Mathématiques · 5ᵉ · Les angles

Les angles

Tu passes en 4ᵉ ?Consolide l'essentiel de la 5ᵉ avant la rentrée.

Qu'est-ce qu'un angle ?

Avant de mesurer quoi que ce soit, il faut savoir précisément ce qu'on mesure. Un angle, en géométrie, n'est pas une "ouverture" floue : c'est un objet bien défini, formé par deux demi-droites qui partent du même point.

DÉFINITION

Un angle est la figure géométrique formée par deux demi-droites ayant la même origine. Cette origine commune s'appelle le sommet de l'angle, et les deux demi-droites s'appellent les côtés de l'angle.

Un angle de sommet O, de côtés [OA) et [OB) Un angle d'environ 60 degrés. Sommet O à gauche, marqué d'un point. Demi-droite [OA) horizontale vers la droite. Demi-droite [OB) oblique vers le haut-droite. Le secteur angulaire entre les deux demi-droites est teinté en terracotta clair, avec un petit arc d'angle près du sommet. Trois légendes discrètes en italique pointent vers le sommet et chaque côté. O A B sommet O côté [OA) côté [OB)
Un angle de sommet O et deux demi-droites OA et OB, avec son secteur angulaire teinté

Notation

Pour désigner un angle, on a besoin de trois lettres : un point sur le premier côté, le sommet au milieu, un point sur le second côté. On surmonte le tout d'un chapeau.

Notation. L'angle de sommet O, dont les côtés passent par A et B, se note AOB^ ou BOA^.

L'ordre des deux lettres extérieures n'a aucune importance : AOB^ et BOA^ désignent exactement le même angle. Mais le sommet est toujours au milieu — c'est la règle absolue de la notation.

Quand il n'y a aucune ambiguïté (un seul angle de sommet O dans la figure), on se permet d'écrire simplement O^. Plus court, plus pratique, mais à n'utiliser que si le contexte est limpide.

Le secteur angulaire

L'angle, au sens strict, c'est seulement les deux demi-droites. Mais quand on parle d'un angle, on pense aussi à la zone du plan comprise entre ces deux demi-droites : c'est ce qu'on appelle le secteur angulaire. C'est cette zone qu'on hachure ou qu'on colorie sur les figures, et c'est aussi elle qu'on a en tête quand on dit qu'un angle est "grand" ou "petit".

À RETENIR

Un angle est défini par un sommet et deux demi-droites issues de ce sommet. On le note AOB^ avec le sommet O au milieu — l'ordre des deux autres lettres est libre.

Mesurer un angle en degrés

Décrire un angle par sa figure ne suffit pas : il faut pouvoir comparer deux angles, dire lequel est plus grand, et ajouter ou soustraire des angles entre eux. Pour cela, on les mesure.

DÉFINITION

L'unité usuelle de mesure des angles est le degré, noté °. Un tour complet vaut 360°.

Le choix de 360 remonte aux Babyloniens et à leur système sexagésimal (en base 60) : ce nombre se partage en beaucoup de parts égales, ce qui rend le tour facile à découper.

À partir de 360°, on déduit les mesures importantes par simple proportionnalité (chapitre 2) :

  • Un demi-tour : 12×360°=180°
  • Un quart de tour : 14×360°=90°
  • Un huitième de tour : 18×360°=45°
  • Un douzième de tour : 112×360°=30°

Le rapporteur

Pour mesurer un angle dessiné sur une feuille, l'instrument est le rapporteur — un demi-disque gradué de 0° à 180°, avec une double graduation : une qui se lit de gauche à droite, l'autre de droite à gauche.

Un rapporteur posé sur l'angle xOy, indiquant 55° Un rapporteur semi-circulaire centré sur le sommet O d'un angle xOy. Le côté [Ox) est aligné avec la graduation 0° de l'échelle extérieure. Le côté [Oy) traverse la graduation 55°. Le rapporteur affiche deux échelles graduées tous les 10°, avec les valeurs principales en chiffres tous les 30°. Le secteur de l'angle mesuré est légèrement teinté. 0 30 60 90 120 150 180 180 150 120 90 60 30 0 55° O x y Le centre du rapporteur sur O ; le 0° aligné sur [Ox) ; lecture sur [Oy).
Un rapporteur posé sur un angle xOy, indiquant une mesure de 55°

MÉTHODE

Pour mesurer un angle xOy^ avec un rapporteur :

  1. Place le centre du rapporteur sur le sommet O de l'angle.
  2. Aligne le côté [Ox) sur la graduation 0° d'une des deux échelles.
  3. Lis la graduation où passe le côté [Oy) — sur la même échelle que celle où tu as lu 0°.

Le piège, ici, est l'étape 3 : on a deux graduations qui se croisent à chaque trait, et il faut absolument lire la même que celle où on a aligné le 0°. Lire l'autre, c'est lire le supplémentaire de l'angle au lieu de l'angle lui-même (on y revient plus bas).

Exemple 1. Sur le rapporteur de la figure ci-dessus, l'échelle alignée à 0° avec [Ox) donne la lecture 55° sur le côté [Oy). Donc xOy^=55°.

Construire un angle d'une mesure donnée

L'opération inverse — construire un angle qui mesure exactement 72°, par exemple — suit la même logique :

MÉTHODE

Pour construire un angle de mesure α degrés à partir d'une demi-droite [Ox) :

  1. Place le centre du rapporteur sur O.
  2. Aligne [Ox) sur la graduation 0°.
  3. Marque un point A à la graduation α° (sur la même échelle).
  4. Trace la demi-droite [OA) — l'angle xOA^ mesure exactement α°.
À RETENIR

Le degré est l'unité de mesure des angles. Un tour complet vaut 360°. Le rapporteur a deux graduations qui se croisent : ne change pas d'échelle entre l'alignement à 0° et la lecture finale.

La famille des angles

Selon la mesure d'un angle, on lui donne un nom particulier. Tu dois reconnaître ces cinq familles d'un coup d'œil, sans réfléchir.

Définitions.

  • Angle nul : mesure 0°. Les deux côtés sont confondus.
  • Angle aigu : mesure strictement comprise entre 0° et 90°.
  • Angle droit : mesure exactement 90°. Les deux côtés sont perpendiculaires.
  • Angle obtus : mesure strictement comprise entre 90° et 180°.
  • Angle plat : mesure exactement 180°. Les deux côtés sont alignés (ils forment une droite).
  • Angle plein : mesure exactement 360°. Les deux côtés sont à nouveau confondus, mais après un tour complet.

Panorama des cinq angles particuliers : aigu, droit, obtus, plat et plein Cinq angles alignés horizontalement, chacun avec son sommet en bas et deux demi-droites partant vers le haut. De gauche à droite : un angle aigu de 60°, un angle droit de 90° avec son petit carré indicateur, un angle obtus de 130°, un angle plat de 180° représenté par une ligne horizontale, et un angle plein de 360° représenté par une rotation complète. Chaque angle est étiqueté en dessous avec son nom et sa mesure. aigu droit obtus plat plein 60° 90° 130° 180° 360°
Panorama des cinq angles particuliers : aigu, droit, obtus, plat et plein

Exemple 1. Un angle de 30° est aigu (entre 0° et 90°).

Exemple 2. Un angle de 90° est droit. C'est le seul angle pour lequel on dit que les côtés sont perpendiculaires — un mot que tu retrouveras à chaque chapitre de géométrie.

Exemple 3. Un angle de 135° est obtus (entre 90° et 180°).

Le piège du "obtus à l'œil"

Il est facile de confondre un angle aigu très ouvert (par exemple 85°) et un angle obtus très fermé (par exemple 95°). À l'œil nu, la différence est minuscule. Pour trancher proprement, il n'y a qu'une méthode fiable : mesurer. La frontière à 90° est nette mathématiquement, mais elle est invisible à l'œil. Ne te fie jamais à ton intuition au voisinage du droit.

À RETENIR

Cinq familles : nul (0°), aigu (<90°), droit (=90°), obtus (entre 90° et 180°), plat (=180°), plein (=360°). La perpendicularité est synonyme d'angle droit.

Quand deux angles s'additionnent : complémentaires et supplémentaires

Deux angles peuvent s'additionner pour former un angle remarquable. Quand cette somme tombe sur 90° ou sur 180°, on donne un nom spécifique à la paire.

DÉFINITION

Deux angles sont complémentaires si la somme de leurs mesures vaut 90°.

DÉFINITION

Deux angles sont supplémentaires si la somme de leurs mesures vaut 180°.

Angles complémentaires (somme 90°) et angles supplémentaires (somme 180°) Deux configurations côte à côte. À gauche : un angle droit divisé par une demi-droite intérieure en deux sous-angles α (35°) et β (55°), dont la somme vaut 90° : on dit qu'ils sont complémentaires. À droite : un angle plat (deux demi-droites alignées) divisé par une troisième demi-droite oblique en deux sous-angles γ (110°) et δ (70°), dont la somme vaut 180° : on dit qu'ils sont supplémentaires. α β α + β = 90° → complémentaires γ δ γ + δ = 180° → supplémentaires
Deux configurations : angles complémentaires (somme 90°) et angles supplémentaires (somme 180°)

Exemple 1. Les angles de 35° et 55° sont complémentaires, parce que 35+55=90.

Exemple 2. Les angles de 110° et 70° sont supplémentaires, parce que 110+70=180.

Calculer l'angle qui manque

Si tu connais un angle et tu cherches son complémentaire, tu fais une simple soustraction : 90angle connu^. Pareil pour le supplémentaire avec 180.

Exemple 3. Quel est le complémentaire de A^=28° ?

Il vaut 90°28°=62°.

Exemple 4. Quel est le supplémentaire de B^=143° ?

Il vaut 180°143°=37°.

Le cas géométrique des angles adjacents

Deux angles adjacents (qui partagent un sommet et un côté) qui forment ensemble un angle plat sont automatiquement supplémentaires. Cette situation revient sans arrêt en géométrie : dès que tu vois une droite avec un angle d'un côté, l'angle de l'autre côté en est le supplément.

C'est exactement la situation que tu vas exploiter dans la prochaine leçon, quand deux droites se rencontrent.

À RETENIR

Complémentaires : somme =90°. Supplémentaires : somme =180°. Pour trouver le manquant, on soustrait à 90 ou à 180.

Deux droites coupées par une sécante

C'est la situation la plus riche du chapitre, et la seule qui demande un peu d'attention pour ne pas s'embrouiller dans le vocabulaire.

Imagine deux droites (d1) et (d2), et une troisième droite (Δ) qui les coupe toutes les deux. On dit que (Δ) est une sécante aux deux premières. À chacun des deux points d'intersection, quatre angles se forment — donc en tout, huit angles dans la figure.

Deux droites parallèles coupées par une sécante : huit angles étiquetés Deux droites parallèles horizontales (d₁) et (d₂) coupées par une troisième droite oblique (Δ), la sécante. Aux deux points d'intersection A (sur d₁) et B (sur d₂), les quatre angles formés sont étiquetés 1, 2, 3, 4 autour de A et 5, 6, 7, 8 autour de B, avec la même convention : 1 et 5 dans le quadrant haut-droit, 2 et 6 dans le haut-gauche, 3 et 7 dans le bas-gauche, 4 et 8 dans le bas-droit. A B 1 2 3 4 5 6 7 8 (d₁) (d₂) (Δ)
Deux droites parallèles coupées par une sécante, formant huit angles étiquetés

Parmi ces huit angles, certaines paires ont un nom spécial parce qu'on les retrouve sans cesse dans les démonstrations.

Définitions.

  • Deux angles sont alternes-internes s'ils sont situés entre les deux droites (d1) et (d2), et de part et d'autre de la sécante (Δ).
  • Deux angles sont correspondants s'ils sont situés du même côté de la sécante (Δ), et dans la même position par rapport à leur droite : l'un au-dessus de (d1), l'autre au-dessus de (d2) — ou tous les deux au-dessous.

Ce vocabulaire fait peur écrit ainsi, mais il devient évident sur une figure : les alternes-internes forment un "Z" (ou son miroir), les correspondants forment un "F" (ou son miroir).

Le théorème des parallèles

Voici le résultat central, celui qui justifie d'apprendre tout ce vocabulaire.

THÉORÈME

Si deux droites sont parallèles, alors :

  • les angles alternes-internes qu'elles forment avec une sécante sont égaux ;
  • les angles correspondants qu'elles forment avec une sécante sont égaux.

Ce théorème dit quelque chose de remarquable : le parallélisme se traduit par une égalité d'angles. C'est-à-dire qu'on peut "voir" le parallélisme dans une figure rien qu'en mesurant deux angles.

Exemple 1. Sur une figure où (d1)(d2) et où l'angle alterne-interne en A vaut 63°, l'angle alterne-interne en B vaut aussi 63° — sans avoir à le mesurer. C'est le théorème qui te le donne.

Exemple 2. Si l'angle correspondant en A vaut 108° et que les deux droites sont parallèles, son correspondant en B vaut aussi 108°.

La réciproque, encore plus utile

Le théorème marche aussi dans l'autre sens, et c'est cette version qui sert le plus en pratique pour démontrer qu'un parallélisme.

THÉORÈME · RÉCIPROQUE

Si deux droites coupées par une sécante forment des angles alternes-internes égaux, ou des angles correspondants égaux, alors ces deux droites sont parallèles.

C'est l'outil de démonstration dont tu te serviras le plus dans ce chapitre. Pour prouver que deux droites sont parallèles, il suffit de mesurer (ou de calculer) un angle alterne-interne ou correspondant à chaque intersection, et de constater qu'ils sont égaux. La réciproque garantit le parallélisme.

Le piège de l'hypothèse oubliée

L'égalité des angles correspondants n'est pas automatique. Elle nécessite l'hypothèse "les droites sont parallèles". Sans cette hypothèse, les angles n'ont aucune raison d'être égaux — et ils ne le sont pas en général. Quand tu rédiges, mentionne toujours explicitement le parallélisme avant d'invoquer le théorème.

À RETENIR

Avec deux droites parallèles coupées par une sécante : les angles alternes-internes sont égaux, et les angles correspondants sont égaux. La réciproque est vraie : l'égalité de ces angles prouve le parallélisme.

Pièges classiques

Les six erreurs qui reviennent le plus souvent en classe sur ce chapitre.

Piège 1 : confondre l'angle et son secteur angulaire. L'angle au sens strict, c'est les deux demi-droites — un objet à une dimension. Le secteur angulaire, c'est la zone du plan entre ces demi-droites — un objet à deux dimensions. En 5e, on tolère les deux usages, mais l'angle "lui-même" est défini par les côtés, pas par la surface qu'on hachure.

Piège 2 : noter un angle avec le sommet ailleurs qu'au milieu. Dans la notation AOB^, le sommet est toujours la lettre du milieu. Écrire OAB^ pour parler de l'angle de sommet O est une faute qui change complètement l'objet désigné — OAB^ a pour sommet A, pas O. C'est une erreur qui coûte cher en contrôle.

Piège 3 : se tromper d'échelle sur le rapporteur. Le rapporteur a deux graduations qui se croisent à chaque trait. Lire l'une à l'alignement sur 0° puis l'autre à la lecture finale, c'est garantir une erreur de l'ordre de 180°vraie mesure. Le réflexe : tu suis du doigt la même graduation depuis le départ — celle où tu lis 0° sur le premier côté.

Piège 4 : confondre complémentaire et supplémentaire. Complémentaire = 90°, supplémentaire = 180°. Une astuce mnémotechnique : "complémentaires fait un coin droit" (90°) ; "supplémentaires fait une simple droite" (180°). À ressortir à chaque exercice qui mentionne ces deux mots.

Piège 5 : mélanger alternes-internes et correspondants. Les alternes-internes dessinent un Z (ou son miroir) sur la figure : un angle d'un côté de la sécante, l'autre de l'autre côté. Les correspondants dessinent un F (ou son miroir) : les deux du même côté de la sécante, mais à des hauteurs différentes. Quand tu lis un énoncé, fais d'abord le geste de tracer le Z ou le F sur ta figure pour identifier la paire.

Piège 6 : appliquer le théorème des parallèles sans avoir vérifié que les droites le sont. Le théorème dit "si les droites sont parallèles, alors les angles correspondants sont égaux". Sans l'hypothèse de parallélisme, l'égalité n'a aucune raison d'être vraie. Avant d'écrire "donc les angles correspondants sont égaux", il faut une ligne du type "or les droites sont parallèles". Inversement, si on te demande de démontrer un parallélisme, c'est la réciproque qu'il faut invoquer (égalité des angles ⇒ parallélisme).

Application concrète

Yasmine et Karim repeignent un mur dans la chambre de Yasmine, à Casablanca. Pour la décoration, ils ont prévu de coller deux longues bandes adhésives parallèles en travers du mur, qui formeront ensuite la base d'un motif géométrique. Karim a posé les deux bandes "à l'œil". Yasmine, sceptique, veut vérifier que les bandes sont vraiment parallèles avant que la peinture ne sèche autour.

Pour vérifier, elle utilise une astuce : elle colle une troisième bande adhésive, oblique, qui traverse les deux premières. Cette bande oblique va lui servir de sécante.

Étape 1 — Identifier la configuration. Yasmine a maintenant deux droites (les deux bandes horizontales, qu'on appelle (d1) et (d2)) coupées par une sécante (la bande oblique, (Δ)). Elle reconnaît immédiatement la configuration de la leçon 5 : huit angles se forment, par paires de quatre à chacun des deux points d'intersection A et B. Si les bandes (d1) et (d2) sont vraiment parallèles, les angles correspondants à A et à B doivent être égaux — c'est le théorème des parallèles.

Étape 2 — Mesurer un premier angle. Yasmine pose son rapporteur sur le point A (intersection de (d1) et (Δ)). Elle aligne soigneusement le 0° sur la bande (d1), et lit la graduation où passe la bande oblique (Δ) : elle obtient 65° pour l'angle aigu situé en haut à droite.

Étape 3 — Calculer l'angle attendu en B. Si les deux bandes étaient parfaitement parallèles, l'angle correspondant à celui qu'elle vient de mesurer — c'est-à-dire l'angle en B situé du même côté de la sécante et au-dessus de la bande (d2) — devrait également mesurer 65°.

Yasmine pourrait aussi prédire l'angle obtus en B : il s'agirait de 180°65°=115°, parce que c'est le supplémentaire de l'angle correspondant (les deux ensemble forment un angle plat, leçon 4).

Étape 4 — Mesurer en B et comparer. Elle pose maintenant son rapporteur sur le point B, aligne le 0° sur (d2), et lit la graduation : 68°. L'angle vaut 68°, pas 65°.

Étape 5 — Conclure. 65°68°. Les angles correspondants ne sont pas égaux. Par la réciproque du théorème des parallèles, Yasmine en déduit que les deux bandes adhésives ne sont pas parallèles. L'écart de 3° peut sembler minuscule, mais sur la longueur d'un mur, il se traduit par un décalage visible à l'œil nu — et serait franchement laid une fois le motif terminé.

Conclusion. Avant que la peinture ne sèche, Yasmine décolle la bande (d2) et la repositionne. Karim, beau joueur, reconnaît qu'il aurait dû mesurer plutôt que faire confiance à son œil. Cette même logique — mesurer un angle, en déduire un autre, et raisonner sur le parallélisme — est exactement celle que tu utiliseras au chapitre suivant pour démontrer des propriétés des triangles, et bien plus tard, dès la 4ᵉ, pour aborder le théorème de Thalès. Les angles ne sont pas une simple histoire de rapporteur : ce sont les briques de toute la géométrie qui suit.

À retenir

Avant de passer aux exercices, voici les cinq idées essentielles à mémoriser.

À RETENIR

Un angle est formé par deux demi-droites issues d'un même point appelé sommet. On le note AOB^ avec le sommet au milieu des trois lettres.

À RETENIR

L'unité de mesure est le degré (°). Un tour complet vaut 360°. Pour mesurer avec un rapporteur, on aligne le sommet sur le centre, le 0° sur un côté, et on lit la graduation au passage de l'autre côté — toujours sur la même échelle.

À RETENIR

Les angles particuliers sont : nul (0°), aigu (<90°), droit (=90°, perpendiculaire), obtus (entre 90° et 180°), plat (=180°), plein (=360°).

À RETENIR

Deux angles sont complémentaires si leur somme vaut 90°, supplémentaires si elle vaut 180°. Pour trouver l'angle manquant, on soustrait à 90 ou à 180.

À RETENIR

Si deux droites sont parallèles, alors les angles alternes-internes et les angles correspondants qu'elles forment avec une sécante sont égaux. La réciproque est vraie : cette égalité démontre le parallélisme — c'est l'outil clé pour prouver que deux droites sont parallèles.

Ce chapitre prépare à