Mathématiques · 1ʳᵉ · Le second degré

Le second degré

Objectif examen régionalLe programme de 1ʳᵉ année Bac à réviser.

La forme canonique d'un trinôme

Un trinôme du second degré, c'est une expression de la forme ax2+bx+c avec a0. Cette écriture, dite développée, est pratique pour calculer une image, mais elle cache l'essentiel : où se trouve le sommet de la parabole ? La forme canonique répond exactement à cette question. L'idée est de regrouper tout le « x » à l'intérieur d'un carré, pour qu'il ne reste plus qu'une seule occurrence de la variable.

DÉFINITION

Soit f(x)=ax2+bx+c avec a0. La forme canonique de f est l'écriture f(x)=a(xα)2+β, où α=b2a et β=f(α). Le point de coordonnées (α;β) est le sommet de la parabole.

Parabole vers le haut et sommet S de coordonnées alpha et beta Parabole tournée vers le haut (a positif) tracée dans un repère. Son sommet S, de coordonnées (alpha ; beta), est marqué d'un point terracotta. Des pointillés descendent du sommet vers l'axe des abscisses (abscisse alpha) et vers l'axe des ordonnées (ordonnée beta). L'axe de symétrie vertical d'équation x = alpha est tracé en pointillés violets. Le sommet se lit directement sur la forme canonique. x = α x y O S (α ; β) α β le sommet se lit directement sur la forme canonique a(x − α)² + β
Parabole tournée vers le haut avec son sommet S de coordonnées (alpha ; beta) et son axe de symétrie

Pourquoi ça marche ? Parce que (xα)2 est un carré : il est toujours positif ou nul, et il vaut 0 uniquement quand x=α. Donc la valeur extrême de f est atteinte exactement en x=α, et cette valeur extrême est β.

Exemple 1. Mettons f(x)=x26x+5 sous forme canonique. Ici a=1, b=6, donc α=62×1=3. Ensuite β=f(3)=918+5=4. La forme canonique est donc f(x)=(x3)24. Le sommet de la parabole est le point (3;4).

Exemple 2. Pour g(x)=2x2+8x+3, on a a=2, b=8, donc α=82×2=2. Puis β=g(2)=2×4+8×(2)+3=816+3=5. La forme canonique est g(x)=2(x+2)25 (car x(2)=x+2). Le sommet est (2;5).

Le sens de la parabole

Le coefficient a ne sert pas qu'au calcul : il décide de l'orientation de la parabole. C'est l'information que la forme canonique met en pleine lumière.

THÉORÈME

Si a>0, la parabole est tournée vers le haut (forme de cuvette ) : le sommet est un minimum, et β est la plus petite valeur de f. Si a<0, la parabole est tournée vers le bas (forme de cloche ) : le sommet est un maximum, et β est la plus grande valeur de f.

Exemple 3. Pour la recette de Yasmine, R(x)=2x2+40x, on a a=2<0 : la parabole est tournée vers le bas, donc le sommet est un maximum. On calcule α=402×(2)=10 et β=R(10)=2×100+400=200. Au prix de 10 dh le verre, la recette atteint son maximum, 200 dh.

Le piège du signe de α

L'erreur la plus fréquente est d'oublier le signe moins dans α=b2a. Beaucoup d'élèves écrivent α=b2a et obtiennent un sommet symétrique du bon. Le moins est essentiel : pour f(x)=x26x+5, avec b=6, le calcul donne α=62=+3 (et non 3). Vérifie toujours en remplaçant : le sommet doit tomber là où la parabole « rebrousse chemin ».

À RETENIR

La forme canonique a(xα)2+β révèle le sommet (α;β) avec α=b2a et β=f(α). Le signe de a donne l'orientation : a>0 cuvette (sommet = minimum), a<0 cloche (sommet = maximum).

Équations du second degré : le discriminant

Résoudre ax2+bx+c=0, c'est chercher les abscisses où la parabole coupe l'axe horizontal. Selon que la parabole croise l'axe en deux points, le touche en un seul, ou passe entièrement au-dessus (ou en dessous), il y aura deux solutions, une seule, ou aucune. Un seul nombre, calculé à partir des coefficients, décide de ce nombre de solutions : le discriminant.

DÉFINITION

Le discriminant du trinôme ax2+bx+c (avec a0) est le nombre Δ=b24ac. On le note avec la lettre grecque delta majuscule.

Les trois cas du discriminant illustrés par trois paraboles Trois paraboles tournées vers le haut, côte à côte, illustrant les trois cas du discriminant. À gauche, delta strictement positif : la parabole coupe l'axe des abscisses en deux points x1 et x2, soit deux solutions. Au milieu, delta nul : la parabole touche l'axe en un seul point x0 (son sommet est sur l'axe), soit une solution. À droite, delta strictement négatif : la parabole reste entièrement au-dessus de l'axe, soit aucune solution. Δ > 0 x₁ x₂ deux racines 2 solutions Δ = 0 x₀ racine double 1 solution Δ < 0 aucune racine 0 solution
Trois paraboles illustrant les trois cas du discriminant : deux, une, ou aucune solution

THÉORÈME

Soit l'équation ax2+bx+c=0 avec a0 et Δ=b24ac.

  • Si Δ>0, l'équation a deux solutions réelles distinctes : x1=bΔ2a et x2=b+Δ2a.
  • Si Δ=0, l'équation a une seule solution (dite double) : x0=b2a.
  • Si Δ<0, l'équation n'a aucune solution réelle.

D'où vient cette formule ? La démonstration

Ce théorème ne tombe pas du ciel : il se démontre en quelques lignes à partir de la forme canonique que tu viens de maîtriser. C'est une démonstration exigible — sache la refaire, elle est le cœur du chapitre.

Pars de l'équation ax2+bx+c=0 avec a0, et complète le carré comme pour la forme canonique : ax2+bx+c=a(x+b2a)2b24a+c.

Le terme b24a compense le carré qu'on a fait apparaître. L'équation ax2+bx+c=0 devient alors : a(x+b2a)2=b24ac=b24ac4a.

On divise par a (non nul), et le discriminant surgit tout seul : (x+b2a)2=b24ac4a2=Δ4a2.

Tout se joue maintenant sur le signe du membre de droite. Le membre de gauche est un carré, donc toujours positif ou nul ; et comme 4a2>0, le signe de la droite est exactement celui de Δ.

  • Si Δ<0 : un carré (à gauche, 0) devrait égaler un nombre strictement négatif — impossible. Aucune solution réelle.
  • Si Δ=0 : il reste (x+b2a)2=0, donc x+b2a=0, c'est-à-dire l'unique racine double x0=b2a.
  • Si Δ>0 : on prend la racine carrée des deux membres, sans oublier les deux signes possibles : x+b2a=±Δ2ax=b±Δ2a.

On retrouve exactement les trois cas du théorème. Remarque au passage que la racine double b2a n'est autre que l'abscisse α du sommet : quand Δ=0, la parabole touche l'axe précisément en son sommet — ce que la figure ci-dessus montrait déjà. Cette logique du « signe d'un carré » te suivra loin : en analyse, puis en classes préparatoires avec les formes quadratiques.

Exemple 1. Résolvons x25x+6=0. Ici a=1, b=5, c=6, donc Δ=(5)24×1×6=2524=1>0. Deux solutions : x1=512=512=2 et x2=5+12=3. L'ensemble des solutions est {2;3}.

Exemple 2. Résolvons x24x+4=0. On a Δ=(4)24×1×4=1616=0. Une seule solution double : x0=42=2. La parabole touche l'axe horizontal en son sommet (2;0).

Exemple 3. Résolvons x2+x+1=0. On a Δ=124×1×1=14=3<0 : aucune solution réelle. La parabole, tournée vers le haut, reste entièrement au-dessus de l'axe horizontal.

Le piège du calcul de Δ avec des coefficients négatifs

L'erreur classique tient au carré b2 : il est toujours positif, même si b est négatif. Pour b=5, on a b2=(5)2=25, pas 25. De même, fais attention au signe de c dans 4ac : si c=3, alors 4ac=4×1×(3)=+12. Beaucoup d'erreurs de discriminant viennent d'un signe perdu. Pose toujours a, b, c explicitement avant de calculer.

À RETENIR

Le discriminant Δ=b24ac compte les solutions : Δ>0 donne deux racines, Δ=0 une racine double, Δ<0 aucune racine réelle. Les racines, quand elles existent, valent b±Δ2a.

Factorisation, racines et somme/produit

Quand une parabole coupe l'axe horizontal, le trinôme se factorise élégamment en faisant apparaître ses racines. Cette factorisation est l'une des plus utiles de l'année : elle transforme une somme en produit, ce qui ouvre la porte à l'étude du signe et à la résolution d'inéquations.

THÉORÈME

Soit f(x)=ax2+bx+c avec a0.

  • Si Δ>0, f a deux racines x1 et x2, et se factorise : f(x)=a(xx1)(xx2).
  • Si Δ=0, f a une racine double x0, et se factorise : f(x)=a(xx0)2.
  • Si Δ<0, f n'a aucune racine réelle et ne se factorise pas dans les réels.

Exemple 1. On a vu que x25x+6=0 a pour racines 2 et 3. Comme a=1, on factorise : x25x+6=(x2)(x3). Tu peux vérifier en développant : (x2)(x3)=x23x2x+6=x25x+6.

Exemple 2. Pour 2x22x12, on calcule Δ=(2)24×2×(12)=4+96=100. Les racines sont 2104=2 et 2+104=3. Comme a=2, la factorisation est 2x22x12=2(x+2)(x3). N'oublie jamais le facteur a=2 devant.

Les relations somme et produit

Il existe un lien direct entre les coefficients et les racines, sans même passer par le discriminant. C'est un outil de vérification redoutable, et parfois un raccourci pour deviner les racines « à la main ».

THÉORÈME

Si ax2+bx+c a deux racines x1 et x2 (réelles), alors leur somme vaut S=x1+x2=ba et leur produit vaut P=x1×x2=ca.

Exemple 3. Reprenons x25x+6. La somme des racines doit valoir S=51=5 et le produit P=61=6. On cherche deux nombres dont la somme est 5 et le produit 6 : ce sont 2 et 3. On retrouve les racines sans discriminant. Cette méthode est précieuse quand les racines sont des entiers simples.

Le piège de l'oubli du facteur a

Une factorisation du second degré commence toujours par a : f(x)=a(xx1)(xx2). Beaucoup d'élèves écrivent (xx1)(xx2) tout court et obtiennent un trinôme dont le terme dominant est x2 au lieu de ax2. Pour 2x22x12, oublier le 2 donnerait (x+2)(x3)=x2x6, qui n'est pas du tout le trinôme de départ. Le facteur a rétablit le bon coefficient dominant.

À RETENIR

Avec deux racines, ax2+bx+c=a(xx1)(xx2) — le facteur a est obligatoire. Les relations S=x1+x2=ba et P=x1x2=ca relient racines et coefficients : un outil de vérification et de recherche rapide.

Le signe du trinôme

Savoir où un trinôme est positif et où il est négatif, c'est savoir où la parabole passe au-dessus et au-dessous de l'axe horizontal. La règle est étonnamment simple et tient en une formule mnémotechnique : « le trinôme est du signe de a, sauf entre les racines ».

THÉORÈME

Soit f(x)=ax2+bx+c avec a0, et Δ son discriminant.

  • Si Δ>0 (racines x1<x2) : f(x) est du signe de a à l'extérieur des racines (pour x<x1 ou x>x2), et du signe contraire de a entre les racines (pour x1<x<x2). f s'annule en x1 et x2.
  • Si Δ=0 (racine double x0) : f(x) est du signe de a partout, sauf en x0f(x0)=0.
  • Si Δ<0 : f(x) est du signe de a partout, sans jamais s'annuler.

Signe d'un trinôme : tableau de signes et parabole À gauche, le tableau de signes d'un trinôme avec a positif et deux racines x1 inférieure à x2. La ligne f(x) affiche un signe plus pour x inférieur à x1, un zéro en x1, un signe moins entre x1 et x2, un zéro en x2, puis un signe plus pour x supérieur à x2. À droite, la parabole correspondante, tournée vers le haut, qui passe au-dessus de l'axe (partie positive) à l'extérieur des racines et en dessous (partie négative) entre les racines. x f (x) −∞ x₁ x₂ +∞ + + 0 0 signe de a dehors, signe opposé entre les racines x y O x₁ x₂ + +
Tableau de signes d'un trinôme (a positif, deux racines) et la parabole correspondante

Exemple 1. Étudions le signe de f(x)=x25x+6. On sait que a=1>0 et que les racines sont 2 et 3. Donc f(x)>0 pour x<2 ou x>3 (à l'extérieur, du signe de a, ici positif), et f(x)<0 pour 2<x<3 (entre les racines). Le tableau de signes :

x 2 3 +
f(x) + 0 0 +

Exemple 2. Pour g(x)=x2+4x4, on calcule Δ=164×(1)×(4)=1616=0 : racine double x0=42×(1)=2. Comme a=1<0, g(x) est négatif partout sauf en x=2 où il s'annule. La parabole, tournée vers le bas, touche l'axe en (2;0) et reste en dessous partout ailleurs.

Le piège de la confusion « signe de a » et « signe positif »

« Du signe de a » ne veut pas dire « positif ». Si a<0, alors « du signe de a » signifie négatif. Pour g(x)=x2+4x4, comme a=1<0, le trinôme est négatif à l'extérieur (ici partout, car Δ=0). Salma retient « extérieur = positif » et se trompe dès que a est négatif. Le bon réflexe : regarde d'abord le signe de a, puis applique « même signe que a dehors, signe opposé dedans ».

À RETENIR

Un trinôme est du signe de a à l'extérieur des racines, et du signe opposé à a entre les racines (quand Δ>0). Si Δ0, il est du signe de a partout (en s'annulant éventuellement en une racine double). « Signe de a » peut donc être négatif : tout dépend de a.

Inéquations du second degré

Résoudre une inéquation comme x25x+6>0 ou 2x2+40x150, c'est trouver tous les x pour lesquels le trinôme respecte l'inégalité demandée. La méthode est désormais à ta portée : ramener tout d'un côté pour obtenir « trinôme 0 », étudier le signe du trinôme, puis lire l'intervalle qui convient.

DÉFINITION

Une inéquation du second degré est une inéquation qui se ramène, après transposition de tous les termes d'un même côté, à ax2+bx+c0 avec a0, où désigne l'un des symboles <, , >, .

La méthode tient en trois temps : tout ramener d'un côté pour comparer le trinôme à 0 ; étudier son signe (discriminant, racines, règle du signe de a) ; conclure en lisant sur le tableau de signes l'ensemble des x qui conviennent, en soignant les bornes (incluses pour et , exclues pour < et >).

Exemple 1. Résolvons x25x+6>0. Le trinôme est déjà comparé à 0. Ses racines sont 2 et 3, et a=1>0, donc il est positif à l'extérieur des racines. On veut f(x)>0 (strictement), donc on exclut les racines (où f s'annule). L'ensemble des solutions est ];2[]3;+[.

Exemple 2. Résolvons x2+2x8. On ramène tout à gauche : x2+2x80. Discriminant : Δ=44×1×(8)=4+32=36. Racines : 262=4 et 2+62=2. Comme a=1>0, le trinôme est négatif entre les racines. On veut 0 (large), donc on inclut les racines. L'ensemble des solutions est [4;2].

Le piège des bornes ouvertes ou fermées

L'inégalité large (, ) inclut les racines, où le trinôme vaut 0 : les bornes sont fermées (crochets tournés vers l'intérieur). L'inégalité stricte (<, >) exclut les racines : les bornes sont ouvertes. Pour x25x+60, la solution serait ];2][3;+[ (bornes incluses), alors que pour >0 on a ];2[]3;+[ (bornes exclues). Une seconde de vigilance sur le crochet évite une réponse fausse.

À RETENIR

Pour résoudre une inéquation du second degré : ramène tout d'un côté, étudie le signe du trinôme (discriminant, racines, signe de a), puis lis l'intervalle solution. Bornes incluses pour et , exclues pour < et >.

Pièges classiques

Piège 1 : oublier le signe moins dans α=b2a. L'abscisse du sommet est α=b2a, avec un moins en tête. Écrire b2a place le sommet du mauvais côté de l'axe. Pour f(x)=x26x+5 (b=6), le calcul correct donne α=62=+3. Vérifie toujours que ton sommet tombe là où la parabole change de sens.

Piège 2 : calculer b2 comme un nombre négatif. Dans Δ=b24ac, le terme b2 est un carré, donc toujours positif, même quand b<0. Pour b=5, on a b2=25, jamais 25. C'est l'erreur de signe la plus coûteuse du chapitre, car elle change le signe de Δ et donc le nombre de solutions.

Piège 3 : se tromper de signe sur 4ac. Le terme 4ac dépend des signes de a et de c. Si c est négatif, 4ac devient positif. Pour a=1, c=8 : 4ac=4×1×(8)=+32. Beaucoup d'élèves traînent un 32 par inadvertance et obtiennent un mauvais discriminant. Pose les trois coefficients avec leurs signes avant de calculer.

Piège 4 : oublier le facteur a dans la factorisation. La forme factorisée est a(xx1)(xx2), pas (xx1)(xx2). Sans le a, le coefficient dominant tombe à 1 et le trinôme n'est plus le bon. Pour 2x22x12=2(x+2)(x3), le 2 est indispensable. Développe pour vérifier en cas de doute.

Piège 5 : croire que « du signe de a » veut dire « positif ». « Du signe de a » suit le signe réel de a. Si a<0, le trinôme est négatif à l'extérieur des racines. La règle complète est : signe de a à l'extérieur, signe opposé entre les racines. Regarde toujours le signe de a avant de remplir un tableau de signes.

Piège 6 : confondre bornes ouvertes et fermées dans une inéquation. Une inégalité large (, ) inclut les racines (le trinôme y vaut 0, ce qui satisfait l'inégalité), donc crochets fermés. Une inégalité stricte (<, >) les exclut, donc crochets ouverts. Relis le symbole d'inégalité avant d'écrire l'intervalle final.

Application concrète

Reviens au stand de jus de grenade de Yasmine, au souk de Marrakech. Elle a modélisé sa recette journalière par R(x)=2x2+40x, où x est le prix d'un verre en dirhams. Elle veut deux choses : connaître le prix qui maximise sa recette, et savoir dans quelle fourchette de prix sa recette dépasse 150 dh, le seuil qui couvre ses frais.

Étape 1 — Trouver le prix optimal par la forme canonique. Yasmine met R(x)=2x2+40x sous forme canonique. Avec a=2 et b=40, l'abscisse du sommet est α=402×(2)=10. La recette maximale vaut β=R(10)=2×100+400=200. Comme a<0, c'est bien un maximum : la recette culmine à 200 dh pour un prix de 10 dh le verre.

Étape 2 — Poser l'inéquation du seuil. Yasmine veut R(x)150, c'est-à-dire 2x2+40x150. Elle ramène tout à gauche : 2x2+40x1500. Pour alléger, elle divise par 2 (un nombre négatif, donc l'inégalité change de sens) : x220x+750.

Étape 3 — Étudier le signe du trinôme. Le discriminant de x220x+75 est Δ=(20)24×1×75=400300=100>0. Les racines sont 20102=5 et 20+102=15. Comme a=1>0, ce trinôme est négatif entre ses racines.

Étape 4 — Conclure sur la fourchette de prix. On cherche x220x+750, donc entre les racines, bornes incluses : x[5;15]. Tant que Yasmine fixe son prix entre 5 dh et 15 dh le verre, sa recette atteint au moins 150 dh. En dessous de 5 dh elle gagne trop peu par verre, au-dessus de 15 dh elle vend trop peu de verres.

Conclusion. En un seul chapitre, Yasmine est passée de l'intuition (« il y a un prix idéal quelque part ») à une réponse chiffrée et rigoureuse : prix optimal 10 dh pour une recette maximale de 200 dh, fourchette rentable [5;15] dh. La forme canonique a donné le sommet, le discriminant et le signe du trinôme ont résolu l'inéquation. En Terminale, la dérivée confirmera ce sommet en une ligne, et ces mêmes paraboles modéliseront des trajectoires et des coûts bien au-delà du souk.

À retenir

À RETENIR

La forme canonique a(xα)2+β donne le sommet (α;β) avec α=b2a et β=f(α). Le signe de a donne l'orientation : a>0 cuvette (minimum), a<0 cloche (maximum).

À RETENIR

Le discriminant Δ=b24ac compte les racines : Δ>0 deux racines b±Δ2a, Δ=0 une racine double b2a, Δ<0 aucune racine réelle.

À RETENIR

Avec deux racines, ax2+bx+c=a(xx1)(xx2) (facteur a obligatoire). Les relations S=x1+x2=ba et P=x1x2=ca relient racines et coefficients.

À RETENIR

Un trinôme est du signe de a à l'extérieur des racines, du signe opposé entre les racines. Si Δ0, il est du signe de a partout. « Signe de a » peut être négatif.

À RETENIR

Pour une inéquation : ramène tout d'un côté, étudie le signe du trinôme, lis l'intervalle solution. Bornes incluses pour et , exclues pour < et >. Diviser par un négatif change le sens de l'inégalité.