Physique-Chimie · 1ʳᵉ · Suivi et modélisation d'un système chimique

Suivi et modélisation d'un système chimique

Objectif examen régionalLe programme de 1ʳᵉ année Bac à réviser.

Modéliser une transformation par une réaction chimique

Avant de calculer quoi que ce soit, une chimiste délimite ce dont elle parle. L'ensemble des espèces chimiques présentes, avec leurs quantités, leur température et leur pression, constitue le système chimique. Une transformation chimique fait passer ce système d'un état initial (avant) à un état final (après), en consommant des réactifs et en formant des produits.

DÉFINITION

Un système chimique est l'ensemble des espèces chimiques présentes dans le milieu étudié, décrit par leurs quantités de matière, leur état physique, ainsi que la température et la pression. Une transformation chimique est le passage de ce système d'un état initial à un état final, au cours duquel certaines espèces (les réactifs) sont consommées et d'autres (les produits) sont formées.

On modélise cette transformation, qui est un phénomène réel, par un objet symbolique : l'équation de réaction. Modéliser, c'est choisir une représentation qui capture l'essentiel — ici, quelles espèces réagissent et dans quelles proportions — en laissant de côté les détails inutiles.

DÉFINITION

L'équation de réaction modélise la transformation : les formules des réactifs à gauche, celles des produits à droite, séparées d'une flèche . Les nombres stœchiométriques placés devant les formules donnent les proportions dans lesquelles les espèces réagissent. L'équation doit respecter la conservation des éléments (loi de Lavoisier) et celle de la charge électrique.

Exemple 1. Le comprimé effervescent de Yasmine contient de l'hydrogénocarbonate de sodium et un acide solide. En solution, l'ion hydrogénocarbonate réagit avec les ions hydrogène : HCO3(aq)+H+(aq)H2O()+CO2(g). Vérifie : un C, trois O et un H à gauche dans HCO3, plus un H ; à droite, H2O (deux H, un O) et CO2 (un C, deux O). Éléments conservés. Charge : (1)+(+1)=0 à gauche, 0 à droite. Le gaz CO2 qui s'échappe, ce sont les bulles.

Espèces spectatrices et état physique

En 1ʳᵉ, on travaille presque toujours en solution, et il faut préciser deux choses que la 2ⁿᵈᵉ laissait souvent dans l'ombre. D'abord, l'état physique de chaque espèce, noté en indice : solide (s), liquide (), gaz (g), ou en solution aqueuse (aq). Ensuite, certaines espèces présentes ne participent pas à la transformation : ce sont les espèces spectatrices. On ne les fait pas figurer dans l'équation.

Exemple 2. Si l'acide apporté est l'acide chlorhydrique, la solution contient des ions H+(aq) et des ions chlorure Cl(aq). Mais les ions chlorure ne réagissent pas : ils sont spectateurs. On écrit l'équation avec les seuls acteurs, HCO3 et H+, et non avec HCl entier. Faire apparaître les spectateurs alourdit l'équation sans rien décrire de la transformation.

Le piège de Salma : confondre dissolution et transformation chimique

Quand Yasmine met du sel dans l'eau, Salma annonce « une réaction chimique ». Pas si vite. La dissolution du chlorure de sodium, NaCl(s)Na+(aq)+Cl(aq), est une transformation physique : les ions Na+ et Cl existaient déjà dans le cristal, ils ne font que se disperser dans l'eau. Aucune liaison n'est rompue ni créée entre éléments, aucune nouvelle espèce moléculaire n'apparaît. Une transformation est chimique quand des espèces sont réellement consommées et d'autres formées, comme le CO2 du comprimé. Le critère n'est pas « ça change d'aspect », mais « des espèces nouvelles apparaissent-elles ? ».

À RETENIR

Une transformation chimique fait passer un système d'un état initial à un état final ; on la modélise par une équation de réaction ajustée, écrite avec les seules espèces actives (états physiques précisés, spectatrices omises). Conservation des éléments et de la charge obligatoires.

Le tableau d'avancement

Connaître l'équation donne les proportions, pas les quantités présentes à un instant donné. Pour suivre toutes les quantités de matière d'un seul coup, on dispose, comme en 2ⁿᵈᵉ, du tableau d'avancement, organisé autour d'une unique grandeur : l'avancement.

DÉFINITION

L'avancement x d'une réaction, en moles (mol), mesure « combien de fois » la réaction s'est produite depuis l'état initial. Quand l'avancement vaut x, chaque réactif a vu sa quantité diminuer de (son nombre stœchiométrique) ×x, et chaque produit a vu la sienne augmenter de (son nombre stœchiométrique) ×x. À l'état initial, x=0.

Le tableau range l'information en trois lignes : état initial (x=0), état en cours (avancement x quelconque) et état final (x=xf, quand la réaction ne progresse plus). Pour la transformation du comprimé, HCO3+H+H2O+CO2, en partant de n1 mol d'ions hydrogénocarbonate et n2 mol d'ions hydrogène :

Espèce HCO3 H+ H2O CO2
État initial (x=0) n1 n2 excès (solvant) 0
État en cours n1x n2x x
État final (x=xf) n1xf n2xf xf

Tableau d'avancement d'une transformation chimique Tableau d'avancement de la réaction HCO3- + H+ donne H2O + CO2. Trois lignes décrivent les états du système : l'état initial (avancement nul), l'état en cours (avancement x quelconque) et l'état final (avancement x_f). Quatre colonnes donnent la quantité de matière de chaque espèce. Pour un réactif, la quantité s'écrit n0 moins x ; pour le produit CO2, elle vaut x. La colonne du CO2, produit suivi, est mise en évidence en terracotta ; la ligne « état en cours » est surlignée. L'eau, solvant en large excès, est grisée car sa quantité n'est pas suivie. Espèce HCO3⁻ H⁺ H2O CO2 État initial (x = 0) n₁ n₂ excès 0 En cours n₁ − x n₂ − x x État final n₁ − x_f n₂ − x_f x_f solvant, en large excès HCO3⁻ + H⁺ → H2O + CO2 un seul compteur x décrit toutes les quantités : réactif n₀ − x, produit suivi (CO2) égal à x
Tableau d'avancement d'une transformation chimique

Exemple 1. On introduit n1=6,0×103 mol de HCO3 et n2=5,0×103 mol de H+. À l'avancement x=3,0×103 mol, il reste 6,0×1033,0×103=3,0×103 mol de HCO3, 5,0×1033,0×103=2,0×103 mol de H+, et il s'est formé 3,0×103 mol de CO2.

Travailler avec des concentrations

En 1ʳᵉ, les réactifs en solution sont souvent donnés par une concentration c et un volume V, plutôt que par une quantité de matière directe. Le pont est la relation, vue en 2ⁿᵈᵉ, n=c×V (avec c en mol/L et V en L). On l'applique pour remplir la première ligne du tableau, puis tout se déroule comme avant.

Exemple 2. Un volume V=50,0 mL=50,0×103 L d'une solution d'ions hydrogène de concentration c=0,10 mol/L apporte n(H+)=c×V=0,10×50,0×103=5,0×103 mol. C'est cette quantité, et non la concentration, qu'on inscrit dans le tableau d'avancement : l'avancement compte des moles, pas des concentrations.

Le piège de l'avancement lu comme une quantité d'espèce

Comme en 2ⁿᵈᵉ, x s'exprime en moles, ce qui invite à le confondre avec « la quantité d'un produit ». Faux : x est un compteur commun à toute la réaction. Quand un nombre stœchiométrique vaut 1 (cas fréquent ici), la quantité de l'espèce égale bien x ; mais dès qu'il vaut 2 ou plus, il faut multiplier. Pour Zn(s)+2H+(aq)Zn2+(aq)+H2(g), la quantité d'ions hydrogène consommée vaut 2x, pas x. Multiplie toujours x par le nombre stœchiométrique de l'espèce visée.

À RETENIR

Le tableau d'avancement donne, à tout instant, la quantité de chaque espèce : n=n0νx pour un réactif, n=νx pour un produit (ν = nombre stœchiométrique). Les réactifs en solution s'inscrivent via n=c×V ; l'avancement, lui, est toujours en moles.

Réactif limitant et état final

La réaction du comprimé s'arrête d'elle-même : à un moment, l'un des réactifs est épuisé et plus rien ne peut avancer. Ce réactif, consommé en premier, est le réactif limitant ; c'est lui qui fixe l'état final. Voilà pourquoi le verre de Yasmine cesse de mousser alors qu'il reste de l'eau : ce n'est pas l'eau qui manque, c'est l'un des deux réactifs du comprimé.

DÉFINITION

Le réactif limitant est celui qui est entièrement consommé en premier ; il détermine l'arrêt de la réaction. L'avancement maximal xmax est la plus grande valeur de l'avancement compatible avec des quantités toutes positives ou nulles : c'est l'avancement atteint lorsque le réactif limitant s'épuise.

Une quantité de matière ne peut pas être négative — on ne consomme pas plus de réactif qu'on n'en possède. Cette contrainte donne directement la méthode.

Trouver le limitant et xmax

Pour chaque réactif, on calcule le rapport « quantité initiale sur nombre stœchiométrique », n0ν : c'est la valeur de x qui épuiserait ce réactif. Le réactif limitant est celui qui donne le plus petit de ces rapports, et ce plus petit rapport est xmax.

Exemple 1. Avec n1=6,0×103 mol de HCO3 (ν=1) et n2=5,0×103 mol de H+ (ν=1) : n11=6,0×103 mol;n21=5,0×103 mol. Le plus petit est 5,0×103 mol, pour les ions hydrogène : H+ est limitant, xmax=5,0×103 mol. L'ion hydrogénocarbonate est en excès.

Identifier le réactif limitant en comparant les rapports n0/ν Diagramme à barres comparant le rapport n0 sur ν (quantité initiale divisée par le nombre stœchiométrique) des deux réactifs de la réaction HCO3- + H+. Le rapport vaut 6,0 millimoles pour l'ion hydrogénocarbonate et 5,0 millimoles pour l'ion hydrogène. La barre la plus courte est celle de H+, dessinée en terracotta plein et annotée « limitant, donne x_max » : c'est le réactif limitant. La barre de HCO3-, plus haute, est en vert menthe et annotée « en excès ». Le plus petit rapport fixe l'avancement maximal. 1,0 3,0 5,0 6,0 x_max = 5,0 mmol n₀/ν (mmol) O HCO3⁻ n₀/ν = 6,0 mmol en excès H⁺ n₀/ν = 5,0 mmol limitant → x_max le plus petit rapport n₀/ν désigne le réactif limitant
Identifier le réactif limitant en comparant les rapports n0/ν

Transformation totale et avancement final

Pour les réactions de ce chapitre, on suppose la transformation totale : elle se poursuit jusqu'à épuisement complet du réactif limitant. L'avancement final xf — la valeur réellement atteinte à l'état final — est alors égal à l'avancement maximal : xf=xmax.

DÉFINITION

Une transformation est totale lorsque le réactif limitant est entièrement consommé à l'état final, c'est-à-dire xf=xmax. Toutes les transformations étudiées dans ce chapitre sont supposées totales.

Cette distinction entre xf et xmax peut sembler superflue ici, puisqu'ils sont égaux. Elle ne l'est pas : en terminale, tu rencontreras des transformations non totales, où la réaction s'arrête avant l'épuisement du limitant (xf<xmax). On définit alors le taux d'avancement final τ=xfxmax, compris entre 0 et 1 ; il vaut 1 pour une transformation totale. Garder xf et xmax distincts dès maintenant t'évitera une confusion coûteuse plus tard.

Le piège de Karim : comparer les quantités brutes

Karim regarde 6,0×103 mol de HCO3 et 5,0×103 mol de H+ et déclare « H+ est limitant car il y en a moins ». Ici, le résultat est juste — mais le raisonnement est faux, et il le trahira dès que les nombres stœchiométriques diffèrent. Pour Zn+2H+Zn2++H2 avec n0(Zn)=3,0×102 mol et n0(H+)=4,0×102 mol : les rapports sont 3,0×1021=3,0×102 et 4,0×1022=2,0×102. C'est H+ le limitant, alors qu'il est le plus abondant. Compare toujours les rapports n0ν, jamais les quantités brutes.

À RETENIR

Le réactif limitant donne le plus petit rapport n0ν ; ce rapport est xmax. Pour une transformation totale, xf=xmax. Le bilan de matière final se lit en remplaçant x par xf dans le tableau : limitant à zéro, excès avec leur reste, produits au maximum.

Suivre l'évolution d'un système

Jusqu'ici, on a comparé deux instantanés : l'avant et l'après. Mais une transformation prend du temps, et la chimiste veut souvent filmer le système, pas seulement le photographier au début et à la fin. Suivre l'évolution, c'est mesurer comment l'avancement x augmente au cours du temps, de 0 jusqu'à xf.

Le problème : on ne « voit » pas directement des moles. L'astuce, centrale dans toute la chimie expérimentale, consiste à mesurer une grandeur physique dont la valeur dépend des quantités de matière présentes, puis à remonter à x par le tableau d'avancement.

DÉFINITION

Suivre l'évolution d'un système, c'est déterminer l'avancement x à différents instants en mesurant une grandeur physique liée à la composition : volume ou pression d'un gaz formé, masse du système, conductance de la solution, ou absorbance d'une espèce colorée. On distingue les méthodes physiques (mesure sans prélèvement, le système n'est pas perturbé) et chimiques (titrage d'un prélèvement).

Mesurer un volume de gaz dégagé

Quand un produit est gazeux, comme le CO2 du comprimé ou le H2 de l'attaque du zinc, on peut recueillir le gaz et mesurer son volume Vgaz au cours du temps. La quantité de gaz s'en déduit par le volume molaire Vm (le volume occupé par une mole de gaz dans les conditions de l'expérience, voisin de 24 L/mol à 25 °C sous pression atmosphérique) : ngaz=VgazVm. Et comme, pour CO2 de nombre stœchiométrique 1, on a n(CO2)=x, mesurer Vgaz donne directement x à chaque instant.

Exemple 1. À un instant donné, Yasmine a recueilli Vgaz=48 mL=48×103 L de CO2. Avec Vm=24 L/mol : n(CO2)=48×10324=2,0×103 mol,doncx=2,0×103 mol aˋ cet instant.

Reconnaître l'état final sur une courbe

Si l'on trace Vgaz (ou x) en fonction du temps, la courbe monte d'abord puis se stabilise sur un palier horizontal. Ce palier est la signature de l'état final : l'avancement ne progresse plus, x=xf. La hauteur du palier donne xf, donc — pour une transformation totale — xmax, et permet de remonter aux quantités initiales.

Évolution de l'avancement d'une transformation au cours du temps Graphe de l'avancement x (en ordonnée, en millimoles) en fonction du temps t (en abscisse, en secondes). La courbe part de l'origine (x = 0 à t = 0), croît rapidement puis de plus en plus lentement, avant de rejoindre un palier horizontal à la valeur x_f. Une ligne pointillée horizontale matérialise le niveau du palier, identifié comme l'état final de la transformation. x = x_f (état final) t (s) x (mmol) O x = 0 à t = 0 x_f palier l'avancement croît puis se stabilise à x_f : la transformation est terminée
Courbe de l'avancement en fonction du temps : montée puis palier final

D'autres grandeurs jouent le même rôle selon la réaction : la pression dans une enceinte fermée si un gaz est produit, la conductance de la solution si le nombre ou la nature des ions change (objet du chapitre suivant), l'absorbance si une espèce est colorée. Toutes reposent sur le même principe : une grandeur mesurable, proportionnelle à une quantité de matière, sert de fenêtre sur l'avancement.

Le piège de Salma : confondre « réaction finie » et « réactifs tous consommés »

Salma voit le palier et conclut « tous les réactifs ont disparu ». Faux en général. Le palier signifie seulement que le réactif limitant est épuisé (transformation totale) ; le réactif en excès, lui, est toujours présent dans le verre. Le palier marque la fin de l'évolution, pas la disparition de toute matière réactive. Pour savoir ce qui reste, il faut revenir au tableau d'avancement et au bilan, jamais se fier à la seule allure de la courbe.

À RETENIR

On suit une transformation en mesurant une grandeur physique liée à la composition (volume de gaz via n=VVm, pression, conductance, absorbance) ou par titrage. La courbe de x en fonction du temps croît puis atteint un palier à xf : c'est l'état final.

Pièges classiques

1. Confondre transformation physique et transformation chimique. Dissoudre du sel ou faire fondre de la glace ne crée aucune espèce nouvelle : c'est physique. Une transformation est chimique seulement si des réactifs sont consommés et des produits formés. Le critère est l'apparition d'espèces nouvelles, pas le simple changement d'aspect.

2. Faire figurer les espèces spectatrices dans l'équation. Les ions qui ne réagissent pas (les Cl d'une solution d'acide chlorhydrique, par exemple) n'apparaissent pas dans l'équation de réaction. On n'y écrit que les espèces réellement consommées ou formées, avec leur état physique.

3. Inscrire une concentration là où il faut une quantité de matière. Le tableau d'avancement compte des moles. Une espèce donnée par sa concentration c et son volume V doit d'abord être convertie par n=c×V avant d'entrer dans le tableau.

4. Lire l'avancement x comme la quantité d'une espèce. x est un compteur commun à toute la réaction. La quantité d'une espèce vaut νx, où ν est son nombre stœchiométrique ; ce n'est x que lorsque ν=1.

5. Désigner comme limitant le réactif le moins abondant. Ce qui décide, c'est le rapport n0ν, pas la quantité brute. Un réactif plus abondant mais consommé plus vite (grand ν) peut être le limitant.

6. Croire qu'un palier signifie « plus aucun réactif ». Le palier de la courbe d'évolution marque l'épuisement du seul réactif limitant. Le réactif en excès reste présent à l'état final ; seul le bilan de matière dit ce qu'il en subsiste.

Application concrète

Yasmine veut comprendre, par le calcul et la mesure, la transformation de son comprimé effervescent. Au laboratoire du lycée à Casablanca, elle reconstitue la réaction : elle verse V=100,0 mL d'une solution d'acide chlorhydrique de concentration c=0,050 mol/L sur une masse m=0,25 g d'hydrogénocarbonate de sodium NaHCO3 solide. La réaction modélisée est HCO3(aq)+H+(aq)H2O()+CO2(g). Elle recueille le CO2 et mesure son volume au cours du temps. Données : M(NaHCO3)=84 g/mol, Vm=24 L/mol.

Étape 1 — Délimiter le système et identifier les acteurs. Le système contient les ions HCO3 (apportés par NaHCO3), les ions H+ (apportés par l'acide), l'eau solvant, ainsi que les ions Na+ et Clspectateurs, qui n'apparaissent pas dans l'équation. Les acteurs sont HCO3 et H+.

Étape 2 — Calculer les quantités initiales. Pour l'ion hydrogénocarbonate, la dissolution de NaHCO3 libère autant de HCO3 que de motifs dissous : n0(HCO3)=mM=0,2584=3,0×103 mol. Pour l'ion hydrogène : n0(H+)=c×V=0,050×100,0×103=5,0×103 mol.

Étape 3 — Dresser le tableau d'avancement.

Espèce HCO3 H+ CO2
État initial 3,0×103 5,0×103 0
État en cours 3,0×103x 5,0×103x x

Étape 4 — Déterminer le limitant et xmax. Les deux nombres stœchiométriques valent 1, donc on compare directement les quantités initiales : n0(HCO3)1=3,0×103 mol;n0(H+)1=5,0×103 mol. Le plus petit est 3,0×103 mol : HCO3 est limitant, xmax=3,0×103 mol. La transformation étant totale, xf=xmax=3,0×103 mol.

Étape 5 — Prévoir le volume de gaz et confronter à la mesure. À l'état final, nf(CO2)=xf=3,0×103 mol, soit un volume V(CO2)=nf(CO2)×Vm=3,0×103×24=7,2×102 L=72 mL. Yasmine relève bien un palier voisin de 72 mL sur sa courbe : le modèle et l'expérience concordent. Le bilan complet : tout le HCO3 a réagi, il reste nf(H+)=5,0×1033,0×103=2,0×103 mol d'ions hydrogène en excès, et 3,0×103 mol de CO2 se sont dégagées.

Conclusion. Modéliser (équation, acteurs, spectateurs), quantifier (tableau, limitant, xf) puis suivre (volume de gaz au cours du temps, palier final) : c'est la démarche complète d'étude d'un système chimique. Le comprimé cesse de mousser parce que l'hydrogénocarbonate, limitant, est épuisé — pas parce que l'acide manque. Tu réutiliseras exactement cette chaîne dans les deux prochains chapitres pour doser une espèce par méthode physique puis par titrage, puis en terminale pour décrire la vitesse de ces évolutions et les transformations qui ne vont pas jusqu'au bout.

À retenir

À RETENIR

Un système chimique évolue d'un état initial à un état final ; on modélise sa transformation par une équation de réaction ajustée, écrite avec les seules espèces actives (états physiques précisés, spectatrices omises).

À RETENIR

Le tableau d'avancement exprime chaque quantité en fonction de l'avancement x (en mol) : n=n0νx pour un réactif, n=νx pour un produit. Les réactifs en solution s'y inscrivent via n=c×V.

À RETENIR

Le réactif limitant donne le plus petit rapport n0ν ; ce rapport est l'avancement maximal xmax. Pour une transformation totale, l'avancement final xf=xmax (et le taux d'avancement τ=xfxmax=1).

À RETENIR

On suit l'évolution d'un système par une grandeur physique liée à la composition : volume de gaz (n=VVm), pression, conductance, absorbance, ou par titrage. La courbe de x en fonction du temps croît puis atteint un palier à xf : c'est l'état final.