La proportionnalité en géométrie
Agrandissement et réduction
Quand une photocopieuse passe de 100 % à 150 %, ou quand un architecte dessine un plan à l'échelle, elle applique la même idée : multiplier toutes les longueurs d'une figure par un nombre fixe.
Deux figures sont superposables à un coefficient près (on dit qu'elles sont homothétiques) si l'on peut passer de l'une à l'autre en multipliant toutes les longueurs par un même nombre , appelé coefficient d'agrandissement (ou de réduction). Les angles sont toujours conservés.
Pour trouver le coefficient , on calcule le rapport d'une longueur de la grande figure sur la longueur correspondante de la petite figure :
- Si : c'est un agrandissement.
- Si : c'est une réduction.
- Si : les figures sont identiques (même taille).
Exemple 1. Un triangle a pour côtés cm, cm et cm. On l'agrandit avec . Les côtés de la nouvelle figure mesurent cm, cm et cm. Les angles restent identiques.
Exemple 2. Un rectangle de cm sur cm est réduit en un rectangle de cm sur cm. Le coefficient est : c'est une réduction.
Exemple 3. Yasmine veut reproduire un motif de zellige de cm de côté en lui appliquant . Elle obtient un motif de cm de côté, avec les mêmes angles.
Le piège de l'angle qui change
Karim pense que si on agrandit une figure, ses angles deviennent plus grands eux aussi. C'est faux : les angles sont toujours conservés lors d'un agrandissement ou d'une réduction. Seules les longueurs changent (elles sont multipliées par ). Un triangle rectangle reste rectangle, un angle de reste à .
Lors d'un agrandissement ou d'une réduction de coefficient : toutes les longueurs sont multipliées par , tous les angles restent identiques.
Les échelles
Un plan de Casablanca, une carte du Maroc, une maquette d'immeuble : dans tous ces cas, on représente une réalité grande dans un espace réduit. L'échelle dit exactement dans quel rapport.
L'échelle d'un plan ou d'une carte est le rapport : Les deux distances doivent être exprimées dans la même unité avant de calculer le rapport.
Méthode (lire une échelle). Une échelle notée (ou « 1 : ») signifie que unité sur le plan représente unités dans la réalité.
Calculer une distance réelle à partir d'une mesure sur le plan :
Calculer une mesure sur le plan à partir d'une distance réelle :
Exemple 1. Sur une carte du Maroc à l'échelle , deux villes sont distantes de cm sur la carte. La distance réelle est cm km.
Exemple 2. Amine mesure cm entre deux intersections sur un plan de Casablanca à l'échelle . La distance réelle est cm m.
Exemple 3. Le père de Yasmine veut représenter un couloir de m sur une maquette à l'échelle . Il convertit : m cm, puis calcule cm sur la maquette.
Le piège de Salma et l'échelle à l'envers
Salma lit l'échelle d'une carte et pense : « 1 km sur la carte correspond à 50 000 km dans la réalité. » Elle a confondu numérateur et dénominateur. L'échelle signifie : c'est cm sur la carte qui représente cm m dans la réalité. La carte est plus petite que la réalité, donc le dénominateur est grand.
L'échelle (même unité). Pour passer du plan à la réalité, on multiplie par le dénominateur. Pour passer de la réalité au plan, on divise par le dénominateur.
Effet sur les aires
On connaît l'effet sur les longueurs. Mais si on double tous les côtés d'un carré, est-ce que son aire double aussi ?
Si l'on multiplie toutes les longueurs d'une figure par , son aire est multipliée par .
Exemple 1. Un carré de côté cm a une aire de cm². Si on l'agrandit avec , le nouveau côté est cm et la nouvelle aire est cm² cm². On vérifie : .
Exemple 2. Un carré de côté cm est réduit avec . La nouvelle aire est cm². On peut le vérifier : le nouveau côté est cm, donc l'aire est cm².
Exemple 3. Yasmine agrandit une photo carrée de cm de côté avec . La nouvelle photo fait cm de côté. L'aire passe de cm² à cm² : elle est multipliée par .
Le piège du coefficient appliqué à l'aire
Karim agrandit un rectangle d'aire cm² avec . Il calcule la nouvelle aire : cm². Erreur : les longueurs sont multipliées par , mais l'aire est multipliée par . La bonne réponse est cm². Retiens : longueurs implique aires .
Si les longueurs sont multipliées par , l'aire est multipliée par . Si , l'aire est multipliée par , pas par .
Effet sur les volumes
Agrandir une maquette ou un solide change son volume encore plus radicalement que son aire.
Si l'on multiplie toutes les longueurs d'un solide par , son volume est multiplié par .
Exemple 1. Un cube de côté cm a un volume de cm³. Si on l'agrandit avec , le nouveau côté est cm et le nouveau volume est cm³ cm³. On vérifie : .
Exemple 2. La maquette du père de Yasmine représente un immeuble à l'échelle . Si la maquette a un volume de cm³, le volume réel de l'immeuble est cm³ m³.
Exemple 3. Amine réduit un solide avec . Son volume est multiplié par : le volume est divisé par .
Le piège des puissances mélangées
Salma agrandit un cube avec . Elle calcule sa nouvelle aire totale : elle multiplie par . Erreur : l'aire est une surface (deux dimensions), donc elle est multipliée par , et non . Le volume est la seule grandeur à être multipliée par . Retiens : longueurs , aires , volumes .
Si les longueurs sont multipliées par , le volume est multiplié par . Ne pas confondre : longueurs , aires , volumes .
Pièges classiques
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Croire que les angles changent lors d'un agrandissement. Les angles sont toujours conservés. Seules les longueurs sont multipliées par .
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Lire l'échelle à l'envers. L'échelle signifie que unité sur le plan correspond à unités réelles. Le dénominateur est grand car la réalité est grande.
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Confondre unités lors d'un calcul d'échelle. Avant d'appliquer le rapport d'échelle, les deux distances doivent être dans la même unité.
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Appliquer à l'aire au lieu de . Si les longueurs sont multipliées par , l'aire est multipliée par . Pour : longueurs , aire .
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Appliquer au volume au lieu de . Le volume suit la puissance trois : pour , le volume est multiplié par , pas par .
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Confondre agrandissement et réduction. donne un agrandissement ; donne une réduction. Un divise toutes les longueurs par .
Application concrète
Karim prépare un exposé sur la médina de Fès. Il dispose d'une photo aérienne de la médina qui, sur le papier, mesure cm de large et cm de haut. Il veut créer une affiche en agrandissant cette photo avec , puis calculer l'espace occupé par l'affiche sur le mur de la classe.
Étape 1 — Dimensions de l'affiche. Toutes les longueurs sont multipliées par :
- Largeur : cm.
- Hauteur : cm.
Étape 2 — Aire de la photo originale. cm².
Étape 3 — Aire de l'affiche. On applique le théorème : cm². On vérifie directement : cm².
Étape 4 — Lecture d'échelle. La photo aérienne est à l'échelle . Deux monuments sont distants de cm sur la photo. La distance réelle est cm m.
Étape 5 — Vérification du coefficient. Karim vérifie que son affiche est bien un agrandissement de coefficient : et . Les deux rapports sont égaux, la figure est bien une image homothétique de la photo.
Conclusion. La photo a occupé cm² et l'affiche en occupe cm² : l'aire a été multipliée par . Un agrandissement de coefficient triple toutes les longueurs, quadruple les aires et multiplie les volumes par . C'est la règle fondamentale de la proportionnalité en géométrie, que tu retrouveras dès que tu travailleras avec des figures semblables, des maquettes ou des cartes.
À retenir
Lors d'un agrandissement (ou réduction) de coefficient : toutes les longueurs sont multipliées par , tous les angles sont conservés. Si : agrandissement. Si : réduction.
L'échelle d'un plan ou d'une carte vaut (même unité). L'échelle signifie que cm sur le plan représente cm dans la réalité.
Si les longueurs sont multipliées par , l'aire est multipliée par .
Si les longueurs sont multipliées par , le volume est multiplié par .
Résumé des puissances : longueurs , aires , volumes . Ne jamais confondre les trois.