Physique-Chimie · 1ʳᵉ · Aspects énergétiques des phénomènes mécaniques

Aspects énergétiques des phénomènes mécaniques

Objectif examen régionalLe programme de 1ʳᵉ année Bac à réviser.

Travail d'une force

Au chapitre précédent, tu as appris à modéliser une action par une force. Mais une force qui s'exerce sans que rien ne bouge ne « produit » rien d'énergétique : tu peux pousser un mur de toutes tes forces pendant une heure, le mur ne reçoit aucune énergie. Ce qui compte, énergétiquement, c'est que le point d'application de la force se déplace. La grandeur qui mesure cet effet — l'énergie qu'une force transfère à un système au cours d'un déplacement — s'appelle le travail de la force.

DÉFINITION

Le travail d'une force constante F dont le point d'application se déplace de A vers B est le produit scalaire WAB(F)=FAB=F×AB×cosα,F est la valeur de la force (en N), AB la longueur du déplacement (en m) et α l'angle entre la force F et le déplacement AB. Le travail s'exprime en joules (J).

Le joule (symbole J) est l'unité d'énergie. Un travail de 1 J, c'est ce que fournit une force de 1 N dont le point d'application avance de 1 m dans le sens de la force. Pour fixer les idées : soulever de 1 m une bouteille d'eau d'un litre demande à peu près 10 J.

Exemple 1. Amine tire une caisse sur AB=5,0 m avec une force horizontale de valeur F=80 N, dans le sens du déplacement (donc α=0, cosα=1). Le travail de sa force vaut WAB(F)=F×AB×cos0=80×5,0×1=400 J.

Travail moteur, résistant ou nul

Le facteur cosα porte tout le sens physique. Selon l'orientation de la force par rapport au déplacement, elle aide le mouvement, le freine, ou n'a aucun effet énergétique.

  • Si 0α<90°, alors cosα>0 : le travail est positif, on dit qu'il est moteur. La force fournit de l'énergie au système (elle « tire dans le sens » du mouvement).
  • Si 90°<α180°, alors cosα<0 : le travail est négatif, on dit qu'il est résistant. La force retire de l'énergie au système (elle freine).
  • Si α=90°, alors cosα=0 : le travail est nul. Une force constamment perpendiculaire au déplacement ne travaille pas.

Exemple 2. Les frottements qui s'opposent au glissement d'une luge sont dirigés à l'opposé du déplacement : α=180°, cosα=1. Leur travail est résistant. Si la force de frottement vaut f=30 N sur AB=12 m, son travail est WAB(f)=30×12×(1)=360 J. Les frottements retirent 360 J au système.

Le travail du poids

Le poids est une force constante (vertical, vers le bas, de valeur P=mg). Son travail a une expression remarquablement simple : il ne dépend que de la différence d'altitude entre le départ et l'arrivée, et pas du chemin suivi.

THÉORÈME

Le travail du poids P d'un corps de masse m entre un point A et un point B vaut WAB(P)=±mgh,h est la différence d'altitude (hauteur, en m) entre A et B. Le travail est positif (+mgh) si le corps descend (le poids est moteur), négatif (mgh) si le corps monte (le poids est résistant). Il ne dépend pas du chemin suivi, seulement des altitudes de départ et d'arrivée.

Exemple 3. Yasmine, masse m=60 kg, descend de h=8,0 m sur un toboggan aquatique à Marrakech (peu importe que le toboggan soit droit ou en spirale). Avec g=9,8 N/kg, le travail de son poids, moteur car elle descend, vaut W(P)=+mgh=60×9,8×8,0=4704 J4,7 kJ.

Le travail du poids ne dépend pas du chemin suivi Un point de départ A en haut et un point d'arrivée B en bas sont séparés par une hauteur h égale à la différence d'altitude z_A moins z_B. Deux trajets différents relient A à B : à gauche un plan incliné rectiligne, à droite un toboggan courbe. Une flèche verticale terracotta figure le poids P, dirigé vers le bas. Le travail du poids vaut W(P) = +m g h pour les deux chemins : il ne dépend que de la dénivelée, pas du trajet suivi. plan incliné toboggan A z_A B z_B P h = z_A − z_B W(P) = +m g h W(P) = +m g h, le même pour les deux chemins : le travail du poids ne dépend pas du trajet
Le travail du poids ne dépend pas du chemin suivi entre deux points

Le piège de Salma : oublier le cosinus pour une force inclinée

Salma tire une valise à roulettes avec une poignée inclinée à α=30° au-dessus de l'horizontale, force F=50 N, sur AB=10 m. Elle écrit W=F×AB=50×10=500 J. Faux : la force n'est pas colinéaire au déplacement. Seule la composante horizontale travaille, d'où le facteur cosα : W=F×AB×cos30°=50×10×0,87433 J. Dès que la force et le déplacement ne sont pas alignés, le cosα est obligatoire. Ne l'oublie jamais.

À RETENIR

Le travail d'une force constante vaut WAB(F)=F×AB×cosα, en joules. Il est moteur si cosα>0, résistant si cosα<0, nul si la force est perpendiculaire au déplacement. Le travail du poids vaut ±mgh (positif en descente, négatif en montée) et ne dépend pas du chemin.

Énergie cinétique et son théorème

Tu connais l'énergie cinétique depuis le collège : c'est l'énergie que possède un corps du seul fait de son mouvement. Une voiture lancée, une luge qui dévale, un ballon en vol : tous portent de l'énergie cinétique, d'autant plus grande qu'ils sont massifs et rapides.

DÉFINITION

L'énergie cinétique d'un corps de masse m (en kg) se déplaçant à la vitesse v (en m/s) vaut Ec=12mv2, exprimée en joules (J).

Deux pièges d'unités d'emblée : la masse est en kilogrammes (pas en grammes), et la vitesse en mètres par seconde (pas en km/h). Rappel de la conversion : 1 m/s=3,6 km/h, donc pour passer des km/h aux m/s, on divise par 3,6.

Exemple 1. La voiture de Yasmine, masse m=1200 kg, roule à v=90 km/h. En m/s : v=903,6=25 m/s. Son énergie cinétique vaut Ec=12×1200×252=12×1200×625=375000 J=375 kJ.

Le théorème de l'énergie cinétique

Comment l'énergie cinétique d'un corps varie-t-elle ? Elle augmente quand on lui fournit de l'énergie (travail moteur), elle diminue quand on lui en retire (travail résistant). Le lien exact est l'un des théorèmes centraux de la mécanique.

Théorème de l'énergie cinétique. Dans un référentiel galiléen, la variation d'énergie cinétique d'un corps entre deux points A et B est égale à la somme des travaux de toutes les forces qui s'exercent sur lui entre A et B : ΔEc=Ec(B)Ec(A)=WAB(F).

Lis-le comme un bilan : « ce que gagne (ou perd) le corps en énergie de mouvement est exactement ce que les forces lui ont apporté (ou retiré) en travail ». Si la somme des travaux est positive, le corps accélère ; si elle est négative, il ralentit.

Exemple 2. Une force motrice de travail +5000 J et des frottements de travail 1500 J s'exercent sur un chariot. Sa variation d'énergie cinétique vaut ΔEc=5000+(1500)=3500 J. Son énergie cinétique augmente de 3500 J : le chariot accélère.

Application au freinage et à la distance d'arrêt

Lorsqu'une voiture freine, seule (en première approximation) la force de freinage travaille, et son travail est résistant. Le théorème permet de relier la distance de freinage à la vitesse initiale.

Exemple 3. La voiture de Yasmine (m=1200 kg) roule à v=25 m/s puis freine jusqu'à l'arrêt (v=0). La force de freinage, constante, vaut f=6000 N, opposée au mouvement (travail résistant : α=180°). Le théorème donne Ec(B)Ec(A)=f×d, 0375000=6000×dd=3750006000=62,5 m. La voiture s'arrête en 62,5 m de freinage. Remarque capitale : comme Ecv2, doubler la vitesse quadruple la distance de freinage. À 50 m/s, il faudrait 250 m : c'est toute la raison des limitations de vitesse.

La distance de freinage croît comme le carré de la vitesse Diagramme en barres de la distance de freinage en fonction de la vitesse initiale, à force de freinage constante. À 25 mètres par seconde, la distance vaut 62,5 mètres ; à 50 mètres par seconde, elle vaut 250 mètres ; à 75 mètres par seconde, elle vaut 562,5 mètres. Les hauteurs des barres terracotta sont proportionnelles au carré de la vitesse. Une courbe pointillée jaune superposée illustre la relation parabolique d proportionnelle à v carré. v (m/s) d (m) O 62,5 m 25 250 m 50 562,5 m 75 d ∝ v² la distance de freinage croît comme le carré de la vitesse : doubler v la quadruple
La distance de freinage croît comme le carré de la vitesse

Le piège de Yasmine : doubler la vitesse double l'énergie cinétique

Yasmine raisonne : « je roule deux fois plus vite, donc mon énergie cinétique double ». Faux. L'énergie cinétique est proportionnelle au carré de la vitesse : Ec=12mv2. Doubler v multiplie v2 par 4, donc Ec par quatre, pas par deux. C'est pourquoi un choc à 100 km/h est quatre fois plus violent qu'à 50 km/h, pas deux. Le carré change tout : ne le perds jamais de vue.

À RETENIR

L'énergie cinétique vaut Ec=12mv2 (en J, avec m en kg et v en m/s). Le théorème de l'énergie cinétique : ΔEc=Ec(B)Ec(A)=WAB(F). Comme Ecv2, doubler la vitesse quadruple l'énergie cinétique et la distance de freinage.

Énergie potentielle de pesanteur

Reviens à la télécabine d'Oukaïmeden. En montant, Yasmine n'acquiert aucune vitesse (la cabine va lentement), pourtant elle « stocke » quelque chose : une énergie liée à sa position en altitude, prête à se reconvertir en vitesse dès la descente. On l'appelle l'énergie potentielle de pesanteur.

DÉFINITION

L'énergie potentielle de pesanteur d'un corps de masse m situé à l'altitude z vaut Epp=mgz, exprimée en joules (J), où z est l'altitude (en m) comptée à partir d'une origine (z=0) que l'on choisit librement.

Le mot potentielle dit bien qu'il s'agit d'une énergie de position, en réserve, qui pourra se transformer. Et le mot important de la définition est origine : l'altitude z=0 n'est pas imposée par la nature, c'est toi qui la choisis (le sol, le bas de la piste, le niveau de la mer...). Seules les différences d'énergie potentielle ont un sens physique, et elles, ne dépendent pas de ce choix.

Exemple 1. Yasmine, masse m=60 kg, est en haut d'une piste, à z=50 m au-dessus du bas de la piste choisi comme origine (g=9,8 N/kg) : Epp=mgz=60×9,8×50=29400 J29,4 kJ. Au bas de la piste (z=0), son énergie potentielle est nulle.

Lien avec le travail du poids

Ce n'est pas un hasard si Epp=mgz ressemble au travail du poids ±mgh. Quand un corps descend d'une hauteur h, son énergie potentielle diminue de mgh, et c'est exactement ce que le poids fournit en travail moteur. Le lien est exact : WAB(P)=Epp(A)Epp(B)=ΔEpp. Le travail du poids est l'opposé de la variation d'énergie potentielle. Quand on descend, Epp baisse et le poids travaille positivement (moteur) ; quand on monte, Epp augmente et le poids travaille négativement (résistant).

Conversion énergie potentielle ↔ énergie cinétique

C'est tout le secret de la descente de Yasmine : l'énergie potentielle perdue en descendant se convertit en énergie cinétique. Ce que l'altitude perd, la vitesse le gagne.

Exemple 2. Une bille lâchée d'une hauteur h=1,25 m (sans vitesse initiale, frottements négligés) perd une énergie potentielle ΔEpp=mgh qui devient de l'énergie cinétique : 12mv2=mgh, d'où v=2gh=2×9,8×1,25=24,54,9 m/s. La masse a disparu de l'équation : toutes les billes, lourdes ou légères, arrivent en bas à la même vitesse (chute libre).

Le piège de Karim : oublier de fixer l'origine des altitudes

Karim calcule l'énergie potentielle d'un objet « à z=3 m » sans préciser par rapport à quoi. Or Epp=mgz n'a de valeur numérique qu'une fois l'origine z=0 fixée. Le même objet a une énergie potentielle différente selon qu'on compte l'altitude depuis le sol, depuis une table, ou depuis le niveau de la mer. Ce qui ne change pas, c'est la différence Epp(A)Epp(B) entre deux points : elle est indépendante de l'origine. Avant tout calcul d'Epp, annonce : « je prends z=0 à... ».

À RETENIR

L'énergie potentielle de pesanteur vaut Epp=mgz (en J), avec une origine z=0 choisie. Elle augmente avec l'altitude. Le travail du poids en est l'opposé de la variation : W(P)=ΔEpp. En descendant, Epp se convertit en Ec.

Énergie mécanique et sa conservation

Tu disposes maintenant de deux énergies : l'énergie cinétique Ec (du mouvement) et l'énergie potentielle Epp (de l'altitude). L'idée géniale est de les additionner en une seule grandeur, qui va se comporter de façon remarquable.

DÉFINITION

L'énergie mécanique d'un corps est la somme de son énergie cinétique et de son énergie potentielle de pesanteur : Em=Ec+Epp=12mv2+mgz, exprimée en joules (J).

Exemple 1. En haut de la piste, Yasmine (m=60 kg) est presque immobile (v0) à z=50 m : Em=0+60×9,8×50=29400 J. Toute son énergie mécanique est, à cet instant, sous forme potentielle.

La conservation de l'énergie mécanique

Que devient l'énergie mécanique pendant la descente ? Si les frottements sont négligeables (et que seul le poids travaille), il se produit quelque chose de magnifique : la somme Ec+Epp reste constante. L'énergie potentielle qui disparaît réapparaît, joule pour joule, en énergie cinétique.

THÉORÈME · CONSERVATION

Lorsqu'un corps n'est soumis qu'à des forces qui conservent l'énergie mécanique (en pratique, son poids, les frottements étant négligés), son énergie mécanique se conserve : Em=Ec+Epp=constante,soitEm(A)=Em(B).

Exemple 2. Yasmine descend de z=50 m (vA0) au bas de la piste z=0, frottements négligés. Conservation : Em(A)=Em(B), donc mgzA=12mvB2vB=2gzA=2×9,8×50=98031,3 m/s. Soit environ 31,3×3,6113 km/h. La masse disparaît : la vitesse en bas ne dépend que de la hauteur de descente.

Non-conservation avec frottements

Dans la réalité, les frottements (neige, air) existent toujours. Leur travail est résistant (négatif) : ils retirent de l'énergie mécanique au système, qui se dissipe sous forme de chaleur. L'énergie mécanique diminue alors au cours du mouvement.

À retenir (non-conservation). En présence de frottements, l'énergie mécanique n'est plus conservée : elle diminue, car le travail des frottements (résistant) est négatif. La perte d'énergie mécanique Em(A)Em(B) est égale à l'énergie dissipée par les frottements (chaleur). L'énergie totale, elle, est toujours conservée : elle change seulement de forme.

Exemple 3. Avec frottements, Yasmine arrive en bas non pas à 31,3 m/s mais à, disons, vB=20 m/s. Son énergie mécanique a diminué : Em(A)=29400 J, Em(B)=12×60×202=12000 J. La perte 2940012000=17400 J a été dissipée en chaleur par les frottements de la neige et de l'air.

Le piège de Salma : croire l'énergie mécanique conservée malgré les frottements

Salma applique « Em = constante » à une luge qui freine sur une piste rugueuse et trouve une vitesse en bas trop grande. Erreur : la conservation de l'énergie mécanique ne vaut que si les frottements sont négligeables. Dès qu'il y a des frottements notables, Em diminue et il faut écrire Em(B)=Em(A)+W(f) avec W(f)<0. Avant d'écrire « Em = constante », demande-toi toujours : « peut-on négliger les frottements ici ? ». Si non, l'énergie mécanique n'est pas conservée.

À RETENIR

L'énergie mécanique Em=Ec+Epp se conserve si seul le poids travaille (frottements négligés) : Em(A)=Em(B). Avec frottements, Em diminue ; la perte est dissipée en chaleur. L'énergie totale, elle, est toujours conservée.

Pièges classiques

1. Oublier le facteur 12 dans l'énergie cinétique. L'énergie cinétique est Ec=12mv2, pas mv2. Le 12 n'est pas décoratif : l'omettre double la valeur. Vérifie toujours sa présence avant de conclure.

2. Croire que doubler la vitesse double l'énergie cinétique. Comme Ecv2, doubler v quadruple Ec (et la distance de freinage). Tripler v la multiplie par 9. Le carré gouverne tout : c'est pourquoi un excès de vitesse est si dangereux.

3. Confondre travail et puissance. Le travail W (en joules) est l'énergie transférée au cours d'un déplacement ; il ne fait pas intervenir le temps. La puissance, elle, est un travail par unité de temps (P=W/Δt, en watts). Une force peut fournir le même travail lentement (faible puissance) ou vite (forte puissance). Ne mélange pas les deux : le travail répond à « combien d'énergie ? », la puissance à « à quelle vitesse ? ».

4. Se tromper de signe pour le travail du poids. Le poids travaille positivement en descente (il est moteur, W=+mgh) et négativement en montée (il est résistant, W=mgh). Une descente libère de l'énergie, une montée en coûte. Si ton signe contredit cette logique, recommence.

5. Oublier le cosα pour une force non colinéaire au déplacement. W=F×AB ne vaut que si la force est dans le sens du déplacement (α=0). Dès que la force est inclinée, il faut W=F×AB×cosα. Une force perpendiculaire (α=90°) ne travaille pas du tout.

6. Croire l'énergie mécanique conservée en présence de frottements. Em= constante n'est valable que si les frottements sont négligeables. Avec des frottements notables, leur travail résistant fait diminuer Em, l'énergie perdue étant dissipée en chaleur. Toujours se demander : « les frottements sont-ils négligeables ? » avant d'invoquer la conservation.

Application concrète

Yasmine est au sommet de la grande piste d'Oukaïmeden, prête à descendre à ski. On modélise Yasmine et ses skis par un système de masse m=60 kg, partant du repos (vA=0) en haut, à une altitude zA=45 m au-dessus du bas de la piste, pris comme origine (zB=0). On prend g=9,8 N/kg et le référentiel terrestre, supposé galiléen.

Étape 1 — Calculer l'énergie mécanique au départ. En haut, Yasmine est immobile : Ec(A)=0. Son énergie potentielle vaut Epp(A)=mgzA=60×9,8×45=26460 J. Son énergie mécanique de départ est donc Em(A)=Ec(A)+Epp(A)=0+26460=26460 J26,5 kJ.

Conservation de l'énergie mécanique sur une piste de ski Une piste de ski descend d'un point A situé en haut (altitude z_A = 45 m, vitesse initiale nulle) vers un point B en bas (altitude z_B = 0). Une silhouette de Yasmine skie le long de la piste. En A, l'énergie potentielle de pesanteur vaut 26460 J et l'énergie cinétique est nulle. En B, l'énergie potentielle est nulle et l'énergie cinétique vaut toute l'énergie mécanique E_m. Une cote verticale indique la hauteur de chute h = 45 m. Sans frottement, l'énergie mécanique se conserve : l'énergie potentielle se convertit en énergie cinétique. A z_A = 45 m, v_A = 0 E_pp = 26460 J E_c = 0 B z_B = 0 E_pp = 0 E_c = E_m h = 45 m sans frottement, E_m se conserve : E_pp se convertit en E_c
Conservation de l'énergie mécanique sur une piste de ski sans frottement

Étape 2 — Cas idéal : sans frottement. Si on néglige les frottements, l'énergie mécanique se conserve : Em(B)=Em(A). En bas, zB=0 donc Epp(B)=0 et toute l'énergie est cinétique : 12mvB2=Em(A)=26460 JvB=2×2646060=88229,7 m/s. Soit environ 29,7×3,6107 km/h. On retrouve vB=2gzA : la masse n'intervient pas.

Étape 3 — Cas réel : avec frottements. En réalité, les frottements (neige, air) travaillent de façon résistante. Supposons qu'ils dissipent une énergie de 9000 J sur la descente. L'énergie mécanique en bas vaut alors Em(B)=Em(A)+W(f)=26460+(9000)=17460 J.

Étape 4 — En déduire la vitesse réelle en bas. En bas, toute cette énergie mécanique est encore cinétique (zB=0) : 12mvB2=17460vB=2×1746060=58224,1 m/s, soit environ 24,1×3,687 km/h. Les frottements lui ont coûté presque 20 km/h : c'est loin d'être négligeable.

Conclusion. La démarche énergétique est d'une puissance redoutable : sans suivre la trajectoire instant par instant, sans connaître la forme exacte de la piste, on relie directement l'altitude de départ à la vitesse d'arrivée par un simple bilan d'énergie. Sans frottement, l'énergie mécanique se conserve ; avec frottement, elle diminue d'une quantité égale à l'énergie dissipée en chaleur. En terminale, tu formaliseras ce raisonnement avec le théorème de l'énergie mécanique (ΔEm=W(Fnon conservatives)) et tu apprendras à classer les forces en conservatives (comme le poids) et non conservatives (comme les frottements). Tu tiens déjà l'essentiel : ici, à Oukaïmeden, dans la descente de Yasmine.

À retenir

À RETENIR

Le travail d'une force constante vaut WAB(F)=F×AB×cosα (en J) : moteur si cosα>0, résistant si cosα<0, nul si la force est perpendiculaire au déplacement. Le travail du poids vaut ±mgh (positif en descente, négatif en montée) et ne dépend pas du chemin.

À RETENIR

L'énergie cinétique vaut Ec=12mv2 (J, avec m en kg, v en m/s). Théorème de l'énergie cinétique : ΔEc=Ec(B)Ec(A)=WAB(F). Comme Ecv2, doubler la vitesse quadruple l'énergie cinétique.

À RETENIR

L'énergie potentielle de pesanteur vaut Epp=mgz (J), pour une origine z=0 choisie. Le travail du poids est l'opposé de sa variation : W(P)=ΔEpp. En descendant, Epp se convertit en Ec.

À RETENIR

L'énergie mécanique Em=Ec+Epp se conserve si seul le poids travaille (frottements négligés) : Em(A)=Em(B). Avec frottements, Em diminue ; la perte est dissipée en chaleur. L'énergie totale est toujours conservée.