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Géométrie dans l'espace

Objectif BacTout le programme de Terminale à réviser.

Leçon 1 — Repérer un point dans l'espace

Dans un repère de l'espace, un point est décrit par trois coordonnées.

DÉFINITION

Dans un repère de l'espace, un point A est noté A(xA;yA;zA), où xA, yA et zA sont ses trois coordonnées.

La première coordonnée indique une direction, la deuxième une autre direction, et la troisième représente souvent la hauteur.

Exemple. Dans un immeuble, on peut modéliser un point par : A(4;2;7).

Cela peut signifier : 4 mètres vers l'est, 2 mètres vers le nord, et 7 mètres de hauteur.

Repère orthonormé de l'espace avec le point A(4 ; 2 ; 7) Repère orthonormé en projection cavalière : trois axes x, y, z partant d'une origine O. Le point A de coordonnées 4, 2, 7 est placé dans l'espace. Les pointillés montrent les projections de A sur les trois axes et sur le plan (xy). x y z O 1 2 3 4 1 3 5 7 1 2 3 4 A(4 ; 2 ; 7) les pointillés montrent les projections sur les axes et sur le plan (xOy)
Repère orthonormé en projection cavalière avec le point A(4 ; 2 ; 7) et ses projections sur les axes et le plan (xOy)

Coordonnées d'un vecteur

DÉFINITION

Si A(xA;yA;zA) et B(xB;yB;zB), alors le vecteur AB a pour coordonnées : AB=(xBxAyByAzBzA).

Exemple. Soient : A(1;3;2)etB(5;1;6).

Alors : AB=(511362)=(424).

À RETENIR

Pour obtenir les coordonnées de AB, on fait toujours coordonnées de l'arrivée moins coordonnées du départ.

Le piège du sens

Karim calcule AB en faisant coordonnées de A moins coordonnées de B.

Il obtient donc l'opposé.

Attention : AB=BA.

À RETENIR

Le sens du vecteur compte. AB va de A vers B.

Leçon 2 — Norme et distance dans l'espace

La distance entre deux points dans l'espace prolonge la formule du plan.

DÉFINITION

Si un vecteur u a pour coordonnées (xyz), alors sa norme est : u=x2+y2+z2.

THÉORÈME

Si A(xA;yA;zA) et B(xB;yB;zB), alors : AB=(xBxA)2+(yByA)2+(zBzA)2.

Exemple. Soient : A(1;2;3)etB(4;6;3).

Alors : AB=(41)2+(62)2+(33)2.

Donc : AB=32+42+02=25=5.

À RETENIR

Dans l'espace, la distance ajoute simplement le troisième écart : celui des coordonnées z.

Tu peux te représenter cette norme sur un pavé droit : la distance AB n'est rien d'autre que sa grande diagonale.

Pavé droit et sa grande diagonale en projection cavalière Un pavé droit dessiné en projection cavalière. Le sommet origine A et le sommet opposé B sont reliés par la grande diagonale, tracée en terracotta. Les trois arêtes issues de A sont étiquetées par les écarts de coordonnées x, y et z. Une légende rappelle que la norme de AB vaut la racine carrée de x carré plus y carré plus z carré. A B y z x ∥AB∥ = √( x² + y² + z² ) la grande diagonale du pavé prolonge Pythagore à trois dimensions
Pavé droit en projection cavalière dont la grande diagonale, mise en évidence en terracotta, illustre la norme racine carrée de x carré plus y carré plus z carré

Le piège de la troisième coordonnée

Salma oublie souvent la coordonnée z et calcule seulement : (xBxA)2+(yByA)2.

C'est la distance dans le plan, pas dans l'espace.

À RETENIR

En 3D, on utilise toujours les trois coordonnées : x, y et z.

Leçon 3 — Droites dans l'espace

Une droite de l'espace peut être décrite par un point et un vecteur directeur.

DÉFINITION

Un vecteur directeur d'une droite est un vecteur non nul qui donne la direction de cette droite.

Si une droite passe par un point A(xA;yA;zA) et a pour vecteur directeur u(abc), alors un point M(x;y;z) appartient à la droite si et seulement s'il existe un réel t tel que : AM=tu.

Cela donne la représentation paramétrique : x=xA+ta,y=yA+tb,z=zA+tc.

Exemple. La droite passant par A(1;2;3) et de vecteur directeur u(214) admet pour représentation : x=1+2t,y=2t,z=3+4t.

Droite de l'espace définie par un point et un vecteur directeur En projection cavalière, une droite oblique traverse l'espace. Elle passe par un point A marqué. Un vecteur directeur u, dessiné en terracotta le long de la droite, mène au point M égal à A plus t fois u, ce qui illustre la représentation paramétrique de la droite. x y z O (d) A u⃗ M = A + t u⃗ en faisant varier t, le point M parcourt toute la droite : x = xᴬ + ta, y = yᴬ + tb, z = zᴬ + tc
Droite oblique de l'espace en projection cavalière passant par le point A, avec son vecteur directeur u en terracotta et le point M égal à A plus t fois u

Appartenance d'un point à une droite

Exemple. Le point M(5;0;11) appartient-il à cette droite ?

On cherche un réel t tel que : 5=1+2t,0=2t,11=3+4t.

La première équation donne : t=2.

La deuxième donne aussi : t=2.

La troisième donne : t=2.

Le même paramètre fonctionne dans les trois équations. Donc M appartient à la droite.

À RETENIR

Pour vérifier si un point appartient à une droite paramétrée, il faut trouver le même paramètre t dans les trois coordonnées.

Le piège du paramètre

Karim trouve un t qui marche pour x et un autre t qui marche pour y. Il conclut trop vite que le point appartient à la droite.

C'est faux : il faut le même t pour x, y et z.

Leçon 4 — Plans dans l'espace

Un plan peut être décrit par un point et deux vecteurs non colinéaires, ou par une équation cartésienne.

Plan défini par un point et deux directions

DÉFINITION

Un plan peut être défini par un point A et deux vecteurs non colinéaires u et v. Un point M appartient au plan si et seulement s'il existe deux réels s et t tels que : AM=su+tv.

Cela signifie qu'à partir de A, on peut atteindre n'importe quel point du plan en combinant deux directions indépendantes.

Équation cartésienne d'un plan

THÉORÈME

Dans un repère de l'espace, tout plan admet une équation de la forme : ax+by+cz+d=0,a, b, c et d sont des réels, avec (a;b;c)(0;0;0).

Le vecteur : n(abc)

est un vecteur normal au plan, c'est-à-dire un vecteur perpendiculaire au plan.

D'où vient cette équation ? La démonstration

Ce théorème se démontre — et la démonstration te donne en prime la méthode pour écrire l'équation d'un plan. C'est un résultat exigible : sache le refaire. On utilise le fait, développé à la leçon suivante, que deux vecteurs sont orthogonaux exactement lorsque la somme des produits de leurs coordonnées est nulle (le produit scalaire est nul).

Caractérisons le plan P par l'un de ses points A(xA;yA;zA) et un vecteur normal n(abc) non nul. Puisque n est perpendiculaire au plan, un point M(x;y;z) appartient à P si et seulement si le vecteur AM est orthogonal à n : MP    AMn=0.

Or AM a pour coordonnées (xxAyyAzzA), donc la condition d'orthogonalité s'écrit en coordonnées : a(xxA)+b(yyA)+c(zzA)=0.

Développe et regroupe les constantes en posant d=(axA+byA+czA) : ax+by+cz(axA+byA+czA)=d=0ax+by+cz+d=0.

Tout plan admet donc bien une équation de cette forme, et (a;b;c)(0;0;0) car n est non nul. Réciproquement, une telle équation avec (a;b;c)(0;0;0) est celle du plan de vecteur normal n(a;b;c). Retiens la méthode qui en découle : pour l'équation d'un plan, il te faut un point et un vecteur normal ; les coefficients a, b, c sont les coordonnées du vecteur normal, et d s'obtient en imposant que le point appartienne au plan.

Exemple. Le plan d'équation : 2xy+3z5=0

a pour vecteur normal : n(213).

Plan de l'espace et son vecteur normal En projection cavalière, un plan est représenté par un parallélogramme en perspective. Un point A est placé sur le plan. Un vecteur normal n, dessiné en violet, part de A perpendiculairement au plan ; un petit carré marque l'angle droit. Une légende rappelle l'équation cartésienne d'un plan : ax plus by plus cz plus d égale zéro. (P) A n⃗ a x + b y + c z + d = 0 le vecteur normal n⃗ de coordonnées (a ; b ; c) est perpendiculaire au plan
Plan dessiné comme un parallélogramme en perspective cavalière, avec un point A et son vecteur normal n en violet, perpendiculaire au plan, marqué d'un angle droit

Appartenance d'un point à un plan

Exemple. Le point A(1;0;1) appartient-il au plan 2xy+3z5=0 ?

On remplace : 2×10+3×15=0.

Donc A appartient au plan.

À RETENIR

Pour vérifier si un point appartient à un plan, on remplace ses coordonnées dans l'équation du plan.

Le piège du vecteur normal

Salma pense que le vecteur normal est un vecteur du plan.

C'est l'inverse : le vecteur normal est perpendiculaire au plan.

À RETENIR

Dans l'équation ax+by+cz+d=0, le vecteur (abc) est normal au plan.

Leçon 5 — Produit scalaire dans l'espace

Le produit scalaire permet d'étudier l'orthogonalité et les angles.

DÉFINITION

Si u(xyz) et v(xyz), alors leur produit scalaire est : uv=xx+yy+zz.

Exemple. Soient : u(213)etv(451).

Alors : uv=2×4+(1)×5+3×(1)=853=0.

Comme le produit scalaire vaut 0, les deux vecteurs sont orthogonaux.

THÉORÈME

Deux vecteurs non nuls sont orthogonaux si et seulement si leur produit scalaire est nul.

Application aux droites et plans

Un vecteur normal à un plan est orthogonal à tous les vecteurs directeurs du plan.

Si une droite a pour vecteur directeur u et un plan a pour vecteur normal n, alors :

  • si u est colinéaire à n, la droite est perpendiculaire au plan ;
  • si un=0, la droite est parallèle au plan ou incluse dans le plan.
À RETENIR

Le produit scalaire sert à détecter l'orthogonalité : si uv=0, alors les directions sont perpendiculaires.

Le piège du produit coordonnée par coordonnée

Karim multiplie seulement les premières coordonnées pour conclure.

C'est faux. Il faut additionner les trois produits : xx+yy+zz.

Leçon 6 — Positions relatives

Dans l'espace, les objets peuvent se croiser, être parallèles, confondus, ou même ne jamais se rencontrer sans être parallèles.

Deux droites

Deux droites de l'espace peuvent être :

  • sécantes ;
  • parallèles ;
  • confondues ;
  • non coplanaires.

Deux droites non coplanaires ne se coupent pas et ne sont pas parallèles. C'est une situation propre à l'espace.

Trois positions relatives de deux droites dans l'espace Trois schémas côte à côte de deux droites en projection cavalière. À gauche, deux droites coplanaires sécantes qui se croisent en un point. Au centre, deux droites coplanaires parallèles. À droite, deux droites non coplanaires, dites gauches, qui ne se coupent pas et ne sont pas parallèles ; l'une passe au-dessus de l'autre. (a) Sécantes coplanaires, se croisent en un point (b) Parallèles coplanaires, même direction (c) Non coplanaires gauches : ni sécantes ni parallèles
Trois schémas en projection cavalière de deux droites de l'espace : sécantes coplanaires, parallèles coplanaires, et non coplanaires (gauches)

Une droite et un plan

Une droite et un plan peuvent être :

  • sécants ;
  • parallèles ;
  • la droite peut être incluse dans le plan.

Deux plans

Deux plans peuvent être :

  • parallèles ;
  • confondus ;
  • sécants selon une droite.
À RETENIR

Dans l'espace, deux droites peuvent ne pas se couper sans être parallèles. On dit alors qu'elles sont non coplanaires.

Pièges classiques

  1. Oublier la coordonnée z.
    Dans l'espace, tous les calculs utilisent trois coordonnées.

  2. Inverser le sens d'un vecteur.
    AB n'est pas BA.

  3. Utiliser des paramètres différents pour une même droite.
    Pour appartenir à une droite paramétrée, un point doit donner le même t dans les trois équations.

  4. Confondre vecteur normal et vecteur du plan.
    Le vecteur normal est perpendiculaire au plan.

  5. Croire que deux droites qui ne se coupent pas sont forcément parallèles.
    Dans l'espace, elles peuvent être non coplanaires.

  6. Oublier un terme dans le produit scalaire.
    En 3D, uv=xx+yy+zz.

Application concrète

Yasmine modélise une rampe d'accès dans un immeuble. Le début de la rampe est le point : A(0;0;0).

Le haut de la rampe est le point : B(6;8;2).

Le vecteur de la rampe est donc : AB=(682).

La longueur réelle de la rampe est : AB=62+82+22=104=226.

Cette longueur est environ : 10,2 meˋtres.

Le sol peut être modélisé par le plan : z=0.

La rampe n'est pas horizontale, car sa coordonnée verticale passe de 0 à 2.

Interprétation.
La géométrie dans l'espace permet de transformer une situation réelle — une rampe, un mur, une terrasse, une grue — en objets mathématiques : points, vecteurs, droites et plans. On peut alors calculer des distances, vérifier des alignements, étudier des directions et contrôler des angles.

À retenir

À RETENIR

Un point de l'espace se note A(xA;yA;zA) avec trois coordonnées.

À RETENIR

Les coordonnées du vecteur AB sont obtenues en faisant arrivée moins départ.

À RETENIR

La distance entre deux points de l'espace est AB=(xBxA)2+(yByA)2+(zBzA)2.

À RETENIR

Une droite peut être décrite par un point et un vecteur directeur.

À RETENIR

Un plan peut être décrit par une équation ax+by+cz+d=0, et le vecteur (abc) est normal au plan.

À RETENIR

Le produit scalaire dans l'espace est uv=xx+yy+zz. Il permet de tester l'orthogonalité.

À RETENIR

Deux droites de l'espace peuvent être non coplanaires : elles ne se coupent pas et ne sont pas parallèles.