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Fonction logarithme

Objectif BacTout le programme de Terminale à réviser.

Leçon 1 — Le logarithme comme fonction réciproque de l'exponentielle

La fonction exponentielle est strictement croissante sur R et prend toutes les valeurs strictement positives. Cela signifie qu'à chaque nombre positif correspond un unique antécédent par l'exponentielle.

DÉFINITION

La fonction logarithme népérien, notée ln, est la fonction définie sur ]0;+[ qui associe à tout réel strictement positif x l'unique réel y tel que ey=x.

Autrement dit : ln(x)=ysi et seulement siey=x.

Le logarithme répond donc à la question : « à quelle puissance faut-il élever e pour obtenir x ? »

Exemple 1. ln(1)=0

car : e0=1.

Exemple 2. ln(e)=1

car : e1=e.

Exemple 3. ln(e5)=5

car l'exponentielle et le logarithme se neutralisent.

Symétrie des courbes y=e^x et y=ln(x) par rapport à la droite y=x Repère orthonormé. Courbe de l'exponentielle en terracotta, courbe du logarithme en encre. Les deux courbes sont symétriques par rapport à la droite y=x tracée en pointillés. Marquage des points (0 ; 1) sur l'exponentielle et (1 ; 0) sur le logarithme. x y O -1 1 2 3 4 5 5 4 3 2 1 -1 y = x (0 ; 1) (1 ; 0) y = e^x y = ln(x) exp et ln sont symétriques par rapport à la droite y = x
Courbes de y=e^x et y=ln(x) symétriques par rapport à la droite y=x, avec marquage de (0 ; 1) et (1 ; 0)

À RETENIR

Le logarithme népérien est la fonction réciproque de l'exponentielle. Il est défini uniquement pour les nombres strictement positifs.

Les deux identités fondamentales

Comme ln et exp sont réciproques, elles s'annulent lorsqu'elles sont composées.

THÉORÈME

Pour tout réel x : ln(ex)=x.

THÉORÈME

Pour tout réel x>0 : eln(x)=x.

Ces deux formules sont à connaître parfaitement.

Le piège du domaine

Karim écrit : ln(3).

Cette expression n'a pas de sens dans les réels. Le logarithme népérien est défini seulement pour les nombres strictement positifs.

On peut calculer ln(3), ln(0,5) ou ln(100), mais pas ln(0) ni ln(3).

À RETENIR

Avant d'utiliser ln(x), vérifie toujours que x>0.

Leçon 2 — Propriétés algébriques du logarithme

Le logarithme transforme les produits en sommes. C'est sa propriété la plus importante.

THÉORÈME

Pour tous réels a>0 et b>0 : ln(ab)=ln(a)+ln(b).

D'où vient cette propriété ? La démonstration

Cette formule n'a rien de magique : elle est le reflet exact de la propriété de l'exponentielle ex+y=exey, lue à travers le miroir de la fonction réciproque. C'est une démonstration exigible — sache la refaire, elle éclaire pourquoi le logarithme transforme les produits en sommes.

Soient a>0 et b>0. L'idée est de calculer eln(a)+ln(b) de deux façons.

D'un côté, la relation fonctionnelle de l'exponentielle appliquée à x=ln(a) et y=ln(b) donne : eln(a)+ln(b)=eln(a)×eln(b).

De l'autre, l'identité eln(x)=x (valable car a>0 et b>0) simplifie chaque facteur : eln(a)×eln(b)=a×b.

On a donc établi que eln(a)+ln(b)=ab. Applique enfin ln aux deux membres et sers-toi de l'identité ln(eX)=X (valable pour tout réel X, ici X=ln(a)+ln(b)) : ln(ab)=ln ⁣(eln(a)+ln(b))=ln(a)+ln(b).

C'est exactement la formule annoncée. Retiens la mécanique : chaque propriété algébrique du logarithme est la traduction d'une propriété de l'exponentielle, obtenue en composant par la réciproque. Ce va-et-vient entre une fonction et sa réciproque est un outil que tu manieras sans cesse dans le supérieur.

Exemple. ln(2e3)=ln(2)+ln(e3)=ln(2)+3.

À partir de cette formule, on déduit les autres règles.

THÉORÈME

Pour tous réels a>0 et b>0 : ln(ab)=ln(a)ln(b).

THÉORÈME

Pour tout réel a>0 et tout entier relatif n : ln(an)=nln(a).

En particulier : ln(1a)=ln(a).

et : ln(a)=12ln(a).

Exemple. ln(e52)=ln(e5)ln(2)=5ln(2).

Exemple. ln(1003)=3ln(100).

À RETENIR

Le logarithme transforme un produit en somme, un quotient en différence et une puissance en produit.

Le piège de la somme

Salma écrit : ln(a+b)=ln(a)+ln(b).

C'est faux.

La formule porte sur un produit, pas sur une somme : ln(ab)=ln(a)+ln(b).

Il n'existe pas de formule simple pour ln(a+b).

À RETENIR

Ne jamais écrire ln(a+b)=ln(a)+ln(b). Le logarithme transforme les produits, pas les sommes.

Leçon 3 — Variations, signe et limites de ln

La fonction logarithme népérien est définie sur ]0;+[.

THÉORÈME

La fonction ln est strictement croissante sur ]0;+[.

Cela vient du fait que ln est la réciproque de la fonction exponentielle, qui est elle-même strictement croissante.

Valeurs importantes

Trois valeurs sont essentielles : ln(1)=0.

ln(e)=1.

ln(1e)=1.

Comme ln est croissante :

  • si 0<x<1, alors ln(x)<0 ;
  • si x=1, alors ln(x)=0 ;
  • si x>1, alors ln(x)>0.
À RETENIR

Le logarithme est négatif entre 0 et 1, nul en 1, positif au-delà de 1.

Limites

Quand x se rapproche de 0 par valeurs positives, ln(x) descend vers .

THÉORÈME

limx0+ln(x)=.

La droite d'équation x=0 est donc une asymptote verticale à la courbe de ln.

Quand x devient très grand, ln(x) devient aussi très grand, mais lentement.

THÉORÈME

limx+ln(x)=+.

Courbe de y=ln(x) avec asymptote verticale x=0 Courbe du logarithme népérien définie pour x strictement positif. Elle plonge vers moins l'infini quand x se rapproche de zéro par la droite, traverse l'axe des abscisses en x=1, puis croît lentement vers plus l'infini. x y O 1 2 4 6 8 4 2 1 -1 -3 AV : x = 0 (1 ; 0) ln(x) → −∞ quand x → 0⁺ défini seulement pour x > 0 domaine : ]0 ; +∞[  ·  croissance lente vers +∞
Courbe de y=ln(x) avec asymptote verticale x=0, passage par (1 ; 0) et croissance lente vers +∞

À RETENIR

La fonction ln est croissante sur ]0;+[, tend vers en 0+ et vers + en +.

Le piège de la lenteur

Karim pense que, puisque ln(x) tend vers +, il grandit aussi vite que x ou que ex.

C'est faux. Le logarithme tend vers +, mais très lentement.

Par exemple, ln(1000000) vaut environ 13,8, alors que 1000000 est déjà très grand.

À RETENIR

Le logarithme croît sans limite, mais très lentement.

Leçon 4 — Dériver avec le logarithme

La fonction logarithme est dérivable sur ]0;+[.

THÉORÈME

Pour tout x>0 : (ln(x))=1x.

Cette formule est centrale.

Pour une fonction composée, on utilise la règle suivante.

THÉORÈME

Si u est une fonction dérivable et strictement positive sur un intervalle, alors : (ln(u(x)))=u(x)u(x).

Exemple 1. Soit : f(x)=ln(3x+1).

La fonction est définie lorsque : 3x+1>0.

Donc : x>13.

On pose : u(x)=3x+1.

Alors : u(x)=3.

Donc : f(x)=33x+1.

Exemple 2. Soit : g(x)=ln(x2+1).

Comme x2+1>0 pour tout réel x, la fonction est définie sur R.

On pose : u(x)=x2+1.

Alors : u(x)=2x.

Donc : g(x)=2xx2+1.

À RETENIR

La dérivée de ln(x) est 1x. La dérivée de ln(u(x)) est u(x)u(x), à condition que u(x)>0.

Le piège de la composée

Salma dérive : ln(3x+1)

et répond : 13x+1.

Elle a oublié de multiplier par la dérivée de 3x+1.

La bonne réponse est : 33x+1.

À RETENIR

Pour dériver ln(u), il ne suffit pas d'écrire 1u. Il faut écrire uu.

Leçon 5 — Résoudre des équations avec ln

Le logarithme permet de résoudre les équations où l'inconnue apparaît dans l'exposant.

Équation exponentielle

Exemple. Résoudre : e2x1=7.

Comme 7>0, on peut appliquer le logarithme aux deux membres : ln(e2x1)=ln(7).

Donc : 2x1=ln(7).

Ainsi : 2x=1+ln(7).

Donc : x=1+ln(7)2.

Équation logarithmique

Exemple. Résoudre : ln(3x+2)=4.

Première étape : vérifier le domaine. 3x+2>0.

Donc : x>23.

Ensuite : ln(3x+2)=4

équivaut à : 3x+2=e4.

Donc : 3x=e42.

Ainsi : x=e423.

Cette solution est bien supérieure à 23, donc elle est acceptée.

À RETENIR

Pour résoudre une équation avec ln, commence toujours par déterminer les conditions d'existence.

Le piège du domaine

Karim résout : ln(x5)=ln(2x+1).

Il écrit directement : x5=2x+1.

Puis il trouve : x=6.

Mais il oublie le domaine.

Il faut avoir : x5>0et2x+1>0.

Donc : x>5.

La solution x=6 est impossible. L'équation n'a donc pas de solution.

À RETENIR

Avec un logarithme, une solution algébrique doit toujours être vérifiée dans le domaine de définition.

Leçon 6 — Étudier une fonction avec logarithme

Les fonctions avec logarithme s'étudient comme les autres : domaine de définition, limites, dérivée, signe de la dérivée, variations.

Exemple guidé

Soit la fonction définie par : f(x)=xln(x)

sur ]0;+[.

Étape 1 — Domaine.

La fonction ln(x) est définie pour x>0.

Donc : Df=]0;+[.

Étape 2 — Dérivée.

La fonction est un produit : f(x)=xln(x).

On pose : u(x)=xetv(x)=ln(x).

Alors : u(x)=1etv(x)=1x.

Donc : f(x)=u(x)v(x)+u(x)v(x).

Ainsi : f(x)=ln(x)+x×1x.

Donc : f(x)=ln(x)+1.

Étape 3 — Signe de la dérivée.

On résout : ln(x)+1=0.

Donc : ln(x)=1.

Ainsi : x=e1=1e.

Comme ln est croissante :

  • si 0<x<1e, alors ln(x)<1, donc f(x)<0 ;
  • si x>1e, alors ln(x)>1, donc f(x)>0.

Étape 4 — Variations.

La fonction f est décroissante sur ]0;1e], puis croissante sur [1e;+[.

Elle admet un minimum en : x=1e.

La valeur minimale est : f(1e)=1eln(1e)=1e×(1)=1e.

Étude de f(x)=x·ln(x) : minimum en x=1/e Courbe de f(x)=x·ln(x) sur le domaine x strictement positif. Elle décroît depuis zéro, atteint un minimum en x=1/e de valeur −1/e, puis croît à nouveau et s'annule en x=1. x y O 1 2 3 1 −1 min : (1/e ; −1/e) (1 ; 0) domaine : x > 0 limite x → 0⁺ : x · ln(x) → 0 (croissance comparée)
0 avec minimum (1/e ; -1/e) puis croissance">

À RETENIR

Pour étudier une fonction avec logarithme, commence par son domaine. Ensuite seulement : limites, dérivée, signe, variations.

Le piège du domaine invisible

Salma étudie f(x)=xln(x) comme si elle était définie sur tout R.

C'est faux. La présence de ln(x) impose x>0.

À RETENIR

Chaque fois qu'un logarithme apparaît, cherche d'abord les conditions de positivité.

Leçon 7 — Comparer logarithme, puissance et exponentielle

En Terminale, il faut connaître les ordres de croissance.

L'exponentielle grandit plus vite que toutes les puissances usuelles. Le logarithme, lui, grandit beaucoup plus lentement que les puissances.

À RETENIR

Quand x+, la fonction exponentielle domine les puissances, et les puissances dominent le logarithme.

On retient intuitivement : ln(x)xx2exquand x+.

Cela signifie que, très loin, ex finit par dépasser largement les puissances, tandis que ln(x) reste très lent.

Limites de comparaison à connaître

THÉORÈME

limx+ln(x)x=0.

THÉORÈME

limx+exx=+.

Ces résultats servent souvent dans les exercices de limites.

Exemple. Calculer : limx+ln(x)x2.

Comme x2 grandit encore plus vite que x, et que ln(x) est très lent, on obtient : limx+ln(x)x2=0.

À RETENIR

À l'infini, le logarithme est très lent. Il est dominé par les puissances positives de x.

Le piège de la calculatrice

Karim teste quelques petites valeurs et trouve que ln(10)>2, donc il pense que ln(x) grandit vite.

Mais il oublie l'échelle. Même pour x=1000000, ln(x) reste autour de 13,8.

À RETENIR

Pour comprendre une croissance à l'infini, quelques petites valeurs ne suffisent pas. Il faut raisonner sur le comportement global.

Pièges classiques

  1. Calculer le logarithme d'un nombre négatif ou nul.
    ln(x) existe seulement si x>0.

  2. Confondre ln(a+b) et ln(ab).
    On a ln(ab)=ln(a)+ln(b), mais il n'existe pas de formule simple pour ln(a+b).

  3. Oublier que ln est la réciproque de l'exponentielle.
    ln(ex)=x et eln(x)=x seulement si x>0 dans la deuxième formule.

  4. Oublier la dérivée de l'intérieur.
    La dérivée de ln(u) est uu, pas simplement 1u.

  5. Résoudre une équation logarithmique sans domaine.
    Toute solution trouvée doit vérifier les conditions de positivité.

  6. Croire que ln(x) est toujours positif.
    ln(x)<0 si 0<x<1.

  7. Croire que ln(x) croît vite.
    Le logarithme tend vers +, mais très lentement.

  8. Confondre logarithme décimal et logarithme népérien.
    En Terminale, ln désigne le logarithme népérien, réciproque de l'exponentielle de base e.

Application concrète

Yasmine veut savoir au bout de combien de temps une page atteindra 100000 abonnés.

Elle modélise le nombre d'abonnés par : N(t)=20000e0,12t,

t est le temps en mois.

Elle cherche : N(t)=100000.

Donc : 20000e0,12t=100000.

On divise par 20000 : e0,12t=5.

On applique le logarithme : ln(e0,12t)=ln(5).

Donc : 0,12t=ln(5).

Ainsi : t=ln(5)0,12.

Avec la calculatrice : t13,4.

Il faudra donc environ 14 mois pour atteindre 100000 abonnés.

Interprétation.
Le logarithme a permis de retrouver le temps caché dans l'exposant. C'est exactement son rôle dans les modèles exponentiels : transformer une équation exponentielle en équation classique.

À retenir

À RETENIR

Le logarithme népérien ln est la fonction réciproque de l'exponentielle. Il est défini seulement sur ]0;+[.

À RETENIR

Pour tout réel x, ln(ex)=x. Pour tout x>0, eln(x)=x.

À RETENIR

Pour a>0 et b>0, ln(ab)=ln(a)+ln(b), ln(ab)=ln(a)ln(b) et ln(an)=nln(a).

À RETENIR

La fonction ln est strictement croissante sur ]0;+[, négative sur ]0;1[, nulle en 1, positive sur ]1;+[.

À RETENIR

limx0+ln(x)= et limx+ln(x)=+.

À RETENIR

La dérivée de ln(x) est 1x. La dérivée de ln(u(x)) est u(x)u(x).

À RETENIR

Pour résoudre une équation logarithmique, commence toujours par les conditions d'existence.

À RETENIR

Le logarithme croît très lentement : à l'infini, il est dominé par les puissances positives de x.

Ce chapitre prépare à