Mathématiques · 1ʳᵉ · Fonctions trigonométriques

Fonctions trigonométriques

Objectif examen régionalLe programme de 1ʳᵉ année Bac à réviser.

Le radian et le cercle trigonométrique

Au collège, tu as mesuré les angles en degrés : un tour complet vaut 360°. Ce nombre 360 n'a rien de naturel — il vient des astronomes babyloniens, qui comptaient en base 60. Les mathématiciens préfèrent une unité qui parle directement de géométrie : on va mesurer un angle non par un nombre arbitraire, mais par la longueur de l'arc qu'il découpe sur un cercle de rayon 1.

DÉFINITION

Le cercle trigonométrique est le cercle de centre O et de rayon 1, muni d'un sens de parcours : le sens direct (ou positif) est le sens inverse des aiguilles d'une montre. Le point I de coordonnées (1;0) en est l'origine des angles.

Sur ce cercle de rayon 1, la circonférence vaut 2π (le périmètre d'un cercle est 2πr, et ici r=1). On mesure alors un angle par la longueur de l'arc qu'il intercepte, parcouru dans le sens direct depuis I. C'est cela, le radian.

DÉFINITION

Le radian (noté rad) est l'unité d'angle telle qu'un angle de 1 radian intercepte, sur le cercle trigonométrique, un arc de longueur 1. Un angle au centre de mesure θ radians intercepte donc un arc de longueur θ.

Cercle trigonométrique et mesure d'un angle en radians Cercle trigonométrique de centre O et de rayon 1 dans un repère orthonormé. Le point I de coordonnées un point zéro est l'origine des angles, à droite sur l'axe horizontal. Une flèche courbe indique le sens direct, inverse des aiguilles d'une montre. Un rayon OM rejoint un point M du premier quadrant ; l'arc de I à M, de longueur theta, est mis en évidence, et l'angle au centre vaut theta radians. Le rayon valant 1, la longueur de l'arc égale la mesure de l'angle en radians. x y O -1 1 -1 I (1 ; 0) M θ rad arc de longueur θ sens direct (+) rayon = 1, donc longueur de l'arc = mesure de l'angle en radians
Cercle trigonométrique de rayon 1 : un arc de longueur θ mesure l'angle θ en radians

Comme un tour complet correspond à un arc de longueur 2π (toute la circonférence), un tour complet mesure 2π radians. Tu tiens là la clé de conversion entre les deux unités.

THÉORÈME · CONVERSION DEGRÉS ↔ RADIANS

Un tour complet vaut 360°=2π rad. On en déduit la proportionnalité : pour passer des degrés aux radians, on multiplie par π180 ; pour passer des radians aux degrés, on multiplie par 180π. En particulier, 180°=π rad et 90°=π2 rad.

Exemple 1. Convertissons 60° en radians. On multiplie par π180 : 60×π180=60π180=π3 rad. Un angle de 60° mesure donc π3 radians.

Exemple 2. Convertissons 3π4 rad en degrés. On multiplie par 180π : 3π4×180π=3×1804=5404=135°. L'angle 3π4 rad vaut 135°.

Enrouler la droite réelle sur le cercle

Le radian fait bien plus que renommer les angles : il permet d'associer à chaque nombre réel un point du cercle. Imagine une droite numérique (la droite réelle, avec ses graduations 0,1,2, et 1,2,) que l'on enroule autour du cercle trigonométrique, en partant de I. Le 0 de la droite se pose sur I. Les nombres positifs s'enroulent dans le sens direct ; les négatifs, dans le sens indirect.

DÉFINITION

À tout réel x, on associe un unique point M du cercle trigonométrique, obtenu en parcourant le cercle depuis I d'un arc de longueur x, dans le sens direct si x>0, dans le sens indirect si x<0. On dit que M est l'image du réel x sur le cercle.

C'est un changement de regard fondamental. Un angle, désormais, c'est un nombre réel. Et comme la circonférence vaut 2π, faire un tour complet de plus ramène au même point : les réels x et x+2π ont la même image sur le cercle. De même x et x2π, ou x+4π, etc. C'est cette répétition qui produira la périodicité des fonctions à venir.

Exemple 3. Le réel π2 s'enroule sur un quart de cercle (car π2 est le quart de 2π) : son image est le point J=(0;1), en haut du cercle. Le réel π correspond à un demi-tour : son image est le point (1;0), à gauche. Le réel 5π2=π2+2π a la même image que π2, soit J : un tour complet en plus ne change rien.

Le piège du radian sans unité

En radians, on écrit souvent l'angle sans unité : on dit « l'angle π3 » tout court, ou même « le réel π3 ». C'est volontaire — le radian est une mesure « pure », un simple rapport de longueurs, donc sans dimension. L'erreur classique est alors de mélanger les deux mondes : écrire cos(30) en pensant à 30° alors que la calculatrice, en mode radian, comprend 30 radians (soit presque cinq tours !). Quand un nombre apparaît sans le petit symbole °, il est en radians. cos(π6) et cos(30°) sont la même chose ; cos(30), lui, est tout autre chose.

À RETENIR

Le cercle trigonométrique a pour rayon 1 ; le radian mesure un angle par la longueur de l'arc intercepté. Un tour =360°=2π rad, donc 180°=π rad. On convertit en multipliant par π180 (degrés → radians) ou 180π (radians → degrés). Chaque réel x a une image sur le cercle, et x, x+2π, x2π ont la même image.

Cosinus et sinus d'un nombre réel

Tu connais le cosinus et le sinus depuis le collège, dans le triangle rectangle : « cosinus = côté adjacent sur hypoténuse ». Cette définition a un défaut majeur : elle n'a de sens que pour un angle aigu, entre 0° et 90°. Comment parler du cosinus d'un angle de 200°, ou d'un angle négatif ? Le cercle trigonométrique résout tout : il étend ces notions à n'importe quel nombre réel.

DÉFINITION

Soit x un réel et M son image sur le cercle trigonométrique. Le cosinus de x, noté cosx, est l'abscisse du point M. Le sinus de x, noté sinx, est l'ordonnée du point M. Autrement dit, M a pour coordonnées (cosx;sinx).

Cosinus et sinus comme coordonnées d'un point du cercle Cercle trigonométrique de centre O et de rayon 1. Un point M du premier quadrant est relié à O par un rayon. La projection de M sur l'axe horizontal donne son abscisse, le cosinus de x ; la projection sur l'axe vertical donne son ordonnée, le sinus de x. L'arc de I à M mesure x. Le point M a pour coordonnées cosinus de x et sinus de x. x y O I x M (cos x ; sin x) cos x sin x cosinus = abscisse, sinus = ordonnée
Le point M image de x a pour coordonnées (cos x ; sin x) : cosinus en abscisse, sinus en ordonnée

Cette définition contient l'ancienne : pour un angle aigu, on retrouve exactement les rapports du triangle rectangle. Mais elle va beaucoup plus loin — elle donne un sens à cosx et sinx pour tout réel x, positif, négatif, grand ou petit.

Les propriétés qui découlent du cercle

Comme M est sur le cercle de rayon 1, ses coordonnées sont bornées : l'abscisse et l'ordonnée d'un point du cercle unité sont toujours comprises entre 1 et 1.

THÉORÈME · ENCADREMENT

Pour tout réel x : 1cosx1 et 1sinx1.

De plus, M=(cosx;sinx) est à distance 1 du centre O. En écrivant cette distance avec le théorème de Pythagore (la distance de l'origine au point (a;b) vaut a2+b2), on obtient la relation la plus importante de toute la trigonométrie.

THÉORÈME · RELATION FONDAMENTALE

Pour tout réel x : cos2x+sin2x=1, où cos2x désigne (cosx)2.

Exemple 1. Le réel 0 a pour image le point I=(1;0). Donc cos0=1 (l'abscisse) et sin0=0 (l'ordonnée). Vérification avec la relation fondamentale : cos20+sin20=12+02=1. Correct.

Exemple 2. On sait que cosx=35 pour un certain réel x dont l'image est dans le quart supérieur du cercle (donc sinx>0). Trouvons sinx. La relation fondamentale donne sin2x=1cos2x=1925=1625. Comme sinx>0, on prend la racine positive : sinx=45.

Le piège de la notation cos2x

L'écriture cos2x est une convention paresseuse mais universelle : elle signifie (cosx)2, c'est-à-dire « on calcule cosx, puis on l'élève au carré ». Elle ne signifie pas cos(x2) (où l'on élèverait d'abord x au carré). L'erreur de confondre les deux est fréquente et coûteuse. Retiens l'ordre : cos2x=(cosx)2, le carré porte sur le résultat du cosinus, jamais sur l'angle. Pour cos(x2), on écrirait toujours les parenthèses explicitement.

À RETENIR

Pour le réel x d'image M : cosx est l'abscisse de M, sinx son ordonnée. Toujours 1cosx1 et 1sinx1. La relation fondamentale cos2x+sin2x=1 relie les deux, et cos2x signifie (cosx)2.

Valeurs remarquables et angles associés

Quelques angles reviennent sans cesse : 0, π6, π4, π3, π2. Leurs cosinus et sinus se déduisent de figures géométriques simples (triangle équilatéral, carré) et doivent être connus par cœur. C'est l'alphabet de la trigonométrie : sans lui, impossible de lire la suite.

THÉORÈME · VALEURS REMARQUABLES

On a le tableau :

x 0 π6 π4 π3 π2
cosx 1 32 22 12 0
sinx 0 12 22 32 1

Observe la symétrie : la ligne des sinus est la ligne des cosinus lue à l'envers. C'est normal — quand l'angle augmente de 0 à π2, le cosinus diminue de 1 à 0 pendant que le sinus augmente de 0 à 1. Un mémo classique : écris 0,1,2,3,4 pour les angles croissants, divise chaque racine par 2, et tu obtiens les sinus : 02=0, 12=12, 22, 32, 42=1.

Exemple 1. Que vaut cos(π4)+sin(π4) ? Les deux valent 22, donc la somme vaut 22+22=222=2.

Les angles associés

Pour les angles au-delà de π2, on ne mémorise rien de neuf : on ramène l'angle à un angle remarquable connu, par symétrie sur le cercle. Les quatre relations suivantes se lisent directement sur la figure.

THÉORÈME · ANGLES ASSOCIÉS

Pour tout réel x : cos(x)=cosxsin(x)=sinx cos(πx)=cosxsin(πx)=sinx cos(π+x)=cosxsin(π+x)=sinx

Les angles associés et leurs symétries sur le cercle Cercle trigonométrique portant quatre points symétriques. Le point M, image de x, est dans le premier quadrant. Son symétrique par rapport à l'axe horizontal est l'image de moins x. Son symétrique par rapport à l'axe vertical est l'image de pi moins x. Son symétrique par rapport au centre est l'image de pi plus x. Chaque point porte ses coordonnées, déduites de cosinus de x et sinus de x avec les signes adaptés. x y O x (cos x ; sin x) −x (cos x ; −sin x) π − x (−cos x ; sin x) π + x (−cos x ; −sin x) symétries sur le cercle : axe horizontal, axe vertical et centre O
Les angles associés x, −x, π−x et π+x : quatre points symétriques sur le cercle et leurs coordonnées

Exemple 2. Calculons cos(2π3). On remarque que 2π3=ππ3. Donc cos(2π3)=cos(ππ3)=cos(π3)=12. On a ramené un angle inconnu à l'angle remarquable π3.

Le piège du signe selon le quadrant

L'erreur la plus répandue est d'oublier le signe. Beaucoup d'élèves écrivent cos(2π3)=12 en se contentant de retrouver la valeur de π3, sans regarder se trouve le point sur le cercle. Or 2π3 a son image dans le quart supérieur gauche : son abscisse est négative, donc cos(2π3)<0. Le réflexe qui sauve : avant d'écrire la valeur, place mentalement le point sur le cercle et regarde le signe de l'abscisse (pour le cosinus) et de l'ordonnée (pour le sinus). À gauche de l'axe vertical, le cosinus est négatif ; en bas de l'axe horizontal, le sinus est négatif.

À RETENIR

Connais par cœur les valeurs de cos et sin pour 0, π6, π4, π3, π2. Pour les autres angles, ramène-toi à ces valeurs grâce aux angles associés (x, πx, π+x), en surveillant toujours le signe d'après le quadrant du point.

Les fonctions cosinus et sinus

On a défini cosx et sinx pour chaque réel x. Cela construit deux véritables fonctions : à chaque réel x, on associe le nombre cosx (fonction cosinus) ou sinx (fonction sinus). Comme tout réel a une image sur le cercle, ces fonctions sont définies sur R tout entier. On peut donc les étudier comme n'importe quelle fonction : domaine, parité, variations, courbe. Mais elles ont une propriété qu'aucune fonction de référence ne possédait : elles se répètent.

DÉFINITION

Une fonction f est périodique de période T (avec T>0) si, pour tout réel x, on a f(x+T)=f(x). La courbe se reproduit alors à l'identique tous les T.

Tu as déjà tout pour comprendre pourquoi cosinus et sinus sont périodiques : sur le cercle, x et x+2π ont la même image, donc les mêmes coordonnées. Le cosinus et le sinus reprennent donc exactement les mêmes valeurs après un tour complet.

THÉORÈME · PÉRIODICITÉ

Les fonctions cosinus et sinus sont périodiques de période 2π : pour tout réel x, cos(x+2π)=cosx et sin(x+2π)=sinx.

Parité

Les relations des angles associés cos(x)=cosx et sin(x)=sinx se relisent dans le langage des fonctions : elles décrivent la parité.

DÉFINITION

Une fonction f définie sur R est paire si f(x)=f(x) pour tout x (sa courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées). Elle est impaire si f(x)=f(x) pour tout x (sa courbe est symétrique par rapport à l'origine).

THÉORÈME · PARITÉS

La fonction cosinus est paire : cos(x)=cosx. La fonction sinus est impaire : sin(x)=sinx.

Les courbes du cosinus et du sinus sur deux périodes Dans un même repère, les courbes des fonctions cosinus et sinus tracées sur l'intervalle de moins deux pi à deux pi. La courbe du cosinus part de la valeur un en zéro et est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées : c'est une fonction paire. La courbe du sinus part de zéro et est symétrique par rapport à l'origine : c'est une fonction impaire. Les deux oscillent entre moins un et un, avec une période de deux pi. Des droites horizontales marquent les bornes un et moins un. x y O 1 −1 −2π −3π/2 −π −π/2 π/2 π 3π/2 cosinus paire, départ en 1 sinus impaire, départ en 0
Les courbes du cosinus (paire) et du sinus (impaire) sur [−2π ; 2π], deux sinusoïdes de période 2π

Exemple 1. La fonction sinus étant impaire, sin(π6)=sin(π6)=12. La fonction cosinus étant paire, cos(π6)=cos(π6)=32.

Allure des courbes

Sur un intervalle d'une période, disons [0;2π], on lit les variations directement sur le cercle. Pour le cosinus (l'abscisse du point qui tourne) : il part de 1 en 0, décroît jusqu'à 1 en π, puis remonte à 1 en 2π. Pour le sinus (l'ordonnée) : il part de 0, croît jusqu'à 1 en π2, redescend à 1 en 3π2, revient à 0 en 2π.

Exemple 2. Les deux courbes ont exactement la même forme d'onde (une sinusoïde), simplement décalées. En effet, on peut montrer que cosx=sin(x+π2) : la courbe du cosinus est celle du sinus translatée d'un quart de période vers la gauche. C'est pourquoi on parle d'oscillation pour les deux : même hauteur maximale (1), même hauteur minimale (1), même période (2π).

Le piège de la période confondue avec l'amplitude

Deux nombres décrivent une oscillation, et on les confond facilement. La période (2π ici) est une mesure horizontale : c'est la longueur au bout de laquelle le motif se répète, lue sur l'axe des x. L'amplitude (1 ici) est une mesure verticale : c'est la hauteur maximale atteinte au-dessus de l'axe horizontal, lue sur l'axe des y. Dire « la période de sin vaut 1 » en pensant à l'amplitude est un contresens : la période vaut 2π, l'amplitude vaut 1. L'une dit à quelle cadence l'onde se répète, l'autre jusqu'où elle monte.

À RETENIR

Les fonctions cos et sin sont définies sur R, périodiques de période 2π, et à valeurs dans [1;1]. Le cosinus est pair (courbe symétrique par rapport à l'axe des ordonnées), le sinus est impair (courbe symétrique par rapport à l'origine). Leurs courbes sont deux sinusoïdes identiques, décalées d'un quart de période.

Équations trigonométriques simples

Savoir calculer cosx à partir de x, c'est bien. Mais en pratique, on a souvent le problème inverse : on connaît la valeur d'un cosinus ou d'un sinus, et on cherche les angles x qui la produisent. Sur la roue de Casablanca, par exemple, on connaît la hauteur de Yasmine et on veut savoir à quels instants elle l'atteint. C'est résoudre une équation trigonométrique.

DÉFINITION

Une équation trigonométrique simple est une équation de la forme cosx=a ou sinx=a, où a est un réel donné et x l'inconnue. La résoudre, c'est trouver tous les réels x qui la vérifient.

La première chose à vérifier : comme cosx et sinx sont toujours entre 1 et 1, une équation comme cosx=2 n'a aucune solution. On ne cherche de solutions que si 1a1.

THÉORÈME · RÉSOLUTION GRAPHIQUE SUR LE CERCLE

Pour résoudre cosx=a avec 1a1, on trace la droite verticale d'abscisse a : elle coupe le cercle en les points cherchés (les angles dont l'abscisse vaut a). Pour résoudre sinx=a, on trace la droite horizontale d'ordonnée a : elle coupe le cercle aux angles dont l'ordonnée vaut a. À cause de la périodicité, chaque solution se répète tous les 2π.

Résolution graphique de cosinus de x égale un demi Cercle trigonométrique de centre O et de rayon 1. Une droite verticale d'abscisse un demi coupe le cercle en deux points symétriques par rapport à l'axe horizontal. Le point du haut correspond à x égale pi tiers, le point du bas à x égale moins pi tiers. Un rayon joint le centre à chacun de ces deux points. L'équation cosinus de x égale un demi a donc deux solutions par tour. x y O 1/2 x = π/3 x = −π/3 cos x = 1/2 : deux solutions par tour, x = π/3 et x = −π/3
Résolution de cos x = 1/2 sur le cercle : la verticale d'abscisse 1/2 donne deux solutions, π/3 et −π/3

Exemple 1. Résolvons cosx=12 sur R. On cherche les angles d'abscisse 12. L'angle remarquable est π3 (car cosπ3=12). Par symétrie sur l'axe horizontal, π3 convient aussi (le cosinus est pair). Les solutions sont donc x=π3+2kπ et x=π3+2kπ, où k parcourt les entiers relatifs. Le terme 2kπ traduit la périodicité : chaque solution se reproduit à chaque tour.

Exemple 2. Résolvons sinx=22 sur l'intervalle [0;2π]. On cherche les angles d'ordonnée 22. L'angle remarquable est π4. Le second angle de même ordonnée est son symétrique par rapport à l'axe vertical : ππ4=3π4. Sur [0;2π], les deux solutions sont x=π4 et x=3π4.

Le piège de l'unique solution

L'erreur typique est de s'arrêter à une solution. Un élève résout cosx=12, trouve x=π3 et s'arrête là. Mais une équation trigonométrique a en général deux familles de solutions par tour (les deux points d'intersection de la droite avec le cercle), et chacune se répète à l'infini par périodicité. Le réflexe : trace toujours la droite sur le cercle et compte les points d'intersection (souvent deux), puis ajoute +2kπ si l'énoncé demande toutes les solutions sur R. Ne donne une seule solution que si l'énoncé restreint à un intervalle qui n'en contient qu'une.

À RETENIR

Résoudre cosx=a ou sinx=a n'a de sens que si 1a1. On lit les solutions sur le cercle : droite verticale d'abscisse a pour le cosinus, horizontale d'ordonnée a pour le sinus. Il y a en général deux solutions par tour, et chacune se répète tous les 2π (terme +2kπ).

Pièges classiques

Piège 1 : confondre degrés et radians. Le radian s'écrit souvent sans unité, ce qui invite à le confondre avec un nombre « ordinaire » ou avec des degrés. cos(30°) vaut 320,87, mais cos(30) — trente radians, soit presque cinq tours — vaut tout autre chose. Avant tout calcul de cosinus ou sinus, vérifie le mode de ta calculatrice (RAD ou DEG) et l'unité de l'angle. En 1re et après, on travaille presque toujours en radians : un nombre sans le symbole ° est un radian.

Piège 2 : cos2x pris pour cos(x2). La notation cos2x signifie (cosx)2 : on applique d'abord le cosinus, puis on élève le résultat au carré. Elle ne signifie jamais cos(x2), où l'on élèverait l'angle au carré avant d'appliquer le cosinus. Ces deux quantités sont différentes : pour x=π, cos2π=(1)2=1 alors que cos(π2)=cos(9,87) vaut tout autre chose. Le carré porte sur la sortie du cosinus, pas sur l'angle.

Piège 3 : oublier le signe selon le quadrant. Ramener un angle à une valeur remarquable ne suffit pas : il faut encore son signe. cos(2π3) a la même valeur absolue que cos(π3)=12, mais comme 2π3 est dans le demi-plan de gauche, son cosinus est négatif : 12. Place toujours le point sur le cercle : à gauche de l'axe vertical, cos<0 ; en dessous de l'axe horizontal, sin<0.

Piège 4 : confondre période et amplitude. La période est une longueur horizontale (au bout de combien le motif se répète : 2π pour sin et cos) ; l'amplitude est une hauteur verticale (jusqu'où l'onde monte : 1 ici). Annoncer « la période de cos vaut 1 » confond les deux axes. Demande-toi toujours : parle-t-on d'une distance le long de l'axe des x (période) ou de la hauteur sur l'axe des y (amplitude) ?

Piège 5 : ne donner qu'une solution à une équation. Sur le cercle, une droite coupe le cercle en deux points en général : cosx=a et sinx=a ont donc le plus souvent deux familles de solutions par tour, sans compter la répétition tous les 2π. S'arrêter à x=π3 pour cosx=12 oublie la solution π3 et toutes leurs répétitions. Compte les intersections sur le cercle avant de conclure.

Piège 6 : chercher des solutions quand a>1. Comme cosx et sinx restent toujours dans [1;1], une équation comme sinx=1,5 ou cosx=3 n'a aucune solution. C'est immédiat dès qu'on se souvient de l'encadrement, mais un élève pressé se lance dans des calculs inutiles. Premier réflexe devant cosx=a ou sinx=a : vérifier que 1a1, sinon conclure « pas de solution » sans plus de travail.

Application concrète

Reviens à la grande roue de la corniche de Casablanca. Yasmine veut modéliser sa hauteur au cours du temps, puis répondre à une question précise : à quels instants se trouve-t-elle exactement à la hauteur de l'axe central de la roue ?

Étape 1 — Poser le modèle. La roue a un rayon de 15 m, et son axe est à 18 m du sol. Elle fait un tour complet en 40 secondes, à vitesse constante. Au départ (t=0), Yasmine est tout en bas, à 3 m du sol. En notant t le temps en secondes, sa position angulaire sur le cercle, mesurée depuis le bas, augmente proportionnellement au temps : un tour (2π rad) en 40 s, donc un angle de 2π40t=π20t radians au temps t. Sa hauteur h(t) (en mètres) s'écrit alors, en mesurant la montée depuis le bas par un cosinus :

h(t)=1815cos ⁣(π20t)

Au départ, cos0=1 donne h(0)=1815=3 m : Yasmine est bien tout en bas. La parenthèse π20t est un angle en radians, jamais en degrés — c'est tout l'intérêt du chapitre.

Étape 2 — Lire les valeurs remarquables. Le sommet est atteint quand cos(π20t)=1, donnant h=18+15=33 m. Cela arrive pour π20t=π, soit t=20 s : à mi-parcours du tour, Yasmine est au plus haut, à 33 m. L'amplitude de l'oscillation vaut 15 m (le rayon), et sa période vaut 40 s (un tour) : ne confonds pas la hauteur de l'oscillation et sa durée.

Étape 3 — Poser l'équation. La hauteur de l'axe est 18 m. On cherche les instants t tels que h(t)=18, c'est-à-dire :

1815cos ⁣(π20t)=18cos ⁣(π20t)=0

On est ramené à une équation trigonométrique simple : cos(θ)=0, en posant θ=π20t.

Étape 4 — Résoudre sur le cercle. Les angles dont l'abscisse (le cosinus) est nulle sont ceux situés sur l'axe vertical : θ=π2 (en haut) et θ=3π2 (en bas), puis leurs répétitions tous les 2π. Pour le premier tour (0t40, soit 0θ2π), on garde θ=π2 et θ=3π2.

Étape 5 — Revenir au temps. On remonte de θ vers t par θ=π20t, donc t=20πθ. Pour θ=π2 : t=20π×π2=10 s. Pour θ=3π2 : t=20π×3π2=30 s. Yasmine passe donc à la hauteur de l'axe (18 m) aux instants t=10 s (en montant) et t=30 s (en descendant), puis tous les 40 s ensuite.

Conclusion. Une oscillation régulière que les fonctions du chapitre précédent ne pouvaient pas décrire est devenue une formule exacte : h(t)=1815cos(π20t). Le radian a transformé le temps en angle, le cosinus a décrit la montée et la descente, la périodicité a tout fait se répéter à chaque tour, et une simple équation trigonométrique a localisé les instants cherchés. En Terminale, tu dériveras cette fonction pour obtenir la vitesse de Yasmine à chaque instant ; en classes prépa, le même cosinus, écrit avec des nombres complexes, deviendra le langage de toutes les ondes — son, lumière, courant électrique. Le point qui tourne sur le cercle est le début de cette histoire.

À retenir

À RETENIR

Le radian mesure un angle par la longueur de l'arc intercepté sur le cercle de rayon 1 : un tour =360°=2π rad, donc 180°=π rad. On convertit en multipliant par π180 (degrés → radians) ou 180π (radians → degrés). Chaque réel a une image sur le cercle, et x, x+2π ont la même image.

À RETENIR

Pour le réel x d'image M sur le cercle : cosx est l'abscisse de M, sinx son ordonnée. Toujours 1cosx1 et 1sinx1, et cos2x+sin2x=1 (relation fondamentale, avec cos2x=(cosx)2).

À RETENIR

Valeurs à connaître par cœur : cos et sin de 0, π6, π4, π3, π2. Pour les autres angles, on se ramène à ces valeurs par les angles associés (x, πx, π+x), en surveillant le signe selon le quadrant.

À RETENIR

Les fonctions cos et sin sont définies sur R, périodiques de période 2π, à valeurs dans [1;1]. Le cosinus est pair, le sinus est impair. Ne pas confondre période (longueur horizontale, 2π) et amplitude (hauteur verticale, 1).

À RETENIR

Résoudre cosx=a ou sinx=a exige 1a1. On lit les solutions sur le cercle (droite verticale pour le cosinus, horizontale pour le sinus) : en général deux par tour, répétées tous les 2π (terme +2kπ).