisibles par 2).

Méthode (crible d'Ératosthène). Pour lister les premiers jusqu'à un nombre : on barre 1, on entoure 2 et on barre tous ses multiples, on entoure 3 et on barre ses multiples, et ainsi de suite. Les nombres jamais barrés sont les nombres premiers.

Crible d'Ératosthène de 1 à 30 Une grille des entiers de 1 à 30. Le 1 est grisé. Les nombres premiers (2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29) sont entourés ; les nombres composés sont barrés. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 Les nombres premiers de 1 à 30
Crible d'Ératosthène : les nombres premiers de 1 à 30 sont entourés

MÉTHODE

Pour tester si un nombre n est premier, on essaie de le diviser par les nombres premiers successifs (2,3,5,7,) tant que leur carré ne dépasse pas n. Si aucun ne le divise, n est premier.

Exemple 1. Le nombre 97 est-il premier ? On teste 2 (non, impair), 3 (non, 9+7=16), 5 (non), 7 (non, 97=7×13+6). Le carré suivant, 112=121, dépasse 97 : on s'arrête. Aucun premier ne divise 97, donc 97 est premier.

Le piège du « impair donc premier »

Amine croit que 9 est premier « parce qu'il est impair ». Faux : 9=3×3, donc 9 a trois diviseurs (1, 3, 9). Être impair ne suffit pas pour être premier — il faut n'avoir que deux diviseurs.

À RETENIR

Premier = exactement deux diviseurs (1 et lui-même). 1 n'est pas premier ; 2 est le seul premier pair.

La décomposition en produit de facteurs premiers

Les nombres premiers servent à reconstruire tous les autres, comme des briques élémentaires.

THÉORÈME

Tout entier supérieur ou égal à 2 s'écrit de manière unique comme un produit de facteurs premiers (à l'ordre près des facteurs).

MÉTHODE

On divise le nombre par les premiers successifs (2, puis 3, 5, 7) tant que c'est possible, jusqu'à atteindre 1. Les diviseurs utilisés forment la décomposition.

Exemple 1. Décomposons 60 : 60=2×30=2×2×15=2×2×3×5. On écrit la décomposition avec des puissances : 60=22×3×5.

Arbre de décomposition de 60 Un arbre de décomposition : 60 se sépare en 2 et 30, puis 30 en 2 et 15, puis 15 en 3 et 5. Les feuilles 2, 2, 3, 5 sont les facteurs premiers, soit 60 égale 2 au carré fois 3 fois 5. 60 2 30 2 15 3 5 60 = 2² × 3 × 5
Arbre de décomposition de 60 en facteurs premiers : 60 = 2² × 3 × 5

Le piège de la décomposition incomplète

Karim écrit 60=4×15 et s'arrête là. Mais ni 4 ni 15 ne sont premiers : la décomposition n'est pas finie. Il faut continuer : 4=2×2 et 15=3×5, ce qui redonne bien 60=22×3×5.

À RETENIR

On poursuit la décomposition jusqu'à n'obtenir que des facteurs premiers. Le résultat est unique.

Le PGCD et les fractions irréductibles

Voici l'aboutissement du chapitre, et son lien direct avec les fractions.

DÉFINITION

Le PGCD de deux entiers est leur plus grand diviseur commun : le plus grand nombre qui les divise tous les deux.

Méthode (par décomposition). On décompose les deux nombres en facteurs premiers, puis on multiplie les facteurs premiers communs, chacun affecté de son plus petit exposant.

Exemple 1. Cherchons le PGCD de 36 et 60. On décompose : 36=22×32 et 60=22×3×5. Les facteurs communs sont 22 et 3 (au plus petit exposant). Donc PGCD(36,60)=22×3=12.

PGCD de 36 et 60 par facteurs communs 36 égale 2 fois 2 fois 3 fois 3, et 60 égale 2 fois 2 fois 3 fois 5. Les facteurs communs 2, 2 et 3 sont surlignés ; leur produit donne le PGCD, égal à 12. 36 = 60 = 2 2 × × 2 2 × × 3 3 × × 3 5 facteurs communs : 2 × 2 × 3 = 12 PGCD(36 ; 60) = 12
PGCD de 36 et 60 par les facteurs premiers communs, égal à 12

Ce PGCD est exactement l'outil qui manquait au chapitre précédent pour simplifier une fraction d'un seul coup.

MÉTHODE

Pour rendre une fraction irréductible en une étape, on divise son numérateur et son dénominateur par leur PGCD.

Exemple 2. 3660=36÷1260÷12=35, irréductible immédiatement.

Le piège du diviseur commun non maximal

Salma simplifie 3660 en divisant par 2 : elle obtient 1830 et s'arrête. Mais 1830 n'est pas irréductible (on peut encore diviser par 6). En divisant directement par le PGCD (12), on atteint 35 du premier coup.

À RETENIR

Le PGCD est le produit des facteurs premiers communs (au plus petit exposant). Diviser numérateur et dénominateur par le PGCD rend la fraction irréductible en une seule étape.

Pièges classiques

  1. Confondre multiple et diviseur. Dire que 6 est un multiple de 48. C'est l'inverse : 6 est un diviseur, 48 est le multiple.

  2. Étendre la somme des chiffres à 2 ou 4. La somme des chiffres ne teste que 3 et 9. Pour 4, on regarde les deux derniers chiffres ; pour 2, le chiffre des unités.

  3. Croire que 1 est premier, ou qu'impair = premier. 1 a un seul diviseur (pas premier) ; 9=3×3 est impair mais composé.

  4. Arrêter la décomposition trop tôt. Écrire 60=4×15 : 4 et 15 ne sont pas premiers, il faut continuer jusqu'à 22×3×5.

  5. Prendre un diviseur commun non maximal. Simplifier 3660 par 2 seulement donne 1830, encore réductible. C'est le PGCD qu'il faut.

  6. Oublier le plus petit exposant pour le PGCD. Pour 36=22×32 et 60=22×3, le facteur 3 commun se prend à l'exposant 1 (le plus petit), pas 2.

Application concrète

Yasmine prépare un grand plateau pour une fête de famille : elle a 36 cornes de gazelle et 60 msemen, et veut composer des sachets-cadeaux identiques, en utilisant absolument tout.

Étape 1 — Diviseurs. Pour que les sachets soient identiques sans reste, le nombre de sachets doit diviser à la fois 36 et 60 : c'est un diviseur commun des deux nombres.

Étape 2 — Critères. Yasmine vérifie vite quelques pistes : 36 et 60 sont tous deux pairs (divisibles par 2) et leurs sommes de chiffres (9 et 6) sont divisibles par 3 : un diviseur commun comme 6 existe donc déjà. Mais elle veut le plus grand possible.

Étape 3 — Nombres premiers. Elle repère les briques de base à l'œuvre : seuls les premiers 2, 3 et 5 interviennent dans ces deux nombres.

Étape 4 — Décomposition. Elle décompose : 36=22×32 et 60=22×3×5.

Étape 5 — PGCD. Les facteurs communs sont 22 et 3, soit PGCD(36,60)=12. Yasmine peut donc faire au maximum 12 sachets identiques, contenant chacun 36÷12=3 cornes de gazelle et 60÷12=5 msemen. On retrouve d'ailleurs la proportion 3660=35 : 3 cornes pour 5 msemen dans chaque sachet.

Conclusion. D'une simple question de partage, Yasmine a traversé tout le chapitre : diviseurs, critères, premiers, décomposition, PGCD. Ces outils reviendront chaque fois qu'il faudra simplifier une fraction, réduire au même dénominateur, ou répartir équitablement. L'arithmétique des entiers est le socle discret sur lequel repose une grande partie des mathématiques.

À retenir

À RETENIR

b divise a signifie qu'il existe un entier k tel que a=b×k : alors a est multiple de b, et b diviseur de a.

À RETENIR

Critères : unités pour 2, 5, 10 ; somme des chiffres pour 3 et 9 ; deux derniers chiffres pour 4.

À RETENIR

Un nombre premier a exactement deux diviseurs. 1 n'est pas premier ; 2 est le seul premier pair. Tout entier 2 se décompose de façon unique en facteurs premiers.

À RETENIR

Le PGCD de deux nombres est le produit de leurs facteurs premiers communs, pris au plus petit exposant.

À RETENIR

Diviser le numérateur et le dénominateur d'une fraction par leur PGCD la rend irréductible en une seule étape.