Mécanique de Newton
Objectif BacTout le programme de Terminale à réviser.Vecteurs position, vitesse et accélération
Décrire un point en mouvement, c'est d'abord dire où il se trouve. Pour cela on choisit une origine et un repère, puis on note le vecteur qui va de l'origine au point . C'est le vecteur position. En le suivant dans le temps, on retrouve la trajectoire de la 2ⁿᵈᵉ — mais avec un outil bien plus puissant que la simple flèche vitesse.
Le vecteur position repère la position d'un point à un instant donné par rapport à l'origine du repère. Ses coordonnées s'expriment en mètres (m) et dépendent du temps quand le point bouge.
Quand le point se déplace d'un instant à un instant , son vecteur position change : il passe de à . Le déplacement pendant cette durée est le vecteur . En divisant ce déplacement par la durée, on obtient le vecteur vitesse.
Le vecteur vitesse d'un point traduit la variation de son vecteur position au cours du temps : Sa valeur s'exprime en mètres par seconde (m/s), sa direction est tangente à la trajectoire et son sens est celui du mouvement.
Tu reconnais le vecteur vitesse de la 2ⁿᵈᵉ : valeur, direction, sens, tangent à la trajectoire. La nouveauté, c'est qu'on le voit maintenant comme un taux de variation de la position : combien de mètres parcourus par seconde, et dans quelle direction. En classes préparatoires, faire tendre vers zéro transformera ce rapport en une dérivée, mais l'idée est déjà tout entière ici.
Exemple 1. Un mobile passe du point de coordonnées au point de coordonnées en . Son déplacement est , donc la valeur de sa vitesse vaut environ
Le vecteur accélération
Le vecteur vitesse peut lui-même changer : en valeur (le mobile accélère ou ralentit), en direction (il tourne), ou les deux à la fois. Mesurer comment le vecteur vitesse varie, c'est introduire le vecteur accélération — l'objet central de toute la mécanique de Newton.
Le vecteur accélération traduit la variation du vecteur vitesse au cours du temps : Sa valeur s'exprime en mètres par seconde au carré ().
Retiens l'idée maîtresse : l'accélération mesure toute variation du vecteur vitesse, qu'elle porte sur la valeur ou sur la direction. C'est pourquoi un mouvement circulaire uniforme — vitesse de valeur constante mais de direction qui tourne — possède malgré tout une accélération non nulle. Tu avais frôlé cette idée en 2ⁿᵈᵉ ; elle prend ici toute sa place.
Exemple 2. Sur une portion droite, la vitesse d'une voiture passe de à en , sans changer de direction. La valeur de son accélération vaut
Le vecteur position (en m) repère le point ; le vecteur vitesse (en m/s) mesure la variation de la position ; le vecteur accélération (en ) mesure la variation du vecteur vitesse, en valeur et/ou en direction.
Les trois lois de Newton
On sait décrire le mouvement. Reste à l'expliquer : qu'est-ce qui fait varier le vecteur vitesse d'un système ? La réponse de Newton tient en trois lois, valables dans un type particulier de référentiel, le référentiel galiléen — un référentiel dans lequel le principe d'inertie est vérifié. En Terminale, le référentiel terrestre est supposé galiléen pour les mouvements de courte durée, et le référentiel géocentrique (lié au centre de la Terre, orienté vers les étoiles) l'est pour étudier les satellites.
Loi. Première loi de Newton (principe d'inertie). Dans un référentiel galiléen, si la somme des forces appliquées à un système est nulle (), alors son centre de masse est soit immobile, soit animé d'un mouvement rectiligne uniforme — et réciproquement.
Autrement dit : sans force résultante, le vecteur vitesse ne change pas. Un objet n'a pas besoin de force pour garder sa vitesse, seulement pour la modifier. C'est exactement le contraire de l'intuition courante, qui croit qu'il faut « pousser » sans cesse pour avancer — alors qu'on ne pousse que pour vaincre les frottements.
Exemple 1. Sur un rail à coussin d'air horizontal, un palet glisse sans frottement à vitesse constante : poids et réaction du support se compensent, , le mouvement est rectiligne uniforme. Rien ne le pousse, et pourtant il avance.
La deuxième loi : le principe fondamental de la dynamique
Quand la somme des forces n'est pas nulle, le vecteur vitesse varie : il y a accélération. La deuxième loi quantifie ce lien.
Loi. Deuxième loi de Newton (principe fondamental de la dynamique). Dans un référentiel galiléen, la somme des forces appliquées à un système de masse est égale au produit de sa masse par le vecteur accélération de son centre de masse :
Cette relation est le cœur de tout le chapitre. Elle dit que a la même direction et le même sens que la résultante des forces, et que sa valeur lui est proportionnelle. Une grosse masse résiste davantage : à force égale, elle accélère moins. C'est de cette unique loi qu'on déduira la chute, le projectile, la particule chargée et le satellite.
Exemple 2. Une force résultante de valeur s'exerce sur un chariot de masse posé sur un sol sans frottement. La valeur de son accélération vaut dans la direction et le sens de la force.
La troisième loi : les actions réciproques
Loi. Troisième loi de Newton (actions réciproques). Si un corps exerce sur un corps une force , alors exerce simultanément sur une force telle que Ces deux forces ont même droite d'action, même valeur et des sens opposés.
Toute action s'accompagne d'une réaction. Quand tu marches, ton pied pousse le sol vers l'arrière ; le sol te pousse vers l'avant avec la même valeur. Attention : ces deux forces s'exercent sur des corps différents (l'une sur le sol, l'autre sur toi), elles ne se compensent donc jamais entre elles.
Exemple 3. La Terre attire le satellite Mohammed VI-A avec une force dirigée vers son centre ; le satellite attire la Terre avec une force de même valeur, de sens opposé, dirigée vers le satellite. La Terre, immensément plus massive, en est imperceptiblement affectée, mais la force est bien réciproque.
Dans un référentiel galiléen : sans force résultante, le mouvement est rectiligne uniforme (1ʳᵉ loi) ; sinon (2ᵉ loi) ; toute force s'accompagne d'une force opposée sur l'autre corps, (3ᵉ loi).
Mouvement dans un champ de pesanteur uniforme
Premier grand cas d'application : un objet lancé près du sol, soumis à son seul poids (on néglige l'air). Le poids vaut , où est le champ de pesanteur, vertical, dirigé vers le bas, de valeur près de la surface terrestre.
Un système soumis à son seul poids possède, dans un référentiel galiléen, une accélération égale au champ de pesanteur : Cette accélération est indépendante de la masse du système.
Ce résultat est spectaculaire : la masse disparaît. Une bille de plomb et une bille de liège, lâchées sans air, tombent exactement de la même façon. C'est la chute libre, et c'est aussi pourquoi Galilée pouvait prédire la chute sans connaître la masse.
Exemple 1. Yasmine lâche une pierre du haut d'une falaise à Legzira, sans vitesse initiale. En chute libre verticale, sa vitesse au bout de vaut , et elle a parcouru .
Le mouvement de projectile et sa trajectoire parabolique
Si l'objet est lancé avec une vitesse initiale qui n'est pas verticale, le mouvement se décompose dans un repère . Comme est purement vertical, l'accélération est nulle selon l'horizontale et vaut selon la verticale (axe vers le haut). On en tire les équations horaires, avec un lancer depuis l'origine à la vitesse faisant un angle avec l'horizontale : En éliminant le temps, s'écrit comme un polynôme du second degré en : la trajectoire est une parabole.
Exemple 2. Yasmine tire un ballon de basket à sous un angle . Sa vitesse horizontale reste constante : , tandis que sa vitesse verticale, d'abord , diminue, s'annule au sommet, puis change de sens. C'est la composante horizontale constante qui donne la portée, la verticale qui donne la hauteur.
Le piège de la masse
Salma croit qu'« un objet lourd tombe plus vite ». En chute libre (air négligé), c'est faux : ne dépend pas de la masse. Le malentendu vient de l'air, qui freine d'autant plus une plume qu'elle est légère et étalée. Dans le vide — dans un tube où l'on a fait le vide, ou sur la Lune — plume et marteau tombent ensemble. C'est exactement l'expérience réalisée par les astronautes d'Apollo 15.
Soumis à son seul poids, un système a une accélération , indépendante de sa masse. La chute libre est verticale ; un projectile lancé obliquement décrit une parabole, avec une vitesse horizontale constante et une vitesse verticale qui varie.
Mouvement dans un champ électrique uniforme
Le deuxième grand cas remplace le poids par une force électrique. Entre les deux armatures parallèles d'un condensateur plan, soumises à une tension et séparées d'une distance , règne un champ électrique uniforme de valeur (en volts par mètre, ), dirigé de l'armature positive vers l'armature négative.
Loi. Une particule de charge placée dans un champ électrique subit la force électrique Si la charge est positive, a le même sens que ; si elle est négative, a le sens opposé à .
En appliquant la deuxième loi de Newton à la particule (de masse , son poids étant le plus souvent négligeable devant la force électrique), on obtient son accélération.
Dans un champ électrique uniforme, une particule chargée a une accélération constante exactement comme un projectile dans le champ de pesanteur a .
L'analogie est totale. Si la particule entre dans le condensateur avec une vitesse perpendiculaire au champ, sa trajectoire est une parabole, comme le ballon de Yasmine — seul est remplacé par .
Exemple 1. Entre deux armatures distantes de et soumises à , le champ vaut
Exemple 2. Un électron, de charge et de masse , placé dans ce champ subit une force de valeur . Son accélération a pour valeur colossale, et dirigée vers l'armature positive puisque l'électron est négatif.
Le rôle du signe de la charge
La direction de la force est celle du champ, mais son sens dépend du signe de . Un proton () est dévié dans le sens de ; un électron (), dans le sens contraire. C'est précisément ce qui permet, dans un spectromètre de masse ou un tube à rayons, de trier les particules selon le signe de leur charge. Karim affirme qu'« une particule va toujours vers la plaque négative » : c'est vrai pour une charge positive, faux pour une charge négative, qui remonte vers la plaque positive.
Dans un condensateur plan, et la force sur une charge vaut . L'accélération est constante : avec une vitesse initiale perpendiculaire, la trajectoire est une parabole, analogue électrique de la chute. Le sens de la déviation dépend du signe de .
Mouvement des satellites et des planètes
Troisième cas, et le plus vaste : le mouvement des astres. Deux corps de masses et séparés d'une distance s'attirent mutuellement. C'est la gravitation universelle de Newton.
Loi. Deux corps ponctuels de masses et distants de exercent l'un sur l'autre une force d'attraction gravitationnelle dirigée selon la droite qui les joint, de valeur où est la constante de gravitation universelle.
Pour un satellite de masse en orbite autour de la Terre de masse , cette force est dirigée vers le centre de la Terre : c'est une force centripète. Un satellite n'échappe pas à la gravitation : il est au contraire en chute libre permanente autour de la Terre. La gravitation l'attire bien sans cesse vers le centre — il « tombe » en continu — mais sa vitesse tangentielle est telle que la Terre se dérobe à mesure : le satellite la « manque » indéfiniment et incurve ainsi sa trajectoire pour rester en orbite, au lieu de s'écraser au sol.
Un satellite soumis à la seule force gravitationnelle sur une orbite circulaire de rayon a un mouvement circulaire uniforme : la valeur de sa vitesse est constante, mais le vecteur vitesse change sans cesse de direction. Cette vitesse vaut
Remarque la cohérence avec la leçon 1 : le mouvement est uniforme (valeur de constante), pourtant l'accélération n'est pas nulle, car le vecteur vitesse tourne. Cette accélération, dirigée vers le centre, est exactement fournie par la force gravitationnelle. Et là encore, la masse du satellite disparaît du résultat : un gros et un petit satellite à la même altitude vont à la même vitesse.
Établir l'expression de la vitesse orbitale
Ce résultat ne s'admet pas : il se démontre à partir de la deuxième loi de Newton. Prends pour système le satellite (masse ) dans le référentiel géocentrique supposé galiléen. À l'altitude considérée, la seule force appliquée est l'attraction gravitationnelle, , dirigée vers le centre de la Terre.
Cette force est radiale : elle est perpendiculaire à la vitesse et n'a donc aucune composante le long de la trajectoire. La valeur de la vitesse ne peut pas varier : le mouvement est uniforme. Or, pour un mouvement circulaire uniforme de rayon , l'accélération est centripète (dirigée vers le centre) et sa valeur vaut .
Projetons alors la deuxième loi sur l'axe orienté vers le centre, où la force et l'accélération pointent toutes deux : La masse du satellite se simplifie des deux côtés, ainsi qu'un facteur : La vitesse orbitale ne dépend donc que de la masse de l'astre central et du rayon de l'orbite, jamais de la masse du satellite.
Exemple 1. Le satellite Mohammed VI-A orbite à environ d'altitude, soit un rayon . Avec , sa vitesse vaut soit environ ou .
La troisième loi de Kepler
Le rayon de l'orbite et la durée d'un tour complet, la période , sont liés. En écrivant que la durée d'un tour est et en y injectant , on obtient la troisième loi de Kepler.
Loi. Troisième loi de Kepler. Pour tout satellite en orbite circulaire autour d'un même astre de masse , le rapport du carré de la période au cube du rayon est une constante :
Ce rapport ne dépend que de l'astre central, pas du satellite. C'est lui qui permet de placer un satellite en orbite géostationnaire : pour qu'il reste à la verticale d'un même point du Maroc, il faut , ce qui impose un rayon précis d'environ .
Exemple 2. Pour le satellite Mohammed VI-A, la période vaut Il boucle donc un tour de la Terre en moins de deux heures, ce qui lui permet de survoler le Maroc plusieurs fois par jour.
La force gravitationnelle est centripète. Sur une orbite circulaire, le mouvement est circulaire uniforme, (indépendant de la masse du satellite), et (3ᵉ loi de Kepler).
Aspects énergétiques du mouvement
La deuxième loi décrit le mouvement instant par instant. Une autre approche, souvent plus rapide, raisonne sur l'énergie : on relie l'état de départ à l'état d'arrivée sans suivre tout le trajet. La première brique est le travail d'une force.
Le travail d'une force constante dont le point d'application se déplace de à est où est l'angle entre et le déplacement . Le travail s'exprime en joules (J).
Le travail est moteur si (la force aide au mouvement, ), résistant si (elle s'y oppose, ), et nul si — c'est pourquoi la force gravitationnelle, perpendiculaire à la vitesse sur une orbite circulaire, ne travaille pas et la vitesse y reste constante.
L'énergie cinétique d'un système de masse animé d'une vitesse de valeur est
Ces deux grandeurs sont reliées par un théorème central, qui découle directement de la deuxième loi de Newton.
Théorème de l'énergie cinétique. Dans un référentiel galiléen, la variation de l'énergie cinétique d'un système entre deux instants est égale à la somme des travaux de toutes les forces qui s'exercent sur lui :
Exemple 1. Yasmine lâche une pierre de masse d'une hauteur . Seul le poids travaille, . D'après le théorème, , d'où — cohérent avec le calcul cinématique précédent.
Énergie potentielle et énergie mécanique
Le travail du poids, , peut se voir comme la libération d'une énergie « en réserve » liée à l'altitude : l'énergie potentielle de pesanteur.
L'énergie potentielle de pesanteur d'un système de masse situé à l'altitude (axe vertical vers le haut, origine choisie librement) est L'énergie mécanique est la somme .
En l'absence de frottements (forces non conservatives), l'énergie mécanique d'un système se conserve : . L'énergie cinétique et l'énergie potentielle s'échangent l'une en l'autre sans perte.
Exemple 2. Karim glisse sur un toboggan de hauteur à Mehdia Plage, parti sans vitesse, frottements négligés. Toute l'énergie potentielle se convertit en énergie cinétique : , donc La masse n'intervient pas : Karim et son petit frère arrivent en bas à la même vitesse. Avec frottements, une partie de serait dissipée en chaleur, et la vitesse finale serait moindre.
Le travail est moteur (), résistant () ou nul (). Théorème de l'énergie cinétique : . Sans frottements, l'énergie mécanique se conserve, avec et .
Pièges classiques
1. Croire qu'une force est nécessaire pour entretenir un mouvement. D'après la première loi, sans force résultante le mouvement est rectiligne uniforme : il faut une force pour changer la vitesse, pas pour la maintenir. On ne pousse une voiture que pour vaincre les frottements, pas pour « entretenir » sa vitesse sur le plat.
2. Confondre « vitesse constante » et « vecteur vitesse constant ». Dans un mouvement circulaire uniforme (satellite, planète), la valeur de la vitesse est constante mais le vecteur vitesse change de direction. L'accélération n'est donc pas nulle, et une force (centripète) agit en permanence.
3. Oublier de préciser le référentiel galiléen. Les trois lois de Newton ne sont valables que dans un référentiel galiléen. En Terminale, on prend le référentiel terrestre (mouvements courts) ou géocentrique (satellites). Hors d'un tel référentiel, ne s'applique pas tel quel.
4. Penser qu'un objet lourd tombe plus vite. En chute libre (air négligé), ne dépend pas de la masse : tous les corps tombent identiquement. C'est l'air, et non la pesanteur, qui ralentit davantage une plume qu'une bille.
5. Se tromper de sens pour la force électrique. : une charge positive est poussée dans le sens de , une charge négative dans le sens opposé. Ne suppose jamais que « toute particule va vers la plaque négative » — cela ne vaut que pour les charges positives.
6. Faire travailler une force perpendiculaire au mouvement. Une force perpendiculaire au déplacement a un travail nul (). C'est le cas de la force gravitationnelle sur une orbite circulaire : elle ne modifie pas la valeur de la vitesse, seulement sa direction.
Application concrète
Karim suit, depuis l'observatoire de l'Oukaïmeden, le satellite marocain d'observation Mohammed VI-A. Il veut tout retrouver par le calcul : à quelle vitesse va-t-il, en combien de temps boucle-t-il un tour, et quelle énergie cinétique met en jeu cet engin de ? Il mobilise pour cela presque toutes les leçons du chapitre. On prendra , , (SI), et une altitude .
Étape 1 — Choisir le système et le référentiel. Karim prend pour système le satellite (assimilé à un point matériel de masse ) et pour référentiel le référentiel géocentrique, supposé galiléen, indispensable pour appliquer les lois de Newton à un mouvement autour de la Terre. Le rayon de l'orbite vaut .
Étape 2 — Identifier la force et appliquer la 2ᵉ loi. À cette altitude, la seule force notable est l'attraction gravitationnelle, , dirigée vers le centre de la Terre. Elle est centripète : d'après la deuxième loi de Newton, elle impose une accélération vers le centre, donc une trajectoire incurvée. Comme la force est perpendiculaire à la vitesse, elle ne travaille pas : le mouvement est circulaire uniforme.
Étape 3 — Calculer la vitesse orbitale. En égalant la force gravitationnelle à et en exploitant le caractère circulaire, Karim retrouve : Le satellite file à environ , soit près de . Karim note que cette vitesse ne dépend pas de la masse du satellite — seulement de l'altitude.
Étape 4 — En déduire la période et vérifier Kepler. La période est . Karim contrôle avec la troisième loi de Kepler : doit valoir , ce que ses valeurs confirment. Le satellite repasse donc au-dessus du Maroc plusieurs fois par jour.
Étape 5 — Estimer l'énergie cinétique. Enfin, Karim calcule l'énergie cinétique de l'engin : Une trentaine de milliards de joules : l'équivalent énergétique de plusieurs tonnes de TNT, mobilisé une fois pour toutes lors de la mise en orbite et conservé ensuite, faute de frottements à cette altitude.
Conclusion. En cinq étapes, Karim a entièrement caractérisé le mouvement du satellite : référentiel galiléen, force gravitationnelle centripète, deuxième loi, vitesse orbitale, période, contrôle par Kepler et bilan énergétique. La même mécanique de Newton décrivait, en début de chapitre, le ballon de Yasmine retombant en deux secondes. Un projectile qui retombe et un satellite qui ne retombe jamais : une seule loi, . En classes préparatoires, tu démontreras les lois de Kepler à partir de cette unique relation, et tu manieras position, vitesse et accélération comme des vecteurs reliés par dérivation — le prolongement direct de ce que tu viens de faire.
À retenir
Le vecteur vitesse mesure la variation de la position ; le vecteur accélération mesure la variation du vecteur vitesse, en valeur et/ou en direction.
Les trois lois de Newton valent dans un référentiel galiléen : sans force résultante, mouvement rectiligne uniforme (1ʳᵉ) ; (2ᵉ) ; (3ᵉ).
Soumis à son seul poids, un système a , indépendant de la masse : trajectoire parabolique pour un projectile. Dans un champ électrique uniforme, , par analogie exacte avec la pesanteur.
Pour un satellite, la force gravitationnelle est centripète ; le mouvement circulaire est uniforme, , et (3ᵉ loi de Kepler).
Travail ; théorème de l'énergie cinétique avec ; sans frottements, l'énergie mécanique () se conserve.