Physique-Chimie · 5ᵉ · Sources et propagation de la lumière

Sources et propagation de la lumière

Tu passes en 4ᵉ ?Consolide l'essentiel de la 5ᵉ avant la rentrée.

Sources primaires et objets diffusants

Tout commence par une question simple : qui fabrique la lumière, et qui se contente de la renvoyer ? La nuit dans le désert te montre les deux à la fois.

DÉFINITION

Une source primaire de lumière produit elle-même la lumière qu'elle émet. Un objet diffusant (ou source secondaire) ne produit pas de lumière : il renvoie dans toutes les directions une partie de la lumière qu'il reçoit.

Le Soleil, les étoiles, une flamme de bougie, une lampe allumée, l'écran allumé d'un téléphone : tous fabriquent leur propre lumière. Ce sont des sources primaires. En revanche, un mur éclairé, une feuille de papier, et même la Lune ou les planètes ne brillent que parce qu'une autre source les éclaire. Ce sont des objets diffusants.

Exemple 1. Dans le désert, l'étoile Polaire est une source primaire : elle produit sa lumière par les réactions qui se déroulent en son cœur, exactement comme le Soleil. La lumière que tu en reçois est née dans l'étoile elle-même.

Exemple 2. La Lune, au contraire, est un énorme caillou sombre. Elle ne fabrique aucune lumière. Si elle brille la nuit, c'est uniquement parce que le Soleil l'éclaire et qu'elle en renvoie une partie vers la Terre. La Lune est un objet diffusant.

Le cas du miroir : réflexion plutôt que diffusion

Un miroir mérite une mention à part, car on le range souvent à tort parmi les objets diffusants. Lui non plus ne produit pas de lumière : comme un mur ou la Lune, il se contente de renvoyer la lumière qu'il reçoit. Mais il le fait d'une manière très différente. Un mur, une feuille ou la Lune renvoient la lumière dans toutes les directions à la fois : c'est la diffusion. Un miroir, lui, renvoie la lumière de façon ordonnée, dans une direction précise : c'est la réflexion.

DÉFINITION

Un objet réfléchissant, comme un miroir, renvoie la lumière reçue dans une direction privilégiée, sans la disperser : c'est la réflexion. Un objet diffusant la renvoie au contraire dans toutes les directions : c'est la diffusion.

C'est exactement pour cela que tu te vois dans un miroir, mais pas sur un mur blanc : le miroir réfléchit l'image de façon ordonnée, alors que le mur éparpille la lumière dans tous les sens. Retiens donc qu'un miroir n'est pas un objet diffusant, mais un objet réfléchissant. Tu étudieras les lois précises de la réflexion plus tard dans ta scolarité.

Le piège de la Lune

C'est l'erreur la plus fréquente : croire que la Lune est une source de lumière. La Lune ne produit rien. C'est un gros caillou éclairé qui renvoie la lumière du Soleil dans toutes les directions : elle diffuse cette lumière (elle ne la réfléchit pas comme un miroir). Les planètes (Vénus, Mars, Jupiter) sont dans le même cas : ce qu'on voit d'elles, c'est de la lumière solaire diffusée. Seules les étoiles sont, dans le ciel nocturne, de vraies sources primaires.

À RETENIR

Une source primaire produit sa lumière (Soleil, étoile, flamme, lampe, écran allumé). Un objet diffusant renvoie la lumière reçue dans toutes les directions (Lune, mur, feuille, planètes) ; un miroir, lui, la renvoie dans une seule direction (c'est la réflexion). La Lune n'est pas une source primaire.

La propagation rectiligne de la lumière

Maintenant qu'on sait d'où vient la lumière, demandons-nous comment elle voyage. La réponse est l'une des plus belles lois de la physique parce qu'elle est d'une simplicité parfaite.

DÉFINITION

Dans un milieu transparent et homogène (le même partout, comme l'air calme ou le verre clair), la lumière se propage en ligne droite. C'est le principe de propagation rectiligne de la lumière.

« Homogène » veut dire que le milieu a partout les mêmes propriétés : pas de couches d'air chaud et d'air froid mélangées, pas de zones plus denses que d'autres. Dans ces conditions, la lumière ne tourne pas, ne se courbe pas : elle file tout droit.

La lumière se propage en ligne droite dans un milieu homogène Une source lumineuse à gauche émet un faisceau de rayons rectilignes qui traversent en ligne droite un milieu transparent et homogène jusqu'à un écran à droite. Un trajet courbe est barré pour montrer que la lumière ne se courbe pas. milieu transparent et homogène (air calme) Source Écran La lumière ne se courbe pas
La lumière se propage en ligne droite dans un milieu homogène

Les preuves de tous les jours

Tu observes la propagation rectiligne sans même y penser.

Exemple 1. Le faisceau d'un laser ou d'une lampe torche dans une pièce poussiéreuse dessine un trait parfaitement droit dans l'air.

Exemple 2. Quand le Soleil perce les nuages ou entre par une fente, les rayons qui traversent la poussière ou la fumée apparaissent comme des droites lumineuses.

Exemple 3. Pour vérifier qu'une rangée d'objets est bien alignée, on vise à travers des trous : si la lumière passe par tous les trous, c'est qu'ils sont sur une même droite. Ce procédé n'a de sens que parce que la lumière va tout droit.

À RETENIR

Dans un milieu transparent et homogène, la lumière se propage en ligne droite. Si le milieu n'est pas homogène, ce trajet peut être dévié — mais ce cas sort du programme de 5ᵉ.

Le rayon et le faisceau lumineux

Pour raisonner et dessiner, les physiciens ont besoin d'un modèle simple du trajet de la lumière. Ce modèle, c'est le rayon lumineux.

DÉFINITION

Un rayon lumineux est le modèle du trajet suivi par la lumière. On le représente par un trait muni d'une flèche qui indique le sens de propagation (de la source vers le point éclairé).

Le rayon est une idée, un outil de dessin : dans la réalité, la lumière ne se déplace jamais le long d'un trait infiniment fin tout seul. Ce qu'on observe, ce sont des faisceaux.

DÉFINITION

Un faisceau lumineux est un ensemble de rayons lumineux émis par une source. C'est ce qu'on voit réellement : la lumière d'une lampe torche, d'un phare, du Soleil.

Faisceaux divergent, convergent et parallèle Trois cadres. À gauche, un faisceau divergent dont les rayons s'écartent en partant d'une source. Au centre, un faisceau convergent dont les rayons se rejoignent en un point. À droite, un faisceau parallèle dont les rayons restent côte à côte. Divergent les rayons s'écartent Convergent les rayons se rejoignent Parallèle les rayons restent côte à côte
Faisceaux divergent, convergent et parallèle

Les trois types de faisceaux

Selon la façon dont les rayons s'écartent ou se rapprochent, on distingue trois faisceaux :

  • Faisceau divergent : les rayons s'écartent les uns des autres en s'éloignant de la source. C'est le cas d'une petite ampoule ou d'une bougie : la lumière part dans toutes les directions.
  • Faisceau convergent : les rayons se rapprochent vers un même point. Une loupe peut concentrer la lumière du Soleil en un point très lumineux.
  • Faisceau parallèle : les rayons restent côte à côte, sans se rapprocher ni s'écarter. Le faisceau d'un laser est presque parfaitement parallèle ; les rayons du Soleil, qui vient de très loin, le sont aussi en pratique.

Le piège du « rayon unique »

Quand on allume une lampe torche, on parle souvent du « faisceau » de la torche. Attention : ce faisceau n'est pas un seul rayon. C'est une multitude de rayons regroupés. Un rayon isolé est une abstraction de dessin ; un faisceau est ce qu'on observe vraiment.

À RETENIR

Un rayon lumineux est un trait fléché qui modélise le trajet de la lumière. Un faisceau est un ensemble de rayons ; il peut être divergent, convergent ou parallèle.

Milieux transparent, translucide, opaque

La lumière ne traverse pas tout de la même façon. Selon la matière qu'elle rencontre, elle passe, passe à moitié, ou ne passe pas du tout. On classe les milieux en trois catégories.

DÉFINITION

Un milieu est transparent si la lumière le traverse et qu'on voit nettement à travers (verre clair, air pur, eau limpide). Il est translucide si la lumière passe mais qu'on ne voit pas nettement à travers (verre dépoli, papier calque, brouillard). Il est opaque si la lumière ne passe pas du tout (bois, métal, carton, mur).

Exemple 1. À travers la vitre transparente d'une fenêtre, tu vois nettement la rue : la lumière traverse et garde l'image intacte.

Exemple 2. À travers le verre dépoli d'une porte de salle de bain, tu vois passer la lumière et deviner une silhouette, mais l'image est floue : c'est un milieu translucide.

Exemple 3. Un volet en bois est opaque : aucune lumière ne passe, c'est pourquoi la pièce devient sombre quand tu le fermes.

Le piège du translucide

Ne confonds jamais translucide et transparent. Tous deux laissent passer la lumière, mais seul le transparent laisse voir nettement à travers. Le papier calque laisse passer la lumière (il s'éclaire) sans laisser voir l'image avec netteté : il est translucide, pas transparent.

À RETENIR

Transparent = la lumière passe et on voit nettement. Translucide = la lumière passe mais on ne voit pas nettement. Opaque = la lumière ne passe pas.

Les conditions de la vision

Voici la question qui boucle le chapitre : pourquoi vois-tu un objet ? La réponse change la façon de regarder le monde, et corrige une intuition fausse que beaucoup gardent toute leur vie.

DÉFINITION

Tu vois un objet quand de la lumière venant de cet objet entre dans ton œil. Cette lumière est soit émise par l'objet (source primaire), soit diffusée par lui (objet diffusant éclairé).

Autrement dit, pour qu'il y ait vision, il faut trois ingrédients : un objet, de la lumière qui part de l'objet, et un œil qui la reçoit. Retire l'un des trois et tu ne vois plus rien.

La lumière va de l'objet vers l'œil À gauche, une lampe éclaire un objet (une pomme). L'objet diffuse la lumière vers l'œil situé à droite. Les flèches vont de l'objet vers l'œil, jamais l'inverse. Lampe Objet Œil La lumière va de l'objet vers l'œil, jamais l'inverse
La lumière va de l'objet vers l'œil

Le sens de la lumière : de l'objet vers l'œil

C'est le point crucial. La lumière voyage de l'objet vers l'œil, jamais l'inverse. Ton œil n'envoie aucun rayon ; il ne fait que recevoir la lumière. On ne « lance » pas un regard comme un projecteur : on capte la lumière qui arrive.

Le noir total : on ne voit rien

S'il n'y a aucune lumière, aucun objet ne peut t'envoyer de lumière, donc tu ne vois rien — même les yeux grands ouverts. Dans une grotte parfaitement noire, ta main devant ton visage reste invisible : non parce qu'elle a disparu, mais parce qu'aucune lumière ne part d'elle vers ton œil.

À RETENIR

On voit un objet quand sa lumière (émise ou diffusée) atteint l'œil. La lumière va de l'objet vers l'œil, jamais l'inverse. Dans le noir total, on ne voit rien.

Pièges classiques

Piège 1 : croire que la Lune est une source primaire. La Lune diffuse la lumière du Soleil, elle n'en produit pas (voir plus haut, Le piège de la Lune).

Piège 2 : penser qu'on peut voir dans le noir total. S'il n'y a aucune lumière, aucun objet ne peut t'en envoyer : on ne voit rien, même les yeux ouverts. Voir exige de la lumière qui part de l'objet vers l'œil.

Piège 3 : imaginer que la lumière se propage en courbe. Dans un milieu transparent et homogène, la lumière va en ligne droite, jamais en arc de cercle ni en zigzag. C'est ce qui permet de viser à travers des trous alignés.

Piège 4 : confondre translucide et transparent. Les deux laissent passer la lumière, mais seul le transparent laisse voir nettement (voir plus haut, Le piège du translucide).

Piège 5 : croire que l'œil émet de la lumière. L'œil ne lance aucun rayon. La lumière va de l'objet vers l'œil, et l'œil ne fait que la recevoir. On capte la lumière, on ne la projette pas.

Piège 6 : confondre un faisceau et un rayon unique. Un faisceau est un ensemble de nombreux rayons (voir plus haut, Le piège du « rayon unique »).

Application concrète

Yasmine s'est installée pour la nuit dans le désert marocain, loin de toute lumière artificielle. Elle a une lampe torche dans son sac et le ciel entier au-dessus d'elle. Suivons la lumière à l'œuvre.

Étape 1 — Trier les sources du ciel.

Yasmine lève les yeux. Les milliers d'étoiles qu'elle voit sont des sources primaires : chacune produit sa propre lumière, comme un petit Soleil lointain. La Lune, brillante ce soir-là, n'est pas une source : c'est un objet diffusant qui renvoie la lumière du Soleil. Les points brillants qui ne scintillent pas, comme Jupiter ou Vénus, sont des planètes : elles aussi diffusent la lumière solaire. Du premier coup d'œil, Yasmine sépare ce qui produit de la lumière de ce qui la renvoie.

Étape 2 — Comprendre pourquoi elle les voit.

Si Yasmine voit ces astres, c'est qu'une lumière, partie de chacun d'eux, est entrée dans son œil. Pour les étoiles, c'est de la lumière émise ; pour la Lune et les planètes, c'est de la lumière diffusée. Dans les deux cas, la lumière va de l'astre vers son œil — jamais l'inverse.

Étape 3 — Le trajet en ligne droite.

L'air calme et homogène du désert est un milieu transparent : la lumière des étoiles le traverse en ligne droite sur des distances immenses avant d'atteindre l'œil de Yasmine. C'est aussi pour cela qu'elle peut viser une étoile précise du doigt : le trajet de la lumière est rectiligne, comme une règle tendue entre l'astre et son œil.

Étape 4 — La lampe torche.

Yasmine allume sa lampe torche. Le faisceau — un ensemble de rayons, pas un seul — éclaire le sable devant elle. Le sable, objet diffusant, renvoie cette lumière vers son œil : voilà pourquoi elle voit le sol. Si elle éteint la torche et qu'aucune lumière de la Lune n'arrive, le sol redevient invisible dans le noir : pas de lumière, pas de vision.

Conclusion.

D'un seul regard sur le ciel du désert, Yasmine a mobilisé tout le chapitre : sources primaires et objets diffusants, propagation rectiligne, faisceau de la torche, et la règle d'or de la vision. Cette même lumière qui voyage en ligne droite va, au chapitre suivant Ombres et éclipses, expliquer pourquoi un objet opaque projette une ombre nette et comment la Lune peut, certaines nuits, plonger dans l'ombre de la Terre.

À retenir

Avant les exercices, voici les règles essentielles à mémoriser.

À RETENIR

Une source primaire produit sa lumière (Soleil, étoile, flamme, lampe, écran allumé). Un objet diffusant renvoie la lumière reçue dans toutes les directions (Lune, mur, feuille, planètes) ; un miroir la réfléchit dans une seule direction. La Lune n'est pas une source primaire.

À RETENIR

Dans un milieu transparent et homogène, la lumière se propage en ligne droite : c'est la propagation rectiligne.

À RETENIR

Un rayon lumineux est un trait fléché qui modélise le trajet de la lumière ; un faisceau est un ensemble de rayons, qui peut être divergent, convergent ou parallèle.

À RETENIR

Un milieu est transparent (on voit nettement à travers), translucide (la lumière passe sans image nette) ou opaque (la lumière ne passe pas).

À RETENIR

On voit un objet quand sa lumière, émise ou diffusée, atteint l'œil. La lumière va de l'objet vers l'œil, jamais l'inverse. Dans le noir total, on ne voit rien.

Ce chapitre prépare à