Physique-Chimie · 1ʳᵉ · Ondes mécaniques

Ondes mécaniques

Objectif examen régionalLe programme de 1ʳᵉ année Bac à réviser.

Qu'est-ce qu'une onde mécanique ?

Lance un caillou dans le bassin d'un riad : une ride circulaire s'élargit à la surface. Pince une corde de guitare : une bosse court le long de la corde. Crie dans une ruelle : ta voix atteint le mur d'en face. Dans chaque cas, quelque chose a été perturbé localement, puis cette perturbation s'est propagée de proche en proche, sans que le milieu lui-même ne soit emporté. Le bouchon du pêcheur d'Essaouira le prouve : la vague avance, mais l'eau, elle, ne fait que monter et redescendre sur place.

DÉFINITION

Une onde mécanique est la propagation d'une perturbation dans un milieu matériel (corde, ressort, eau, air…), qui se transmet de proche en proche sans transport de matière. L'onde transporte de l'énergie, pas de la matière.

C'est le point capital, et le plus contre-intuitif : le milieu transmet le mouvement à son voisin, qui le transmet au sien, etc. — mais chaque morceau de milieu revient à sa place après le passage de l'onde. Une onde mécanique a besoin d'un support matériel : dans le vide, privée de matière à perturber, elle ne peut pas exister. C'est pourquoi, dans l'espace, aucun son ne se propage.

Ce que l'onde transporte : de l'énergie

Quand la houle d'Essaouira fait osciller le bouchon du pêcheur, c'est de l'énergie qui lui est transmise — assez, parfois, pour soulever un nageur ou éroder une falaise. Mais l'eau du large n'est pas venue jusqu'au rivage : seule l'énergie a voyagé. Retiens cette dissociation : l'énergie se déplace, la matière oscille sur place.

Exemple 1. Tu secoues une fois l'extrémité d'une longue corde tendue : une bosse (une onde) part vers l'autre bout. Si tu colles un ruban rouge sur la corde, tu le vois se soulever quand la bosse passe, puis redescendre exactement à sa place. Le ruban ne voyage pas avec la bosse ; il a seulement reçu, le temps d'un instant, l'énergie de l'onde.

Ondes transversales et ondes longitudinales

Selon la direction dans laquelle le milieu est perturbé par rapport à la direction de propagation, on distingue deux familles.

DÉFINITION

Une onde est transversale lorsque la perturbation du milieu est perpendiculaire à la direction de propagation. Elle est longitudinale lorsque la perturbation est parallèle (dans la même direction) à la propagation.

La corde de guitare et la ride à la surface de l'eau sont transversales : la corde se déplace de haut en bas tandis que l'onde court horizontalement. Un ressort qu'on comprime brusquement d'un coup sec dans son axe produit une onde longitudinale : les spires se resserrent puis se desserrent dans la direction même où l'onde avance. Le son, tu le verras, est longitudinal.

Onde transversale et onde longitudinale Deux schémas côte à côte. À gauche, une onde transversale : une corde horizontale présentant une bosse, avec une flèche terracotta de sens de propagation vers la droite, et un point de la corde marqué d'une double-flèche verticale joy-mint montrant qu'il oscille perpendiculairement à la propagation. À droite, une onde longitudinale : un ressort horizontal avec une zone de spires resserrées (compression), une flèche terracotta de propagation vers la droite, et une spire marquée d'une double-flèche horizontale joy-mint montrant qu'elle oscille parallèlement à la propagation. La perturbation est perpendiculaire à la propagation pour l'onde transversale, parallèle pour l'onde longitudinale. onde transversale sens de propagation le point oscille perpendiculairement onde longitudinale compression sens de propagation le point oscille parallèlement transversale = perpendiculaire ; longitudinale = parallèle
Onde transversale et onde longitudinale

Exemple 2. Sur le ressort horizontal, on resserre brusquement quelques spires à une extrémité : la zone de compression file vers l'autre bout. Une spire donnée, repérée d'un trait de feutre, avance puis recule dans l'axe du ressort, mais revient à sa position initiale : c'est bien une onde longitudinale, sans transport de matière.

Le piège de Salma : croire que l'onde emporte la matière

Salma regarde les vagues d'Essaouira foncer vers la plage et conclut : « l'eau du large arrive jusqu'au sable ». Faux. Si c'était vrai, le bouchon du pêcheur partirait avec la vague — or il reste sur place et ne fait que monter et descendre. Ce qui se déplace vers le rivage, c'est la perturbation (la forme de la vague) et l'énergie qu'elle porte, pas l'eau elle-même. Demande-toi toujours : « est-ce qu'un point du milieu voyage avec l'onde, ou revient-il à sa place ? » Il revient à sa place : pas de transport de matière.

À RETENIR

Une onde mécanique propage une perturbation dans un milieu matériel, de proche en proche, sans transport de matière : elle transporte de l'énergie. Elle est transversale (perturbation perpendiculaire à la propagation) ou longitudinale (perturbation parallèle).

Célérité et retard

L'onde ne se propage pas instantanément : il lui faut un certain temps pour parcourir une certaine distance. La vitesse de propagation d'une onde porte un nom spécifique — la célérité — pour la distinguer de la vitesse d'un objet matériel, car ici rien de matériel ne voyage.

DÉFINITION

La célérité v d'une onde est la vitesse à laquelle la perturbation se propage dans le milieu. Si l'onde parcourt une distance d pendant une durée Δt, alors v=dΔt, avec d en mètres (m), Δt en secondes (s) et v en mètres par seconde (m/s). La célérité dépend du milieu (et de ses propriétés : nature, température…), pas de la source.

C'est une propriété du milieu : le son va plus vite dans l'eau (1500 m/s) que dans l'air (340 m/s), et plus vite encore dans l'acier. Crier plus fort ne fait pas voyager le son plus vite : l'intensité change, pas la célérité.

Exemple 1. Karim mesure qu'une onde met Δt=0,50 s pour parcourir une corde de d=12 m. Sa célérité vaut v=dΔt=120,50=24 m/s.

Le retard d'un point par rapport à un autre

Comme l'onde se propage à vitesse finie, un point B situé plus loin que A reproduit le mouvement de A avec un décalage dans le temps : il « refait » plus tard ce que A a fait. Ce décalage s'appelle le retard.

DÉFINITION

Un point B atteint après un point A reproduit le mouvement de A avec un retard τ (tau). Si d est la distance AB le long de la propagation et v la célérité, alors τ=dv, avec d en mètres, v en m/s et τ en secondes.

Exemple 2. Le son d'un tambour se propage dans l'air à v=340 m/s. Salma est à d=170 m du joueur. Elle entend chaque coup avec un retard τ=dv=170340=0,50 s par rapport à l'instant où le coup est frappé. Le tambour bat en rythme là-bas ; elle l'entend en rythme ici, mais une demi-seconde après.

Exploiter le retard pour mesurer une distance

La relation τ=dv se retourne en d=v×τ : si tu connais la célérité et que tu mesures le retard, tu en déduis la distance. C'est le principe de l'écho, du sonar et du radar (que tu reverras en terminale).

Exemple 3. Karim lance un cri vers une falaise et entend son écho revenir τ=1,2 s plus tard. Le son a fait l'aller-retour, soit dtotal=v×τ=340×1,2=408 m. La falaise est donc à la moitié : d=4082=204 m.

Écho : mesurer une distance avec le temps d'un aller-retour du son À gauche, la silhouette de Karim lance un cri vers une falaise située à droite, séparée d'une distance d. Une flèche terracotta figure le trajet aller du son vers la falaise, une flèche joy-mint figure le trajet retour de l'écho vers Karim. Le son parcourt ainsi deux fois la distance d, soit 2d, pendant la durée tau du retard. On en déduit la distance par la formule d égale v multiplié par tau divisé par deux. Karim falaise aller retour (écho) d le son parcourt 2d en un temps τ d = v × τ / 2
Écho : mesurer une distance avec le temps d'un aller-retour du son

Le piège de Karim : confondre célérité de l'onde et vitesse d'un point du milieu

Karim mesure que la bosse de sa corde avance à 24 m/s et en conclut : « donc chaque point de la corde se déplace à 24 m/s ». Faux, et c'est une confusion fréquente. La célérité v est la vitesse à laquelle la perturbation progresse le long de la corde. Mais un point de la corde, lui, ne se déplace pas dans cette direction : il oscille seulement de haut en bas (onde transversale), à sa propre vitesse, qui n'a rien à voir avec 24 m/s. Ne mélange jamais la vitesse de l'onde (qui voyage) et la vitesse d'un point du milieu (qui oscille sur place).

À RETENIR

La célérité v=dΔt (en m/s) est la vitesse de propagation de l'onde ; elle dépend du milieu. Un point B reproduit le mouvement d'un point A avec un retard τ=dv. On exploite ce retard pour mesurer une distance : d=v×τ.

Ondes périodiques et longueur d'onde

Jusqu'ici, une seule perturbation (une bosse, un coup). Mais si la source répète son geste régulièrement — le pêcheur qui agite l'eau à intervalles égaux, un haut-parleur qui vibre —, l'onde devient périodique : le même motif se reproduit identique à lui-même, dans le temps et dans l'espace.

DÉFINITION

Une onde est périodique lorsque la perturbation se reproduit identique à elle-même à intervalles de temps égaux. La durée d'un motif complet est la période T (en secondes). Le nombre de motifs par seconde est la fréquence f=1T, avec T en secondes (s) et f en hertz (Hz). 1 Hz correspond à un motif par seconde.

Exemple 1. Un vibreur frappe la surface de l'eau 50 fois par seconde : sa fréquence est f=50 Hz, et sa période T=1f=150=0,020 s=20 ms.

La double périodicité : période dans le temps, longueur d'onde dans l'espace

Une onde périodique se répète de deux manières. Si tu fixes ton regard sur un seul point du milieu et que tu regardes le temps passer, son mouvement se répète toutes les périodes T : c'est la périodicité temporelle. Si au contraire tu prends une « photo » de tout le milieu à un instant donné, tu vois un motif spatial qui se répète à intervalles de distance égaux : c'est la périodicité spatiale, et cet intervalle s'appelle la longueur d'onde.

DÉFINITION

La longueur d'onde λ (lambda) est la distance parcourue par l'onde pendant une période T ; c'est aussi la plus petite distance séparant deux points du milieu qui oscillent en phase (de la même façon au même instant). Elle s'exprime en mètres (m).

Relation fondamentale. Pendant une période T, l'onde avance à la célérité v d'une distance égale à λ. Donc λ=v×T=vf.

C'est l'une des relations les plus utilisées de toute la physique des ondes. Vérifie toujours tes unités : λ en mètres, v en m/s, T en secondes, f en hertz.

Exemple 2. Une onde se propage à v=340 m/s avec une fréquence f=170 Hz. Sa longueur d'onde vaut λ=vf=340170=2,0 m. Deux points distants de 2,0 m le long de la propagation oscillent en phase.

Longueur d'onde dans l'espace et période dans le temps À gauche, une onde périodique vue dans l'espace à un instant donné : une sinusoïde horizontale tracée en terracotta le long d'un axe des distances. La distance entre deux crêtes successives est repérée par une double-flèche étiquetée lambda, la longueur d'onde. À droite, un encart séparé montre l'oscillation d'un seul point du milieu en fonction du temps : une sinusoïde joy-mint le long d'un axe du temps, avec la durée entre deux maxima successifs repérée et étiquetée T, la période. C'est la même onde lue de deux façons : dans l'espace par la longueur d'onde, dans le temps par la période. dans l'espace (une photo) x (m) λ (longueur d'onde) dans le temps (un point) temps t (s) T (période) même onde, deux lectures : dans l'espace (λ), dans le temps (T)
Longueur d'onde dans l'espace et période dans le temps

Le piège de Karim : confondre période T et longueur d'onde λ

Karim écrit « la longueur d'onde, c'est la durée d'une oscillation ». Faux : il confond les deux périodicités. La période T se mesure en secondes : c'est une durée (périodicité dans le temps). La longueur d'onde λ se mesure en mètres : c'est une distance (périodicité dans l'espace). Les deux sont reliées par la célérité, λ=v×T, mais ce ne sont pas la même grandeur — l'une est un temps, l'autre une longueur. Regarde toujours l'unité : des secondes → période ; des mètres → longueur d'onde.

À RETENIR

Une onde périodique a une période T (en s) et une fréquence f=1T (en Hz). Elle présente une double périodicité : temporelle (T) et spatiale (λ). La longueur d'onde λ=v×T=vf est la distance parcourue en une période.

Les ondes sonores

Reviens à l'écho de Karim et au tambour de Salma. Le son est l'exemple d'onde mécanique le plus présent dans ta vie. Une source sonore (corde vocale, peau de tambour, membrane de haut-parleur) vibre et pousse l'air voisin : elle crée des zones où l'air est comprimé (surpression) suivies de zones où il est dilaté (dépression). Ces zones se propagent de proche en proche : c'est l'onde sonore.

DÉFINITION

Une onde sonore est une onde mécanique longitudinale de compression-dilatation d'un milieu matériel (l'air, le plus souvent). L'air oscille dans la même direction que la propagation. Dans le vide, faute de matière, le son ne se propage pas.

Dans l'air, à température ordinaire, la célérité du son vaut environ v340 m/s. C'est environ un million de fois plus lent que la lumière — d'où l'éclair vu bien avant le tonnerre entendu.

Hauteur, fréquence et domaine audible

Ce qui distingue un son grave d'un son aigu, c'est sa fréquence : on parle de la hauteur du son. Plus la fréquence est grande, plus le son est aigu.

DÉFINITION

La hauteur d'un son est liée à sa fréquence f : un son grave a une fréquence faible, un son aigu une fréquence élevée. L'oreille humaine ne perçoit que les fréquences du domaine audible, entre environ 20 Hz et 20 kHz (20000 Hz).

DÉFINITION

En dessous de 20 Hz, on parle d'infrasons ; au-dessus de 20 kHz, d'ultrasons. Ni les uns ni les autres ne sont audibles par l'humain, mais ils existent bel et bien (certains animaux les perçoivent, et les ultrasons servent à l'échographie médicale).

Ne confonds pas la hauteur (liée à la fréquence : grave/aigu) avec l'intensité (liée à l'amplitude : fort/faible, mesurée par le niveau d'intensité sonore en décibels, dB). Un son peut être grave et fort, ou aigu et faible : ce sont deux propriétés indépendantes.

Exemple 1. Un diapason de référence vibre à f=440 Hz (le « la »). Dans l'air à v=340 m/s, la longueur d'onde de ce son vaut λ=vf=3404400,77 m. La fréquence 440 Hz est bien dans le domaine audible : on l'entend.

Exemple 2. Une chauve-souris émet des ultrasons à f=50 kHz=50000 Hz. C'est au-dessus de 20 kHz : l'oreille humaine ne les perçoit pas, mais ils permettent à l'animal de « voir » par écho dans l'obscurité.

Le piège de Karim : croire que le son va aussi vite que la lumière

Karim, voyant l'éclair et entendant le tonnerre presque comme un seul événement quand l'orage est tout proche, en conclut que « le son et la lumière arrivent en même temps ». Faux dès que l'orage s'éloigne. La lumière voyage à environ 300000 km/s : pour les distances terrestres, on la perçoit instantanément. Le son, lui, ne fait que 340 m/s, soit près d'un million de fois plus lent. Voilà pourquoi tu vois l'éclair d'abord, puis tu entends le tonnerre quelques secondes après. Ce décalage est même une mesure : il te permet d'estimer la distance de l'orage.

À RETENIR

Le son est une onde mécanique longitudinale de compression-dilatation, de célérité 340 m/s dans l'air, impossible dans le vide. Sa hauteur dépend de sa fréquence (grave = faible, aigu = élevée). Le domaine audible s'étend de 20 Hz à 20 kHz ; en dessous, infrasons ; au-dessus, ultrasons.

Pièges classiques

1. Croire que l'onde transporte de la matière. Une onde mécanique propage une perturbation et de l'énergie, jamais la matière du milieu. Le bouchon du pêcheur d'Essaouira monte et redescend sur place pendant que la vague file vers le rivage : chaque point du milieu revient à sa position après le passage de l'onde.

2. Confondre la célérité de l'onde et la vitesse d'un point du milieu. La célérité v est la vitesse à laquelle la perturbation se propage. Un point du milieu, lui, oscille sur place (perpendiculairement à la propagation pour une onde transversale) à une tout autre vitesse. Une corde dont l'onde file à 24 m/s ne voit aucun de ses points se déplacer à 24 m/s dans le sens de propagation.

3. Confondre période T et longueur d'onde λ. La période T est une durée (en secondes, périodicité temporelle) ; la longueur d'onde λ est une distance (en mètres, périodicité spatiale). Elles sont reliées par λ=v×T, mais ne se mesurent pas dans la même unité. Une grandeur en secondes ne peut pas être une longueur d'onde.

4. Oublier la cohérence d'unités dans f=1T et λ=vf. Avant de calculer, ramène tout au système international : T en secondes (pas en ms), v en m/s, f en Hz, λ en mètres. Une période donnée en millisecondes doit être convertie (20 ms=0,020 s) avant d'appliquer f=1/T, sinon la fréquence est fausse d'un facteur 1000.

5. Croire que le son va aussi vite que la lumière (éclair et tonnerre). La lumière (environ 300000 km/s) est perçue quasi instantanément ; le son ne fait que 340 m/s. On voit toujours l'éclair avant d'entendre le tonnerre. Le délai entre les deux mesure la distance de l'orage.

6. Confondre fréquence (hauteur) et amplitude (intensité). La fréquence détermine la hauteur du son (grave ou aigu) ; l'amplitude détermine son intensité (fort ou faible, en décibels). Augmenter le volume ne rend pas un son plus aigu, et jouer une note aiguë ne la rend pas plus forte : ce sont deux propriétés indépendantes.

Application concrète

Un soir d'été, Karim observe un orage au-dessus de l'Atlas depuis une terrasse de Marrakech. Il voit un éclair, puis compte les secondes avant d'entendre le tonnerre : il arrête son chronomètre à Δt=6,0 s. Il veut savoir à quelle distance l'orage a frappé. On prend la célérité du son dans l'air v=340 m/s.

Étape 1 — Comprendre les deux signaux. L'éclair émet de la lumière, le coup de foudre émet un son (le tonnerre), tous deux partis du même point au même instant. La lumière voyage à environ 300000 km/s : pour quelques kilomètres, Karim la perçoit instantanément. Le son, bien plus lent, arrive en retard. Le délai mesuré, Δt=6,0 s, est donc (à très peu près) le temps mis par le son seul pour parcourir la distance Karim–orage.

Étape 2 — Choisir la bonne relation. La distance parcourue par le son à célérité constante pendant la durée Δt se calcule avec v=dΔt, que l'on retourne en d=v×Δt.

Étape 3 — Calculer la distance. En remplaçant : d=v×Δt=340×6,0=2040 m2,0 km. L'orage a frappé à environ 2 km de la terrasse.

Estimer la distance d'un orage par le délai éclair–tonnerre Depuis une terrasse de Marrakech, Karim tient un chronomètre affichant 6,0 secondes. Au loin, à droite, un nuage d'orage surplombe les montagnes de l'Atlas et émet un éclair. Deux trajets relient l'éclair à Karim : un trait jaune représentant la lumière, perçue instantanément, et un trait terracotta ondulé représentant le son, qui voyage à 340 mètres par seconde. La distance d entre Karim et l'orage se calcule par d égale v multiplié par delta t, soit 340 multiplié par 6,0, égale 2040 mètres. terrasse à Marrakech orage sur l'Atlas 6,0 s Karim lumière : instantanée son : 340 m/s d d = v × Δt = 340 × 6,0 = 2040 m
Estimer la distance d'un orage par le délai éclair–tonnerre

Étape 4 — La règle pratique. Comme v340 m/s, le son parcourt environ 340 m par seconde, soit à peu près 1 km toutes les 3 s. D'où la règle de terrain : divise par 3 le nombre de secondes entre l'éclair et le tonnerre pour obtenir la distance en kilomètres. Ici, 6,0÷3=2,0 km : on retrouve bien le résultat exact, sans calculatrice.

Conclusion. Identifier deux signaux partis ensemble, exploiter que la lumière est quasi instantanée et que le son est lent, puis appliquer d=v×Δt : c'est exactement le raisonnement du retard de ce chapitre, appliqué à un orage. La même idée — mesurer un temps de propagation pour en déduire une distance — fonde le sonar, le radar et l'échographie. En terminale, tu retrouveras ces ondes, mais aussi leurs cousines électromagnétiques (dont la lumière de l'éclair), et tu comprendras pourquoi celles-là, contrairement au son, n'ont besoin d'aucun milieu pour voyager.

À retenir

À RETENIR

Une onde mécanique propage une perturbation dans un milieu matériel, sans transport de matière : elle transporte de l'énergie. Elle est transversale (perturbation perpendiculaire à la propagation) ou longitudinale (parallèle).

À RETENIR

La célérité v=dΔt (en m/s) est la vitesse de propagation, propre au milieu. Un point B reproduit le mouvement de A avec un retard τ=dv, ce qui permet de mesurer une distance (d=v×τ).

À RETENIR

Une onde périodique a une période T (s) et une fréquence f=1T (Hz). Sa double périodicité relie le temps (T) et l'espace par la longueur d'onde λ=v×T=vf (m).

À RETENIR

Le son est une onde longitudinale de compression-dilatation, de célérité 340 m/s dans l'air et impossible dans le vide. Sa hauteur dépend de sa fréquence ; le domaine audible va de 20 Hz à 20 kHz (infrasons en dessous, ultrasons au-dessus).