SVT · 5ᵉ · La reproduction sexuée des êtres vivants

La reproduction sexuée des êtres vivants

Tu passes en 4ᵉ ?Consolide l'essentiel de la 5ᵉ avant la rentrée.

Deux cellules pour un nouvel être

Comment un nouvel être vivant peut-il apparaître ? Chez la plupart des animaux et des plantes à fleurs, il faut deux parents : un mâle et une femelle. Chacun fournit une cellule particulière, appelée cellule reproductrice ou gamète. C'est l'union de ces deux cellules qui donne naissance au nouvel individu. On parle alors de reproduction sexuée, parce qu'elle met en jeu un sexe mâle et un sexe femelle.

Commençons par les animaux. Chez eux, ces deux gamètes portent chacun un nom précis.

DÉFINITION

La reproduction sexuée met en jeu deux cellules reproductrices (les gamètes) : une cellule mâle et une cellule femelle. Chez les animaux, la cellule mâle est le spermatozoïde (produit par le mâle) et la cellule femelle est l'ovule (produit par la femelle).

Ces deux cellules ne se ressemblent pas. Le spermatozoïde est une cellule minuscule et mobile : il possède une sorte de petite queue (un flagelle) qui lui permet de se déplacer pour aller à la rencontre de l'ovule. L'ovule, lui, est une cellule beaucoup plus grosse et immobile : il contient des réserves qui serviront à nourrir le tout début de la nouvelle vie.

Les plantes à fleurs suivent exactement la même logique — un élément mâle et un élément femelle qui s'unissent —, avec des noms un peu différents que tu découvriras plus loin dans ce chapitre.

La fécondation

Pour qu'un nouvel individu se forme, le spermatozoïde et l'ovule doivent se rencontrer et s'unir. Cette rencontre porte un nom précis.

DÉFINITION

La fécondation est l'union d'un spermatozoïde et d'un ovule. Elle donne une seule cellule nouvelle, la cellule-œuf, qui est à l'origine du nouvel individu.

La fécondation : un spermatozoïde et un ovule forment une cellule-œuf À gauche, un petit spermatozoïde mobile avec un flagelle (cellule mâle) et un gros ovule rond immobile (cellule femelle). Une flèche centrale marquée « fécondation » mène à droite à une seule cellule, la cellule-œuf, point de départ du nouvel individu. Deux gamètes Ovule cellule femelle Spermatozoïde cellule mâle fécondation union des deux cellules Une seule cellule Cellule-œuf origine du nouvel individu
Un spermatozoïde et un ovule s'unissent lors de la fécondation pour former une cellule-œuf

Exemple 1. Chez le mouton, le bélier (le mâle) produit des spermatozoïdes et la brebis (la femelle) produit des ovules. Quand un spermatozoïde féconde un ovule, il se forme une cellule-œuf : c'est le tout début de l'agneau.

Exemple 2. Chez l'oranger du verger de Yasmine, l'élément mâle (contenu dans le pollen) féconde l'ovule de la fleur. Là encore, une seule cellule-œuf se forme, qui deviendra la graine d'une future orange. La logique est la même chez l'animal et chez la plante à fleurs.

Que devient la cellule-œuf ?

La cellule-œuf n'est qu'une seule cellule, invisible à l'œil nu. Mais elle ne reste pas seule : elle se divise en deux, puis en quatre, puis en un nombre toujours plus grand de cellules. Petit à petit, cet amas de cellules s'organise et forme un nouvel être vivant complet. Une seule cellule de départ suffit donc à fabriquer un agneau, un poussin ou un oranger entier.

La cellule-œuf se divise pour former un nouvel individu De gauche à droite : la cellule-œuf, une seule cellule, se divise en deux cellules, puis en quatre, puis en un amas de nombreuses cellules, qui s'organise enfin en un nouvel individu complet. Des flèches relient chaque étape. De la cellule-œuf au nouvel individu Cellule-œuf 1 seule cellule 2 cellules 4 cellules un amas de cellules nouvel individu La cellule-œuf se divise en deux, puis en quatre, encore et encore, jusqu'à former un individu complet.
La cellule-œuf se divise en deux, puis en quatre, puis en un amas, jusqu'à former un nouvel individu

À RETENIR

La reproduction sexuée demande deux gamètes : un spermatozoïde (mâle) et un ovule (femelle). Leur union est la fécondation, qui donne une cellule-œuf, point de départ du nouvel individu.

Fécondation externe ou interne

La fécondation a toujours le même résultat : une cellule-œuf. Mais le spermatozoïde et l'ovule ne se rencontrent pas au même endroit selon les espèces. Pour certaines, la rencontre a lieu à l'extérieur du corps des parents ; pour d'autres, à l'intérieur du corps de la femelle. Cette différence dépend surtout du milieu de vie.

DÉFINITION

La fécondation externe a lieu en dehors du corps des parents, dans l'eau : le mâle et la femelle libèrent leurs gamètes dans l'eau, où ils se rencontrent. La fécondation interne a lieu dans le corps de la femelle : le mâle y dépose ses spermatozoïdes.

La fécondation externe : dans l'eau

La fécondation externe ne peut se produire que dans l'eau, car les gamètes y nagent sans se dessécher. On la trouve chez les animaux aquatiques comme les poissons et les grenouilles.

Comme les gamètes sont lâchés dans l'eau et risquent de ne jamais se rencontrer, ces animaux en produisent d'énormes quantités : une seule femelle poisson peut pondre des milliers d'ovules d'un coup. C'est un gaspillage apparent, mais c'est ce qui augmente les chances qu'au moins quelques cellules-œufs se forment.

Exemple 1. Dans une rivière, la femelle truite pond ses ovules sur les galets, puis le mâle libère par-dessus ses spermatozoïdes dans l'eau. La rencontre se fait à l'extérieur des deux animaux : c'est une fécondation externe.

La fécondation interne : dans le corps de la femelle

La fécondation interne, elle, ne dépend pas de l'eau : la rencontre des gamètes est protégée à l'intérieur du corps de la femelle. C'est le cas des animaux qui vivent surtout sur la terre ferme : mammifères (mouton, chat, dromadaire, Homme), oiseaux (poule), reptiles (tortue, lézard) et insectes (abeille).

Comme les gamètes sont bien mieux protégés, ces animaux produisent beaucoup moins de cellules reproductrices que les poissons : il y a moins de pertes, donc moins de gaspillage.

Exemple 2. Chez la poule, le coq dépose ses spermatozoïdes à l'intérieur du corps de la poule : la fécondation est interne. C'est seulement ensuite que la poule formera et pondra l'œuf, déjà fécondé.

À RETENIR

La fécondation est externe quand les gamètes se rencontrent dans l'eau (poissons, grenouilles : beaucoup d'œufs produits) et interne quand la rencontre se fait dans le corps de la femelle (mammifères, oiseaux, reptiles, insectes).

Ovipare ou vivipare

Une fois la cellule-œuf formée, le nouvel individu doit se développer. Là encore, deux grandes possibilités existent, et il ne faut pas les confondre avec la fécondation : la question n'est plus « où les gamètes se rencontrent-ils ? » mais « où le petit se développe-t-il ? ». Soit il grandit dans un œuf déposé hors du corps de la mère, soit il grandit à l'intérieur de la mère.

DÉFINITION

Une espèce est ovipare quand le nouvel individu se développe dans un œuf pondu hors du corps de la mère (poule, poisson, tortue, oiseau). Elle est vivipare quand le petit se développe à l'intérieur du corps de la mère et naît déjà formé (mouton, chat, dromadaire, Homme).

Ovipare ou vivipare : où se développe le petit ? Deux colonnes comparées. À gauche, espèce ovipare : la femelle pond un œuf hors de son corps, le petit se développe dans l'œuf puis éclot (exemples : poule, tortue, poisson). À droite, espèce vivipare : le petit se développe dans le ventre de la mère et naît déjà formé (exemples : mouton, chat, dromadaire, Homme). Ovipare le petit se développe dans un œuf pondu La femelle pond l'œuf, le petit éclot. poule · tortue · poisson Vivipare le petit se développe dans la mère La mère met bas, le petit naît formé. mouton · chat · dromadaire · Homme
Comparaison entre une espèce ovipare qui pond des œufs et une espèce vivipare dont le petit naît formé

Les ovipares : le développement dans l'œuf

Chez un animal ovipare, la femelle pond des œufs. Le petit se développe à l'intérieur de l'œuf, à l'abri de sa coquille ou de son enveloppe, en se nourrissant des réserves qu'il contient (par exemple le jaune de l'œuf de poule). Quand il est prêt, il sort de l'œuf : il éclot.

Exemple 1. La poule pond ses œufs et les couve pour les garder au chaud. Au bout de trois semaines environ, le poussin, formé à l'intérieur, casse la coquille et sort : c'est l'éclosion. La poule est ovipare.

Les vivipares : le développement dans la mère

Chez un animal vivipare, il n'y a pas d'œuf pondu. Le petit se développe dans le ventre de la mère, où il est protégé et nourri directement par elle, jusqu'à ce qu'il soit assez formé pour naître. La femelle met bas : le petit naît vivant et déjà formé.

Exemple 2. La brebis porte son agneau dans son ventre pendant environ cinq mois, puis met bas. L'agneau naît déjà formé, capable de tenir debout très vite. La brebis est vivipare, comme le chat, le dromadaire et l'Homme.

Le piège des deux questions

Attention à ne pas confondre les deux classements de ce chapitre. La fécondation (externe / interne) répond à « où se rencontrent les gamètes ? ». L'ovipare / vivipare répond à « où se développe le petit ? ». Ce sont deux questions différentes. La poule, par exemple, a une fécondation interne (le coq dépose les spermatozoïdes dans son corps) mais elle est ovipare (elle pond des œufs). Les deux ne vont pas toujours ensemble.

À RETENIR

Une espèce ovipare pond des œufs d'où le petit éclot (poule, tortue, poisson) ; une espèce vivipare garde le petit dans le ventre de la mère, qui le met bas déjà formé (mouton, chat, Homme).

La reproduction sexuée des plantes à fleurs

Les animaux ne sont pas les seuls à se reproduire de façon sexuée. Les plantes à fleurs le font aussi, et c'est exactement la même logique : deux gamètes, un mâle et un femelle, s'unissent. Tout se joue dans la fleur, qui est l'organe reproducteur de la plante. Une fleur n'est pas qu'un ornement : c'est une véritable usine à fabriquer des graines.

DÉFINITION

Chez une plante à fleurs, la fleur porte les organes reproducteurs. L'élément mâle est contenu dans le pollen ; l'élément femelle est l'ovule, situé dans le pistil (la partie centrale de la fleur).

La pollinisation : l'abeille transporte le pollen vers le pistil Une fleur d'oranger vue de face : ses pétales blancs, au centre le pistil (élément femelle, contenant l'ovule) et autour les étamines portant le pollen (élément mâle). Une abeille, couverte de pollen, vole d'une fleur à l'autre : elle transporte le pollen jusqu'au pistil, c'est la pollinisation. Fleur d'oranger pistil (ovule) au centre, pollen autour pollinisation l'abeille transporte le pollen Abeille couverte de pollen Le pollen (mâle) atteint le pistil (femelle) : c'est la fécondation des plantes.
Une fleur portant le pollen et le pistil, et une abeille qui transporte le pollen lors de la pollinisation

La pollinisation : amener le pollen au pistil

Pour qu'il y ait fécondation, le pollen (mâle) doit atteindre l'ovule, qui se trouve dans le pistil (femelle). Mais le pollen ne se déplace pas tout seul : il faut un transporteur. Ce transport porte un nom.

DÉFINITION

La pollinisation est le transport du pollen jusqu'au pistil d'une fleur. Elle se fait surtout par le vent ou par les insectes (comme l'abeille). Attention : la pollinisation n'est pas la fécondation. Elle ne fait que rendre possible la fécondation, qui a lieu ensuite, lorsque l'élément mâle du pollen rejoint l'ovule du pistil.

L'abeille, en venant chercher le nectar de la fleur, se couvre de grains de pollen sans le vouloir. En allant butiner la fleur suivante, elle y dépose ce pollen : sans le savoir, elle a transporté l'élément mâle d'une fleur à l'autre. C'est pour cela que les abeilles sont si précieuses dans un verger : sans elles, beaucoup de fleurs ne donneraient pas de fruits.

Exemple 1. Dans le verger de Yasmine, une abeille butine une fleur d'oranger, se couvre de pollen, puis va sur une autre fleur où elle dépose ce pollen sur le pistil. Le pollen féconde l'ovule : une cellule-œuf se forme, qui deviendra une graine.

De la fleur au fruit

Une fois l'ovule fécondé, la fleur se transforme. L'ovule fécondé devient une graine, et la partie du pistil qui l'entoure grossit pour former un fruit, qui protège la graine.

DÉFINITION

Après la fécondation, l'ovule fécondé devient une graine, et le pistil se transforme en fruit qui contient la ou les graines. La graine, semée, donnera une nouvelle plante.

Exemple 2. Au printemps, le verger est couvert de fleurs blanches ; en été, chaque fleur fécondée s'est transformée en orange (le fruit), à l'intérieur de laquelle on trouve des pépins (les graines). Une pomme, une tomate, un abricot suivent exactement le même chemin : fleur → fécondation → fruit avec graines.

À RETENIR

Chez les plantes à fleurs, le pollen (mâle) doit atteindre l'ovule du pistil (femelle) : c'est la pollinisation, faite par le vent ou les insectes. Après fécondation, l'ovule devient une graine et le pistil un fruit.

Reproduction et peuplement des milieux

À quoi sert, au fond, toute cette mécanique ? La reproduction sexuée a deux grands rôles. D'abord, elle assure la survie de l'espèce : sans descendants, une espèce disparaîtrait en une génération. Ensuite, elle produit des descendants qui sont tous différents les uns des autres, parce que chacun reçoit un mélange unique venant de ses deux parents.

DÉFINITION

La reproduction sexuée assure la survie de l'espèce en produisant de nouveaux individus. Comme chaque descendant naît de l'union de deux gamètes différents, les descendants sont tous différents entre eux et de leurs parents.

Une reproduction qui dépend du milieu

La reproduction ne se fait pas n'importe quand ni n'importe où : elle dépend des conditions du milieu. Il faut de l'eau pour la fécondation externe des poissons et des grenouilles, une saison favorable, et la présence de pollinisateurs (les insectes) pour les plantes à fleurs.

Exemple 1. Au printemps, les conditions sont réunies : il fait plus doux, les insectes reviennent, et l'eau est présente. C'est pourquoi la floraison des orangers et la reproduction de beaucoup d'animaux s'intensifient à cette saison. À l'inverse, en plein été sec, beaucoup d'espèces ralentissent leur reproduction.

Reproduction et peuplement

En se reproduisant au bon moment, les espèces peuplent les milieux : de nouveaux poissons remplissent la rivière, de nouveaux orangers peuvent pousser à partir des graines, de nouvelles abeilles naissent. Chaque milieu se trouve ainsi repeuplé saison après saison. Si un maillon manque — par exemple si les abeilles disparaissent —, c'est tout le peuplement du milieu qui est menacé.

Pour t'aider à ne pas mélanger les deux grands critères de ce chapitre — la fécondation et le développement —, le tableau ci-dessous compare quelques animaux familiers.

Tableau récapitulatif des modes de reproduction sexuée Tableau à quatre exemples (poisson, grenouille, poule, mouton) comparant deux critères : la fécondation (externe dans l'eau ou interne dans le corps de la femelle) et le développement du petit (ovipare dans un œuf pondu ou vivipare dans le ventre de la mère). Poisson : fécondation externe, ovipare. Grenouille : externe, ovipare. Poule : interne, ovipare. Mouton : interne, vivipare. Animal Fécondation Développement Poisson externe (dans l'eau) ovipare (œuf) Grenouille externe (dans l'eau) ovipare (œuf) Poule interne ovipare (œuf) Mouton interne vivipare (ventre) Fécondation et développement sont deux critères indépendants : la poule a une fécondation interne mais reste ovipare.
Tableau comparant la fécondation et le développement du petit chez le poisson, la grenouille, la poule et le mouton

À RETENIR

La reproduction sexuée assure la survie de l'espèce et produit des descendants tous différents. Elle dépend des conditions du milieu (eau, saison, pollinisateurs) et permet le peuplement des milieux, surtout au printemps.

Pièges classiques

Piège 1 : croire que la fécondation donne plusieurs cellules. La fécondation, c'est l'union de deux gamètes (un spermatozoïde + un ovule) qui donne une seule cellule : la cellule-œuf. Cette cellule unique se divisera ensuite de nombreuses fois, mais au moment de la fécondation, il n'y a qu'une cellule formée. Confondre « la cellule-œuf » et « les milliers de cellules du futur individu » est une erreur fréquente.

Piège 2 : confondre fécondation externe/interne et ovipare/vivipare. Ce sont deux questions différentes. Externe/interne dit où les gamètes se rencontrent (dans l'eau ou dans le corps de la femelle). Ovipare/vivipare dit où le petit se développe (dans un œuf pondu ou dans le ventre de la mère). La poule a une fécondation interne mais elle est ovipare : les deux ne vont pas forcément ensemble.

Piège 3 : croire que « pondre des œufs » veut dire « fécondation externe ». Pondre un œuf concerne le développement du petit, pas la rencontre des gamètes. La poule pond des œufs (elle est ovipare) alors que sa fécondation est interne. À l'inverse, le poisson a une fécondation externe : il ne « pond » pas un œuf à coquille comme la poule. Ne déduis jamais l'un de l'autre automatiquement.

Piège 4 : penser que la fleur est seulement décorative. La fleur est l'organe reproducteur de la plante. Elle porte le pollen (mâle) et l'ovule dans le pistil (femelle). Sa couleur et son parfum servent justement à attirer les insectes qui assureront la pollinisation. Une fleur n'est pas un ornement : c'est le point de départ du fruit et des graines.

Piège 5 : croire que la graine et le fruit sont la même chose. L'ovule fécondé devient la graine ; c'est le pistil qui se transforme en fruit autour de la graine. Dans une orange, le fruit est la partie qu'on mange, et les pépins sont les graines. Le fruit contient les graines : ce ne sont pas deux noms pour la même chose.

Piège 6 : croire que seuls les animaux se reproduisent de façon sexuée. Les plantes à fleurs se reproduisent aussi de façon sexuée, avec un élément mâle (le pollen) et un élément femelle (l'ovule). La pollinisation y joue le rôle de la rencontre des gamètes. Animaux et plantes à fleurs suivent donc la même grande logique : deux cellules reproductrices qui s'unissent.

Application concrète

C'est le printemps. Karim aide sa famille dans son verger d'orangers près de Marrakech, et il s'étonne : « Pourquoi installer des ruches d'abeilles entre les arbres ? On veut du miel ou des oranges ? » Suivons, étape par étape, comment une fleur d'oranger devient une orange.

Étape 1 — Repérer les organes reproducteurs de la fleur. Karim observe une fleur d'oranger : elle porte des étamines couvertes de pollen (l'élément mâle) et, au centre, un pistil qui contient l'ovule (l'élément femelle). Tout est réuni dans la fleur pour permettre une reproduction sexuée.

Étape 2 — Comprendre le rôle de l'abeille. Une abeille vient butiner le nectar de la fleur. En passant, elle se couvre de grains de pollen. En allant sur la fleur suivante, elle y dépose ce pollen sur le pistil : c'est la pollinisation. Karim comprend que les abeilles ne sont pas là pour le miel seulement : sans elles, le pollen n'atteindrait pas le pistil.

Étape 3 — La fécondation. Une fois le pollen sur le pistil, l'élément mâle rejoint l'ovule et le féconde : une cellule-œuf se forme. C'est exactement la même étape que la fécondation chez l'animal — sauf qu'ici, c'est une abeille, et non un déplacement du mâle, qui a permis la rencontre.

Étape 4 — De la fleur au fruit. L'ovule fécondé devient une graine (le pépin), et le pistil grossit pour former le fruit : l'orange. La fleur blanche du printemps se transforme ainsi, au fil des mois, en orange juteuse contenant des pépins.

Conclusion. Karim a sa réponse : les ruches sont indispensables au verger, car sans pollinisateurs, beaucoup de fleurs ne donneraient pas de fruits. Une seule fleur, une seule abeille, une seule cellule-œuf — et c'est tout le verger qui se repeuple chaque printemps. Tu retrouveras cette idée de dépendance entre espèces plus tard, quand tu étudieras les relations alimentaires et les équilibres des milieux.

À retenir

Avant les exercices, voici les règles essentielles à mémoriser.

À RETENIR

La reproduction sexuée unit deux gamètes : un spermatozoïde (mâle) et un ovule (femelle). Leur union, la fécondation, donne une cellule-œuf, origine du nouvel individu.

À RETENIR

La fécondation est externe (dans l'eau : poissons, grenouilles, beaucoup d'œufs) ou interne (dans le corps de la femelle : mammifères, oiseaux, reptiles, insectes).

À RETENIR

Une espèce ovipare pond des œufs d'où le petit éclot ; une espèce vivipare garde le petit dans le ventre de la mère, qui le met bas déjà formé.

À RETENIR

Chez les plantes à fleurs, la pollinisation (vent, insectes) amène le pollen (mâle) sur le pistil (femelle) : après fécondation, l'ovule devient une graine et le pistil un fruit.

À RETENIR

La reproduction sexuée assure la survie de l'espèce, produit des descendants tous différents, dépend des conditions du milieu (eau, saison, pollinisateurs) et permet le peuplement des milieux.