Mathématiques · 4ᵉ · La représentation dans l'espace

La représentation dans l'espace

Tu passes en 3ᵉ ?Revois l'essentiel de la 4ᵉ avant l'année du brevet.

Les solides usuels

Avant de dessiner un solide, il faut en maîtriser le vocabulaire et savoir le décrire avec précision.

DÉFINITION

Un solide est une figure géométrique de l'espace délimitée par des faces (surfaces planes ou courbes), des arêtes (lignes d'intersection entre deux faces) et des sommets (points de rencontre d'au moins trois arêtes).

Polyèdres : solides à faces planes

Un polyèdre est un solide dont toutes les faces sont des polygones.

DÉFINITION

Un pavé droit (ou parallélépipède rectangle) est un solide à six faces rectangulaires, dont les faces opposées sont identiques. Ses arêtes se regroupent en trois ensembles de quatre arêtes parallèles et de même longueur. Dénombrement : 6 faces, 12 arêtes, 8 sommets. Un cube est un pavé droit dont toutes les faces sont des carrés.

DÉFINITION

Un prisme droit de base polygonale a deux bases identiques (polygones parallèles et superposables) et des faces latérales rectangulaires perpendiculaires aux bases. Un prisme droit à base triangulaire a 5 faces, 9 arêtes et 6 sommets. Un prisme droit à base carrée a 6 faces, 12 arêtes et 8 sommets (c'est un cas particulier de pavé droit).

DÉFINITION

Une pyramide a une base polygonale et des faces latérales triangulaires qui se rejoignent en un point appelé apex (ou sommet de la pyramide). Une pyramide à base carrée a 5 faces, 8 arêtes et 5 sommets.

Solides avec une face courbe

DÉFINITION

Un cylindre droit a deux bases circulaires parallèles et identiques reliées par une surface latérale courbe. Il n'a ni sommet ni arête au sens usuel. On caractérise un cylindre par son rayon r (rayon d'une base) et sa hauteur h.

DÉFINITION

Un cône droit a une base circulaire et une surface latérale courbe qui se rétrécit vers un sommet appelé apex. Il a 1 sommet et 1 arête (le cercle de la base). On le caractérise par son rayon r et sa hauteur h.

Exemple 1. Une boîte de thé marocaine rectangulaire est un pavé droit : elle a 6 faces, 12 arêtes, 8 sommets.

Exemple 2. Une citerne d'eau cylindrique sur un toit de maison à Casablanca est un cylindre droit.

Exemple 3. La Pyramide de Kheops, à base carrée, a 5 faces (1 base + 4 triangles latéraux), 8 arêtes, 5 sommets.

Le piège de Karim : compter les arêtes d'un pavé

Karim pense qu'un pavé droit a 8 arêtes « parce qu'il a 8 sommets ». Faux : le nombre d'arêtes n'est pas égal au nombre de sommets. Un pavé a 12 arêtes : 4 arêtes le long de la longueur, 4 le long de la largeur, 4 le long de la hauteur. On peut retenir la formule : pour un pavé, faces F=6, arêtes A=12, sommets S=8, et on vérifie la relation d'Euler SA+F=812+6=2.

À RETENIR

Pavé droit : 6 faces, 12 arêtes, 8 sommets. Pyramide à base carrée : 5 faces, 8 arêtes, 5 sommets. Pour tout polyèdre convexe, on vérifie SA+F=2 (relation d'Euler).

La perspective cavalière

Représenter un solide de l'espace sur une feuille plane demande une convention. La plus utilisée au collège est la perspective cavalière.

DÉFINITION

La perspective cavalière est une méthode de représentation plane d'un solide en trois dimensions. Elle respecte les règles suivantes :

  • Les arêtes visibles sont tracées en trait plein.
  • Les arêtes cachées (masquées par le solide) sont tracées en pointillés.
  • Les arêtes parallèles dans l'espace sont représentées par des droites parallèles dans le dessin.
MÉTHODE

Pour dessiner un pavé droit ABCDEFGH en perspective cavalière :

  1. Tracer la face avant ABCD (un rectangle).
  2. À partir de chaque sommet, tracer des fuyantes : des segments obliques, parallèles entre eux, représentant la profondeur. Les fuyantes sont inclinées à 45° et leur longueur est réduite (environ la moitié de la vraie longueur).
  3. Relier les extrémités des fuyantes pour former la face arrière EFGH.
  4. Convertir en pointillés les arêtes que l'on ne verrait pas.

Pavé droit ABCDEFGH en perspective cavalière Pavé droit dont la face avant ABCD est tracée en vrai forme, les fuyantes sont obliques à 45° et raccourcies, les arêtes visibles en trait plein et les arêtes cachées (DH, HE, EF) en pointillés. Les sommets sont nommés A à H. A B C D E F G H arête visible arête cachée
Pavé droit ABCDEFGH en perspective cavalière avec arêtes cachées en pointillés

Exemple 1. Un pavé ABCDEFGH vu depuis le coin avant-gauche : les arêtes DH, HE, EF sont cachées et se tracent en pointillés.

Exemple 2. Pour un cube, toutes les fuyantes ont la même longueur (réduite). Les angles droits du solide ne sont pas des angles droits dans le dessin : c'est une déformation volontaire.

Ce que conserve la perspective cavalière — et ce qu'elle déforme

THÉORÈME

En perspective cavalière, le parallélisme est conservé : des arêtes parallèles dans l'espace restent parallèles dans le dessin. En revanche, les angles droits et les longueurs des fuyantes sont déformés (les fuyantes sont raccourcies et inclinées).

Le piège de Salma : les angles droits dans le dessin

Salma dessine un cube et trace une fuyante perpendiculaire à la face avant, en croyant représenter fidèlement un angle droit. Mais en perspective cavalière, les fuyantes sont volontairement inclinées à 45° (ou tout autre angle de convention) et raccourcies. Un angle droit dans l'espace ne se traduit pas nécessairement par un angle droit dans le dessin. Seul le parallélisme est garanti.

À RETENIR

La perspective cavalière conserve le parallélisme mais déforme les angles et raccourcit les fuyantes. Arêtes visibles en trait plein, arêtes cachées en pointillés.

Les patrons

Un patron, c'est le plan de découpe : si on déplie parfaitement un solide, on obtient une surface plane appelée patron.

DÉFINITION

Le patron d'un solide est une figure plane obtenue en découpant certaines arêtes du solide et en le dépliant de façon à l'aplatir entièrement. En repliant le patron le long des arêtes restantes, on reconstitue le solide.

Patron d'un pavé droit

Un pavé droit de dimensions L×l×h a six faces rectangulaires. Son patron contient donc six rectangles, disposés de façon à ce que les bords qui se touchent sur le solide soient adjacents sur le patron.

Patron d'un pavé droit déplié Patron d'un pavé droit avec ses six faces rectangulaires dépliées à plat. La face avant est au centre, entourée des quatre faces adjacentes (dessus, dessous, gauche, droite), et la face arrière est attachée à la face du haut. Les faces sont colorées en teintes douces pour les distinguer. gauche avant droite dessous dessus arrière L h l
Patron d'un pavé droit déplié, avec les six faces rectangulaires adjacentes

Exemple 1. Pour une boîte de thé de dimensions 20 cm×10 cm×5 cm, le patron contient : 2 faces de 20×10, 2 faces de 20×5, 2 faces de 10×5. L'aire totale du patron est : A=2(20×10)+2(20×5)+2(10×5)=400+200+100=700 cm2.

Patron d'un cylindre

MÉTHODE

Le patron d'un cylindre droit de rayon r et de hauteur h est composé de :

  • deux disques de rayon r (les deux bases) ;
  • un rectangle de largeur h et de longueur 2πr (la surface latérale déroulée).

Exemple 2. Pour une citerne cylindrique de rayon 30 cm et de hauteur 80 cm, la surface latérale est un rectangle de dimensions 80 cm×2π×3080×188,5 cm.

Patron d'une pyramide à base carrée

Le patron d'une pyramide à base carrée de côté a et de hauteur h est composé de :

  • un carré de côté a (la base) ;
  • quatre triangles isocèles identiques (les faces latérales), dont la base vaut a.

Le piège du patron invalide

Karim propose un patron où deux faces du pavé se chevauchent lorsqu'on les replie. Ce patron est invalide : en repliant, on obtient un solide dont deux faces se superposent, ce qui est impossible. Pour valider un patron, il faut vérifier mentalement que le repliage donne bien le solide sans superposition ni trou.

À RETENIR

Le patron d'un solide contient exactement autant de polygones que le solide a de faces. Pour vérifier qu'un patron est valide, on le replie mentalement : les bords de même longueur doivent se faire face et aucune face ne doit se chevaucher.

Se repérer dans l'espace

Se repérer dans l'espace, c'est donner la position d'un point par rapport à un système de référence. On en voit deux ici : le repérage sur un pavé droit et le repérage sur le globe terrestre.

Repérage sur un pavé droit

MÉTHODE

On choisit un sommet O du pavé comme origine et trois arêtes issues de O comme axes. Un point du pavé est alors repéré par un triplet (x;y;z)x, y, z sont ses distances à O le long de chacun des trois axes. C'est la même logique que le repère du plan, mais avec une troisième dimension.

Exemple 1. Dans un pavé de dimensions 6×4×3, le sommet opposé à l'origine a pour coordonnées (6;4;3). Le sommet du haut situé à la verticale de l'origine a pour coordonnées (0;0;3).

Repérage sur le globe terrestre

DÉFINITION

Sur la Terre, la position d'un lieu est repérée par deux angles :

  • la longitude : angle mesuré vers l'est ou l'ouest à partir du méridien de référence (méridien de Greenwich, 0°) ;
  • la latitude : angle mesuré vers le nord ou le sud à partir de l'équateur (0°). Les lignes de même longitude sont des méridiens ; les lignes de même latitude sont des parallèles.

Globe terrestre schématique avec latitude, longitude et point Casablanca Globe terrestre vu légèrement de côté. On distingue l'équateur (trait horizontal plein), plusieurs parallèles (traits horizontaux en pointillés légers), le méridien de Greenwich (trait vertical de référence), et plusieurs méridiens en pointillés. Un point rouge marque la position approximative de Casablanca (33° N, 7° O) avec ses coordonnées. Les axes indiquent le pôle Nord, le pôle Sud, l'est et l'ouest. Équateur 33° N Greenwich N S Casablanca 33° N, 7° O latitude 33° O E
Globe schématique avec méridiens, parallèles et le point Casablanca

Exemple 2. Casablanca se trouve à environ 33° de latitude nord et 7° de longitude ouest. Marrakech, plus au sud, est à environ 31° de latitude nord et 8° de longitude ouest.

Exemple 3. L'équateur est le parallèle de latitude 0°. Les pôles sont les points de latitude 90° nord et 90° sud.

Le piège de Salma sur la longitude et la latitude

Salma confond longitude et latitude : elle dit « Casablanca est à 7° de latitude ». C'est faux. La latitude mesure la distance angulaire à l'équateur (nord-sud) ; la longitude mesure la distance angulaire au méridien de Greenwich (est-ouest). Casablanca est à 33° de latitude nord : c'est sa position nord-sud. Ses 7° ouest, c'est sa longitude : sa position est-ouest.

À RETENIR

Longitude : angle est-ouest par rapport à Greenwich (méridiens). Latitude : angle nord-sud par rapport à l'équateur (parallèles). Pour Casablanca : environ 33° N, 7° O.

Pièges classiques

  1. Confondre le nombre de faces et le nombre d'arêtes. Un pavé droit a 6 faces, mais 12 arêtes — pas 6. Les arêtes sont les bords du solide, pas ses faces. Pour mémoriser : un pavé a trois groupes de 4 arêtes parallèles.

  2. Penser que la perspective cavalière conserve les angles droits. Elle conserve uniquement le parallélisme. Les fuyantes sont obliques et raccourcies : un angle droit dans l'espace apparaît déformé dans le dessin.

  3. Tracer toutes les arêtes en trait plein. Les arêtes cachées (à l'arrière du solide) se tracent obligatoirement en pointillés. Omettre les pointillés ou tout tracer en trait plein est une erreur de représentation.

  4. Valider un patron qui se chevauche. Avant d'accepter un patron, il faut le replier mentalement : si deux faces se superposent ou si le solide a un trou, le patron est invalide.

  5. Inverser latitude et longitude. La latitude donne la position nord-sud (entre 90° et +90°) ; la longitude donne la position est-ouest (entre 180° et +180°). L'équateur est à latitude 0°, pas à longitude 0°.

  6. Oublier de réduire les fuyantes. En perspective cavalière, les fuyantes (arêtes vers la profondeur) sont représentées avec une longueur réduite (souvent de moitié). Tracer des fuyantes de vraie longueur donne un solide visiblement trop profond et non conforme à la convention.

Application concrète

Yasmine prépare un emballage cadeau pour offrir une boîte de thé à sa famille à Marrakech. La boîte est un pavé droit de dimensions L=15 cm, l=8 cm, h=6 cm.

Étape 1 — Identifier et décrire le solide. La boîte est un pavé droit : 6 faces rectangulaires, 12 arêtes, 8 sommets. Yasmine vérifie avec la relation d'Euler : 812+6=2. Correct.

Étape 2 — Dessiner la boîte en perspective cavalière. Elle trace la face avant (15×6 cm), puis des fuyantes obliques raccourcies (ici réduites à la moitié des 8 cm, soit 4 cm dans le dessin) à 45°. Elle trace la face arrière en pointant les arêtes parallèles. Les arêtes du fond (cachées) passent en pointillés.

Étape 3 — Tracer le patron. Yasmine dispose les 6 rectangles pour le patron :

  • 2 faces de 15×6 cm (les grandes faces avant/arrière) ;
  • 2 faces de 15×8 cm (les faces dessus/dessous) ;
  • 2 faces de 8×6 cm (les petites faces latérales).

Elle vérifie que son patron est valide en le repliant mentalement : aucun chevauchement.

Étape 4 — Calculer la surface totale du carton. A=2(15×6)+2(15×8)+2(8×6)=180+240+96=516 cm2. Yasmine sait qu'il lui faut au moins 516 cm2 de carton.

Étape 5 — Repérer les sommets. En prenant le coin avant-bas-gauche comme origine O, les huit sommets du pavé ont des coordonnées de la forme (x;y;z) avec x{0;15}, y{0;8}, z{0;6}. Le sommet le plus éloigné de O est le coin arrière-haut-droit, aux coordonnées (15;8;6).

Conclusion. À partir d'une boîte de thé ordinaire, Yasmine a mobilisé tout le chapitre : vocabulaire des solides, perspective cavalière, patron valide, calcul d'aire et repérage par coordonnées. Ces outils reviennent en classe de 3ᵉ pour les calculs de volumes et d'aires de solides complexes, et au lycée pour se repérer dans l'espace à trois coordonnées.

À retenir

À RETENIR

Un polyèdre est caractérisé par ses faces, arêtes et sommets. Pour tout polyèdre convexe, la relation d'Euler donne SA+F=2. Pavé droit : 6 faces, 12 arêtes, 8 sommets.

À RETENIR

En perspective cavalière, les arêtes visibles sont en trait plein, les arêtes cachées en pointillés. Les arêtes parallèles restent parallèles dans le dessin, mais les angles droits sont déformés et les fuyantes sont raccourcies.

À RETENIR

Le patron d'un solide est sa mise à plat. Il contient autant de polygones que le solide a de faces. Un patron est valide si et seulement si, en le repliant, on reconstitue le solide sans chevauchement ni trou.

À RETENIR

Sur le globe terrestre, la latitude (parallèles, angle nord-sud depuis l'équateur) et la longitude (méridiens, angle est-ouest depuis Greenwich) repèrent tout point de la surface. Casablanca : environ 33° N, 7° O.