Physique-Chimie · 1ʳᵉ · La lumière : un flux de photons

La lumière : un flux de photons

Objectif examen régionalLe programme de 1ʳᵉ année Bac à réviser.

Le modèle corpusculaire de la lumière

Jusqu'ici, tu décrivais la lumière comme une onde : une vibration qui se propage, caractérisée par sa fréquence ν (la lettre grecque « nu ») et sa longueur d'onde λ (« lambda »). Ce modèle ondulatoire explique merveilleusement la diffraction, les interférences, la décomposition d'un rayon blanc par un prisme. Mais au début du XXe siècle, certaines expériences ont résisté : pour les comprendre, il a fallu admettre que la lumière transporte son énergie non pas de façon continue, mais par grains indivisibles. Ces grains, on les appelle des photons.

DÉFINITION

La lumière est constituée de photons : des grains d'énergie, ou quanta d'énergie, qui se déplacent dans le vide à la célérité c=3,00×108 m/s. Un photon a une masse nulle et transporte une énergie bien déterminée. Un faisceau lumineux est un flux de photons.

Un photon n'est ni tout à fait une bille, ni tout à fait une vaguelette : c'est un objet nouveau, qui n'a pas d'équivalent dans la vie courante. Retiens trois propriétés essentielles. D'abord, il se déplace toujours à la vitesse c dans le vide — la plus grande vitesse de l'univers. Ensuite, sa masse est nulle : il ne « pèse » rien, et c'est pour cela qu'il peut atteindre la vitesse c. Enfin, il transporte un paquet d'énergie indivisible : on ne peut pas couper un photon en deux demi-photons.

Exemple 1. Une LED rouge éclairée émet chaque seconde un nombre colossal de photons rouges identiques, tous filant à c=3,00×108 m/s. L'intensité lumineuse perçue dépend du nombre de photons émis par seconde ; la couleur, elle, dépend de l'énergie de chaque photon.

La lumière reste aussi une onde : la complémentarité des deux modèles

Le modèle corpusculaire ne remplace pas le modèle ondulatoire : il le complète. Selon l'expérience que tu réalises, l'un ou l'autre point de vue s'impose. Et les deux descriptions sont reliées par une relation que tu connais déjà.

DÉFINITION

Pour une lumière de longueur d'onde λ (en mètres) et de fréquence ν (en hertz, Hz), dans le vide : c=λ×ν,soitν=cλ. La fréquence ν caractérise l'aspect ondulatoire, mais elle fixe aussi l'énergie de chaque photon : les deux modèles sont complémentaires.

Exemple 2. La lumière orange d'un lampadaire au sodium a une longueur d'onde λ=589 nm=589×109 m. Sa fréquence vaut ν=cλ=3,00×108589×109=5,09×1014 Hz. Cinq cent mille milliards d'oscillations par seconde : c'est cette fréquence qui définit la couleur orange, et c'est elle qui fixera l'énergie de chaque photon.

Le piège de Salma : croire qu'il faut choisir entre onde et grain

Salma demande : « Alors, la lumière, c'est une onde ou des grains ? Il faut bien choisir ! » Non, justement. La lumière est l'un et l'autre, selon ce que tu observes. Pour la diffraction, le modèle ondulatoire ; pour l'énergie transportée, le modèle corpusculaire. Ce n'est pas une contradiction, c'est une complémentarité : deux facettes d'un même objet. En terminale, on appellera cela la dualité onde-corpuscule, et tu verras qu'elle vaut aussi pour les électrons.

À RETENIR

La lumière est un flux de photons, grains d'énergie de masse nulle se déplaçant à c=3,00×108 m/s. Modèle corpusculaire et modèle ondulatoire sont complémentaires, reliés par c=λν.

Énergie d'un photon

Chaque photon transporte un quantum d'énergie. La question décisive est : combien ? La réponse, donnée par Max Planck et Albert Einstein, est d'une simplicité saisissante : l'énergie d'un photon est proportionnelle à sa fréquence.

DÉFINITION

L'énergie E d'un photon de fréquence ν vaut E=h×ν=h×cλ,h=6,63×1034 J⋅s est la constante de Planck, ν la fréquence en hertz (Hz), λ la longueur d'onde en mètres (m) et c=3,00×108 m/s. L'énergie E s'exprime en joules (J).

La constante de Planck h est l'une des constantes fondamentales de la nature, au même titre que c. Sa valeur, minuscule, indique que l'énergie d'un seul photon est extraordinairement petite à l'échelle humaine — d'où l'immense nombre de photons dans le moindre rayon de soleil.

Exemple 1. Pour le photon orange du sodium, λ=589×109 m : E=h×cλ=6,63×1034×3,00×108589×109=3,38×1019 J. On peut aussi passer par la fréquence : E=hν=6,63×1034×5,09×1014=3,38×1019 J. Les deux chemins donnent évidemment le même résultat.

L'électronvolt, une unité d'énergie sur mesure

Le joule est une unité géante pour un photon : manipuler des 1019 est pénible. Les physiciens utilisent donc une unité bien plus pratique à l'échelle atomique : l'électronvolt (eV).

DÉFINITION

L'électronvolt (eV) est une unité d'énergie adaptée au monde atomique : 1 eV=1,60×1019 J. Pour convertir une énergie de joules en électronvolts, on divise par 1,60×1019 ; pour passer d'eV en joules, on multiplie.

Exemple 2. L'énergie du photon orange du sodium, en électronvolts : E=3,38×10191,60×1019=2,11 eV. Voilà un nombre maniable. À l'échelle atomique, on raisonne presque toujours en électronvolts : les énergies des photons visibles s'échelonnent typiquement de 1,6 à 3,1 eV.

Plus la longueur d'onde est petite, plus l'énergie est grande

Regarde bien la relation E=hc/λ : λ est au dénominateur. Donc l'énergie est inversement proportionnelle à la longueur d'onde. Une petite longueur d'onde signifie un photon énergétique.

À RETENIR

L'énergie d'un photon vaut E=hν=hc/λ, avec h=6,63×1034 J⋅s. Elle est inversement proportionnelle à λ : un photon ultraviolet (UV, λ courte) est plus énergétique qu'un photon visible, lui-même plus énergétique qu'un photon infrarouge (IR, λ longue). Classement des énergies : UV>visible>IR.

Exemple 3. Un photon violet (λ=400 nm) a une énergie de 3,11 eV ; un photon rouge (λ=700 nm) seulement 1,78 eV. Le violet, de plus courte longueur d'onde, est bien le plus énergétique des deux. C'est pourquoi les UV (encore plus courts) sont les seuls capables de provoquer des coups de soleil : ils transportent assez d'énergie par photon pour abîmer la peau.

Le piège d'Amine : oublier de convertir la longueur d'onde en mètres

Amine calcule l'énergie d'un photon de λ=500 nm et tape directement 6,63×1034×3,00×108500. Catastrophe : il a oublié que 500 est en nanomètres, pas en mètres. Dans la formule E=hc/λ, la longueur d'onde doit toujours être en mètres : 500 nm=500×109 m=5,00×107 m. Réflexe : avant tout calcul d'énergie, convertis λ en mètres. Une erreur de 109 sur l'énergie, ça ne pardonne pas.

À RETENIR

Convertis toujours λ en mètres avant d'appliquer E=hc/λ (1 nm=109 m), et souviens-toi que 1 eV=1,60×1019 J.

Frise du spectre électromagnétique Frise horizontale du spectre électromagnétique. À gauche, le domaine infrarouge (IR), aux grandes longueurs d'onde ; au centre, le domaine visible représenté par un dégradé du rouge au violet, gradué à 700, 600, 500 et 400 nanomètres ; à droite, le domaine ultraviolet (UV), aux petites longueurs d'onde. Un repère orange marque la raie du sodium à 589 nm. Sous la frise, deux flèches opposées illustrent que la longueur d'onde lambda augmente vers la gauche tandis que l'énergie E = hc sur lambda augmente vers la droite : énergie et longueur d'onde varient en sens inverse. IR infrarouge visible UV ultraviolet 700 600 500 400 λ (nm) sodium 589 nm λ augmente → E = hc/λ augmente → énergie et longueur d'onde varient en sens inverse : UV > visible > IR en énergie
Frise du spectre électromagnétique : énergie et longueur d'onde varient en sens inverse

Quantification des niveaux d'énergie

Pourquoi la lampe au sodium est-elle orange, et pas verte ou bleue ? Parce qu'un atome ne peut pas posséder n'importe quelle énergie. Contrairement à une balle qu'on peut lancer à n'importe quelle vitesse, l'énergie d'un atome ne prend que certaines valeurs, des valeurs précises et séparées, comme les barreaux d'une échelle. On dit que l'énergie est quantifiée.

DÉFINITION

L'énergie d'un atome (ou d'une entité chimique) est quantifiée : elle ne peut prendre que certaines valeurs bien déterminées, appelées niveaux d'énergie. Entre deux niveaux, aucune valeur intermédiaire n'est permise. On représente ces niveaux sur un diagramme de niveaux d'énergie.

Cette idée est profondément contre-intuitive. Dans la vie courante, l'énergie semble continue : une voiture peut rouler à 30, 31 ou 31,5 km/h. Mais à l'échelle de l'atome, la nature procède par paliers. C'est l'une des découvertes les plus importantes de la physique.

État fondamental et états excités

Parmi tous les niveaux permis, le plus bas est particulier : c'est celui où l'atome est le plus stable. On l'appelle l'état fondamental. Les niveaux supérieurs sont les états excités.

DÉFINITION

Le niveau d'énergie le plus bas d'un atome est son état fondamental : c'est l'état le plus stable, celui que l'atome occupe naturellement. Les niveaux supérieurs sont les états excités ; un atome excité tend à redescendre vers l'état fondamental.

Exemple 1. Pour l'atome d'hydrogène, les niveaux d'énergie sont repérés par un entier n=1,2,3, et valent, en électronvolts : En=13,6n2 eV. L'état fondamental (n=1) est E1=13,6 eV. Le premier état excité (n=2) est E2=13,64=3,40 eV, le deuxième (n=3) est E3=1,51 eV, et ainsi de suite. Les niveaux se resserrent en montant.

Pourquoi des énergies négatives ?

Le signe négatif surprend toujours. Il vient d'une convention : on attribue l'énergie zéro à l'atome ionisé, c'est-à-dire dont l'électron a été arraché et envoyé infiniment loin. Tant que l'électron est lié à l'atome, son énergie est inférieure à zéro : d'où le signe moins. Plus un niveau est bas (très négatif), plus l'électron est fortement lié, donc plus l'atome est stable.

DÉFINITION

Par convention, l'énergie E=0 correspond à l'atome ionisé (électron arraché). Les niveaux liés sont donc négatifs. Plus l'énergie d'un niveau est basse (grande valeur négative), plus l'état est stable et l'électron lié.

Exemple 2. L'état fondamental de l'hydrogène vaut E1=13,6 eV. Cela signifie qu'il faut fournir 13,6 eV à l'atome pour arracher son électron et l'amener au niveau 0 : c'est son énergie d'ionisation. Un niveau plus négatif = plus difficile à ioniser = plus stable.

Le piège de Karim : croire que les niveaux d'énergie sont continus

Karim imagine que l'atome peut avoir « un peu plus » ou « un peu moins » d'énergie, comme on remplit un verre. Faux. L'atome ne peut sauter que d'un barreau à l'autre de l'échelle : entre 13,6 eV et 3,40 eV, il n'existe aucun état permis. C'est précisément cette quantification qui explique pourquoi chaque atome émet des couleurs bien précises, et non un arc-en-ciel continu. Pense « échelle », pas « pente ».

À RETENIR

L'énergie d'un atome est quantifiée : seuls certains niveaux sont permis. Le plus bas est l'état fondamental (le plus stable), les autres sont des états excités. Par convention E=0 pour l'atome ionisé, donc les niveaux liés sont négatifs (en eV).

Niveaux d'énergie de l'atome d'hydrogène Diagramme des niveaux d'énergie de l'atome d'hydrogène. L'axe vertical, gradué en électronvolts, est orienté vers le haut. Le niveau fondamental n égal 1 se situe tout en bas, à -13,6 eV, et est tracé en trait épais. Les états excités n égal 2 à -3,40 eV, n égal 3 à -1,51 eV et n égal 4 à -0,85 eV se resserrent à mesure que l'on monte. En haut, un trait pointillé à 0 eV marque l'atome ionisé. Les niveaux liés sont tous négatifs et se resserrent vers l'ionisation. E (eV) 0 atome ionisé (E = 0) -0,85 n = 4 -1,51 n = 3 -3,40 n = 2 états excités -13,6 n = 1 état fondamental les niveaux se resserrent vers l'ionisation ; les niveaux liés sont négatifs
Niveaux d'énergie de l'atome d'hydrogène, resserrés vers l'ionisation

Absorption et émission

Voici le lien qui ferme la boucle. Un atome change de niveau d'énergie en échangeant un photon avec la lumière. S'il absorbe un photon, il monte ; s'il en émet un, il descend. Et l'énergie du photon est exactement l'écart entre les deux niveaux. C'est la clé des spectres.

DÉFINITION

Lors d'une transition entre un niveau d'énergie Ebas et un niveau supérieur Ehaut, l'atome échange un photon dont l'énergie vaut exactement l'écart entre les niveaux : ΔE=EhautEbas=hν=hcλ. En absorption, l'atome absorbe un photon et monte d'un niveau bas vers un niveau haut. En émission, l'atome descend d'un niveau haut vers un niveau bas en émettant un photon.

L'énergie échangée ΔE est toujours une quantité positive (l'écart entre deux niveaux). Que ce soit en absorption ou en émission, c'est cette même quantité ΔE qui fixe l'énergie — donc la couleur — du photon. Un atome ne peut absorber ou émettre que des photons dont l'énergie correspond à un écart permis entre deux de ses niveaux.

Exemple 1. Un atome d'hydrogène dans l'état n=3 (E3=1,51 eV) redescend vers n=2 (E2=3,40 eV). Il émet un photon d'énergie ΔE=E3E2=(1,51)(3,40)=1,89 eV. En joules : ΔE=1,89×1,60×1019=3,02×1019 J, ce qui correspond à λ=hc/ΔE656 nm : une raie rouge, la fameuse raie Hα de l'hydrogène.

Exemple 2. Pour faire monter ce même atome de n=2 vers n=3, il faut lui fournir un photon d'exactement 1,89 eV : il l'absorbe. Un photon de 1,5 eV ou de 2,5 eV passerait son chemin sans être absorbé, car son énergie ne correspond à aucun écart de niveaux.

Spectres de raies : la signature d'une entité

Comme chaque atome possède son propre jeu de niveaux, il ne peut émettre ou absorber que des photons d'énergies bien précises. Le spectre qui en résulte — l'ensemble des couleurs émises ou absorbées — est une véritable carte d'identité de l'entité chimique.

DÉFINITION

Un spectre de raies est l'ensemble des longueurs d'onde émises (spectre d'émission, raies colorées sur fond noir) ou absorbées (spectre d'absorption, raies noires sur fond coloré) par une entité. Il est caractéristique de cette entité : à chaque atome son spectre.

Exemple 3. La lampe au sodium n'émet quasiment qu'à λ=589 nm : voilà pourquoi sa lumière est si purement orange. Le Soleil, lui, présente dans son spectre des raies noires d'absorption (les raies de Fraunhofer) : ce sont les longueurs d'onde absorbées par les atomes présents dans son atmosphère. En les analysant, les astronomes ont identifié l'hélium dans le Soleil avant de le trouver sur Terre. Quand Yasmine observe les étoiles dans le ciel pur du désert de Merzouga, leur couleur trahit déjà leur composition.

Spectres continu, d'émission et d'absorption Trois bandes spectrales horizontales, chacune graduée de 400 à 700 nanomètres. La première, le spectre continu de la lumière blanche, est un dégradé continu du violet au rouge, sans interruption. La deuxième, le spectre d'émission du sodium, est un fond noir portant une unique raie orange brillante à 589 nm. La troisième, le spectre d'absorption de la lumière du Soleil, montre le même fond coloré continu barré de fines raies noires verticales : les raies de Fraunhofer. Émission et absorption sont complémentaires et chaque spectre est caractéristique de l'entité. Spectre continu (lumière blanche) Spectre d'émission du sodium 589 nm (raie orange) Spectre d'absorption (lumière du Soleil) 400 500 600 700 λ (nm) émission = raies brillantes sur fond noir ; absorption = raies noires sur fond coloré chaque spectre est caractéristique de l'entité
Spectres continu, d'émission et d'absorption

Le piège de Karim : se tromper de signe pour ΔE

Karim écrit, pour une émission de n=3 vers n=2 : ΔE=E2E3=1,89 eV, et conclut à une énergie de photon négative. Absurde : un photon transporte toujours une énergie positive. L'énergie du photon échangé est la valeur absolue de l'écart : ΔE=1,89 eV. Retiens : peu importe le sens de la transition, le photon a l'énergie ΔE=EhautEbas>0. En absorption l'atome la gagne, en émission il la perd, mais l'énergie du grain de lumière reste la même.

À RETENIR

Lors d'une transition, l'atome échange un photon d'énergie ΔE=EhautEbas=hν=hc/λ (positive). Absorption : montée d'un niveau, photon absorbé. Émission : descente d'un niveau, photon émis. Le spectre de raies est caractéristique de chaque entité.

Absorption et émission d'un photon entre deux niveaux d'énergie Deux diagrammes de niveaux d'énergie côte à côte, illustrant l'échange d'un photon entre un niveau bas et un niveau haut. À gauche, l'absorption : une flèche verticale violette monte du niveau bas vers le niveau haut tandis qu'un photon entrant est absorbé ; l'écart d'énergie vaut Delta E = E haut moins E bas. À droite, l'émission : une flèche verticale terracotta descend du niveau haut vers le niveau bas et un photon est émis vers l'extérieur. Dans les deux cas l'écart d'énergie Delta E = hc sur lambda est identique. ABSORPTION E_bas E_haut photon ΔE = E_haut − E_bas photon absorbé, l'atome monte ÉMISSION E_bas E_haut photon énergie ΔE photon émis, l'atome descend même ΔE = hc/λ dans les deux cas
Absorption et émission d'un photon entre deux niveaux d'énergie

Pièges classiques

1. Confondre fréquence ν et longueur d'onde λ dans E=hc/λ. L'énergie est E=hν ou E=hc/λ. Dans la première, on multiplie par la fréquence ; dans la seconde, on divise par la longueur d'onde et on multiplie par c. Ne mélange pas : E=hλ ou E=hc/ν sont des formules fausses. Souviens-toi : E=hν, et ν=c/λ.

2. Oublier de convertir λ en mètres. Dans E=hc/λ, la longueur d'onde doit être en mètres. Un photon de 600 nm, c'est λ=600×109 m=6,00×107 m. Taper 600 directement fausse le résultat d'un facteur 109.

3. Oublier de convertir entre eV et joules. 1 eV=1,60×1019 J. Pour passer de J en eV, on divise par 1,60×1019 ; pour passer d'eV en J, on multiplie. Une énergie de photon en joules est minuscule (1019) ; en eV, elle vaut quelques unités.

4. Croire que E augmente avec λ. C'est l'inverse : E=hc/λ, donc E est inversement proportionnelle à λ. Plus λ est petite, plus le photon est énergétique. Classement : UV>visible>IR. Le violet (court) est plus énergétique que le rouge (long).

5. Se tromper de signe pour ΔE en absorption / émission. L'énergie du photon échangé est toujours positive : ΔE=EhautEbas>0. En émission, l'atome descend (il perd cette énergie en émettant le photon) ; en absorption, il monte (il gagne cette énergie en absorbant le photon). Mais l'énergie du photon, elle, est la même valeur positive.

6. Croire que les niveaux d'énergie sont continus. L'énergie d'un atome est quantifiée : seuls certains niveaux sont permis, comme les barreaux d'une échelle. Entre deux niveaux, aucune valeur n'existe. C'est ce qui explique les spectres de raies (discontinus) plutôt qu'un spectre continu.

Application concrète

Yasmine veut comprendre, chiffres à l'appui, pourquoi les lampadaires de son quartier sont orange. Elle sait qu'il s'agit de lampes au sodium, dont la raie principale se trouve à λ=589 nm. On donne h=6,63×1034 J⋅s, c=3,00×108 m/s et 1 eV=1,60×1019 J.

Étape 1 — Convertir la longueur d'onde. Avant tout calcul, Yasmine convertit λ en mètres : λ=589 nm=589×109 m=5,89×107 m.

Étape 2 — Calculer la fréquence. Avec ν=c/λ : ν=3,00×108589×109=5,09×1014 Hz. Cette fréquence caractérise l'aspect ondulatoire de la lumière orange.

Étape 3 — Calculer l'énergie du photon en joules. Avec E=hν (ou E=hc/λ) : E=6,63×1034×5,09×1014=3,38×1019 J.

Étape 4 — Convertir en électronvolts. Pour obtenir un nombre maniable, Yasmine divise par 1,60×1019 : E=3,38×10191,60×1019=2,11 eV.

Étape 5 — Interpréter en termes de transition. Cette énergie de 2,11 eV est l'écart entre deux niveaux d'énergie de l'atome de sodium. Quand un atome de sodium excité redescend entre ces deux niveaux, il émet un photon d'exactement 2,11 eV, donc de longueur d'onde 589 nm, donc orange. Comme tous les atomes de sodium ont les mêmes niveaux, ils émettent tous cette même couleur : d'où l'orange si pur, si caractéristique, du lampadaire.

Conclusion. Convertir λ en mètres, calculer l'énergie d'un photon en joules puis en électronvolts, et l'interpréter comme l'écart entre deux niveaux quantifiés : c'est la démarche type de ce chapitre. La couleur d'une lampe n'est pas un hasard, c'est la signature des niveaux d'énergie de ses atomes. En terminale, tu approfondiras ce lien avec la dualité onde-corpuscule, et en classes préparatoires, la mécanique quantique expliquera pourquoi ces niveaux valent exactement ce qu'ils valent.

À retenir

À RETENIR

La lumière est un flux de photons, grains d'énergie de masse nulle filant à c=3,00×108 m/s. Modèle corpusculaire et modèle ondulatoire sont complémentaires, reliés par c=λν.

À RETENIR

L'énergie d'un photon vaut E=hν=hc/λ avec h=6,63×1034 J⋅s. Elle est inversement proportionnelle à λ : UV>visible>IR. Convertir λ en mètres et se rappeler 1 eV=1,60×1019 J.

À RETENIR

L'énergie d'un atome est quantifiée : seuls certains niveaux sont permis. Le plus bas est l'état fondamental, les autres des états excités. Par convention E=0 pour l'atome ionisé, donc les niveaux liés sont négatifs.

À RETENIR

Lors d'une transition, l'atome échange un photon d'énergie ΔE=EhautEbas=hν=hc/λ. Absorption : montée, photon absorbé. Émission : descente, photon émis. Le spectre de raies est caractéristique de chaque entité.

Passe à la pratique
Entraîne-toi avec les exercices corrigés de ce chapitre.
Exercices corrigés →