Mathématiques · 2ⁿᵈᵉ · Équations, inéquations et signes

Équations, inéquations et signes

Tu passes en 1ʳᵉ ?Consolide la 2ⁿᵈᵉ avant d'attaquer les spécialités.

Équations du premier degré

Une équation du premier degré, c'est une égalité où l'inconnue x n'apparaît qu'à la puissance 1, jamais au carré ni au dénominateur. Résoudre, c'est isoler x en effectuant la même opération sur les deux membres.

DÉFINITION

Une équation du premier degré à une inconnue est une équation qui peut s'écrire sous la forme ax+b=0, avec a0. Sa solution est la valeur de x qui rend l'égalité vraie.

Le principe fondamental est inchangé depuis la 3e : une égalité reste vraie si l'on ajoute, soustrait, multiplie ou divise ses deux membres par un même nombre — non nul pour la multiplication et la division.

Exemple 1. Résolvons :

ax+b=0aveca0

On soustrait b aux deux membres, puis on divise par a :

ax=bdoncx=ba

Une équation du premier degré a donc toujours exactement une solution, x=ba.

Exemple 2. Résolvons :

5x+3=2x+18

On regroupe les termes en x d'un côté, les nombres de l'autre. On soustrait 2x aux deux membres :

3x+3=18

On soustrait 3 :

3x=15

On divise par 3 :

x=5

La solution est x=5.

Exemple 3. Résolvons une équation à coefficients fractionnaires :

x32=x4

On multiplie les deux membres par 12 (le plus petit dénominateur commun) pour éliminer les fractions :

12×x312×2=12×x4 4x24=3x

On soustrait 3x aux deux membres, puis on ajoute 24 :

x24=0doncx=24

Mettre un problème en équation

La vraie compétence n'est pas de calculer, mais de traduire une situation en équation. La méthode tient en cinq temps : choisir l'inconnue, traduire l'énoncé, résoudre, vérifier que le résultat a du sens, conclure par une phrase.

Exemple 4. Amine achète à Fès deux types de pâtisseries au souk : des cornes de gazelle à 4 dh pièce et des chebakias à 3 dh pièce. Il prend deux fois plus de chebakias que de cornes de gazelle et dépense en tout 50 dh. Combien a-t-il acheté de cornes de gazelle ?

On appelle x le nombre de cornes de gazelle. Il prend alors 2x chebakias. La dépense totale s'écrit :

4x+3×2x=50 4x+6x=50donc10x=50doncx=5

Amine a acheté 5 cornes de gazelle (et 10 chebakias). Vérification : 4×5+3×10=20+30=50 dh. Cohérent.

Le piège de l'inconnue qui disparaît

Parfois, en regroupant les termes, l'inconnue s'évanouit. Il reste alors une égalité de nombres, et c'est elle qui décide.

Exemple 5. Résolvons 2(x+3)=2x+6. En développant : 2x+6=2x+6, puis en soustrayant 2x : 6=6. Cette égalité est toujours vraie : l'équation a une infinité de solutions, tous les réels.

Résolvons maintenant 2x+1=2x+5. En soustrayant 2x : 1=5. Cette égalité est toujours fausse : l'équation n'a aucune solution.

À RETENIR

Une équation du premier degré ax+b=0 avec a0 admet une unique solution x=ba. Si l'inconnue disparaît, lis l'égalité de nombres restante : toujours vraie donne une infinité de solutions, toujours fausse n'en donne aucune.

Inéquations et droite réelle

Une inéquation remplace le signe = par un symbole d'inégalité. Sa solution n'est plus un nombre isolé mais tout un ensemble de réels, que l'on représente sur la droite réelle et que l'on note avec un intervalle.

DÉFINITION

Une inéquation du premier degré est une inégalité de la forme ax+b<0 (ou , >, ). La résoudre, c'est déterminer l'ensemble de tous les réels x qui la vérifient.

On résout une inéquation presque comme une équation, en isolant x. Une seule différence, mais elle est capitale.

Propriété (règle du signe). Quand on multiplie ou divise les deux membres d'une inégalité par un nombre strictement négatif, le sens de l'inégalité change : < devient >, et devient . Quand on multiplie ou divise par un nombre strictement positif, le sens est conservé.

L'intuition est simple : si 3<5, alors en multipliant par 1 on obtient 3 et 5, et 3>5. Multiplier par un négatif retourne l'ordre des nombres sur la droite réelle.

Exemple 1. Résolvons :

3x+2<14

On soustrait 2, puis on divise par 3 (positif, donc le sens est conservé) :

3x<12doncx<4

L'ensemble des solutions est l'intervalle ];4[.

Exemple 2. Résolvons :

53x20

On soustrait 5 :

3x15

On divise par 3, qui est négatif : on inverse le sens de l'inégalité :

x5

L'ensemble des solutions est ];5]. La borne 5 est incluse (crochet fermé), car l'inégalité était large.

Lire et écrire un intervalle

Un intervalle traduit un ensemble de solutions. Le crochet est fermé (tourné vers l'intérieur) si la borne est incluse, ouvert (tourné vers l'extérieur) sinon. L'infini est toujours accompagné d'un crochet ouvert.

Inéquation Intervalle Borne
x<4 ];4[ 4 exclu
x4 ];4] 4 inclus
x>5 ]5;+[ 5 exclu
x5 [5;+[ 5 inclus

Les intervalles ]-infini ; 4[ et [-5 ; +infini[ sur la droite réelle Deux droites graduées parallèles. Sur la première, l'intervalle ]-infini ; 4[ est surligné en terracotta vers la gauche avec une flèche, et la borne 4 porte un cercle creux car elle est exclue. Sur la seconde, l'intervalle [-5 ; +infini[ est surligné en terracotta vers la droite avec une flèche, et la borne -5 porte un disque plein car elle est incluse. ]−∞ ; 4[ −5 −3 −1 1 3 5 7 [−5 ; +∞[ −5 −3 −1 1 3 5 7 crochet fermé = borne incluse = disque plein ; crochet ouvert = borne exclue = cercle creux
Deux intervalles infinis représentés sur la droite réelle

Exemple 3. Yasmine veut acheter des gobelets vendus 2 dh pièce et dispose de 35 dh, après avoir déjà payé 5 dh de pailles. Combien de gobelets peut-elle prendre au maximum ? Si elle en achète x :

2x+535donc2x30doncx15

L'ensemble mathématique est ];15], mais un nombre de gobelets est un entier positif : Yasmine peut en acheter au maximum 15.

Le piège de la division par un négatif

C'est l'erreur reine du chapitre. Salma résout 2x<8 en divisant par 2 et écrit x<4 : elle a oublié d'inverser le sens. Dès qu'un nombre négatif intervient en facteur ou en diviseur des deux membres, le symbole se retourne :

2x<8donnex>4

Pour vérifier, teste une valeur : x=0 donne 2×0=0<8, vrai. Or 0 appartient bien à ]4;+[, pas à ];4[. La bonne réponse est donc x>4.

À RETENIR

Résoudre une inéquation, c'est isoler x comme dans une équation, à une exception près : multiplier ou diviser par un nombre négatif inverse le sens de l'inégalité. La solution s'écrit sous forme d'intervalle, crochet fermé pour une borne incluse.

Équations produit nul

Quand une équation se présente comme un produit de facteurs égal à zéro, on n'a pas besoin de développer. Un produit ne peut valoir zéro que si l'un au moins de ses facteurs est nul. C'est la porte d'entrée vers des équations qui ne sont pas du premier degré.

THÉORÈME · PRODUIT NUL

Pour tous nombres A et B :

A×B=0A=0  ou  B=0

Le symbole signifie « équivaut à » : les deux situations se valent exactement, dans les deux sens. C'est une véritable équivalence, pas une simple implication.

Exemple 1. Résolvons :

(x3)(x+5)=0

Le produit est nul, donc l'un des facteurs l'est :

x3=0oux+5=0 x=3oux=5

L'ensemble des solutions est {5;3}.

Exemple 2. Résolvons :

(2x1)(x+4)=0 2x1=0oux+4=0 x=12oux=4

Les solutions sont 12 et 4.

Factoriser d'abord

Beaucoup d'équations ne sont pas encore sous forme de produit. Il faut alors factoriser avant d'appliquer le théorème. C'est là que le calcul littéral de 3e te revient : facteur commun et identités remarquables.

Exemple 3. Résolvons :

x29=0

On reconnaît une différence de deux carrés, x232, que l'on factorise :

(x3)(x+3)=0 x=3oux=3

Exemple 4. Résolvons :

x25x=0

On met x en facteur commun :

x(x5)=0 x=0oux5=0

Les solutions sont 0 et 5. Remarque qu'il ne faut jamais diviser les deux membres par x : on perdrait la solution x=0. On garde le facteur x et on le traite comme les autres.

Le piège du second membre non nul

Le théorème du produit nul exige que le produit vaille zéro. Karim veut résoudre (x3)(x+5)=10 et écrit aussitôt x3=10 ou x+5=10 : c'est faux. Quand le produit vaut 10, il existe une infinité de façons de répartir ce 10 entre les deux facteurs (2×5, 1×10, etc.), et la décomposition « un facteur nul » n'a aucun sens. Pour traiter (x3)(x+5)=10, il faudrait tout développer, ramener à zéro et factoriser autrement — un travail réservé à la Première. Le théorème ne s'utilise que face à un zéro.

À RETENIR

A×B=0 équivaut à A=0 ou B=0 : on lit les solutions facteur par facteur. Si l'équation n'est pas déjà un produit, on factorise d'abord (facteur commun, identité remarquable) ; et l'on n'applique jamais la règle à un produit qui n'est pas égal à zéro.

Équations quotient et valeurs interdites

Un quotient AB n'a de sens que si son dénominateur B est non nul : diviser par zéro est interdit. Avant toute résolution, il faut donc repérer les valeurs de x qui annulent le dénominateur — ce sont les valeurs interdites — et les exclure.

DÉFINITION

Pour une expression de la forme AB, les valeurs interdites sont les valeurs de x qui annulent le dénominateur B. Le domaine de l'expression est l'ensemble des réels privés de ces valeurs.

THÉORÈME · QUOTIENT NUL

Un quotient est nul si et seulement si son numérateur est nul, sans annuler le dénominateur :

AB=0A=0  et  B0

Note la différence de logique avec le produit nul. Le produit nul utilise « ou » ; le quotient nul utilise « et » : le numérateur doit être nul et le dénominateur non nul en même temps.

Exemple 1. Cherchons les valeurs interdites de :

x+1x2

Le dénominateur s'annule pour x2=0, c'est-à-dire x=2. La valeur interdite est 2 : le domaine est l'ensemble des réels privé de 2.

Exemple 2. Résolvons :

x+1x2=0

Valeur interdite : x2. Le quotient est nul lorsque son numérateur est nul :

x+1=0doncx=1

Comme 12, la valeur 1 est acceptable. L'unique solution est x=1.

Exemple 3. Résolvons :

x2x2=0

Valeur interdite : x2. Le numérateur s'annule pour x=2 — mais c'est précisément la valeur interdite ! Elle est donc rejetée. L'équation n'a aucune solution. Cet exemple montre pourquoi la condition B0 n'est pas un détail : elle peut éliminer la seule candidate.

Résoudre une équation quotient plus riche

Exemple 4. Résolvons :

2x+6x+1=0

Valeur interdite : x+1=0 donne x=1, donc x1. Le quotient est nul lorsque le numérateur est nul :

2x+6=0doncx=3

Comme 31, la solution x=3 est valide. L'ensemble des solutions est {3}.

Le piège de la simplification abusive

Pour résoudre x2x2=0, Karim simplifie d'abord par x2 et obtient 1=0, donc « pas de solution », par chance la bonne conclusion ici, mais pour une mauvaise raison. Le danger apparaît ailleurs : simplifier (x2)(x+3)x2 par x2 fait disparaître la valeur interdite x=2 du paysage, alors qu'elle doit rester exclue du domaine. On ne simplifie jamais par une expression qui peut être nulle sans d'abord noter la valeur interdite qu'elle entraîne. Le domaine se détermine sur l'écriture initiale, avant toute simplification.

À RETENIR

AB=0 équivaut à A=0 et B0. On commence toujours par déterminer les valeurs interdites (celles qui annulent B), on résout A=0, puis on rejette toute solution qui tomberait sur une valeur interdite.

Tableaux de signes

Voici l'outil central. Plutôt que de chercher les valeurs qui annulent une expression, on cherche à connaître son signe — positif ou négatif — sur toute la droite réelle. Le tableau de signes range ces informations de façon lisible et permet de résoudre n'importe quelle inéquation faisant intervenir un produit ou un quotient.

Signe d'un binôme ax+b

Tout commence par le signe d'une expression du premier degré ax+b. Elle s'annule en une seule valeur, sa racine x=ba, et change de signe en franchissant cette racine.

Propriété (signe d'un binôme). Le binôme ax+b (avec a0) s'annule en x=ba. Il est du signe de a après la racine, et du signe opposé à a avant. Autrement dit : « signe de a, puis 0, puis signe de a ».

Exemple 1. Étudions le signe de 2x6. La racine est 2x6=0, soit x=3. Ici a=2>0, donc le binôme est négatif avant 3 et positif après.

x 3 +
2x6 0 +

Exemple 2. Étudions le signe de 3x+12. La racine est 3x+12=0, soit x=4. Ici a=3<0, donc le binôme est positif avant 4 et négatif après.

x 4 +
3x+12 + 0

Signe d'un produit

Pour un produit de deux binômes, on dresse une ligne par facteur, on place toutes les racines dans l'ordre croissant en haut, puis on applique la règle des signes case par case : le signe du produit est le produit des signes.

Exemple 3. Étudions le signe de (2x6)(3x+12). Les racines sont 3 et 4, rangées dans l'ordre. On reporte les deux lignes précédentes, puis on multiplie.

x 3 4 +
2x6 0 + +
3x+12 + + 0
produit 0 + 0

On lit la dernière ligne : le produit est négatif sur ];3[, nul en 3, positif sur ]3;4[, nul en 4, puis négatif sur ]4;+[.

Signe d'un quotient et résolution d'inéquation

Le tableau d'un quotient AB se construit de la même manière, le signe du quotient étant le quotient des signes — avec une nuance décisive : à la valeur interdite, le quotient n'existe pas. On marque alors une double barre au lieu d'un zéro.

Exemple 4. Résolvons l'inéquation :

x1x+20

Le numérateur s'annule en x=1, le dénominateur en x=2 (valeur interdite). On range 2 puis 1.

x 2 1 +
x1 0 +
x+2 0 + +
quotient + 0 +

On cherche où le quotient est positif ou nul (0). Il est positif sur ];2[, négatif entre 2 et 1, nul en 1, positif après. La valeur 2 est exclue (interdite, double barre), la valeur 1 est incluse (le quotient y vaut 0 et l'inégalité est large). L'ensemble des solutions est :

];2[  [1;+[

Le symbole signifie « union » : la solution réunit deux intervalles disjoints. C'est typiquement ce qu'un tableau de signes révèle et qu'une résolution naïve manquerait.

Le piège du dénominateur dans le tableau

Salma traite le dénominateur d'un quotient exactement comme le numérateur et place un 0 à la valeur interdite. C'est faux : à une valeur interdite, le quotient n'existe pas, il ne vaut pas zéro. On marque une double barre , et cette valeur reste toujours exclue de l'ensemble des solutions, quelle que soit l'inégalité — large ou stricte. Confondre le 0 (où l'expression s'annule, donc incluse dans un ) et la double barre (où elle n'existe pas, donc exclue) fausse toute la lecture finale.

À RETENIR

Le signe de ax+b est « signe de a, puis 0, puis signe de a » de part et d'autre de sa racine. Pour un produit ou un quotient, on dresse une ligne par facteur, on ordonne toutes les racines, et le signe global est le produit (ou le quotient) des signes colonne par colonne. La valeur interdite d'un quotient porte une double barre et reste exclue des solutions.

Pièges classiques

Piège 1 : oublier d'inverser le sens de l'inégalité. Quand tu multiplies ou divises une inéquation par un nombre négatif, le symbole se retourne : < devient >. Salma résout 2x<8 en x<4 et se trompe ; la bonne réponse est x>4. En cas de doute, teste une valeur simple comme x=0 dans l'inéquation de départ pour vérifier le sens.

Piège 2 : « simplifier » par une expression qui peut être nulle. Diviser les deux membres de x25x=0 par x donne x5=0, soit x=5, et fait disparaître la solution x=0. De même, simplifier un quotient par un facteur efface une éventuelle valeur interdite. On ne divise jamais par une expression qui peut valoir zéro : on factorise et on garde tous les facteurs.

Piège 3 : oublier les valeurs interdites. Avant de résoudre une équation ou une inéquation quotient, repère les valeurs qui annulent le dénominateur et exclus-les. Une solution trouvée au numérateur qui tomberait sur une valeur interdite doit être rejetée : x2x2=0 n'a aucune solution, car x=2 est interdit.

Piège 4 : passer un terme de l'autre côté en gardant son signe. Quand un terme change de membre, il change de signe : de 5x+3=18 on passe à 5x=183=15, pas 18+3. L'erreur revient à ne pas faire la même opération des deux côtés. Écris l'étape intermédiaire (« je soustrais 3 aux deux membres ») tant que le réflexe n'est pas automatique.

Piège 5 : appliquer le produit nul à un produit non nul. A×B=0 donne A=0 ou B=0, mais A×B=10 ne donne pas A=10 ou B=10. Le théorème exige un second membre égal à zéro ; sinon, il faut tout ramener à zéro et factoriser autrement.

Piège 6 : confondre le zéro et la double barre dans un tableau de signes. Un 0 marque l'endroit où l'expression s'annule : cette valeur est incluse dans la solution d'une inégalité large. Une double barre marque une valeur interdite, où l'expression n'existe pas : elle est toujours exclue. Bien distinguer les deux est ce qui sépare une bonne lecture du tableau d'une fausse.

Application concrète

Yasmine lance son stand de jus d'orange frais au marché central de Marrakech. Elle veut décider de tout avec rigueur : son seuil de rentabilité, le prix qui lui garantit une marge, et le choix entre deux offres de location de presse-agrumes. Elle va mobiliser chaque outil du chapitre.

Étape 1 — Mettre le coût et la recette en équation. Yasmine paie 80 dh par jour pour son emplacement, plus 2 dh d'oranges et de gobelet par jus produit. Si elle prépare x jus, son coût total de la journée est :

C(x)=80+2x

Elle vend chaque jus 5 dh, donc sa recette est :

R(x)=5x

Étape 2 — Trouver le seuil de rentabilité (équation du premier degré). Le seuil de rentabilité est le nombre de jus pour lequel la recette égale le coût, R(x)=C(x) :

5x=80+2xdonc3x=80doncx=80326,7

Comme un nombre de jus est entier, le seuil est franchi à partir de 27 jus.

Étape 3 — Déterminer quand elle gagne de l'argent (inéquation). Yasmine veut que la recette dépasse strictement le coût, R(x)>C(x) :

5x>80+2xdonc3x>80doncx>80326,7

L'ensemble mathématique est ]803;+[ ; concrètement, dès le 27e jus vendu, Yasmine commence à dégager un bénéfice.

Étape 4 — Comparer deux offres de location par un tableau de signes. Deux loueurs proposent une presse-agrumes pour la saison. L'offre A coûte 300 dh fixes ; l'offre B coûte 100 dh fixes plus 4 dh par jour d'utilisation. Pour x jours, on a A=300 et B=100+4x. Yasmine étudie la différence BA pour savoir laquelle est la moins chère :

BA=(100+4x)300=4x200

C'est un binôme, de racine 4x200=0, soit x=50. Comme a=4>0, il est négatif avant 50 et positif après.

x 0 50 +
4x200 0 +

Lecture : pour x<50, BA<0 donc l'offre B est la moins chère ; pour x>50, l'offre A devient la moins chère ; à x=50 jours exactement, les deux coûtent 300 dh.

Conclusion. En quelques inéquations et un tableau de signes, Yasmine sait qu'elle doit vendre au moins 27 jus par jour pour gagner de l'argent, et qu'au-delà de 50 jours d'activité l'offre A de location devient avantageuse. Ce réflexe — traduire une comparaison en étude du signe d'une différence — est exactement celui que tu emploieras en Première et en Terminale, où le tableau de signes servira à lire le signe d'une dérivée et donc le sens de variation d'une fonction, ou le comportement d'une expression au voisinage d'une limite.

À retenir

À RETENIR

Une équation du premier degré ax+b=0 (a0) a une unique solution x=ba ; une inéquation se résout de même, mais multiplier ou diviser par un nombre négatif inverse le sens de l'inégalité, et la solution s'écrit en intervalle.

À RETENIR

Produit nul : A×B=0A=0 ou B=0. Quotient nul : AB=0A=0 et B0. Le quotient impose en plus de déterminer les valeurs interdites qui annulent le dénominateur.

À RETENIR

Le signe d'un binôme ax+b est donné par sa racine ba : signe opposé à a avant, signe de a après. C'est la brique de tout tableau de signes.

À RETENIR

Pour résoudre une inéquation produit ou quotient, on dresse un tableau de signes : une ligne par facteur, toutes les racines ordonnées, le signe global obtenu colonne par colonne. Un 0 marque une annulation (incluse dans une inégalité large) ; une double barre marque une valeur interdite (toujours exclue).

À RETENIR

Les tableaux de signes seront partout en Première et en Terminale : pour étudier le signe d'une dérivée et le sens de variation d'une fonction, ou le signe d'une expression dans le calcul des limites. Les maîtriser maintenant, c'est prendre une avance décisive.

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