Mathématiques · 4ᵉ · La proportionnalité en géométrie

La proportionnalité en géométrie

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Agrandissement et réduction

Quand une photocopieuse passe de 100 % à 150 %, ou quand un architecte dessine un plan à l'échelle, elle applique la même idée : multiplier toutes les longueurs d'une figure par un nombre fixe.

DÉFINITION

Deux figures sont superposables à un coefficient près (on dit qu'elles sont homothétiques) si l'on peut passer de l'une à l'autre en multipliant toutes les longueurs par un même nombre k>0, appelé coefficient d'agrandissement (ou de réduction). Les angles sont toujours conservés.

MÉTHODE

Pour trouver le coefficient k, on calcule le rapport d'une longueur de la grande figure sur la longueur correspondante de la petite figure : k=longueur sur la figure imagelongueur sur la figure originale

  • Si k>1 : c'est un agrandissement.
  • Si 0<k<1 : c'est une réduction.
  • Si k=1 : les figures sont identiques (même taille).

Exemple 1. Un triangle a pour côtés 3 cm, 4 cm et 5 cm. On l'agrandit avec k=2. Les côtés de la nouvelle figure mesurent 6 cm, 8 cm et 10 cm. Les angles restent identiques.

Exemple 2. Un rectangle de 15 cm sur 9 cm est réduit en un rectangle de 5 cm sur 3 cm. Le coefficient est k=515=13 : c'est une réduction.

Exemple 3. Yasmine veut reproduire un motif de zellige de 8 cm de côté en lui appliquant k=1,5. Elle obtient un motif de 8×1,5=12 cm de côté, avec les mêmes angles.

Un triangle et son agrandissement de coefficient 2 À gauche, un petit triangle avec les côtés 3 cm, 4 cm et 5 cm. À droite, son agrandissement de coefficient k=2 avec les côtés 6 cm, 8 cm et 10 cm. Les angles sont identiques dans les deux figures. Une flèche indique le passage de l'original à l'image avec la mention ×2. A B C 4 cm 3 cm 5 cm figure originale × 2 A' B' C' 8 cm 6 cm 10 cm figure image (k = 2) Les angles sont conservés — seules les longueurs sont multipliées par k.
Un triangle et son agrandissement de coefficient 2 : côtés doublés, angles identiques

Le piège de l'angle qui change

Karim pense que si on agrandit une figure, ses angles deviennent plus grands eux aussi. C'est faux : les angles sont toujours conservés lors d'un agrandissement ou d'une réduction. Seules les longueurs changent (elles sont multipliées par k). Un triangle rectangle reste rectangle, un angle de 40° reste à 40°.

À RETENIR

Lors d'un agrandissement ou d'une réduction de coefficient k : toutes les longueurs sont multipliées par k, tous les angles restent identiques.

Les échelles

Un plan de Casablanca, une carte du Maroc, une maquette d'immeuble : dans tous ces cas, on représente une réalité grande dans un espace réduit. L'échelle dit exactement dans quel rapport.

DÉFINITION

L'échelle d'un plan ou d'une carte est le rapport : eˊchelle=distance sur le plandistance reˊelle Les deux distances doivent être exprimées dans la même unité avant de calculer le rapport.

Méthode (lire une échelle). Une échelle notée 1n (ou « 1 : n ») signifie que 1 unité sur le plan représente n unités dans la réalité.

Calculer une distance réelle à partir d'une mesure sur le plan : distance reˊelle=mesure sur le plan×n

Calculer une mesure sur le plan à partir d'une distance réelle : mesure sur le plan=distance reˊellen

Exemple 1. Sur une carte du Maroc à l'échelle 15000000, deux villes sont distantes de 3 cm sur la carte. La distance réelle est 3×5000000=15000000 cm =150 km.

Exemple 2. Amine mesure 4,5 cm entre deux intersections sur un plan de Casablanca à l'échelle 120000. La distance réelle est 4,5×20000=90000 cm =900 m.

Exemple 3. Le père de Yasmine veut représenter un couloir de 6 m sur une maquette à l'échelle 1100. Il convertit : 6 m =600 cm, puis calcule 600100=6 cm sur la maquette.

Le piège de Salma et l'échelle à l'envers

Salma lit l'échelle 150000 d'une carte et pense : « 1 km sur la carte correspond à 50 000 km dans la réalité. » Elle a confondu numérateur et dénominateur. L'échelle 150000 signifie cartereˊel : c'est 1 cm sur la carte qui représente 50000 cm =500 m dans la réalité. La carte est plus petite que la réalité, donc le dénominateur est grand.

À RETENIR

L'échelle =planreˊel (même unité). Pour passer du plan à la réalité, on multiplie par le dénominateur. Pour passer de la réalité au plan, on divise par le dénominateur.

Effet sur les aires

On connaît l'effet sur les longueurs. Mais si on double tous les côtés d'un carré, est-ce que son aire double aussi ?

THÉORÈME

Si l'on multiplie toutes les longueurs d'une figure par k, son aire est multipliée par k2. aire image=k2×aire originale

Exemple 1. Un carré de côté 3 cm a une aire de 9 cm². Si on l'agrandit avec k=2, le nouveau côté est 6 cm et la nouvelle aire est 36 cm² =4×9 cm². On vérifie : k2=4.

Exemple 2. Un carré de côté 4 cm est réduit avec k=12. La nouvelle aire est (12)2×16=14×16=4 cm². On peut le vérifier : le nouveau côté est 2 cm, donc l'aire est 4 cm².

Exemple 3. Yasmine agrandit une photo carrée de 10 cm de côté avec k=3. La nouvelle photo fait 30 cm de côté. L'aire passe de 100 cm² à 900 cm² : elle est multipliée par 9=32.

Effet du coefficient k=2 sur l'aire : un carré de côté 2 cm et son agrandissement de côté 4 cm À gauche, un carré de côté 2 cm avec une aire de 4 cm² divisé en 4 petits carrés. Au centre, une flèche avec la mention ×2 sur les longueurs. À droite, le carré agrandi de côté 4 cm avec une aire de 16 cm² divisée en 16 petits carrés. Le rapport des aires est 16/4 = 4 = k² = 2². 2 cm 2 cm 4 cm² carré original (1 unité = 1 cm²) côtés × 2 4 cm 4 cm 16 cm² carré agrandi (k = 2) (16 petites unités = 16 cm²) Côtés × 2 → aire × 4 = 2² Formule générale : aire × k²
Un carré de côté 2 cm dont tous les côtés sont doublés : l'aire passe de 4 à 16, soit fois 4

Le piège du coefficient appliqué à l'aire

Karim agrandit un rectangle d'aire 20 cm² avec k=3. Il calcule la nouvelle aire : 20×3=60 cm². Erreur : les longueurs sont multipliées par 3, mais l'aire est multipliée par 32=9. La bonne réponse est 20×9=180 cm². Retiens : longueurs ×k implique aires ×k2.

À RETENIR

Si les longueurs sont multipliées par k, l'aire est multipliée par k2. Si k=3, l'aire est multipliée par 9, pas par 3.

Effet sur les volumes

Agrandir une maquette ou un solide change son volume encore plus radicalement que son aire.

THÉORÈME

Si l'on multiplie toutes les longueurs d'un solide par k, son volume est multiplié par k3. volume image=k3×volume original

Exemple 1. Un cube de côté 2 cm a un volume de 8 cm³. Si on l'agrandit avec k=3, le nouveau côté est 6 cm et le nouveau volume est 216 cm³ =27×8 cm³. On vérifie : k3=27.

Exemple 2. La maquette du père de Yasmine représente un immeuble à l'échelle 1100. Si la maquette a un volume de 1500 cm³, le volume réel de l'immeuble est 1500×1003=1500×1000000=1500000000 cm³ =1500 m³.

Exemple 3. Amine réduit un solide avec k=12. Son volume est multiplié par (12)3=18 : le volume est divisé par 8.

Le piège des puissances mélangées

Salma agrandit un cube avec k=2. Elle calcule sa nouvelle aire totale : elle multiplie par k3=8. Erreur : l'aire est une surface (deux dimensions), donc elle est multipliée par k2=4, et non k3. Le volume est la seule grandeur à être multipliée par k3. Retiens : longueurs ×k, aires ×k2, volumes ×k3.

À RETENIR

Si les longueurs sont multipliées par k, le volume est multiplié par k3. Ne pas confondre : longueurs ×k, aires ×k2, volumes ×k3.

Pièges classiques

  1. Croire que les angles changent lors d'un agrandissement. Les angles sont toujours conservés. Seules les longueurs sont multipliées par k.

  2. Lire l'échelle à l'envers. L'échelle 1n signifie que 1 unité sur le plan correspond à n unités réelles. Le dénominateur est grand car la réalité est grande.

  3. Confondre unités lors d'un calcul d'échelle. Avant d'appliquer le rapport d'échelle, les deux distances doivent être dans la même unité.

  4. Appliquer k à l'aire au lieu de k2. Si les longueurs sont multipliées par k, l'aire est multipliée par k2. Pour k=3 : longueurs ×3, aire ×9.

  5. Appliquer k2 au volume au lieu de k3. Le volume suit la puissance trois : pour k=2, le volume est multiplié par 8, pas par 4.

  6. Confondre agrandissement et réduction. k>1 donne un agrandissement ; 0<k<1 donne une réduction. Un k=13 divise toutes les longueurs par 3.

Application concrète

Karim prépare un exposé sur la médina de Fès. Il dispose d'une photo aérienne de la médina qui, sur le papier, mesure 12 cm de large et 8 cm de haut. Il veut créer une affiche en agrandissant cette photo avec k=3, puis calculer l'espace occupé par l'affiche sur le mur de la classe.

Étape 1 — Dimensions de l'affiche. Toutes les longueurs sont multipliées par k=3 :

  • Largeur : 12×3=36 cm.
  • Hauteur : 8×3=24 cm.

Étape 2 — Aire de la photo originale. Aorig=12×8=96 cm².

Étape 3 — Aire de l'affiche. On applique le théorème : Aaffiche=k2×Aorig=9×96=864 cm². On vérifie directement : 36×24=864 cm².

Étape 4 — Lecture d'échelle. La photo aérienne est à l'échelle 15000. Deux monuments sont distants de 3,6 cm sur la photo. La distance réelle est 3,6×5000=18000 cm =180 m.

Étape 5 — Vérification du coefficient. Karim vérifie que son affiche est bien un agrandissement de coefficient 3 : 3612=3 et 248=3. Les deux rapports sont égaux, la figure est bien une image homothétique de la photo.

Conclusion. La photo a occupé 96 cm² et l'affiche en occupe 864 cm² : l'aire a été multipliée par 9. Un agrandissement de coefficient 3 triple toutes les longueurs, quadruple les aires et multiplie les volumes par 27. C'est la règle fondamentale de la proportionnalité en géométrie, que tu retrouveras dès que tu travailleras avec des figures semblables, des maquettes ou des cartes.

À retenir

À RETENIR

Lors d'un agrandissement (ou réduction) de coefficient k : toutes les longueurs sont multipliées par k, tous les angles sont conservés. Si k>1 : agrandissement. Si 0<k<1 : réduction.

À RETENIR

L'échelle d'un plan ou d'une carte vaut distance plandistance reˊelle (même unité). L'échelle 1n signifie que 1 cm sur le plan représente n cm dans la réalité.

À RETENIR

Si les longueurs sont multipliées par k, l'aire est multipliée par k2.

À RETENIR

Si les longueurs sont multipliées par k, le volume est multiplié par k3.

À RETENIR

Résumé des puissances : longueurs ×k, aires ×k2, volumes ×k3. Ne jamais confondre les trois.