SVT · 3ᵉ · La division cellulaire et la transmission de l'information génétique

La division cellulaire et la transmission de l'information génétique

Objectif brevetLe parcours de révision, chapitre par chapitre.

Pourquoi les cellules se divisent

Ton corps n'est pas un bloc figé. À l'instant où tu lis cette phrase, des millions de tes cellules sont en train de se diviser, et des millions d'autres viennent de mourir. Une cellule ne grandit pas indéfiniment ni ne dure éternellement : quand l'organisme a besoin de plus de cellules, une cellule se divise et en donne deux. C'est l'opération de base de toute vie.

DÉFINITION

La division cellulaire est l'opération par laquelle une cellule (la cellule mère) donne deux cellules (les cellules filles). C'est le seul moyen par lequel un organisme fabrique de nouvelles cellules.

Retiens d'emblée cette règle de comptage, simple mais décisive : une cellule donne deux cellules, jamais une autre quantité. Une cellule ne se coupe pas en trois, ne bourgeonne pas une moitié de cellule. Le résultat d'une division est toujours deux cellules entières et complètes.

Une cellule mère donne deux cellules filles identiques À gauche, une grande cellule mère ronde, avec un noyau central contenant quelques chromosomes. Une flèche horizontale pointe vers la droite. À droite, deux cellules filles de taille égale, possédant chacune le même noyau et les mêmes chromosomes que la cellule mère. La légende indique 1 cellule donne 2 cellules. cellule mère cellules filles 1 cellule → 2 cellules identiques
Une cellule mère donne deux cellules filles identiques

La division cellulaire sert trois grands besoins de l'organisme, qu'il faut savoir distinguer.

DÉFINITION

La division cellulaire assure la croissance (l'organisme grandit en multipliant ses cellules), le renouvellement (les cellules usées sont remplacées) et la cicatrisation (les cellules détruites par une blessure sont reconstituées).

Exemple 1. Yasmine grandit de quelques centimètres chaque année. Cette croissance n'est pas le gonflement de ses cellules : c'est leur multiplication. Ses os, ses muscles, sa peau comptent de plus en plus de cellules, fabriquées par divisions successives.

Exemple 2. Quand Amine se coupe le doigt en épluchant une orange, la plaie se referme en quelques jours. Les cellules de la peau voisines de la coupure se divisent activement pour combler le trou : c'est la cicatrisation, une division cellulaire au service de la réparation.

À RETENIR

La division cellulaire transforme une cellule mère en deux cellules filles. Elle assure la croissance, le renouvellement et la cicatrisation de l'organisme.

La copie de l'information avant la division

Voici le cœur du problème. Si une cellule mère se divise en deux, chaque cellule fille doit recevoir l'information génétique complète — pas une moitié. Or l'information est portée par les chromosomes, en quantité fixe dans le noyau (chez l'être humain, 46 chromosomes). Si la cellule se contentait de partager ses 46 chromosomes en deux, chaque fille n'en aurait que 23 : l'information serait amputée. La cellule résout ce problème par une stratégie limpide : avant de se diviser, elle copie chacun de ses chromosomes.

DÉFINITION

Avant chaque division, chaque chromosome est dupliqué : il est copié à l'identique. La cellule possède alors deux exemplaires de chaque chromosome, prêts à être répartis entre les deux cellules filles.

Pour comprendre cette copie, il faut regarder de près la forme d'un chromosome. Au repos, un chromosome est constitué d'un seul bâtonnet d'ADN : on dit qu'il a une chromatide. Lors de la duplication, l'ADN est recopié, et le chromosome se retrouve formé de deux bâtonnets identiques, attachés ensemble en un point.

DÉFINITION

Une chromatide est l'un des bâtonnets d'ADN qui constituent un chromosome. Un chromosome non dupliqué a une seule chromatide ; après duplication, il a deux chromatides identiques reliées entre elles.

L'image classique est celle d'un chromosome qui passe d'un bâtonnet simple à une forme en X : les deux chromatides, copies conformes l'une de l'autre, sont accrochées par leur milieu. Ces deux chromatides portent la même information, puisque l'une est la copie exacte de l'autre.

D'un chromosome à une chromatide à un chromosome à deux chromatides À gauche, un chromosome non dupliqué représenté par un seul bâtonnet courbé portant l'étiquette une chromatide. Au centre, une flèche annotée duplication de l'ADN. À droite, le même chromosome dupliqué en forme de X, formé de deux chromatides identiques reliées en leur milieu par un point appelé centromère, portant l'étiquette deux chromatides identiques. Le nombre de chromosomes ne change pas. chromosome non dupliqué 1 chromatide duplication de l'ADN chromosome dupliqué 2 chromatides identiques centromère
Chromosome à une chromatide puis dupliqué en deux chromatides identiques

Conséquence directe : pendant cette copie, la quantité d'ADN dans la cellule double. Elle ne change pas le nombre de chromosomes — la cellule a toujours 46 chromosomes —, mais chacun de ces 46 chromosomes contient maintenant deux fois plus d'ADN qu'avant, puisqu'il a deux chromatides au lieu d'une.

Exemple 1. Imagine que Karim doive distribuer un même document à deux camarades. Plutôt que de déchirer sa feuille en deux, il en fait d'abord une photocopie : il a maintenant deux exemplaires identiques. Il pourra en donner un à chacun, et chacun aura le texte complet. La cellule fait exactement cela avec ses chromosomes avant de se diviser.

Exemple 2. Salma croit que « dupliquer un chromosome, c'est en fabriquer un deuxième, donc passer de 46 à 92 chromosomes ». C'est faux. La duplication ajoute une chromatide à chaque chromosome, pas un chromosome de plus. On reste à 46 chromosomes ; ce qui double, c'est la quantité d'ADN, parce que chaque chromosome a désormais deux chromatides.

À RETENIR

Avant la division, chaque chromosome est dupliqué : il passe d'une chromatide à deux chromatides identiques. Le nombre de chromosomes ne change pas ; c'est la quantité d'ADN qui double.

La mitose : une division qui conserve l'information

La cellule a maintenant copié tous ses chromosomes : chacun est en forme de X, avec deux chromatides identiques. Le moment est venu de se diviser. Cette division porte un nom précis, et elle a une propriété remarquable : elle conserve l'information. Les deux cellules filles reçoivent exactement le même nombre de chromosomes et exactement la même information que la cellule mère.

DÉFINITION

La mitose est la division d'une cellule en deux cellules filles qui reçoivent chacune le même nombre de chromosomes et la même information génétique que la cellule mère.

Tout le secret de la mitose tient dans le sort des deux chromatides. Souviens-toi : chaque chromosome dupliqué a deux chromatides identiques. Pendant la mitose, ces deux chromatides se séparent, et chacune part dans une cellule fille différente. Comme les deux chromatides étaient des copies conformes, chaque cellule fille reçoit un exemplaire complet de chaque chromosome.

Les étapes simplifiées de la mitose

On peut découper la mitose en quatre temps. Tu n'as pas à retenir les noms savants en 3ᵉ ; retiens la logique de chaque étape.

À RETENIR

La mitose se déroule en quatre temps : condensation des chromosomes, alignement au milieu de la cellule, séparation des chromatides, puis partage en deux cellules.

D'abord, la condensation : les chromosomes, jusque-là invisibles et emmêlés, se compactent et deviennent observables au microscope, chacun en forme de X. Ensuite, l'alignement : tous les chromosomes se rangent au milieu de la cellule, sur une même ligne. Puis la séparation : les deux chromatides de chaque chromosome se détachent l'une de l'autre et migrent vers les deux extrémités opposées de la cellule. Enfin, le partage : la cellule se coupe en deux entre les deux lots de chromatides, donnant deux cellules filles complètes.

Les quatre temps de la mitose Bandeau de quatre cellules reliées par des flèches. Étape 1 condensation, une cellule contenant deux chromosomes en X, l'un terracotta et l'autre violet. Étape 2 alignement, les deux chromosomes en X rangés sur une ligne verticale au centre de la cellule. Étape 3 séparation, chaque X s'ouvre et ses deux chromatides migrent, l'une vers le haut et l'autre vers le bas. Étape 4 partage, la cellule s'étrangle au milieu et donne deux cellules filles contenant chacune une chromatide terracotta et une chromatide violette. Le nombre de chromosomes est conservé. 1. Condensation chromosomes en X 2. Alignement rangés au milieu 3. Séparation chromatides séparées 4. Partage 2 cellules filles identiques
Les quatre temps de la mitose : condensation, alignement, séparation, partage

Le point capital, c'est l'étape de séparation. Parce qu'on sépare les chromatides (et non les chromosomes en bloc), chaque cellule fille reçoit, pour chaque chromosome, une chromatide — c'est-à-dire un chromosome complet à une chromatide, identique à celui de départ. C'est ce mécanisme qui garantit la conservation de l'information.

Exemple 1. Reprends la photocopie de Karim. Il a fait une copie de son document (duplication), puis il en donne un exemplaire à chacun de ses deux camarades (séparation et partage). Résultat : les deux camarades ont le même texte, complet, et identique à l'original de Karim. La mitose distribue les chromatides comme Karim distribue ses photocopies.

Exemple 2. Si une cellule mère a 46 chromosomes, chaque cellule fille issue de la mitose a, elle aussi, 46 chromosomes — pas 23, pas 92. Le nombre est conservé précisément parce que la duplication a eu lieu avant : on a copié, puis partagé, et le compte retombe juste.

À RETENIR

La mitose sépare les deux chromatides de chaque chromosome dupliqué et en envoie une dans chaque cellule fille. Chaque cellule fille reçoit le même nombre de chromosomes et la même information que la cellule mère.

Deux cellules filles génétiquement identiques

Tirons la conclusion de ce qui précède. La duplication a fait deux copies identiques de chaque chromosome ; la mitose en a distribué une à chaque cellule fille. Les deux cellules filles portent donc exactement la même information génétique, et cette information est identique à celle de la cellule mère. On dit qu'elles sont des clones de la cellule mère.

DÉFINITION

Deux cellules issues d'une même mitose sont génétiquement identiques entre elles et identiques à la cellule mère : ce sont des clones. Elles possèdent le même ADN, donc la même information héréditaire.

Cette propriété a une conséquence vertigineuse à l'échelle de l'organisme entier. Tout ton corps provient d'une seule cellule de départ : la cellule-œuf, formée au tout début de ton développement. Cette cellule-œuf s'est divisée par mitose en deux, puis en quatre, puis en huit, et ainsi de suite, des milliers de milliards de fois. Comme la mitose conserve l'information à chaque étape, toutes tes cellules portent le même ADN — celui de la cellule-œuf.

À RETENIR

Toutes les cellules de l'organisme dérivent de la cellule-œuf par mitoses successives. Comme la mitose conserve l'information, elles possèdent toutes le même ADN.

C'est pour cela qu'une cellule de ta peau et une cellule de ton foie portent le même patrimoine génétique, alors qu'elles ne font pas le même travail : elles ont la même information de départ, mais elles n'utilisent pas les mêmes parties de cette information. Tu approfondiras cette idée plus tard.

Une précision pour rester rigoureux : cette règle vaut pour les cellules ordinaires du corps, issues de mitoses. Quelques cas font exception — les cellules reproductrices (spermatozoïdes et ovules), qui ne contiennent que la moitié des chromosomes, et les globules rouges matures, qui perdent leur noyau et donc leur ADN.

Exemple 1. Yasmine se demande comment une cellule de son cerveau et une cellule de sa peau peuvent contenir le même ADN. La réponse tient à la mitose : les deux descendent, par divisions successives, de la même cellule-œuf, et chaque mitose a recopié fidèlement l'information. Le même ADN partout, mais des cellules qui n'en lisent pas les mêmes passages.

Exemple 2. Karim affirme : « mes cellules filles ont chacune la moitié de l'information de la cellule mère ». C'est l'erreur classique. Grâce à la duplication préalable, chaque cellule fille a l'information complète, pas la moitié. La mitose ne partage pas l'information en deux : elle la copie, puis distribue deux exemplaires entiers.

À RETENIR

Les deux cellules filles d'une mitose sont des clones : même ADN, même information, identiques à la cellule mère. C'est ce qui assure que l'organisme entier garde une information génétique cohérente d'une cellule à l'autre.

Quand la copie rate : les mutations

La mitose est d'une fidélité impressionnante. Mais copier des milliards d'« informations » à chaque division, des milliers de milliards de fois, ne se fait jamais parfaitement. Il arrive que, lors de la copie de l'ADN, une erreur se glisse : une « lettre » du message est changée, perdue ou ajoutée. L'information transmise à la cellule fille n'est alors plus tout à fait identique à celle de la mère. Cette modification de l'information porte un nom.

DÉFINITION

Une mutation est une modification de l'information génétique : le message inscrit dans un chromosome est changé. Une mutation peut apparaître lors de la copie de l'ADN (une erreur se glisse), mais aussi sous l'action d'agents extérieurs qui agressent l'ADN (tu les verras juste après). Quand une mutation survient pendant une division, la cellule fille reçoit alors une information légèrement différente de celle de la cellule mère.

L'analogie de la photocopie tient encore. Si Karim photocopie sa feuille des milliers de fois, une copie d'une copie d'une copie finira par présenter une tache, une lettre effacée, un mot déformé. L'ADN connaît le même risque : à force d'être copié, il peut accumuler de petites erreurs. La plupart sont corrigées ou sans effet, mais certaines persistent.

Évolution de la quantité d'ADN au cours de la vie d'une cellule Un graphique avec le temps en abscisse et la quantité d'ADN en ordonnée. La courbe part d'un palier bas correspondant à la quantité simple pendant que la cellule est au repos, puis monte progressivement jusqu'au double lors de la duplication de l'ADN, reste à un palier haut tant que la cellule est prête à se diviser, puis chute verticalement pour revenir à la quantité simple lors de la mitose où l'ADN est partagé entre les deux cellules filles. Deux pointillés horizontaux marquent la quantité simple et la quantité double. Quantité d'ADN avant et pendant la division quantité simple quantité double cellule au repos duplication de l'ADN prête à se diviser mitose 2 cellules filles temps quantité d'ADN
Courbe de la quantité d'ADN : doublement à la duplication puis chute à la mitose

Une mutation peut viser une seule « lettre » de l'ADN : on parle alors de mutation ponctuelle. C'est le cas le plus simple à se représenter.

DÉFINITION

Une mutation ponctuelle est le changement d'un seul élément du message de l'ADN — comme remplacer une lettre par une autre dans un mot. Ce petit changement peut suffire à modifier l'information portée par le chromosome.

Une mutation ponctuelle change une lettre de l'ADN Deux séquences d'ADN représentées comme des suites de cases portant les lettres A, T, G, C. En haut, la séquence originale A T G C A T. Une flèche verticale annotée erreur de copie relie les deux séquences. En bas, la séquence après mutation est identique sauf une case mise en évidence en jaune où le A est devenu un G. Une seule lettre changée correspond à une mutation ponctuelle. brin original A T G C A T erreur de copie brin après mutation A T G C G T une lettre changée = une mutation ponctuelle
Mutation ponctuelle : une lettre de la séquence d'ADN changée

Les agents mutagènes

Les mutations ne sont pas toutes dues au hasard de la copie : certains agents extérieurs augmentent leur fréquence en agressant l'ADN. On les appelle des agents mutagènes.

DÉFINITION

Un agent mutagène est un facteur de l'environnement qui augmente la fréquence des mutations en endommageant l'ADN. Les rayons ultraviolets (UV) du soleil et la fumée du tabac en sont des exemples courants.

Exemple 1. Amine passe une longue journée d'été sur une plage d'Agadir sans protection. Les UV du soleil agressent l'ADN des cellules de sa peau et peuvent y provoquer des mutations. C'est l'une des raisons pour lesquelles une exposition excessive au soleil est dangereuse à long terme.

Exemple 2. La fumée de cigarette contient de nombreuses substances mutagènes qui endommagent l'ADN des cellules des poumons. À force de divisions, ces mutations peuvent s'accumuler — d'où le lien bien établi entre tabac et maladies graves.

Le piège de « toute mutation est une catastrophe »

On pourrait croire qu'une mutation est toujours mauvaise. Ce n'est pas si simple. Beaucoup de mutations sont neutres (elles ne changent rien d'observable) ; certaines sont nuisibles ; mais d'autres, rares, apportent une nouveauté utile. À l'échelle des espèces et du temps long, ce sont précisément les mutations qui créent la diversité entre les individus : sans elles, tous les êtres vivants seraient des copies conformes les uns des autres.

À RETENIR

Une mutation est une modification de l'ADN : elle peut apparaître lors de la copie de l'ADN ou sous l'action d'agents mutagènes (UV, tabac), qui en augmentent la fréquence. Loin d'être seulement néfastes, les mutations sont la source de la diversité génétique.

Tu retrouveras cette idée au chapitre sur la diversité génétique : les mutations sont le moteur qui rend chaque individu unique, et la matière première de l'évolution.

Pièges classiques

Piège 1 : croire que la duplication fait passer de 46 à 92 chromosomes. La duplication ajoute une chromatide à chaque chromosome, pas un chromosome supplémentaire. On reste à 46 chromosomes ; ce qui double, c'est la quantité d'ADN, parce que chaque chromosome a désormais deux chromatides au lieu d'une. Compter les chromatides comme des chromosomes, c'est doubler à tort le nombre de chromosomes.

Piège 2 : confondre chromosome et chromatide. Un chromosome peut avoir une chromatide (non dupliqué) ou deux chromatides identiques (dupliqué, en forme de X). La chromatide est l'un des bâtonnets d'ADN qui le composent. Un chromosome en X reste un seul chromosome, formé de deux chromatides. Dire « il y a deux chromosomes » devant un X est une erreur.

Piège 3 : penser que chaque cellule fille reçoit la moitié de l'information. Grâce à la duplication préalable, chaque cellule fille reçoit l'information complète, pas la moitié. La mitose ne coupe pas l'information en deux : elle la copie d'abord, puis distribue deux exemplaires entiers. Le partage porte sur les chromatides copiées, jamais sur l'information de départ.

Piège 4 : croire que la copie de l'ADN a lieu pendant la mitose. La duplication des chromosomes se produit avant la division, pas pendant. Quand la mitose commence, les chromosomes sont déjà dupliqués (en X). La mitose ne fait que séparer les chromatides déjà copiées et partager la cellule. Inverser l'ordre fait croire qu'on copie en partageant, ce qui est impossible.

Piège 5 : penser que les cellules filles diffèrent de la cellule mère. Sauf erreur de copie, les deux cellules filles d'une mitose sont des clones : même nombre de chromosomes, même ADN, même information que la cellule mère. C'est justement le but de la mitose : conserver l'information à l'identique d'une génération de cellules à la suivante.

Piège 6 : croire qu'une mutation est forcément une catastrophe. Une mutation est une modification de l'information, ni bonne ni mauvaise par nature. Beaucoup sont neutres, certaines nuisibles, d'autres utiles. À l'échelle des espèces, les mutations sont la source de la diversité génétique et le moteur de l'évolution. Les réduire à des accidents néfastes, c'est manquer leur rôle créateur.

Application concrète

Karim est en stage d'observation dans un laboratoire de biologie de Rabat. On lui montre, au microscope, des cellules d'un bout de racine d'oignon en pleine multiplication. Il veut comprendre, étape par étape, ce qu'il observe et le relier à tout ce que tu viens d'apprendre. Suivons son raisonnement.

Étape 1 — Identifier pourquoi ces cellules se divisent. La racine d'oignon grandit : à son extrémité, les cellules se divisent sans relâche pour allonger la racine. Karim comprend qu'il observe de la croissance, l'un des trois besoins (avec le renouvellement et la cicatrisation) que satisfait la division cellulaire. Chaque cellule qu'il regarde va donner deux cellules filles.

Étape 2 — Repérer la copie déjà faite. Sur certaines cellules, Karim distingue des chromosomes en forme de X. Il sait maintenant que ce X signifie un chromosome dupliqué : ses deux chromatides identiques sont accrochées au centre. La copie de l'ADN a donc eu lieu avant la division. Ces cellules ont toujours le même nombre de chromosomes, mais deux fois plus d'ADN qu'une cellule au repos.

Étape 3 — Suivre la séparation des chromatides. Sur d'autres cellules, Karim voit les chromosomes alignés au milieu, puis les chromatides qui se séparent et migrent vers les deux extrémités. Il reconnaît le cœur de la mitose : en séparant les chromatides (et non les chromosomes en bloc), la cellule garantit que chaque cellule fille recevra un lot complet.

Étape 4 — Conclure sur l'identité des cellules filles. Là où une cellule s'est partagée en deux, Karim observe deux cellules filles côte à côte, de même taille. Il en déduit qu'elles sont des clones : même nombre de chromosomes, même ADN, identiques à la cellule mère. Et comme cette logique se répète à chaque division, toutes les cellules de la racine dérivent d'une même origine en gardant la même information.

Étape 5 — Penser au risque d'erreur. Karim demande au chercheur si la copie est toujours parfaite. On lui répond que non : il arrive qu'une mutation se produise lors de la copie de l'ADN, modifiant l'information d'une cellule fille. Des agents mutagènes comme les UV peuvent en augmenter la fréquence. Karim retient que ces erreurs, le plus souvent sans conséquence, sont aussi ce qui crée la diversité entre les individus.

Conclusion. En quelques observations, Karim a relié tout le chapitre : des cellules qui se divisent pour la croissance, des chromosomes dupliqués en deux chromatides, une mitose qui sépare ces chromatides, deux cellules filles clones de la mère, et le risque d'une mutation lors de la copie. En classe de 2ⁿᵈᵉ et de 1ʳᵉ, tu reverras en détail la réplication de l'ADN et le cycle cellulaire, ainsi que la méiose, l'autre division, celle qui rend possible la reproduction sexuée et le brassage des informations entre parents.

À retenir

Avant les exercices, voici les règles essentielles à mémoriser.

À RETENIR

La division cellulaire transforme une cellule mère en deux cellules filles. Elle assure la croissance, le renouvellement et la cicatrisation de l'organisme.

À RETENIR

Avant la division, chaque chromosome est dupliqué : il passe d'une chromatide à deux chromatides identiques (forme en X). Le nombre de chromosomes ne change pas ; la quantité d'ADN double.

À RETENIR

La mitose sépare les deux chromatides de chaque chromosome et en donne une à chaque cellule fille. Chaque fille reçoit le même nombre de chromosomes et la même information que la cellule mère.

À RETENIR

Les deux cellules filles sont des clones de la cellule mère. Toutes les cellules de l'organisme dérivent de la cellule-œuf et portent le même ADN.

À RETENIR

Une mutation est une modification de l'ADN : elle peut apparaître lors de la copie de l'ADN ou sous l'action d'agents mutagènes (UV, tabac), qui en augmentent la fréquence ; les mutations sont la source de la diversité génétique.