Physique-Chimie · Tᴱ · Transformations chimiques

Transformations chimiques

Objectif BacTout le programme de Terminale à réviser.

Avancement et vitesse de réaction

Quand une réaction se déroule, les réactifs disparaissent et les produits apparaissent, mais pas n'importe comment : les quantités consommées et formées sont liées par les coefficients de l'équation. Pour suivre tout cela d'un seul nombre, on introduit l'avancement, noté x.

DÉFINITION

L'avancement x (en mol) d'une réaction mesure le degré d'évolution de la transformation. Pour une réaction aA+bBcC+dD, partant de l'état initial, la quantité de chaque espèce s'écrit dans un tableau d'avancement : n(A)=n0(A)ax,n(C)=n0(C)+cx.

À l'état initial, x=0. L'avancement croît au fur et à mesure que la réaction progresse, jusqu'à une valeur maximale.

DÉFINITION

L'avancement maximal xmax est la valeur de x atteinte lorsqu'un réactif est entièrement consommé. Ce réactif, le premier épuisé, est le réactif limitant : c'est lui qui arrête la réaction.

Exemple 1. On fait réagir n0(H2)=3,0 mol et n0(O2)=1,0 mol selon 2H2+O22H2O. Pour H2, l'épuisement donne 3,02x=0, soit x=1,5 mol. Pour O2, 1,0x=0, soit x=1,0 mol. Le plus petit l'emporte : xmax=1,0 mol, et O2 est le réactif limitant.

Tableau d'avancement de la réaction 2 H₂ + O₂ → 2 H₂O Tableau d'avancement à trois lignes (état initial, en cours, état final) et quatre colonnes (avancement x, n(H₂), n(O₂), n(H₂O)). À l'état initial x vaut 0 avec 3,0 mol de H₂, 1,0 mol de O₂ et 0 de H₂O. En cours, les quantités valent 3,0 moins 2x, 1,0 moins x et 2x. À l'état final x vaut x_max égal à 1,0 mol : il reste 1,0 mol de H₂, 0 mol de O₂ (réactif limitant mis en évidence) et 2,0 mol de H₂O. coeff. 2 coeff. 1 coeff. 2 x (mol) n(H₂) n(O₂) n(H₂O) État initial En cours État final x = 0 x x = x_max = 1,0 3,0 1,0 0 3,0 − 2x 1,0 − x 2x 1,0 0 2,0 Le réactif limitant est celui dont la quantité s'annule en premier ; ici O₂ fixe x_max = 1,0 mol.
Tableau d'avancement de la réaction 2 H₂ + O₂ → 2 H₂O, avec l'état initial, l'état en cours et l'état final mettant en évidence O₂ comme réactif limitant fixant x_max

La vitesse volumique de réaction

Savoir jusqu'où va une réaction ne dit pas à quelle allure. Pour cela, on regarde la rapidité avec laquelle l'avancement augmente, ramenée au volume du milieu.

DÉFINITION

La vitesse volumique de réaction v est la dérivée de l'avancement par rapport au temps, rapportée au volume V du système : v=1Vdxdt. On peut aussi la suivre par la variation d'une concentration. Elle s'exprime en molL1s1.

Graphiquement, dxdt est la pente de la tangente à la courbe x(t). Au début, cette pente est forte : la réaction est rapide. Puis elle s'aplatit.

Exemple 2. Au début d'une réaction, la courbe x(t) monte raide ; après quelques minutes, elle s'incurve et finit presque plate au voisinage de xmax. La vitesse, forte au départ, tend vers zéro.

Pourquoi la vitesse décroît

Au fil du temps, les réactifs s'épuisent : leur concentration diminue, donc les rencontres entre molécules réactives se raréfient. Dans la plupart des réactions simples étudiées ici, la vitesse décroît donc au cours du temps, jusqu'à s'annuler quand la réaction est terminée : on commence vite, on finit lentement. Ce n'est cependant pas une loi absolue — certaines transformations (réactions autocatalytiques, périodes d'induction) présentent une phase d'accélération ; mais elles dépassent le cadre du programme.

À RETENIR

L'avancement x (en mol) se lit dans le tableau d'avancement ; xmax est fixé par le réactif limitant. La vitesse v=1Vdxdt (en molL1s1) décroît au cours du temps car les réactifs s'épuisent.

Suivi temporel d'une transformation

Pour tracer la courbe x(t), il faut mesurer l'avancement sans arrêter la réaction. On exploite une grandeur physique liée à une concentration et qui évolue pendant la transformation.

DÉFINITION

Le suivi temporel d'une transformation consiste à mesurer, au cours du temps, une grandeur reliée à l'avancement. Les méthodes courantes sont la conductimétrie (si des ions apparaissent ou disparaissent), la spectrophotométrie (si une espèce est colorée), le titrage, la pH-métrie, ou la mesure de pression / volume de gaz.

Le choix de la méthode dépend de la réaction. Une espèce colorée appelle la spectrophotométrie ; une réaction qui modifie le nombre d'ions appelle la conductimétrie ; un dégagement gazeux appelle la mesure de volume.

Exemple 1. La spectrophotométrie repose sur la loi de Beer-Lambert : l'absorbance A d'une solution colorée est proportionnelle à la concentration de l'espèce absorbante, A=ε××C,ε est le coefficient d'absorption molaire et l'épaisseur traversée. En mesurant A au cours du temps, on remonte directement à C(t), donc à x(t).

Exemple 2. La réaction du diiode I2 (brun-orangé) avec les ions thiosulfate décolore peu à peu le milieu. Suivre la décroissance de l'absorbance, c'est suivre la disparition de I2, donc l'avancement.

Le temps de demi-réaction

Pour comparer deux cinétiques sans tracer toute la courbe, on retient un repère unique : la durée nécessaire pour parcourir la moitié du chemin.

DÉFINITION

Le temps de demi-réaction t1/2 est la durée au bout de laquelle l'avancement atteint la moitié de sa valeur finale xf : x(t1/2)=xf2. Si la transformation est totale, alors xf=xmax et l'on retrouve x(t1/2)=xmax2 ; si elle est limitée, c'est bien xf<xmax qu'il faut diviser par deux.

On le détermine graphiquement : on repère xf (asymptote horizontale de la courbe), on en prend la moitié, et on lit l'abscisse correspondante sur la courbe x(t).

Avancement d'une reaction et temps de demi-reaction Avancement x en fonction du temps : courbe croissante concave tendant vers une asymptote x_max. La moitie x_max sur 2 est atteinte au temps de demi-reaction t un demi, lu graphiquement. t (s) x (mol) x_max x_max/2 t₁/₂ t₁/₂ : duree pour atteindre la moitie de x_max
Courbe d'avancement x en fonction du temps tendant vers une asymptote x max, avec lecture graphique du temps de demi-réaction

Exemple 3. Si l'avancement final est xf=4,0 mmol et que la courbe passe par x=2,0 mmol à l'instant t=30 s, alors t1/2=30 s. Plus t1/2 est court, plus la réaction est rapide.

À RETENIR

On suit une transformation par conductimétrie, spectrophotométrie (loi de Beer-Lambert A=εC), titrage, pH-métrie ou mesure de gaz. Le temps de demi-réaction t1/2 vérifie x(t1/2)=xf2 (avec xf=xmax si la transformation est totale) et se lit graphiquement.

Facteurs cinétiques et catalyse

Une même réaction peut être lente ou rapide selon les conditions. Les grandeurs qui agissent sur sa vitesse s'appellent les facteurs cinétiques.

DÉFINITION

Un facteur cinétique est une grandeur dont la variation modifie la vitesse d'une réaction. Les deux principaux sont la température (plus elle est élevée, plus la réaction est rapide) et la concentration des réactifs (plus elle est élevée, plus la réaction est rapide).

Ces deux facteurs s'expliquent de la même manière : augmenter la température agite davantage les molécules, augmenter la concentration les rapproche ; dans les deux cas, les rencontres efficaces se multiplient.

Exemple 1. Les citrons confits de la grand-mère de Yasmine se conservent au frais : le froid ralentit les réactions de dégradation. À l'inverse, on cuit vite à feu vif : la chaleur accélère.

Le catalyseur

Il existe un troisième levier, plus subtil : ajouter une espèce qui accélère la réaction sans être consommée au bilan.

DÉFINITION

Un catalyseur est une espèce qui accélère une réaction sans figurer dans son équation-bilan : il est consommé puis régénéré. Il agit en abaissant l'énergie d'activation Ea, c'est-à-dire la barrière d'énergie que les réactifs doivent franchir pour se transformer.

Effet d'un catalyseur sur l'energie d'activation Profil energetique d'une reaction : sans catalyseur la barriere d'energie d'activation est haute, avec catalyseur elle est abaissee. Les niveaux des reactifs et des produits sont identiques dans les deux cas. coordonnee de reaction energie potentielle E_a (sans catalyseur) E_a (avec catalyseur) reactifs produits le catalyseur abaisse la barriere : la reaction est plus rapide
Profil énergétique d'une réaction montrant l'énergie d'activation abaissée par un catalyseur

On distingue trois types de catalyse selon l'état du catalyseur : homogène (catalyseur dans la même phase que les réactifs, par exemple en solution), hétérogène (catalyseur solide, réactifs liquides ou gazeux, comme le platine d'un pot catalytique), et enzymatique (catalyseur biologique, une enzyme, comme dans la digestion ou la fermentation du pain).

Exemple 2. L'eau oxygénée H2O2 se décompose très lentement. Quelques gouttes d'ions Fe3+ (catalyse homogène) ou un morceau de platine (catalyse hétérogène) déclenchent une effervescence vive : le catalyseur accélère, mais on le retrouve intact à la fin.

La trempe

Pour figer une réaction au moment où l'on veut la mesurer, on exploite l'effet de la température en sens inverse.

DÉFINITION

La trempe est un refroidissement brutal du milieu réactionnel qui bloque quasi instantanément la réaction. On l'utilise pour arrêter une transformation à un instant précis, par exemple avant un titrage.

Exemple 3. Pour titrer un échantillon à un instant t donné, on plonge le tube dans un bain de glace : la trempe stoppe l'évolution, et l'on mesure l'avancement « gelé » à cet instant.

À RETENIR

Les facteurs cinétiques sont la température et la concentration : les augmenter accélère la réaction. Un catalyseur accélère sans apparaître au bilan (régénéré), en abaissant l'énergie d'activation ; la trempe (froid brutal) bloque la réaction.

Transformations acide-base

Parmi les transformations chimiques, celles qui échangent un proton entre espèces forment une grande famille. Au collège, tu mesurais le pH d'une solution ; on en fait ici un outil quantitatif.

DÉFINITION

Un couple acide/base est constitué de deux espèces qui se transforment l'une en l'autre par transfert d'un proton H+ : AH    A+H+. L'acide AH cède le proton ; la base A le capte. Exemple : le couple CH3COOH/CH3COO (acide éthanoïque / éthanoate), au cœur du vinaigre.

L'acidité d'une solution se mesure par la concentration en ions oxonium H3O+, mais comme celle-ci varie sur plusieurs ordres de grandeur, on en prend le logarithme.

DÉFINITION

Le pH d'une solution aqueuse est défini par pH=log[H3O+],soit[H3O+]=10pH,[H3O+] est exprimée en molL1. Plus le pH est petit, plus la solution est acide.

Exemple 1. Une solution de pH =3 contient [H3O+]=103 molL1. Une solution de pH =2 en contient dix fois plus : un point de pH en moins, c'est une concentration multipliée par 10.

Acide fort, acide faible et constante d'acidité

Tous les acides ne cèdent pas leur proton avec la même générosité.

DÉFINITION

Un acide fort réagit totalement avec l'eau : toutes ses molécules cèdent leur proton. Un acide faible ne réagit que partiellement : seule une fraction des molécules est dissociée. De même pour les bases fortes (réaction totale) et faibles (partielle).

Pour quantifier la force d'un acide faible, on mesure dans quelle proportion il se dissocie à l'équilibre.

DÉFINITION

La constante d'acidité Ka d'un couple AH/A caractérise sa tendance à céder le proton : Ka=[A][H3O+][AH],pKa=log(Ka). Plus Ka est grand (donc pKa petit), plus l'acide est fort.

Exemple 2. L'acide éthanoïque a pKa4,8 : c'est un acide faible, il ne se dissocie que partiellement. C'est pourquoi le vinaigre, bien qu'acide au goût, a un pH proche de 3 et non de 1.

La réaction acide-base

DÉFINITION

Une réaction acide-base est un transfert de proton entre l'acide d'un couple et la base d'un autre couple : A1H+A2    A1+A2H.

Exemple 3. Verse du vinaigre (CH3COOH) sur du bicarbonate (HCO3) : l'acide cède son proton à l'ion hydrogénocarbonate, qui se transforme en CO2 — d'où l'effervescence du msemen.

À RETENIR

Un couple acide/base échange un proton H+. Le pH =log[H3O+] et [H3O+]=10pH. Un acide est fort (dissociation totale) ou faible (partielle), caractérisé par Ka et pKa=log(Ka).

État d'équilibre et constante

En première, tu supposais souvent les réactions « totales ». La réalité est plus nuancée : beaucoup de transformations s'arrêtent avant l'épuisement du réactif limitant, dans un état où réactifs et produits coexistent.

DÉFINITION

Une transformation est limitée (non totale) si elle atteint un état d'équilibre où les réactifs et les produits coexistent et où les concentrations n'évoluent plus, bien que les deux réactions inverses se poursuivent à la même vitesse. On note alors l'équation avec une double flèche .

Pour décrire où en est le système à un instant donné, on calcule un rapport de concentrations.

DÉFINITION

Le quotient de réaction Qr associé à aA+bBcC+dD s'écrit, à un instant quelconque, Qr=[C]c[D]d[A]a[B]b, les concentrations étant prises à cet instant.

À mesure que la réaction progresse, Qr évolue ; à l'équilibre, il se stabilise sur une valeur particulière.

DÉFINITION

À l'équilibre, le quotient de réaction prend une valeur constante appelée constante d'équilibre K : Qr,eˊq=K. K ne dépend que de la température, pas des quantités initiales.

Exemple 1. Pour l'acide éthanoïque dans l'eau, la constante d'équilibre est précisément le Ka de la leçon précédente : c'est un cas particulier de constante d'équilibre.

Sens d'évolution et taux d'avancement

Comparer Qr à K permet de prédire dans quel sens le système va évoluer.

Critère d'évolution spontanée. On compare le quotient de réaction initial Qr,i à la constante K :

  • si Qr,i<K, le système évolue dans le sens direct (formation des produits) ;
  • si Qr,i>K, il évolue dans le sens inverse ;
  • si Qr,i=K, il est déjà à l'équilibre : aucune évolution.

Enfin, pour mesurer à quel point une réaction limitée s'éloigne d'une réaction totale, on définit son rendement.

DÉFINITION

Le taux d'avancement final τ est le rapport de l'avancement final à l'avancement maximal : τ=xfinalxmax. Pour une transformation totale, τ=1 ; pour une transformation limitée, τ<1.

Exemple 2. Si une solution d'acide éthanoïque n'est dissociée qu'à 1 %, alors τ=0,01 : la réaction avec l'eau est très limitée. À l'inverse, un acide fort donne τ=1.

À RETENIR

Une transformation limitée atteint un équilibre () où réactifs et produits coexistent. Le quotient Qr tend vers la constante d'équilibre K (qui ne dépend que de T). On compare Qr,i à K pour le sens d'évolution ; le taux d'avancement τ=xfinalxmax<1 pour une réaction limitée.

Transformations forcées : l'électrolyse

Toutes les transformations vues jusqu'ici se produisent spontanément, dans le sens fixé par la comparaison de Qr à K. Mais on peut forcer une transformation à se dérouler dans le sens inverse de son évolution naturelle, en lui fournissant de l'énergie électrique.

DÉFINITION

L'électrolyse est une transformation forcée : un générateur impose un courant qui fait évoluer le système dans le sens inverse de son sens spontané. Sans générateur, la réaction n'aurait pas lieu.

Le siège de la transformation est constitué de deux électrodes plongées dans la solution.

DÉFINITION

Dans un électrolyseur, l'anode est l'électrode où se produit l'oxydation (perte d'électrons), et la cathode celle où se produit la réduction (gain d'électrons). Le générateur impose le sens du courant et donc des réactions.

Exemple 1. En rechargeant une batterie de scooter, Amine la transforme en électrolyseur : le chargeur force les réactions chimiques à l'envers de leur décharge spontanée, reconstituant les réactifs.

Schéma d'un électrolyseur Un générateur de tension continue, en haut, relie par deux fils ses bornes plus et moins à deux électrodes plongées dans une cuve remplie d'une solution ionique. La borne plus alimente l'anode (à gauche), siège de l'oxydation ; la borne moins alimente la cathode (à droite), siège de la réduction où se dépose un métal selon Au³⁺ + 3 e⁻ → Au. Le courant conventionnel circule dans un sens, les électrons en sens inverse. Dans la solution, les cations migrent vers la cathode et les anions vers l'anode. + générateur e⁻ solution ionique ANODE oxydation (perte d'e⁻) CATHODE réduction (gain d'e⁻) Au³⁺ + 3 e⁻ → Au cations → ← anions Le générateur impose le courant : oxydation à l'anode, réduction à la cathode, dans le sens inverse du spontané.
Schéma d'un électrolyseur : un générateur impose le courant à deux électrodes plongées dans une solution ionique, avec oxydation à l'anode et réduction à la cathode où se dépose un métal

La relation de Faraday

L'électrolyse relie une grandeur électrique, la charge transportée, à une grandeur chimique, la quantité de matière transformée.

DÉFINITION

La quantité d'électricité Q (en coulombs) qui traverse l'électrolyseur pendant la durée t vaut Q=I×t. Elle est reliée à la quantité d'électrons échangés par la constante de Faraday F=96500 Cmol1 : Q=I×t=n(e)×F.

À partir de n(e) et des coefficients de la demi-équation, on remonte à la quantité de métal déposé ou de gaz formé.

Établir l'expression de la masse déposée

On peut établir une formule générale donnant la masse de métal déposé à la cathode. Considère la réduction d'un cation métallique Mz+ selon la demi-équation Mz++zeM. Elle indique que z électrons sont nécessaires pour déposer un atome de métal ; donc, pour une quantité n(M) d'atomes déposés, la quantité d'électrons échangés vaut n(e)=z×n(M). Combine maintenant la relation de Faraday I×t=n(e)×F avec n(M)=mM, où M est la masse molaire du métal : I×t=z×n(M)×F=z×mM×F. En isolant la masse m, on obtient m=MItzF. Cette expression relie directement une durée d'électrolyse et un courant à une masse pesable sur une balance : c'est le cœur de tout calcul de galvanoplastie.

Exemple 2. Un courant I=2,0 A circule pendant t=30 min=1800 s. La quantité d'électrons échangés vaut n(e)=I×tF=2,0×1800965003,7×102 mol.

Les applications de l'électrolyse

L'électrolyse est partout dans l'industrie : production de métaux (l'aluminium est obtenu par électrolyse de l'alumine, gros consommateur d'électricité), galvanoplastie (dépôt d'une fine couche métallique, comme la dorure ou l'argenture d'un bijou au souk), et recharge des accumulateurs (batteries de scooters, de téléphones).

Exemple 3. Pour dorer un bracelet en argent, l'artisan le branche en cathode dans un bain contenant des ions Au3+ : la réduction Au3++3eAu dépose l'or sur le bijou. La masse déposée se calcule via la relation de Faraday.

À RETENIR

L'électrolyse est une transformation forcée par un générateur, dans le sens inverse du spontané. Anode : oxydation ; cathode : réduction. La relation de Faraday Q=It=n(e)F (avec F=96500 Cmol1) relie l'électricité à la matière. Applications : métaux, galvanoplastie, accumulateurs.

Pièges classiques

1. Confondre vitesse de réaction et avancement. L'avancement x ne fait qu'augmenter au cours du temps (jusqu'à xmax) ; c'est la vitesse 1Vdxdt qui diminue. La courbe x(t) monte, mais sa pente s'aplatit : avancement croissant, vitesse décroissante.

2. Croire que le réactif limitant est celui qui a la plus petite quantité initiale. Faux : le réactif limitant dépend des coefficients stœchiométriques, pas seulement des quantités. Il faut comparer les valeurs de x qui annulent chaque réactif, et retenir la plus petite.

3. Penser que le catalyseur déplace l'équilibre ou change le rendement. Un catalyseur n'accélère que l'atteinte de l'équilibre : il ne modifie ni K, ni xmax, ni le taux d'avancement final τ. Il abaisse l'énergie d'activation, c'est tout. Il n'apparaît jamais dans le bilan car il est régénéré.

4. Oublier que le pH est un logarithme. Passer de pH =3 à pH =1 ne « double » pas l'acidité : [H3O+]=10pH est multipliée par 100. Chaque unité de pH correspond à un facteur 10 sur la concentration en H3O+.

5. Croire que toute réaction est totale. Beaucoup de transformations sont limitées : elles s'arrêtent à un équilibre où réactifs et produits coexistent, avec τ<1. Un acide faible, par exemple, ne se dissocie que partiellement. On compare Qr,i à K pour savoir où l'on va.

6. Inverser anode et cathode, ou oublier le facteur des électrons. À l'anode se produit l'oxydation, à la cathode la réduction (moyen mnémotechnique : « réduction » et « cathode » sont du même côté du flux d'électrons entrant). Et dans la relation de Faraday, ne pas oublier le nombre d'électrons de la demi-équation (Au3++3e : trois électrons par atome déposé).

Application concrète

Yasmine veut vérifier l'acidité du vinaigre artisanal vendu au souk de Fès, étiqueté « 7 % d'acidité ». Avec le matériel du lycée, elle titre un échantillon pour mesurer la concentration réelle en acide éthanoïque CH3COOH, puis l'interprète en chimiste.

Étape 1 — Suivre la transformation par pH-métrie. Yasmine prélève VA=10,0 mL de vinaigre dilué qu'elle place dans un bécher avec une sonde pH. Elle y verse progressivement une solution de soude (base forte, ions HO) de concentration CB=0,10 molL1, en suivant le pH à chaque ajout. La réaction de titrage est acide-base : CH3COOH+HOCH3COO+H2O, un transfert de proton.

Étape 2 — Repérer l'équivalence. Le pH grimpe brutalement pour un volume versé VE=8,0 mL : c'est l'équivalence, l'instant où les réactifs ont été introduits en proportions stœchiométriques. À l'équivalence, la quantité de base versée égale la quantité d'acide initialement présente.

Étape 3 — Calculer la quantité de matière d'acide. À l'équivalence, n(CH3COOH)=n(HO)verseˊ=CB×VE=0,10×8,0×103=8,0×104 mol.

Étape 4 — En déduire la concentration. La concentration en acide dans l'échantillon prélevé vaut CA=n(CH3COOH)VA=8,0×10410,0×103=8,0×102 molL1. Yasmine remonte ensuite, par le facteur de dilution, à la concentration du vinaigre non dilué, qu'elle compare à l'étiquette.

Étape 5 — Interpréter avec la cinétique et l'équilibre. Yasmine note que l'acide éthanoïque est faible (pKa4,8) : dans le vinaigre seul, il n'est que partiellement dissocié (τ<1), d'où un pH proche de 3 et non de 1. Le titrage par la soude, lui, est une réaction quasi totale (constante d'équilibre très grande) et rapide, ce qui rend le saut de pH net à l'équivalence — pas besoin de catalyseur ni de trempe ici, la réaction est instantanée.

Conclusion. En cinq étapes, Yasmine a relié une mesure expérimentale (le volume à l'équivalence) à une quantité de matière, puis à une concentration, en mobilisant le suivi temporel, la réaction acide-base, la notion d'acide faible et d'équilibre. C'est exactement la démarche d'un chimiste analyste. En classes préparatoires, ce titrage deviendra le point de départ d'une étude fine des équilibres acido-basiques et des diagrammes de prédominance ; la cinétique et l'oxydoréduction, elles, prolongeront les leçons sur la vitesse et l'électrolyse.

À retenir

À RETENIR

L'avancement x croît jusqu'à xmax (fixé par le réactif limitant) ; la vitesse v=1Vdxdt (en molL1s1) décroît au cours du temps (dans les réactions simples étudiées ici). Le temps de demi-réaction vérifie x(t1/2)=xf2, soit xmax2 pour une transformation totale.

À RETENIR

Les facteurs cinétiques (température, concentration) et un catalyseur (qui abaisse Ea sans figurer au bilan) accélèrent une réaction ; la trempe la bloque. On suit l'évolution par conductimétrie, spectrophotométrie (A=εC), pH-métrie ou mesure de gaz.

À RETENIR

Un couple acide/base échange un proton. pH=log[H3O+] et [H3O+]=10pH ; un acide est caractérisé par Ka et pKa=log(Ka). Acide fort : dissociation totale ; acide faible : partielle.

À RETENIR

Une transformation limitée atteint un équilibreQr=K (K ne dépend que de T). On compare Qr,i à K pour le sens d'évolution ; le taux d'avancement τ=xfinalxmax<1 pour une réaction limitée, τ=1 pour une totale.

À RETENIR

L'électrolyse force une transformation dans le sens inverse du spontané grâce à un générateur. Anode : oxydation ; cathode : réduction. La relation de Faraday Q=It=n(e)F (avec F=96500 Cmol1) relie électricité et matière.

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